Pendant que l’Union internationale des Supérieures générales prépare son Assemblée plénière du prochain mois de mai, en attendant que soit rendue publique l’analyse du questionnaire actuellement proposé à toutes les religieuses des États-Unis (dans le cadre de la visite apostolique initiée par le Dicastère romain chargé de la vie consacrée), d’autres événements témoignent des mouvements profonds à l’œuvre dans l’Église, à commencer par l’importante IIe Assemblée spéciale du Synode des Évêques pour l’Afrique ; elle s’est clôturée à Rome le 23 octobre dernier, par un Message et une Liste finale de propositions aujourd’hui largement diffusés. L’intérêt pour l’Année sacerdotale qui se célèbre, du 19 juin 2009 au 11 juin 2010, autour de la figure du saint Curé d’Ars, ne se dément pas, et notre revue veut, dans cette livraison, à nouveau y contribuer. Par ailleurs, notons que l’accueil récent des Anglicans désirant la pleine communion avec l’Eglise catholique pourrait poser de nouvelles questions, du côté des membres d’instituts de vie consacrée et de sociétés de vie apostolique qui appartenaient à la Communion anglicane et relèveront désormais de ces « Ordinariats personnels » en voie de création. Pour rencontrer depuis notre modeste place quelques aspects de ces grands horizons, ce premier numéro commence par une méditation de Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, au sujet d’une année sacerdotale que l’auteur entend comme « une année sacerdotale pour le peuple de Dieu » ; c’est l’Église qui demande en effet que soit conférée l’ordination sacerdotale à certains chrétiens, et cette loi liturgique doit être entendue dans toute son amplitude théologique (lex orandi, lex credendi). Mgr Pierre Raffin, évêque de Metz, s’interroge ensuite sur la signification d’une année sacerdotale « pour les prêtres et les fidèles laïcs » ; il indique dans quelle mesure la figure du Curé d’Ars peut être stimulante pour affronter les nouveaux défis d’après Vatican II : un autre modèle de prêtre s’y dessine, les ministères ordonnés y sont articulés entre eux, mais il existe à côté d’eux des ministères institués qui demeurent insuffisamment déployés dans le domaine pastoral. Il s’agit donc de se détourner des pistes aléatoires (comme le renoncement au célibat) et de retrouver la « pluriministérialité » des premiers siècles, les fidèles du Christ étant tous ensemble au service d’une Église missionnaire. L’utopie franciscaine dont nous enchante ensuite le très renommé Père Thaddée Matura o.f.m. est-elle si loin de cet important chapitre sacerdotal ? La fraternité que François d’Assise a le premier mise au foyer de la vie religieuse consiste à avoir ensemble « le cœur tourné vers le Seigneur ». Et l’article montre comment les conflits qui ont émaillé le franciscanisme de toutes les époques ont peut-être plus touché cette « dimension contemplative » que les querelles au sujet de la pauvreté. Il fallait aussi revenir sur la haute figure d’Édith Stein, copatronne de l’Europe depuis dix ans déjà. Le parcours inédit de ses Lettres à peine traduites en français que nous propose Sophie Bingelli, en surprendra plus d’un, même parmi les connaisseurs. On ne savait pas jusqu’où sa quête de la vérité avait failli l’emporter, ni de quelle détresse la lumière du Christ l’a sauvée, quand elle put reconnaître sa propre élection : c’est là certes une « expérience humaine contingente », livrant « un sens qui tend à l’universalité ». Dans sa chronique annuelle, Noëlle Hausman, s.c.m. relève, selon les publications retenues, d’autres physionomies héroïques et d’autres visages récemment mis en évidence, du côté de la vie consacrée ; mais certaines revues aussi font l’événement ; l’année Jean-Marie Vianney enfin pourrait nous permettre de revisiter l’image d’Épinal d’un saint somme toute fort tempétueux. Une abondante bibliographie achèvera de nourrir les esprits curieux. Bonne et sainte Année !