Un jour vient dans l’existence où la réponse à la fidélité de Dieu se trouve inscrite dans le respect de la fidélité de ses frères et de ses sœurs à l’appel du Christ : leurs souffrances et les incompréhensions qu’ils rencontrent, les duretés qu’ils subissent – peut-être dans l’Église – et leur désarroi, deviennent le pain quotidien de la charité fraternelle et apostolique.
Ces pages sont une invitation à porter le fardeau posé sur les épaules des autres, meurtris par la vie et par le péché, blessés par nous-mêmes et par nos fautes. Dans notre fragilité propre, Dieu nous donne d’aider à la fidélité des autres. Il convient de réfléchir théologiquement à la tâche proposée et d’en consentir le prix.

Nous voudrions méditer ici sur la fidélité promise à Dieu. Réfléchir sur notre fidélité, c’est invoquer celle de Dieu, c’est reconnaître encore nos infidélités purifiées et nos fragilités restaurées par sa miséricorde. La fidélité promise à Dieu est accueil et partage d’une bonté reçue et toujours rendue.

Il nous faut préciser. La fidélité promise à Dieu est fidélité à celui qui a parlé et dit sa volonté sur nos vies. La fidélité à la volonté de Dieu s’appuie sur la manifestation de sa volonté. Il en est ainsi pour l’aspiration fondamentale de notre vie dans la foi, comme pour l’obéissance aux commandements de Dieu ; il en est encore ainsi dans la docilité à celui qui a appelé chacun d’entre nous à une vocation chrétienne particulière : sacerdoce, mariage ou célibat.

La fidélité de Dieu est exacte comme son amour qui veut notre béatitude et notre salut. Notre fidélité à Dieu est réponse à une volonté précise et déterminée de Dieu sur chacune de nos vies.

Notre fidélité à Dieu est réponse fragile mais est sauvée ; pécheresse encore, puis pardonnée ; incertaine mais établie par grâce dans la persévérance. Méditer la fidélité de Dieu dans nos fragilités humaines, c’est percevoir l’abrupte exactitude et la détermination précise de la fidélité de celui qui, par miséricorde incessante, nous appelle à suivre son Fils sur tel ou tel chemin particulier.

Deux questions se trouvent ainsi posées : celle de la volonté particulière et déterminée de Dieu sur nos vies, celle de la fidélité et de la miséricorde de Dieu en nos vies. L’une et l’autre questions n’existent que dans l’économie du salut et dans l’Église.