Nous revoici, aux portes de l’été, en route pour ces migrations, intérieures au moins, qui visent à nous renouveler…

Nous revoici, aux portes de l’été, en route pour ces migrations, intérieures au moins, qui visent à nous renouveler. Encore une fois, nous nous laisserons accompagner par Bernadette Soubirous, telle que nous la présente l’abbé J.-P. Delville, fervent historien et excellent interprète des pèlerinages d’hier et d’aujourd’hui ; à Lourdes, le quatuor « voyage, visage, breuvage, lavage » récapitule des démarches spirituelles dont la profondeur nous surprendra — comme nous réjouira le récit renouvelé des dialogues originaux entre Aqueró (comme disait Bernadette) et la jeune orante que l’aventure allait définitivement transformer.

Cinquante ans après l’indépendance politique de leurs pays, comment les jeunes religieuses africaines peuvent-elles relire le passé pour mieux vivre l’avenir, et comment un religieux européen peut-il y aider ? À partir de la parabole du bon grain et de l’ivraie, le Père Xavier Dijon, s.j. invite au dialogue, mais aussi à l’audace qui porte jusqu’au bout la consécration religieuse, au service de la vocation de tous. Si l’identité africaine comporte une nouvelle articulation de la tradition et du christianisme, elle ne fera pas l’impasse des ruptures, ni d’une triple confiance dans la médiation du Christ (contre les pratiques maléfiques), en l’Église qu’anime l’Esprit universel (contre l’ethnocentrisme), en sa propre culture (contre les pusillanimités spécifiques) — une réflexion qui pourrait tous nous concerner.

L’année du sacerdoce, largement évoquée dans notre revue par des Évêques (P. d’Ornellas, P. Raffin, Y. Le Saux), et des Supérieurs généraux (Th. Handgrätinger, R.E. Lamoureux) trouve ici sa conclusion dans la réflexion que propose le Père J.-M. Glorieux s.j., d’après sa longue expérience d’accompagnement des Exercices ignatiens de trente jours, aux commencements de la formation des futurs prêtres. Les jeunes candidats en année de « fondation spirituelle » (ou propédeutique) sont invités à une expérience personnelle du Christ, complémentaire de la mise à niveau doctrinale qu’ils reçoivent par ailleurs. Parcourant l’itinéraire proposé par Ignace de Loyola — avec son préalable, ses quatre « semaines » d’inégale longueur, ses grandes compositions —, l’auteur met en évidence la question de la liberté (le « travail d’élection ») aux prises avec les tentations, engagée dans le discernement, transfigurée par l’Amour qui avait déjà tout pardonné. Une offrande à la louange de la gloire autant qu’à la patience de la mission…

Dans un tout autre registre — mais l’été n’est-il pas propice au dépaysement ? —, le Père J. Scheuer, s.j. a voulu esquisser le thème hindou et bouddhique du « don de l’absence de crainte », propre aux traditions asiatiques anciennes ; il nous laisse le loisir de voir la comparaison (la convergence et le contraste) avec notre propre patrimoine chrétien et monastique. Le dialogue interreligieux n’est-il pas l’un des aréopages assignés à la vie consacrée par les papes contemporains ?

Au mois de mai dernier s’est tenue à Rome l’Assemblée mondiale des Supérieures générales (U.I.S.G.) qui a voulu approfondir les aspects mystiques et prophétiques de la vie religieuse. Le Père B. Carniaux, o.præm., présent pour notre revue, nous fait la chronique de l’événement, non sans montrer les enjeux des diverses interventions et orientations. Nos souhaits cordiaux vont, pour les trois ans à venir, au nouveau Comité directeur et à sa Présidente, Sœur Mary Lou Wirtz.

Le Professeur D. Luciani nous offre enfin, comme chaque année à cette époque, sa chronique d’Ancien Testament et du Judaïsme, qui permet de prendre connaissance des ouvrages importants parus dans ce domaine durant un an. Les ouvrages d’accès aisé y voisinent avec des études plus complexes, dans un parcours alerte qui permet à tous de pressentir les mouvements les plus profonds ou les plus critiques du moment : on verra comment bien des questions s’y trouvent élucidées, et d’autres poursuivent leur cheminement.

Comme toujours, notre livraison s’achève sur des recensions soignées et la liste des ouvrages parvenus à notre rédaction. Bonne lecture, bon été !