À lire et à relire l’ensemble de ces quatre chapitres, à méditer aussi les conséquences que l’on en tire dans la seconde partie, lesquelles ne vont pas sans éclairer les principes, on a l’impression d’une double et forte insistance : sur le caractère fondamental du ministère épiscopal, sur l’originalité et la forte cohérence interne de la vie religieuse.

Nous commencerons par une analyse de ce texte, avec un essai pour dégager les pôles fortement marqués par le document. Dans la première partie de celui-ci, nous trouvons successivement :
— une ecclésiologie pneumatique de l’Église, nouveau peuple de Dieu orienté à une double finalité corrélative : sainteté et mission. L’Esprit Saint est lui-même le principe originel de l’unité organique du peuple, en suscitant la diversité des dons, tant hiérarchiques que charismatiques, lesquels ne suppriment pas l’égale dignité de tous les membres du peuple. L’Esprit suscite donc le corps, dont il est inséparable et qui ne vit pas sans lui, devenant ainsi sacrement du salut ;
— une hiérarchologie christocentrique, insistant sur la place fondamentale des évêques — du corps épiscopal uni au Pontife romain — dans la dynamique du Peuple de Dieu. Ce chapitre relève, à partir de la doctrine, établie de manière si nette à Vatican II, de l’unité des fonctions de l’évêque, la responsabilité du corps épiscopal en matière de sainteté et de vie religieuse. Dans un document relatif à la relation des évêques et des religieux, on a là le fondement de l’action épiscopale ;
— une théologie de la vie religieuse et plus spécialement de l’institut religieux, qui constitue, sur la base d’un charisme et d’une tradition reconnus et érigés dans l’Église, un ordre interne, doué d’une réelle autonomie ;
— une première mise en place théologique et pratique du rapport évêques-religieux dans le champ de la mission de l’Église. On insiste d’abord sur le primat de l’enracinement contemplatif, puis sur le rapport délicat Église locale / Église universelle, avec les tensions qui peuvent naître des diversités culturelles ; ces tensions peuvent se concrétiser, dans le champ de la vie religieuse, du fait de l’aspect supra-local des Instituts religieux, difficile parfois à concilier concrètement avec le caractère local de l’autorité épiscopale et les requêtes de l’Église particulière.