Recensions parues dans ce numéro…

Témoins

LOONBEEK R., Franz Stock (1904-1948). La fraternité universelle (préf.
N. Villeroy de Galhau, 2e éd. revue et augmentée), Paris, Salvator,
2007, 15 x 22,5 cm, 320 p., 29,50 €.

On retrouve dans cette deuxième édition tout ce qui faisait la valeur de
la première : l’itinéraire héroïque du jeune prêtre allemand qui accompagna,
durant la deuxième guerre mondiale, les derniers moments
de tant de résistants français au nazisme, puis organisa le fameux
« Séminaire des barbelés », avant de mourir, abandonné de tous, dans
cette France qu’il avait tant aimée. Dans le style superbe de l’auteur,
aujourd’hui disparu, se révèlent aussi les mouvements spirituels de
laïcs, allemands et français, qui ont permis de telles germinations.
Une grande leçon d’histoire nous est ici donnée, qui offre bien des méditations,
en particulier sur les exigences du sacerdoce catholique, lorsque
le prêtre doit entendre les confessions des condamnés sans trahir
ni le secret sacramentel, ni sa patrie. Des repères biographiques et le
message de deux témoins achèvent l’ouvrage, après la conclusion qui
voit la gloire posthume succéder à l’ingratitude des contemporains. Une
pièce majeure pour un éventuel procès de canonisation. — N. HAUSMAN,
s.c.m.

PLETH Ph., Prier 15 jours avec Gemma Galgani, Bruyères-le-Châtel,
Nouvelle Cité (coll. Prier 15 jours avec…, 109), 2007, 11,5 x 19 cm,
128 p., 12,50 €.

L’A., prêtre passioniste, propose, en un style fort simple, quinze méditations
pieuses sur la vie d’une contemporaine de Thérèse de Lisieux,
décédée de tuberculose, en 1903, à l’âge de 25 ans : deuils précoces,
vocation religieuse non aboutie, stigmates, visions, extases, visites du
démon… Pour l’A., elle est incontestablement la plus grande représentante
italienne de la spiritualité du Sacré Coeur
 : contemplation de
l’eucharistie, réparation spirituelle… Reste une question : où s’arrête
l’hagiographie critique, où commence la légende ? Lorsque la sainte
envoie des lettres à son directeur spirituel (son « papa » qui réside à
plusieurs centaines de kilomètres) ou à saint Gabriel, elle les dépose
dans une boîte qu’elle ferme à clé… et les lettres disparaissent : son ange
gardien (qui s’entretenait fréquemment avec elle : « Si tu n’es pas sage,
je ne me ferai plus voir de toi ») les porte à leurs destinataires. Et l’A. de
conclure : Comme sont grandes l’humilité et la gentillesse des anges.—
P. DETIENNE, s.j.

PITAUD B., Prier 15 jours avec Monsieur Olier, Bruyères-le-Châtel,
Nouvelle, Nouvelle Cité (coll. Prier 15 jours avec…, 111), 2007, 11,5 x
19 cm, 128 p., 12,50 €.

L’A., sulpicien lui-même, choisit et commente quelques textes tirés
des œuvres du P. Jean-Jacques Olier (1608-1657), fondateur de la Compagnie
des prêtres de Saint-Sulpice et instaurateur de plusieurs séminaires
en France. Les citations concernent la relation d’Olier aux trois
Personnes divines, son rapport à l’Église, sa vie apostolique, son combat
spirituel, sa pédagogie. Qu’y lisons-nous ? La célèbre prière Ô Jésus,
vivant en Marie, venez et vivez en vos serviteurs
, composée par le
P. Condren, directeur spirituel d’Olier, mais « marianisée » par Olier ;
une question empruntée au catéchisme de la vie intérieure : Comment
donc peut-on prier avec confiance ?
 ; un extrait tiré des Mémoires autobiographiques
inédits, dans lequel Olier pourfend sa « superbe », qu’il
définit comme un désir excessif de sa propre excellence. Relevons
quelques belles expressions : se laisser à l’Esprit ; aller droit à Dieu, une
formule que l’A. attribue à saint Ignace ; ne pas éplucher nos défauts…
— P. DETIENNE, s.j.

SŒUR MARIE-ÉLISABETH DE LA TRANSFIGURATION, Le Cristal et le Feu.
Textes recueillis par les Sœurs de Tous-les-Saints (Magyarszék,Hongrie)
,
Toulouse, Éditions du Carmel (coll. Témoins de vie), 2007, 15 x
20 cm, 256 p., 18,00 €.

Née au Maroc, de parents polonais, nationalisés français et installés
au Luxembourg, sœur Marie-Élisabeth, carmélite à Plappeville
(Metz) est envoyée en Hongrie, en 1992, pour aider à la renaissance
du Carmel de Tous les Saints, à Magyarszék. Maîtresse des novices
puis prieure, elle meurt d’un cancer en 1999, à l’âge de 50 ans. Le présent
ouvrage rassemble divers témoignages (de sa mère, d’une de ses
sœurs, d’amies, de consœurs…) ainsi qu’un florilège de ses écrits :
exhortations, conférence sur la prière, extraits de correspondance,
« pensées et conseils » (Je veux entrer dans le désir de Dieu…
Se réjouir de la joie de l’autre… Le déjeuner et le dîner sont de la paraliturgie…).
Un livre qui, dans son avant-propos, se présente comme
« une mosaïque, composée de petites pierres pleines d’amour ». —
P. DETIENNE, s.j.

DELBRÊL M., Œuvres complètes, t. 6 : Écrits professionnels, v. 2 : Le service
social entre personne et société
, Bruyères-le-Châtel, Nouvelle
Cité, 2007, 13 x 20 cm, 512 p., 23,00 €.

Madeleine Delbrêl (1904-1964), dont nous connaissons les écrits spirituels,
a été assistante sociale à Ivry, d’abord en paroisse (1932-1939),
puis, jusqu’en 1945, à la mairie. Le présent ouvrage rassemble ses écrits
professionnels inédits, tirés des archives : rapports personnels ou collectifs,
conférences, cours, notes de travail. S’adressant à des femmes
célibataires (la place de l’épouse est au foyer), elle présente le travail
social comme « la robe neuve de la charité », un travail qui se distingue
de la bienfaisance (car il agit sur les causes plutôt que sur les effets) et
qui requiert : compétence professionnelle, sans visée prosélyte ; respect
de la vie privée (les visites ne sont pas des enquêtes) ; conviction que le
service familial est la base nécessaire de tous les autres ; mise en valeur
chez les « assistés » des richesses qu’ils portent en eux-mêmes. Elle définit
le service social en ces termes : « Service de l’homme par l’homme,
pour amener l’homme à servir l’homme. » — P. DETIENNE, s.j.

QUINSON H., Moines des Cités. De Wall Street au Quartiers-Nord de
Marseille
, Bruyères-le-Châtel, Nouvelle Cité (Récit), 2008, 15 x 22 cm,
224 p., 22,00 €.

L’A., économiste, a 28 ans lorsque, abandonnant un emploi richement
rémunéré, il entre à l’abbaye cistercienne de Tamié, où il réside pendant
six ans. Sa vocation s’étant précisée (et après un séjour chez Enzo Bianchi
à Bose), il s’installe dans une banlieue marseillaise, multiraciale et
multiculturelle, où il fonde en 1997 la Fraternité Saint-Paul. Ces « moines
dans la ville » (à la manière des Fraternités de Jérusalem fondées en
1975 par Pierre-Marie Delfieux) observent sept « piliers » : célibat évangélique,
liturgie quotidienne, logement en cité HLM, travail à mi-temps
rémunéré, hospitalité, entraide, participation à la vie paroissiale. L’A.
décrit leur travail d’alphabétisation et de catéchisation. Il cite à profusion
Madeleine Delbrêl. Son ouvrage abonde en récits qui témoignent
à la fois d’un accueil chaleureux et de réticences vaincues. La Fraternité,
dont les membres sont encore peu nombreux, envisage une implantation
à Boudouaou, près d’Alger. — P. DETIENNE, s.j.

PROVINCE DE PARIS DE L’ORDRE DES CARMES DÉCHAUX, « Tenir haut l’esprit
 ». Père Jacques de Jésus
, Toulouse, Éditions du Carmel (Carmel
vivant), 2007, 14 x 21 cm, 256 p., 18,00 €.

La très pure figure du père Jacques de Jésus émerge de plus en plus des
sombres souvenirs que nous a laissés la guerre. Plusieurs ouvrages nous
permettent de mieux connaître ce carme né en 1900, arrêté en 1944, au
collège d’Avon, avec trois enfants juifs qui y étaient cachés. Libéré du
camp de Monthausen par les Américains en mai 1945, il mourut le 2 juin
de la même année à l’hôpital Sainte-Elisabeth de Linz, en Autriche. En
1985, l’État d’Israël lui décerna la médaille des Justes, et en 1997 s’est
ouvert son procès de béatification. Dans sa vie de prêtre, ce religieux fut
avant tout un éducateur, mais il le fut dans l’esprit du Carmel : « […] le
vrai but de toute éducation humaine doit être la sainteté. » Éducation,
résistance spirituelle sont des thèmes qui se retrouvent dans ces pages
où l’on a rassemblé les conférences données dans deux colloques tenus
à Avon, l’un en 2000, l’autre en 2005. Plusieurs textes y ont été ajoutés,
notamment du frère Didier-Marie Golay, o.c.d., sur ce que l’on peut
regarder comme le Testament spirituel du père Jacques. Signalons aussi
la contribution de Renée Bédarida sur le Témoignage chrétien, front de
résistance spirituelle contre l’hitlérisme. — H. JACOBS, s.j.

LOSSKY O., Vers le jour sans déclin. Une vie d’Élisabeth Behr-Sigel
(1907-2005)
, Paris, Cerf (L’histoire à vif ), 2007, 13,5 x 21,5 cm, 464 p.,
25,00 €.

Arrière-petite-fille de Vladimir Lossky, l’A. était tout indiquée pour
écrire cette biographie issue, écrit dans la préface Olivier Clément,
« d’un dialogue constant avec Élisabeth et fondée sur la mise au jour
de toute une correspondance ». Née allemande d’une mère juive,
dans l’Église luthérienne, Él. Behr-Sigel entra dans l’Église orthodoxe le
13 décembre 1929. Elle mourut en 2005, âgée de quatre-vingt-dix-huit
ans, après avoir été pour notre siècle l’une des plus pures lumières de
l’Orthodoxie. Mariée et mère de famille, elle unit tout son être et toute
son intelligence dans son engagement de théologienne. Son œuvre
écrite comme son action furent considérables. Incarnant en son
existence le dialogue de l’Orient et de l’Occident, comme celui de la Tradition
chrétienne avec le monde d’aujourd’hui, elle a donné un merveilleux
exemple d’audace et de fidélité. Très proche du père Lev Gillet, elle
trouva en lui un ami et un guide spirituel exigeant. Elle fut souvent critiquée
pour des positions que certains jugeaient trop réformistes. En
réalité, elle n’entendait nullement s’écarter du message de l’Évangile
qui est aussi celui de la Tradition, mais elle voulait que l’on réfléchisse
sur les pratiques liturgiques pour qu’elles soient l’expression d’une
authentique foi vécue et non d’un ritualisme sclérosé. Elle excellait à
conjoindre l’analyse des Écritures et l’étude de l’héritage patristique et
spirituel. La sainteté russe, l’hésychasme, la prière de Jésus ont été ses
thèmes favoris. Mais, à partir de 1976, elle s’engagea plus activement sur
la question de la femme et de sa place spécifique dans l’Église. Elle
inclina de plus en plus, sans nier leur identité particulière, à mettre en
avant l’exigence d’une véritable réciprocité entre homme et femmes.
Ce livre nous met en contact avec l’une des personnalités les plus lumineuses
de l’Orthodoxie contemporaine et nous aide à donner corps à un
œcuménisme qui demeure souvent chez nous trop théorique et trop
abstrait. — H. JACOBS, s.j.

FELDMANN Chr., Joseph Kentenich. Fondateur du mouvement de Schoenstatt,
Bruyères-le-Châtel, Nouvelle Cité, 2007, 15 x 22 cm, 208 p.,
20,00 €.

Jésuite allemand, l’A. excelle à écrire la biographie des grandes personnalités
spirituelles du XXe siècle. Dans le présent volume, il nous retrace
la vie et l’œuvre rayonnante d’un Pallotin, Joseph Kentenich (1885-
1968), qui fut à l’origine du « Mouvement de Schoenstatt ». Une chronologie
bien complète nous fournit les précisions nécessaires pour comprendre
cet homme à qui ne manquèrent pas les épreuves (il fut détenu
à Dachau ; le Saint-Office, en 1952, le bannit d’Europe). Il fut finalement
reconnu par l’Église qui lui permit de se séparer de sa Congrégation et
donna l’autonomie à ses œuvres. Sa spiritualité, proche de celle de
Madeleine Delbrel, est celle « d’une Église servante, à l’écoute, pauvre,
dépourvue de tout pouvoir, portée désormais uniquement par la force
de l’Évangile ». Certes, il usa plus d’une fois de formules doctrinalement
peu satisfaisantes, mais sa fidélité était sans faille : « Nous ne voulons
pas exister en dehors de l’Église ». En fait, ses intuitions furent celle de
Vatican II : l’Église est le peuple de Dieu en marche, et non une pyramide
figée et immobile, constituée de la hiérarchie et d’une masse soumise
(pp. 172-173). Deux mots seulement figurent sur son tombeau, comme
il le souhaitait : « Il a aimé l’Église. » — H. JACOBS, s.j.

LAMONTAGNE D., Prier 15 jours avec François de Laval, évêque missionnaire
de France, premier évêque de Québec
, Bruyères-le-Châtel, Nouvelle
Cité (Prier 15 jours avec…), 2007, 11,5 x 19 cm, 128 p., 12,50 €.

De la lignée des Montmorency, François de Laval est né en 1623. Il devint
prêtre en 1647, puis évêque en 1658. Sa formation le rattache à deux courants
spirituels. Étudiant chez les jésuites, puis membre de la Société des
Bons Amis où l’on s’entraidait à vivre l’idéal évangélique, il reçut l’influence
de la spiritualité ignatienne. « Les jésuites m’ont appris à aimer
Dieu et ont été mes guides dans la voie du salut et des vertus chrétiennes »
écrit-il. Mais, ami de Jean de Bernières, à l’Ermitage de Caen, François de
Laval fut également formé à la prière et à la charité par l’École bérullienne.
Son désir missionnaire le conduisit au Québec où il devint, en 1659, vicaire
apostolique de la Nouvelle-France. Il y fut un infatigable pasteur, marquant
de sa sainteté l’Église du Canada. Le meilleur de lui-même, il l’exprime
dans ce mot, écrit en 1687 : « Il est bien juste […] que nous ne vivions
que de la vie du pur abandon en tout ce qui nous regarde au-dedans
comme au-dehors. » Les textes ici rassemblés et commentés témoignent
combien le Christ Jésus fut son « Centre » et son « tout ». — H. JACOBS, s.j.

MARTÌN SANZ T., LABARRIÈRE Th., illustrations de ORTEGA REGUERA C., Vie
du père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus
, Toulouse, Éditions du Carmel,
2007, 11 x 17,5 cm, 64 p., 10,00 €.

Présentation très simple, et fort agréablement illustrée, du père Marie-
Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967), carme et fondateur des Instituts
Notre-Dame de Vie. Sa biographie et sa doctrine spirituelle y sont mises
à la portée des enfants. Mais d’une manière si juste et si profonde que
bien des adultes pourront en être touchés. — H. JACOBS, s.j.

COLLEYE F., Charles Mœller et l’Arbre de la Croix. Crise de l’Église et
désarrois du Monde. La vie d’un théologien du XXe siècle
, Paris, Publibook,
2007, 14 x 22,5 cm, 744 p., 39,00 €.

Livre passionnant. En retraçant la vie et l’action de Charles Mœller (1912-
1986), ce prêtre belge « d’une stature exceptionnelle », c’est tout un
pan de l’histoire de l’Église du XXe siècle en Belgique et dans le monde
qui défile devant nos yeux. Que de personnalités on y rencontre ! Que
d’évènements y sont évoqués ! L’écriture est vive, concrète, débordante
d’anecdotes. On a l’impression d’assister en direct, en dehors de tout
style bien-pensant, à tout ce qui fut vécu à Vatican II : l’efficacité des
Belges « qui, a-t-on dit, en faisaient peut-être même un peu trop », les
manœuvres en coulisses qui arrachèrent au héros de ce livre cette confidence :
« Il y a quelque chose de pourri dans l’Église catholique. » Le mouvement
œcuménique, la théologie de la libération, mille et mille choses
de la vie de l’Église nous sont racontées avec une verve intarissable. Mais
toujours le récit se déroule en fonction de Charles Mœller, prêtre dont la
vie de foi et le dévouement apostolique sollicitent sans cesse notre admiration.
Merci à Fernand Colleye de nous avoir écrit un si bel ouvrage sur
un homme que nous risquions, hélas !, d’oublier. Le jugement que portait
sur lui le cardinal Willebrands en donne le secret : « L’homme n’était
pas seulement habité par une vision intellectuelle. C’est dans son cœur
qu’il portait les problèmes comme les personnes. » — H. JACOBS, s.j.

BOURCEREAU M., Jacques Sevin, fondateur et mystique. 1882-1951,
Paris, Salvator, 2007, 15 x 22,5 cm, 320 p., 25,00 €.

Prieure générale de la congrégation de la Sainte-Croix de Jérusalem,
M. Bourcereau retrace ici la vie de celui qui fonda cet institut avec la
mère Jacqueline Brière. Jésuite, né en 1882, décédé en 1951, le père Jacques
Sevin eut aussi une part essentielle dans la naissance et le développement
du scoutisme catholique en France. Baden-Powell a même écrit
de son ami jésuite qu’il était « celui qui a le mieux compris et réalisé ma
pensée ». Apôtre de la jeunesse, le père Sevin fut également un religieux
profondément attaché au Seigneur et à sa vocation. Très documenté,
puisant aux meilleures sources, l’ouvrage de sœur M. Bourcereau permet
de découvrir un homme à la fois « connu, inconnu, méconnu ». Les
données de l’histoire y sont sérieusement rapportées, en même temps
que le lecteur est introduit à « l’authentique secret de la vie du Père » : sa
relation profonde au Dieu Trinité, sa grande dévotion au Cœur de Jésus
et à Notre-Dame. Parmi les saints, il fut particulièrement touché par
Thérèse de Lisieux. Avant tout, certes, fils d’Ignace, le père Sevin n’en
orientait pas moins ceux qu’il accompagnait dans la vie spirituelle « vers
la simplicité, la confiance, l’abandon, à la suite de Thérèse ». Quant à sa
congrégation, elle apprit de lui à joindre ensemble l’idéal de la vie consacrée
et l’esprit du scoutisme, et à synthétiser les spiritualités d’Ignace,
de Thérèse d’Avila et de Thérèse de l’Enfant-Jésus. — H. JACOBS, s.j.

CHAUVIN Ch., Petite vie de l’abbé Huvelin (1838-1910). Un « moine »
dans la cité
, Paris, Desclée de Brouwer, 2007, 11 x 17,5 cm, 184 p.,
13,00 €.

Que connaissons-nous de Henri Huvelin (1838-1910), mis à part ses
rapports avec le P. de Foucauld ? L’A., co-fondateur de la revue Notre
Histoire, nous le présente : un helléniste, agrégé d’histoire, qui refuse
une chaire à l’université, et qui reste vicaire toute sa vie. Confesseur et
prédicateur, il n’a rien écrit, mais il a laissé de nombreuses lettres de
direction spirituelle ; son cours d’histoire de l’Église a été tardivement
publié en douze volumes (1963-1969). Son ascétisme extrême lui a ruiné
la santé. Bien que marqué par l’esprit de son temps (anti-protestantisme,
misogynie, dolorisme), il évoquait Luther avec sympathie, il
appréciait les ouvrages de Renan, il s’est montré accueillant pour le
« défroqué » Loyson, il a accompagné Littré dans ses derniers jours : Je
ne puis regarder personne sans désirer lui donner l’absolution. Jung lui
reconnaissait des aptitudes d’analyste. — P. DETIENNE, s.j.

PETITE SŒUR ANNIE DE JÉSUS, Petite sœur Magdeleine de Jésus. L’expérience
de Bethléem jusqu’aux confins du monde
, Paris, Cerf (Histoire),
2008, 12,5 x 19,5 cm, 210 p., 18,00 €.

Plutôt qu’une biographie de la fondatrice de la Fraternité des petites
sœurs de Jésus, le lecteur trouvera ici un précieux recueil de textes
extraits de ses notes et de sa correspondance. Recommandant à ses religieuses
la « révision de journée », elle leur écrit : Soyez d’abord un sourire
entre vous… Je voudrais que chacune de vous ait la passion de
l’unité… Avons-nous été assez bonnes ?… Je rêve qu’on puisse donner
beaucoup de tendresse à tous… Il y a dans chaque être un racisme caché…
Trouvez belles les civilisations autres que la vôtre…
Elle rappelle que
l’apostolat des petites sœurs consiste moins à convertir qu’à rapprocher
de Dieu, et elle envisage une « Fraternité de l’unité » qui réunirait des
jeunes filles de différentes religions. Elle aime épingler, dans le communisme,
les valeurs évangéliques telles que la défense des pauvres et des
opprimés, la recherche d’un monde plus juste et plus fraternel. —
P. DETIENNE, s.j.

BOUFLET J., Padre Pio. Des foudres du Saint-Office à la splendeur de la
Vérité
, Paris, Presses de la Renaissance (coll. Petite Renaissance, Biographie),
2008, 11 x 17,5 cm, 464 p., 9,80 €.

S’appuyant sur des sources sûres, préservées dans diverses archives
officielles (lettres du saint, témoignages de ses contemporains), l’A.,
consultant auprès de postulateurs de la Congrégation pour les causes
des saints, propose ici une biographie détaillée du capucin stigmatisé
Francesco Forgione (1887-1968), alias Padre Pio, canonisé en 2002.
Au programme : sa petite santé ; son intelligence médiocre ; ses vertus
(piété, humilité, obéissance) exemplaires face aux calomnies ; les
sanctions disciplinaires dont il a été l’objet (interdiction de célébrer
l’eucharistie en public, de répondre aux lettres de ses fidèles, de confesser,
de communiquer avec son père spirituel…) ; tel ou tel phénomène
extraordinaire ; le zèle intempestif de certains de ses dévots ; les détournements
d’argent ; la pose de micros dans son confessionnal… —
P. DETIENNE, S.J.

Écriture

SONNET J.-P., Le chant des montées. Marcher à Bible ouverte, Paris,
DDB (coll. Littérature ouverte), 2007, 11 x 21 cm, 96 p., 10,00 €.

Au moment où sa propre route va se risquer à des chemins nouveaux,
l’A. entonne avec nous ce Chant des montées. Nourri, pétri d’un récit,
celui de la Bible, de ses figures et de ses intrigues de la marche, récit qui
« déroule devant les marcheurs un tapis de mots » (p. 23), l’A. met également
le lecteur en marche. En dialogue constant avec d’autres poètes,
il suggère plutôt qu’il ne décrit, se laissant être à sa façon le narrateur
auquel on peut se fier (p. 37). C’est alors la prière elle-même qui se fait
pèlerine, se laissant désenclaver de ce qu’elle croyait (avoir à) demander,
pour s’ouvrir à plus grand, jusqu’à croire que Lui peut l’impensable,
jusque même tourner le mal à bien. — É. ROUSSEAU-WILLOCQ

DE CHALENDAR X., Illustrations DE SENILHES I., Ils ont vu Jésus. 50 personnages
de la Bible
, Paris, Salvator, 2008, 12,5 x 21 cm, 224 p., 16,00 €.

En un style léger, agréablement sérieux, l’A. met en scène une cinquantaine
de personnages rencontrés dans l’évangile. Mêlant histoire et
imagination, ils s’expriment sous forme de confidence (Malchus,
Madame Pilate), d’interview (Zachée ; le centurion du calvaire) ou
d’échange épistolaire (Marie à Joseph ; Suzanne à Jeanne). Acteurs ou
simples témoins, ils racontent leurs souvenirs de Jésus. Chaque chapitre
se termine par une réflexion proposée sous forme de questions
adressées au lecteur. L’ouvrage est divisé en quatre sections : des
proches ; des rencontres ; des miracles ; la passion. Le lecteur se reportera
spontanément au chef d’œuvre littéraire du poète libanais Khalil
Gibran, Jésus, Fils de l’Homme (1928), dans lequel 77 personnages, traditionnels
ou fictifs, enthousiastes ou hostiles, évoquent leur rencontre
avec Jésus. — P. DETIENNE, S.J.

HAUMONTÉ O., Joseph. Le secret du Juste, Nouan-le-Fuzelier, Edition
des Béatitudes, 2008, 13,5 x 20 cm, 208 p., 12,50 €.

Joseph est une figure discrète des évangiles et cet agréable roman propose
comme une méditation ce qui aurait pu être la vie du charpentier
de Nazareth, de son enfance jusqu’au recensement ordonné par Quirinus.
Dès le premier chapitre, le lecteur se laisse séduire par la profondeur
des personnages déployés devant lui, puis il les suit, gagné par la
paix qui les habite et les enveloppe. L’auteur parvient à saisir les instants
qui forment le quotidien d’une petite communauté juive du premier
siècle et nous donne d’y participer, sans pour autant verser dans le documentaire :
Bar Mitsva, Soukkôt, Shabbat… autant de fêtes qui nous sont
rendues étonnamment familières par la médiation des personnages
bibliques qui les vivent. Dans ce cadre, une intrigue se noue alors qui
trouvera une heureuse solution dans le mariage célébré entre Joseph et
Marie. Comme dans la narration biblique, la fin est ici connue, mais les
chemins qui y mènent surprennent et émerveillent. — S. WAEFFLER

Histoire

ROTSAERT M., SEGAERT B. (éd.), Markante jezuïeten uit de Lage Landen. Canisius, Verbiest, Lessius, Regout, Louvain, Peeters, 2007, 17 x 24 cm,
114 p., 35,00 €.

En 2006, année jubilaire pour la Compagnie de Jésus, le Centre universitaire
Saint-Ignace (Anvers) s’est penché sur quatre éminents jésuites
des « Pays-Bas » : saint Pierre Canisius (Nimègue, 1521 – Fribourg, 1597),
docteur de l’Église, fondateur de nombreux collèges, auteur d’un catéchisme
qui, dans le contexte de la Contre-Réforme, s’est avéré être un
best seller ; Ferdinand Verbiest (Pittem, Flandre occidentale, 1623 –
Pékin, 1688), missionnaire en Chine, directeur de l’observatoire astronomique
de Pékin ; Léonard Lessius (Brecht, Anvers, 1554 – Louvain,
1623), théologien moraliste, casuiste, probabiliste ; Robert Regout (Maastricht,
1896 – Dachau, 1942), professeur de droit international, arrêté par
les Allemands pour avoir publié un article sur le droit de son peuple sous
l’occupation nazie. — P. DETIENNE, S.J.

PLOUVIER M., L’abbaye de Prémontré. Du service de Dieu au soin des
hommes
, Paris, AGIR-Pic, 2007, 15 x 21 cm, 168 p., 14,00 €.

L’A. est conservateur en chef aux Archives nationales (Paris), et elle
dirige le Centre d’études et de recherches prémontrées fondé en 1976.
Dans cet agréable petit livre, admirablement présenté et illustré, elle
nous fait connaître la splendide abbaye qui a donné son nom à un illustre
ordre religieux de chanoines réguliers. Elle en fait connaître l’histoire,
l’architecture, les destinations diverses depuis que la Révolution française
l’a vidée de ses religieux. Restaurée au XIXe siècle, mais sans jamais
retrouver son abbaye mère, la continuité des abbés généraux ne fut rétablie
qu’en 1869, d’abord à Strahov (Prague), puis à Rome. Seul un titre
symbolique, attribué à chaque abbé général, perpétue le souvenir d’un
site autrefois prestigieux. Mais « tous s’accordent sur un point : l’étrange
beauté qui naît de l’isolement d’un lieu, en pleine forêt de Concy ». —
H. JACOBS, s.j.

Patristique

GEOFFROY D’AUXERRE, Exposé sur le Cantique des cantique, t. 1, Oka
(Québec), Abbaye Notre-Dame du Lac (Pain de Cîteaux, Série 3, 27),
2008, 15 x 20 cm, 386 p., 23,00 €.

Attiré à la vie monastique par saint Bernard, Geoffroy d’Auxerre compte
parmi les plus impressionnantes figures du premier siècle cistercien.
On lui doit plusieurs écrits dont cet Exposé sur le Cantique des cantiques.
Il y raconte, dans l’introduction, qu’on lui avait demandé de continuer
les sermons de saint Bernard sur ce livre de l’Écriture. Il s’y était refusé
par respect pour l’abbé de Clairvaux, préférant rédiger, à partir de ses
propres notes, un commentaire complet. Il y compile aussi d’autres
écrits consacrés au même texte biblique, comme ceux d’Origène et de
Bède le Vénérable, ou la Glose ordinaire. L’ouvrage de Geoffroy a un style
composite. À côté de considérations simplement juxtaposées, on y
trouve des pages soigneusement composées. Pour goûter ce commentaire
il ne faut pas l’aborder en lui cherchant une cohérence de logicien.
Bien plutôt convient-il de se laisser tout simplement aller au fil de
passages souvent plus surprenants que construits. C’est d’ailleurs l’ensemble
de ce commentaire qui laisse davantage apparaître la diversité
que l’élaboration rigoureuse. De facture éminemment symbolique, le
discours a surtout une portée spirituelle qui peut nourrir la faim de pas
mal de ses lecteurs. — H. JACOBS, s.j.

Prière et liturgie

SMYTH M., « Ante altaria ». Les rites antiques de la messe dominicale
en Gaule, en Espagne et en Italie du Nord
, Paris, Cerf (Liturgie, 6),
2007, 13,5 x 12,5 cm, 208 p., 25,00 €.

Disparue voici bientôt mille trois cents ans, la célébration eucharistique
de type gallican avait pourtant maintenu dans sa simplicité le schéma
liturgique qui s’établit au cours du IIe siècle ; mieux que d’autres, la
liturgie dominicale y conservait une prière eucharistique centrée sur la
louange offerte au Père pour le don du salut conféré en Christ, en conformité
avec le sens primitif de l’eucharistia (introduction). Présentant
l’histoire des sources de cette liturgie alternative occidentale (et rendant
l’Exultet aux liturges provençaux), l’auteur [1] pointe dans la synthèse
romano-franque « le plus grand acte de vandalisme jamais perpétré
contre le patrimoine de l’Eglise » (36) — une « romanisation » qui refluera
même à Rome et demeurera en vigueur dans le catholicisme latin jusqu’en
1969. La liturgie ambrosienne y succombera également ; seule survivra la
liturgie wisigothique qui, à la suite de Vatican II, bénéficie même d’un
sacramentaire et d’un lectionnaire révisés d’après les sources anciennes
(40). C’est dire l’intérêt des chapitres que l’auteur consacre ensuite à la présentation
de ces rites anciens : les lectures (et le psaume ante altaria),
la préparation de l’offrande (et le baiser de paix), les prières de l’offrande
(avec anamnèse et épiclèse), la communion et ses rites. Après la conclusion
qui dégage une vue globale de « l’ordo missae occidental non
romain dominical », un excursus sur le chant gallican et le romano-franc
donne une idée des chants de la messe et de l’office en Gaule, et la bibliographie
permet de poursuivre ce dépaysant voyage — une lecture très
précieuse, par les temps qui courent — Noëlle HAUSMAN, s.c.m.

CAPELLE Ph., Lettres à Dieu. Les plus belles prières chrétiennes, Paris,
Seuil, 2008, 14 x 22,5 cm, 416 p., 21,00 €.

L’A. présente ici, selon un ordre chronologique mais sans numérotation,
son choix de quelque deux cents prières chrétiennes. Parmi les 128 auteurs
cités, 18 sont des femmes. Les protestants sont bien représentés ; les
orthodoxes, quasiment absents. Retenons quelques textes : Récite ton
chapelet, dit Dieu
(Ch. Péguy) ; Seigneur, pardonne à l’Europe blanche (L. Senghor) ; Fais de nous de vrais amis des animaux (A. Schweitzer) ;
Ne permets pas que nous soyons heureux tout seuls (R. Follereau) ; Daigne
que ces démonstrations contribuent à ta gloire et au salut des âmes

(J. Kepler, astronome)… Un florilège qui invite le lecteur à composer sa
propre anthologie. — P. DETIENNE, S.J.

Questions

LEMAIRE M.-G., Les apparitions mariales, Namur, Fidélité (Que penser
de… ?, 70), 2007, 12 x 19 cm, 136 p., 10,00 €.

Philosophe et théologienne, l’A. explique ce que sont les apparitions
mariales et ce que signifie leur reconnaissance par l’Église, en dépit
parfois de leur pauvreté doctrinale et de leur ambiguïté théologique.
Elle décrit alors quatorze apparitions officiellement reconnues, recensées
entre 1531 et 1959 (les trois premières en Amérique latine ; les onze
autres dans l’Union européenne) et dont les bénéficiaires sont trente et
une femmes et sept hommes. Elle se penche alors sur trois apparitions
déclarées fausses (Garabandal, Bayside, Epsis) et sur sept apparitions
« en attente d’approbation » ; elle n’y relève aucun voyant de sexe masculin.
À propos de Medjugorje, elle rappelle une note de la Congrégation
pour la doctrine de la foi qui y interdit les pèlerinages non privés.
Évoquant enfin le pourquoi des apparitions, elle propose leur commun
dénominateur : appel à la prière, à la conversion, à la réconciliation.
N.B. : Beauraing est erronément situé dans les « Ardennes belges ». —
P. DETIENNE, S.J.

DE VILLERS G., Soigner le goût de vivre, Paris, Salvator, 2008, 14 x 21 cm,
192 p., 16,00 €.

L’A., un prêtre ayant accompagné pendant de nombreuses années des
malades sidéens, affronte la question : comment entrer dans la souffrance
de l’autre ? Il illustre ses propos par des récits de rencontres et de
confidences émouvantes : « Que vos mains me font du bien ! Tout
devient important »… Dans un chapitre capital, il commente une vingtaine
de « besoins » exprimés par les malades : être reconnu comme personne
humaine ; prendre en compte l’importance du corps ; rechercher
du sens, malgré la souffrance et la mort ; cultiver son univers intérieur ;
tempérer les regrets ; se réconcilier avec les autres, avec soi-même, avec
Dieu ; élaborer un testament spirituel ; manifester une appartenance à
des groupes qui, eux, perdurent ; évoquer la réalité de la mort ; maîtriser
le chagrin des proches ; lâcher prise ; se survivre à une œuvre, se prolonger
dans les autres, etc. L’A. conclut : « Quand il n’y a plus d’espoir
d’être guéri, il reste l’espoir d’être sauvé. » — P. DETIENNE, s.j.

GUELLEC R. (dir.), Jean-Paul II, pape personnaliste. La personne, don
et mystère
, Toulouse, Éditions du Carmel (Recherches carmélitaines),
2008, 15 x 21,5 cm, 232 p., 22,00 €.

On connaît la confidence de Jean-Paul II : « J’ai été beaucoup aidé par le
personnalisme que j’ai approfondi durant mes études de philosophie. »
On comprend dès lors l’intérêt du présent ouvrage, où divers auteurs
ont rassemblé leurs contributions sur un thème qui, à ce jour, malgré
les nombreuses études consacrées au pape polonais, n’avait fait encore
l’objet d’aucune publication. Pour Karol Wojtyla, le principe fondamental
du personnalisme peut se résumer dans cette affirmation :
« L’homme ne se réalise lui-même que dans la mesure où il sait se donner
aux autres de manière désintéressée. » Refus donc de tout repli
sur soi de l’homme cherchant à ne satisfaire que ses propres intérêts,
le personnalisme apparaît, pour Jean-Paul II, comme le contraire de
l’individualisme. Pour lui, la vocation humaine est dans le don de soi et
la responsabilité vis-à-vis d’autrui. Mounier, Maritain, Edith Stein pensaient
aussi dans cette direction, et les études où la pensée de Jean-Paul
II est comparée à la leur comptent parmi l’apport le plus significatif de
ce volume. On signalera aussi les pages consacrées au corps, où Xavier
Lefebvre découvre, dans la philosophie de Karol Wojtyla, la signification
qu’il lui a reconnue. C’est un corps, et un corps sexué, qui a pour
mission d’exprimer visiblement le don des personnes. On ne sera pas
surpris que dans ces pages la confrontation de Jean-Paul II avec Lévinas
insiste sur la différence qui distingue ces deux penseurs : en effet, le
dépassement wojtylien de la liberté dans l’amour ne signifie pas,
comme chez Lévinas, la constitution par autrui de la personne. Celle-ci
a préalablement, selon Jean-Paul II, sa propre réalité ontologique. —
H. JACOBS, s.j.

Spiritualité

UN FRÈRE CARME, Et l’Esprit nous pousse au désert, Toulouse, Éditions
du Carmel (coll. Carmel vivant, série Eremos, 1), 2008, 11 x 17,5 cm,
152 p., 11,00 €.

Au désert, l’âme est acculée par l’Esprit à faire le choix définitif de Dieu.
Partant de là, le chemin décrit ici est celui d’un enfoncement progressif
dans le repos intérieur, vers une « tranquillité simplifiante afin d’enclore
la totalité de la vie en Dieu ». Le livre déploie ainsi l’itinéraire de
l’ascèse érémitique au fil de nombreuses citations de Pères du désert
en regard de celles, non moins nombreuses, d’auteurs carmélitains.
Il décrit tout d’abord le combat spirituel puis les fruits de simplicité,
d’humilité et de foi que l’Esprit produit chez le fidèle dépouillé de
tout ce qui n’est pas Dieu. Au terme du parcours, il est alors possible
d’entrer progressivement dans les sentiments du Christ durant sa prière
sacerdotale et d’intercession. C’est dans cette conformité que réside
finalement l’authentique fécondité spirituelle. Après avoir écrit cela,
est-il encore nécessaire de préciser que cet ouvrage se destine d’abord,
et avant tout, à des lecteurs ayant une sensibilité fortement marquée par
le Carmel ?—S. WAEFFLER.


[1Il a précédemment publié La liturgie oubliée. Les prières eucharistiques en Gaule
antique et dans l’Occident non romain, Cerf, 2004 (sa thèse)