Recensions parues dans ce numéro…

Écriture

RAMBOURG M., L’Apocalypse de saint Jean, message d’espérance, Paris,
Thélès, 2004, 15 x 22 cm, 146 p., 14,90 €.

L’A., missionnaire en Afrique, nous offre ici les réflexions méditatives
que lui suggère une lecture continue de l’Apocalypse de saint Jean, présentée
comme un riche florilège de citations néotestamentaires. Son
ouvrage, qu’il qualifie d’essai, est éminemment personnel : il recourt
peu aux commentaires anciens ou modernes, il compare rarement
leurs interprétations. Pour lui, « laver sa robe dans le sang de l’Agneau
n’est pas autre chose que revêtir le Christ ». Il « marialise » les textes :
la porte, c’est Marie ; la lune, c’est Marie… Il associe chacune des sept
« lettres aux Églises » à un don du Saint-Esprit, à une béatitude, à un
texte de Thérèse de Lisieux : v.g. l’Église de Smyrne ; le don de force ; les
assoiffés de justice ; un poème en l’honneur de Théophane Vénard.
Pour l’explication des symboles (aigle, ailes, vents, mer…), l’A. se réfère
constamment à un Dictionnaire des symboles (non spécifié). Considérant
que les sauterelles peuvent tourmenter pendant cinq mois (9,5), il
commente : « Ni six mois, chiffre de l’imperfection, ni sept mois, chiffre
de la perfection : tout est toujours mesuré ». N’aurait-on pas aimé
que l’A., qui cite les Upanishad et le Rig-Veda de l’Inde ancienne, mette
au service de son commentaire son expérience missionnaire dans
l’Afrique d’aujourd’hui, contribuant ainsi à enrichir l’Église d’une
inculturation africaine de l’Écriture ? Il reste l’espoir que son ouvrage
suscitera chez ses lecteurs l’envie d’en composer un semblable, en
mettant en valeur les passages qui leur parlent au cœur : « J’ai contre
toi que tu t’es relâché de ton premier amour » (2,4) ; « Je me tiens à la
porte et je frappe » (3,20)… — P. DETIENNE, S.J.

Éthique

GÉRARD J. (éd.), Familles et convictions, Malonne, Feuilles familiales
(Dossier, 76), 2006, 15 x 24 cm, 96 p., 10,00 €.

En même temps qu’elles modifient la forme de leurs dossiers, les N.F.F.
abordent ici un thème audacieux. D’abord, la parole est partagée, entre
l’exposé de points de vue sur la question des convictions, au sein et alentour
de la famille, des familles. On relèvera le beau « le Dieu qui est le
mien », de J. Hinnekens, avec ce Jésus que l’A. perçoit « comme la référence
la plus humanisante que la terre ait portée » (p. 21). Puis, c’est le
caractère pluriel des familles et de leur relation éclatée aux convictions,
en recherche d’un terreau où élaborer le vivre ensemble. La famille y
demeure un milieu d’apprentissage, même de l’« exercice démocratique » (p. 58). Un bel outil à mettre au programme d’une réunion d’échanges
fructueux et toniques, un prétexte à des débats qui rendent plus
conscients des choix que nous opérons. — É. ROUSSEAU.

Fondements

DURRWELL F.-X., La mort du Fils. Le mystère de Jésus et de l’homme,
Paris, Cerf, 2006, 14,5 x 23,5, 192 p., 23,00 €.

C’est avec émotion qu’on lira cet ouvrage du Père F.-X. Durrwell, rédigé
peu avant sa mort. On y trouvera, comme en un testament, le prolongement
de la pensée de celui qui fut le théologien du Mystère pascal. On
espère avec impatience une biographie de ce religieux rédemptoriste
dont l’influence fut aussi considérable que peu connue ; demeurent sa
vie et son expérience spirituelle. Peut-être le présent volume laisse-t-il
deviner cette expérience ? C’est, à n’en pas douter, en elle que s’enracine
l’intuition fondamentale de ces pages : l’amour qui pardonne précède ;
ce pardon convertit l’homme pour qu’il accueille le pardon. Le P. Durrwell
avait jadis commencé son œuvre par la Résurrection, il l’achève
maintenant par une réflexion sur la mort de Jésus. La perspective pascale
continue à être la lumière qui illumine tout : « La résurrection est
l’œuvre du Père en sa paternité, la mort est la part filiale de Jésus. »
La théologie dominante du passé parlait avec vérité de la valeur rédemptrice
infinie de la mort de Jésus. Mais elle s’arrêtait trop vite et trop tôt :
dans la mort de Jésus, le Père continuait à engendrer son Fils. Ainsi le
mystère de Jésus est-il contenu tout entier dans la divinité filiale de sa
mort. C’est à commenter cette affirmation que l’ensemble du volume
est consacré : le Mystère de la Trinité et celui de la Résurrection s’y révèlent
indissociables et se contemplent dans le mystère de la mort de
Jésus. Car mort et résurrection ne sont pas deux entités bien distinctes.
La glorification ne s’ajoute pas à ce qui est pleinement accompli, elle est
dans le mourir de Jésus vers son Père. Toute la vie chrétienne doit se
comprendre à cette lumière. La sainteté pascale de Jésus n’est pas dans
la conformité à des lois, elle est dans la relation filiale avec le Père et l’universelle
relation fraternelle aux hommes. Paradoxalement, le théologien
du Mystère pascal nous offre ici « une apologie de la mort » (p. 11). Certes, la mort est le plus grand malheur de l’homme, mais en Jésus, elle est
grâce filiale suprême. — H. JACOBS S.J.

Œcuménisme

AA. VV., Rechercher l’unité des chrétiens, Actes de la Conférence internationale
organisée à l’occasion du quarantième anniversaire de la
promulgation du décret Unitatis redintegratio du concile de Vatican II,
Montrouge, Nouvelle Cité, 2006, 13 x 20 cm, 480 p., 25,00 €.

Les principales Églises chrétiennes étaient représentées à cette Conférence
internationale célébrant le quarantième anniversaire de la promulgation
du décret Unitatis redintegratio de Vatican II (1964). En introduction,
durant la première journée, on entendit trois conférences présentant
tour à tour les points de vue catholique, orthodoxe et protestant sur le
décret. Vinrent alors deux journées, l’une consacrée à une rétrospective
de l’engagement œcuménique et sa situation actuelle, l’autre aux perspectives
qui s’ouvrent aujourd’hui. Il revenait au cardinal W. Kasper de
proposer une première évaluation du déroulement de la conférence.
Aux Vêpres qui clôturèrent cette rencontre, la présidence fut assurée par
le pape Jean-Paul II qui donna l’homélie. L’ensemble de ces contributions
constituent un apport substantiel et varié sur la réflexion œcuménique
en recherche de la pleine communion visible de tous les baptisés.
En appendice sont donnés le texte d’Unitatis redintegratio, celui du
Directoire pour l’application des principes et des normes sur l’œcuménisme,
approuvé par le pape en 1993, et celui de La dimension œcuménique
dans la formation de ceux qui travaillent dans le ministère pastoral
,
document d’étude qui rassemble le contenu du Directoire en le
rendant plus explicite. Nous avons donc dans cet ouvrage comme un
bréviaire de l’œcuménisme pour les temps présents. Le cardinal Kasper
note bien que, pour les catholiques, les choix du Décret de Vatican II sont
irréversibles. Avec lui, on se réjouira de ce que la réception et la conscience
œcuméniques ont grandi dans l’Église catholique, mais, avec lui, on ne
se cachera pas les ombres que projettent la persistance d’anciens préjugés
et l’apparition de nouveaux défis. — H. JACOBS S.J.

Prière et liturgie

RIVIÈREB. (Mgr), Prier 15 jours avec Edmond et Marie Michelet, Montrouge,
Nouvelle Cité, 2005, 11,5 x 19 cm, 128 p., 12,50 €.

L’A., évêque auxiliaire de Marseille, évoque avec affection le souvenir de
son grand-père Edmond Michelet (1899-1970), résistant, déporté, ministre
gaulliste, président du Mouvement international des responsables chrétiens. Il en commente un choix d’écrits intimes (lettres à son
épouse) et de textes officiels (des causeries en 1921 ; des conférences
en 1954 ; le récit de son séjour à Dachau, relaté dans son ouvrage Rue de
la Liberté
…). L’étude est illustrée par d’émouvantes citations de son
épouse Marie Vialle (1900-1989). L’A. décrit la vie de prière de ce saint
laïque
, sa vie de couple, son intégrité, sa fidélité, sa charité inventive,
son pardon des offenses, sa passion pour la réconciliation francoallemande,
sa dévotion à Marie, son attachement à l’Eucharistie… Une
phrase émerge : « Ma grâce te suffit ». — P. DETIENNE, S.J.

FOLLO F. (Mgr), Prier 15 jours avec Jean-Paul II, Montrouge, Nouvelle
Cité, 2006, 11,5 x 19 cm, 128 p., 12,50 €.

L’A., qui a joui pendant près de vingt ans de la proximité de Jean-Paul II,
nous offre une anthologie des écrits du défunt pontife, extraits de ses
œuvres littéraires (poèmes et théâtre), de ses encycliques, de ses discours
prononcés en divers endroits, de son testament… Il en développe
les différents aspects en quinze méditations. Après avoir consacré les
premiers chapitres à la spiritualité montfortaine (Totus tuus ego sum,
Maria
), il aborde différents thèmes : la miséricorde, le travail, la prière,
la douleur, la fraternité,… Sans oublier la culture : Une foi qui ne devient
pas culture n’est pas une foi mûre
. Nombreuses sont les références à la
bienheureuse Teresa de Calcutta. L’ouvrage est enrichi d’un court rappel
biographique. — P. DETIENNE, S.J.

BIANCHI E., Prières glanées illustrées par Arcabas, Namur, Fidélité,
2006, 12,5 x 22 cm, 80 p., 13,95 €.

Ces « prières glanées » mettent en perspective des textes pêchés dans le
flot de la grande tradition qui se réclame du Christ, avec le coup de pinceau
évocateur et tellement « parlant » d´Arcabas. Communion où la
peinture illustre des paroles sans les figer, où les mots répondent aux
images qui souvent les creusent. Belle « correspondance », à laquelle on
posera une question, comme une faille : comment se fait-il que ces prières
proviennent uniquement du courant judéo-chrétien ? - É. ROUSSEAU.

HALA P., Méditations sur les oraisons du temps de Noël, préf. Mgr P.
Raffin, o.p., Solesmes, Éditions de Solesmes (coll. Liturgie), 2006,
14,5 x 20,5 cm, 176 p., 16,00 €.

Après avoir présenté les collectes (on nomme ainsi la première oraison du
formulaire de la messe) du temps ordinaire et celles du temps de l’Avent,
notre auteur propose ici sa méditation sur les 28 collectes, pour la plupart
très anciennes, du temps de Noël. Le commentaire est méthodique, en ce
sens qu’il propose le texte de l’oraison (en latin, puis dans sa traduction
liturgique, pour terminer sur une belle traduction littéraire et, s’il échet, la version anglicane), suivi d’un savoureux commentaire qui remonte aux
sources patristiques et liturgiques, avant d’indiquer ses références et, parfois,
un bref mais précieux historique de la fête (ainsi de la Sainte-Famille)
ou du culte (ainsi de Jean l’évangéliste) ; il se termine par une excellente
bibliographie. Une lecture aisée, et cependant indispensable, pour que la
prière du coeur s’illumine de l’intelligence liturgique. — N. HAUSMAN, S.C.M.

Spiritualité

VERLAGUET W., Comment suivre Dieu quand Dieu n’est pas là ? L’« éloignance
 » de Mechthild de Magdebourg (XIIIe siècle)
, Paris, Cerf (coll.
Sagesses chrétiennes), 2006, 12,5 x 19,5 cm, 108 p., 15,00 €.

Sous cette magnifique question est repris l’essentiel d’une thèse doctorale
en théologie, présentée à la Faculté de théologie protestante de
Montpellier (et publiée en français à Berne en 2005). Un siècle après Hildegarde
de Bingen, en même temps qu’Hadewijch d’Anvers, cinquante
ans avant Eckhart, des femmes commencent à écrire, dans leur propre
langue, leur expérience spirituelle. La lumière fluente de la Divinité de
Mechthild développe « une forme de suivance qui intègre le sentiment
d’absence de Dieu » (11). Notre petit ouvrage commence par situer la vie
et l’œuvre de la mystique, puis tâche de suivre les réponses qu’elle formule
à l’interrogation initiale, d’abord dans les catégories de la poésie
courtoise (l’extase est rencontre secrète de deux amants), puis en s’enfonçant
dans le sentiment d’absence de Dieu, à l’aide de la fidélité et de la
persévérance (l’« éloignance » se nomme encore « amour abaissant ») —
or « c’est dans cet abîme existentiel que l’âme est au plus profondément
unie à Dieu », et le Bien-Aimé présent dans son absence même. Une
courte bibliographie permet d’aller plus loin. — N. HAUSMAN, S.C.M.

OLIVERA B. (Dom), Lumière sur nos pas. L’accompagnement spirituel,
Oka (Québec), Abbaye Notre-Dame-du-Lac (Voix monastiques, 14),
2006, 14 x 21 cm, 152 p., 12,00 €.

Riche de son expérience de maître des novices, l’A., actuellement abbé
général O.C.S.O., nous propose un manuel de l’accompagnement spirituel
particulièrement, mais non exclusivement, destiné au monde
monastique : son but et ses fonctions, ses rapports avec la confession,
avec l’autorité abbatiale, avec la psychothérapie ; la notion de paternité
ou de maternité spirituelle ; les critères bénédictins pour les vocations…
Tout en s’inspirant des diverses traditions spirituelles (cistercienne, carmélitaine,
ignacienne…) et en parsemant ses propos de judicieuses
citations de saints tels que Bernard et François de Sales, il n’hésite pas à
faire appel aux sciences humaines de type existentiel et personnaliste :
écoute, empathie, communication non verbale, interférence, transfert… Il s’étend sur le concept de discernement à la lumière des règles proposées
dans les Exercices spirituels de saint Ignace. Un appendice traite du
dialogue communautaire. — P. DETIENNE, S.J.

RINGLET G., Et je serai pour vous un enfant laboureur…, Paris, Albin
Michel, 2006, 14,5 x 22,5 cm, 224 p., 16,00 €.

Retourner l’Évangile, indique le sous-titre de ce nouveau livre de Gabriel
Ringlet. En effet, les 55 textes réunis ici nous invitent à faire référence au
lectionnaire liturgique. « Six terres » les regroupent et se donnent au soc
de l’Évangile. Un peu plus que dans la parabole de la semence qui dit le
travail laborieux de sa germination menacée et aussi réussie… au-delà
du possible. Un lapsus de lecture m’avait d’abord fait entendre dans ce
sous-titre un banal « retourner à l’Évangile ». Mais non, il s’agit bien de
l’action de retourner, comme le soc retourne le sillon glaiseux et voilà
que c’est la Bonne Nouvelle qui devient notre bonne terre où enfouir nos
jours et nos semaines, nos peurs et nos espérances et y trouver le suc qui
les fera fleurir. On ne résume pas ces petits mots (trois ou quatre pages
tout au plus) où, paradoxalement, n’affleurent les Écritures qu’à la
manière d’un palimpseste… Il faut donc aussi retourner aux Écritures.
On le sait, la culture de l’auteur est vaste et variée, cela aide. Ou déroute
parfois. Cela surprend souvent. Tant mieux ! Choqués, intrigués, énervés
aussi, nous le sommes, pourquoi pas ! Nous voilà derechef reconduit
à l’inépuisable nouveauté de la Nouvelle, la Bonne. Ici, les nouvelles
cessent leur babillage, l’auteur (il est journaliste, ne l’oublions pas) écoute.
Nous aussi. Merci à l’enfant laboureur. — J. BURTON, S.J.

Témoins

AGNÈS DE LANGEAC, Le souci de la vie en ses commencements. Actes du
colloque de Langeac,15-17 octobre 2004
, Paris, Cerf, 2006, 14,5 x 21,5 cm,
333 p., 27,00 €.

En 2004, à l’occasion du dixième anniversaire de la béatification de mère
Agnès, un colloque s’est tenu à Langeac pour approfondir nos connaissances
sur la personne et la rayonnante influence de la bienheureuse
dominicaine. Les contributions y ont été nombreuses, et la figure tant
mystique qu’apostolique d’Agnès Galand y a été mise en une lumière
plus vive. Le frère A. Laffay a présenté les théologiens et spirituels dominicains
du XVIIe siècle : ils s’enracinent dans la réforme de Sébastien
Michaélis, étaient ouverts aux auteurs carmes et jésuites, et surtout
donnaient de saint Thomas une présentation dogmatique à finalité
pratique visant à sanctifier l’homme pour le disposer à la béatitude. Une
floraison mystique devait naître dans l’ordre dominicain à la suite de
leurs ouvrages, et mère Agnès est mieux comprise dans cette perspective. Nombreuses ont été, dès le lendemain de sa mort, les biographies
consacrées à la bienheureuse. Le frère B. Montagnes les « revisite », permettant
ainsi d’éclairer une réputation posthume que diffusaient publications,
récits de miracles et iconographie. Suggestive est l’étude de
Nathalie Grande sur l’humour et la mystique chez Agnès. Sa simplicité,
son absence de calcul, sa charité inépuisable faisaient rire même les
anges, et elle ne dédaignait pas de rire elle-même, en même temps
qu’elle pouvait pleurer tant étaient profondes sa joie et son espérance.
Plusieurs autres contributions devraient encore ici être évoquées, notamment
celle de Marie-Pierre Labrosse, pédopsychiâtre, qui met en évidence
le charisme de mère Agnès pour les grossesses difficiles. On sait,
en effet, le soutien que donnait la moniale aux femmes qui devaient
accoucher. Elle avait également le souci de la formation des prêtres.
Son lien avec M. Olier est étudié dans la Correspondance de ce dernier
par le P. Irénée Noye. — H. JACOBS, S.J.

N’TEBA MBENGI A., Les jésuites au Kwilu sur les pas d’Ignace de Loyola,
François Xavier et Pierre Favre
, Kinshasa, Éditions Loyola, 2006, 17 x
24 cm, 143 p.

Cette brochure semble destinée à un public local, qui connaît bien la
situation et le cadre auquel se réfère le texte, notamment en quoi le diocèse
de Kikwit, en République démocratique du Congo, correspond au
Kwilu, une « sous-région » de l’État (p. 60). Elle vise à aider ses destinataires
à célébrer les anniversaires de trois grandes figures fondatrices de
la Compagnie : Ignace de Loyola, François Xavier, Pierre Favre. L’auteur
est vicaire de paroisse à Kikwit et professeur d’histoire ecclésiastique à
Abidjan. La deuxième partie donne un « bref aperçu de l’histoire missionnaire
de la Compagnie de Jésus », centrée surtout sur l’arrivée des
jésuites au Congo léopoldien en 1893 et sur « l’occupation » du Kwilu à
partir de 1901. C’est sur la situation actuelle de celui-ci que porte la troisième
partie du livre et qui totalise la moitié de ses pages. C’est là qu’est
mis l’accent principal, en présentant quatorze interviews de jésuites
actuellement engagés dans le diocèse. — É. BRION, SS.CC.

DAMOSSO P., GIORDANO F., Valeur ajoutée de l’Adoration eucharistique.
Vie et œuvre de Marie-Madeleine de l’Incarnation
, Montrouge, Nouvelle
Cité, 2005, 13 x 20 cm, 184 p., 18,00 €.

C’est en Italie, au temps de la Révolution française et des années napoléoniennes
que vécut Caterina Sordini (1770-1824), sœur Marie-Madeleine
de l’Incarnation. D’abord franciscaine, elle devint par la suite fondatrice
d’ordre. Sa sainteté n’a pas encore été officiellement reconnue
par l’Église et le public francophone ignore tout de son existence et de
son œuvre. Ce fut une moniale fervente, puisant de plus en plus sa force
dans l’amour de l’Eucharistie. Elle fut ainsi amenée à donner corps à son expérience spirituelle par la fondation, au centre de Rome, des Adoratrices
perpétuelles du Saint-Sacrement. L’adoration de Jésus-Eucharistie
fut le cœur de sa vie. Mais elle ne l’isolait nullement de la célébration de
la messe. Au contraire, l’adoration était pour elle en continuité profonde
avec celle-ci. L’ordre qu’elle a fondé n’a pas d’autre mission que, dans un
seul élan, adorer Jésus au Saint-Sacrement et prier sans cesse pour toute
l’humanité. Il compte aujourd’hui trois fédérations dans le monde
autour desquelles gravite un réseau d’adorateurs laïcs. — H. JACOBS, S.J.

CNOKAERT A. s.j., BERTRAND D. s.j., FRANCART R. s.j., Ignace de Loyola,
François-Xavier, Pierre Favre
, Namur, Fidélité (coll. Sur le route des
saints, 24), 2005, 12 x19 cm, 96 p., 5,95 €.

Chacun des A. de ce petit volume publié à l’occasion des jubilés ignatiens
propose dans un style agréable et vivant de plonger dans la vie de
l’un des trois premiers « amis dans le Seigneur ». La formule prend corps
sous les yeux du lecteur au fil des événements fondateurs, ou des simples
anecdotes de la vie des saints qui émaillent le récit. Ces biographies
ont en commun, outre de contenir des extraits de leurs écrits, de situer
avec précision le contexte historique, familial et social des figures
présentées. C’est ainsi que chaque chapitre se teinte d’une couleur spécifique
au saint : la mission de Francois-Xavier en Orient a le parfum
exotique des longs voyages en mer de Chine, alors que la vie de Pierre
Favre est plus synthétique, plus intérieure, à son image en somme. Ce livre
est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir avec bonheur trois des
fondateurs de la Compagnie de Jésus. — S. WAEFFLER.