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Pour vous, qui suis-je ?

Raniero Cantalamessa

On ne présente plus Raniero Cantalamessa. Cet ouvrage est la retranscription de la retraite de Carême qu’il a donnée au Vatican en 2021. Centrées tout entières sur la personne du Christ, les méditations ne cherchent pas à prêcher théologiquement sur Jésus Christ, mais à dire l’essentiel sur sa personne de la manière la plus existentielle qui soit : Qui est Jésus pour moi ? Quelle place occupe-t-il dans ma vie ? Puis-je dire, avec saint Paul : « Pour moi, vivre, c’est le Christ » (Ph 1,21) ? Pour cela, l’A. structure sa retraite en trois parties, suivant le dogme christologique de Chalcédoine : « vrai homme », « vrai Dieu », « une seule personne » ; mais rien de technique ni de compliqué dans ses pages. Un simple retour à l’Évangile.

À l’époque de Jésus et de la rédaction du Nouveau Testament, en ce qui concerne l’humanité du Christ (première partie), la question n’est pas d’affirmer que Jésus est « vrai » homme, personne ne remettrait cela en question, mais d’affirmer qu’il est l’homme « nouveau », (définitif, accompli, eschatos), le Saint de Dieu : « Pour le Nouveau Testament, Jésus n’est pas tant l’homme qui ressemble à tous les autres, que celui auquel tous les autres sont appelés à ressembler » (p. 21). La beauté infinie du Christ, sa sainteté rayonnante, me fascine-t-elle encore ? Une sainteté concrète, « entièrement humaine tant dans sa forme que dans ses manifestations », et qui vit à chaque instant les exigences ultimes de l’amour, et sur laquelle l’auteur conclut audacieusement – rappelons-nous qu’il prêche au Saint-Père et aux cardinaux – : « La sainteté de Jésus, tout au long de sa vie, n’est donc pas une sainteté cléricale, mais une sainteté laïque » (p. 28). Or, Jésus ne nous montre pas sa sainteté en exemple, il nous l’offre, il nous fait participer gracieusement à sa propre sainteté. Ainsi, « avant d’être un devoir, la sainteté chrétienne est un don » (p. 30) ; un don à accueillir, à faire nôtre, à s’approprier au sens fort du mot. Seul ce premier mouvement d’accueil du don, de la grâce, peut porter de manière vraie le second mouvement, celui de l’imitation du Christ.

Il s’agit ensuite (deuxième partie) de « réveiller en nous la foi en la divinité du Christ », car « la divinité du Christ est le sommet le plus haut, l’Éverest de la foi ». L’A. cherche alors comment recréer aujourd’hui « les conditions pour un renouveau de la foi en la divinité du Christ », comment « reproduire cet élan de foi qui a donné naissance au dogme de Nicée » (p. 60).
Enfin, la foi chrétienne ne se limite pas à confesser la vraie humanité et la vraie divinité du Christ. Encore faut-il confesser que l’humanité et la divinité en lui subsistent dans une unique personne, la personne divine du Verbe du Fils (troisième partie). Jésus n’est pas « une personne humaine en qui subsisterait la nature divine », comme tendent à le faire croire ou à le dire les « christologies d’en bas », mais bien « une personne divine en qui subsiste la nature humaine ». Et encore ne suffit-il pas de « tout savoir sur la personne de Jésus », mais bien de « le connaître en personne », « le connaître lui » (Ph 3,10), comme personne vivante et présente dans ma vie, le « toucher » par la foi et la prière, l’aimer, à travers et au-delà de toutes les épreuves et tribulations, parce qu’« il m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 2,20).

Paris, août 2022

128 pages · 13,00 EUR

Dimensions : 13 x 20 cm

ISBN : 9782706722677

9782706722677

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