Recensions parues dans ce numéro…

Patristique

AA. VV., Le Seigneur est mon berger. Le psaume 22 lu par les Pères
(Didyme l’Aveugle,Grégoire de Nysse,Diodore de Tarse, Théodoret de
Cyr, Augustin d’Hippone, Pseudo-Jean Chrysostome, Cassiodore)
,
Paris, Migne (Les Pères dans la foi, 98 ; Lire les psaumes) 2008,
13,5 x 19,5 cm, 120 p., 14,00 €.

Florence Bouet présente sept commentaires du psaume 22 (23), écrits
entre le IVe et le VIe siècles, traduits ici par divers auteurs. Pour Didyme
l’aveugle (v. 310 – v. 398), successeur d’Origène à l’école catéchétique
d’Alexandrie, le psaume est entièrement symbolique : le berger qui
nourrit ses brebis avec de l’herbe fraîche, c’est le Christ qui offre aux
hommes la doctrine chrétienne. Grégoire de Nysse (v. 335 – v. 394) et
Théodoret de Cyr (v. 393 – v. 460) ont recours à cette même allégorie,
tandis que pour Diodore de Tarse (+394), représentant majeur de
l’école d’Antioche, les brebis sont les Juifs qui, revenus d’exil, retrouvent
la prospérité à Jérusalem. Les trois derniers commentaires sont
dus à des auteurs latins : Augustin, le pseudo-Chrysostome, Cassiodore
(v. 485 – v. 580). Pour ce dernier, l’herbe, c’est la Bible ; l’eau, c’est
la purification baptismale ; le chiffre 22 fait écho aux 22 livres de
l’Ancien Testament ; le texte est divisé en dix sections, qui relatent
autant de bienfaits du Seigneur, tandis que le psaume est comparé à
une flûte céleste formée par l’assemblage de dix vertus rappelant les
dix commandements. En appendice : index thématique et scripturaire.
— P. DETIENNE, s.j.

Prière et liturgie

ROTSAERT M., La vie en plénitude. Prier avec l’évangile de Jean, préface
du cardinal Danneels, Namur, Fidélité, 2007, 14,5 x 21 cm,
144 p., 13,95 €.

Fort d’une fréquentation intime et assidue des Exercices spirituels (il a
été maître des novices), l’A., alors président de la Conférence des Provinciaux
jésuites européens, sélectionne ici une vingtaine de péricopes,
surtout narratives, du quatrième évangile, sous forme d’initiation à une
prière personnelle de méditation et de contemplation. Ni une introduction
à l’œuvre de Jean, ni un commentaire exégétique, mais quelques
annotations judicieuses et concises, qui éclairent le lecteur, au delà de
toute considération historique, sur le sens profond du message évangélique :
le vin de Cana, c’est le vin du temps messianique ; l’eau de la
Samaritaine au puits de Jacob, c’est l’eau vive qui étanche la soif pour
toujours ; le pain de la multiplication, c’est le Pain descendu du Ciel…
ainsi que l’indique avec beaucoup de justesse la belle préface du cardinal
Danneels. — P. DETIENNE, s.j.

RIMAUD D., Anges et grillons. Chants et poèmes, tome I, Paris, Cerf
(Épiphanie), 2008, 13,5 x 19,5 cm, 224 p., 20,00 €.

On aimera feuilleter ce recueil de chants et poèmes déjà publiés, mais
rassemblés ici en hommage au jésuite décédé en 2003, dont les
œuvres, souvent chantées, ont si bien contribué à la prière des chrétiens.
Des tables permettent d’ailleurs de poursuivre leurs usages
liturgiques. À lire ces textes (dans leur version originale ; cf. 47), on
aspire avec l’auteur au jour où la trompette sonnera : « ce jour-là, je
chanterai avec Bach et Mozart, je serai comme Jésus ! » (131). —
N. HAUSMAN, s.c.m.

EVDOKIMOV M., Prier 15 jours avec saint Séraphim de Sarov,Bruyèresle-
Châtel, Nouvelle Cité (Prier 15 jours avec, 123), 2008, 11,5 x 19 cm,
128 p., 15,50 €.

Ancien universitaire, l’A. est prêtre de l’Église Orthodoxe. En suivant la
manière de faire de la collection, il nous présente un saint « témoin de
la lumière de l’Esprit saint ». Né en 1759 à Koursk et décédé en 1833 dans
le monastère de Sarov, à 400 km de Moscou, Séraphim est un peu, pour
l’Orthodoxie, avec Silouane, ce que François d’Assise ou Thérèse de
Lisieux sont pour les catholiques. La prière, l’esprit d’enfance, celui de
chasteté étaient au cœur de sa vie. Il débordait de joie spirituelle et abordait
tout homme en lui disant : « Ma joie ! Le Christ est ressuscité. » Il
rayonnait la paix et n’hésitait pas à dire : « Acquiers la paix intérieure et
des âmes, par milliers, trouveront auprès de toi le salut. » En nous faisant
pénétrer dans l’intimité mystique du saint starets, l’A. ne perd
jamais de vue la situation de son lecteur d’aujourd’hui, dans le monde
qui est le nôtre. Il l’introduit dans cette sagesse de l’Esprit saint dont
vivait Séraphim et qu’il répandait autour de lui. « Le rayonnement de
sainteté de Séraphim, tout imprégné de la grâce de l’Esprit saint, est un
événement pentecostal. » Ce petit livre de M. E. nous fait partager le
rayonnement de cette grâce de lumière « qui laisse pressentir dans le
monde la splendeur du Royaume ». — H. JACOBS, s.j.

DUFRASNE D., Liturgie et vie monastique. Jaillissement et accomplissement,
Oka (Québec), Abbaye Notre-Dame du Lac (Voix monastiques,
18), 2008, 14 x 21 cm, 100 p., 9,00 €.

Ces pages reprennent une retraite animée en 2007, au Canada, par le P.D.D.
dont on a gardé le style oral, dont la simplicité permettra au lecteur de profiter
à son tour d’une recherche « assez nouvelle » sur la liturgie, source et
accomplissement de la vie monastique et, plus généralement, de toute vie
chrétienne. Quelques rappels d’histoire du monachisme au désert, puis
chez les bénédictins noirs et les bénédictins blancs, nous conduisent à la
conviction que « le lien n’est pas innocent entre la vie liturgique et la vie
monastique ». Mais de quelle lumière l’auteur nous illumine quand il évoque
la liturgie comme source de la vie cénobitique au moment où la communauté
rejoint son Bien-Aimé ! Rien de commun avec ce culte solennel
qui ne pourrait que nous attrister de devoir retourner à la banalité de la vie
quotidienne. Dans le rayonnement « du mystère du Christ humble et
obéissant, qui est au centre de la liturgie invisiblement, il faut aussi que la
célébration liturgique de ce mystère invisible traduise visiblement notre
humilité personnelle et communautaire. Que tous ceux et celles qui ont
la liturgie comme source et sommet de leur vie « consacrée » s’abreuvent
à ces méditations et se laissent conduire là où le P.D.D. nous mène avec
une si profonde fraîcheur. (Concernant la p. 85 : « Saint Ignace n’a pas composé
l’Anima Christi,mais propagé une prière dont l’auteur était peut-être
l’augustin Gilles de Rome, + 1316 »). — H. JACOBS, s.j.

ANTOINE DE PADOUE (saint), Sermons des dimanches et des fêtes, T. III :
Du dix-septième dimanche après la Pentecôte au troisième dimanche
après l’octave de l’Épiphanie
, Paris/Padoue, Cerf/Le Messager de saint
Antoine (Sagesses chrétiennes), 2009, 14 x 20 cm, 480 p., 48,00 €.

Voici le troisième volume de la traduction des Sermons de saint Antoine
de Padoue pour les dimanches et les jours de fêtes. On y retrouve les divisions
minutieuses du prédicateur qui voulait aider ainsi les auditeurs à
saisir les développements de sa pensée. On en goûtera la profondeur
spirituelle comme, par exemple, dans cette affirmation du sermon pour
le deuxième dimanche après la Nativité du Seigneur : « Ce double nom,
enfant Jésus, souligne la perfection de l’homme juste qui doit être
enfant, “ c’est-à-dire pur ” (“ puer ” est rapproché de “ puritas ”, comme
dans les Etymologiae d’Isidore de Séville), eu égard à lui-même ; Jésus,
“ c’est-à-dire Sauveur ”, eu égard au prochain. » La tonalité franciscaine
est souvent présente, ainsi quand Antoine s’écrie : « S’il y a une grande
beauté dans la créature, combien y en a-t-il dans le Créateur ? » Pour
pleinement apprécier cette prédication, il faut évidemment accepter la
perspective symbolique qu’Antoine partage avec ses contemporains
et en particulier avec la spiritualité canoniale qu’il reçut dans les
premières années de sa vie religieuse. Il faut donc une véritable « acculturation » pour entrer dans une phrase comme celle-ci : « L’allec, petit
poisson, désigne l’humble pénitent qui vit de la seule eau des larmes.
C’est pourquoi il dit avec le Prophète : Je laverai chaque nuit, “ c’est-àdire
pour chaquepéché ”, qui apporte la nuit éternelle, ma couche,“ c’est
à dire ma conscience ”… » Si l’on accepte d’entrer résolument dans cette
culture où les symboles règnent sur l’herméneutique scripturaire, on
sera en admiration devant toutes les richesses spirituelles dont Antoine
veut nous combler. — H. JACOBS, s.j.

DAUDÉ G., Prier 15 jours avec Calvin. 500e anniversaire de sa naissance,
Bruyères-le-Châtel, Nouvelle Cité (Prier 15 jours avec), 2009,
11,5 x 19 cm, 128 p., 12,50 €.

L’A., pasteur de l’Église réformée de France, évoque ici, en quinze chapitres,
l’enseignement de Calvin. « Le corps du Christ est véritablement
communiqué aux fidèles en la Cène » : mais il s’agit non pas du Christ
en soi, mais du Christ pour nous. « La justice du Christ nous est gratuitement
imputée sans nulle considération de nos œuvres », mais nos
œuvres ne sont pas condamnées pour autant. « Dieu choisit à salut ceux
que bon lui semble »… une doctrine apparemment scandaleuse : Dieu
use de sa miséricorde envers les uns, et de rigueur envers les autres. La
véritable Église est « l’assemblée de ceux que Dieu, dans le mystère de
son élection, a destinés au salut ». L’A. exalte la compassion de Calvin
pour les victimes des persécutions catholiques, tout en mentionnant
simplement la mort sur le bûcher de son adversaire Servet. Il note que
Calvin fustige les Nicodémistes (protestants la nuit, catholiques le
jour…) mais qu’il manifeste une certaine compréhension vis-à-vis de
l’intercession des saints et des prières pour les défunts. Une belle prière,
en dernière page, justifie le titre de l’ouvrage. — P. DETIENNE, s.j.

Religions en dialogue

COMEAU G., Le dialogue interreligieux, Namur, Fidélité (Que penser
de… ?, 73), 2008, 12 x 19 cm, 88 p., 8,00 €.

« Ce livre a pour objectif de présenter le dialogue interreligieux, les
conditions pour son bon déroulement, les buts qu’il poursuit, et les
questions et réflexions nouvelles qu’il ouvre pour les chrétiens » (6). La
structure de ce petit ouvrage correspond exactement au propos initial,
jusqu’au dernier chapitre, portant sur « une spiritualité du dialogue »,
avant une bibliographie succincte. Au cœur de ces pages se découvre
l’essentiel : « Une voie possible est de ne pas chercher à percer l’énigme
de la pluralité des religions du monde, mais de voir cette pluralité
comme un mystère à habiter » : « dans toutes ces rencontres, Dieu
lui-même vient à notre rencontre » (60). Ainsi s’affirme la nécessité
d’« une spiritualité de l’hospitalité… (qui) consiste à faire dans sa vie une
place à l’autre » ; ou encore pointe « l’imagination analogique », qui permet
de percevoir, dans la radicale étrangeté de l’autre, quelque chose
comme une ressemblance… (82). — N. HAUSMAN, s.c.m.

BORRMANS M., Prophètes du dialogue islamo-chrétien ; Louis Massignon,
Jean-Mohammed Abd-el-Jalil, Louis Gardet, Georges C. Anawati
,
Paris, Cerf (L’histoire à vif ), 2009, 14,5 x 21,5 cm, 272 p., 27,00 €.

L’A., Père Blanc islamologue, dresse ici un portrait chaleureux et intime
de quatre précurseurs du dialogue islamo-chrétien, dans la ligne de la
déclaration Nostra Aetate de Vatican II, évitant à la fois polémique et syncrétisme :
Louis Massignon (1883-1962), islamisant « intérioriste »,
homme de science, homme de cœur, homme de Dieu ; Jean-Mohammed
Abd-el-Jalil o.f.m. (1904-1979), né à Fès, de parents musulmans, baptisé
en 1928, filleul du précédent, prônant l’ouverture à l’islam sans attendre
la réciprocité ; Louis Gardet (1904-1986), Petit Frère de Jésus, philosophe
des cultures, expert en mystiques comparées, homme de dialogue
spirituel ; Georges C. Anawati o.p (1905-1994), Égyptien, directeur
de l’Institut dominicain d’Études orientales. Suivent cent pages de
bibliographie présentant les livres et les articles écrits par ces quatre
auteurs. — P. DETIENNE, s.j.

Spiritualité

TUVERI G., La Sainte Flamme. Sur les pas de sainte Marie-Madeleine
de Pazzi
, Paris, Centre d’études d’histoire de la spirtualité/Parole et
Silence (Grands Carmes), 2008, 14 x 21 cm, 200 p., 18 €.

Écrites pour le quatrième centenaire de la mort de leur héroïne, ces
pages palpitantes débutent par la légende du feu rapporté de Jérusalem
par l’ancêtre Pazzo, puis par la jeunesse de Catherine, entrée au Carmel
en 1582 sous le nom de Sœur Marie-Madeleine. Parfois malade, souvent
extatique, la jeune moniale vit bientôt ses faits et gestes consignés et dût
en relire le récit (Manuscrit des Quarante jours, Entretiens spirituels). Le
Livre des Révélations témoigne d’une « semaine de feu », où l’Esprit-Saint
fut reçu en abondance, avant que ne débute l’épreuve de la Probation,
où Dieu lui ôta, cinq années durant, tout sentiment de sa présence. Libérée
de la « fosse aux lions », Marie-Madeleine s’attacha à la Rénovation
de l’Église
, comme elle s’était vouée à ses charges d’hôtelière et de formatrice ;
la « saison des extases » ne s’en poursuivit pas moins presque
jusqu’à son trépas, le 25 mai 1607. Quelques sœurs et bien des fidèles
perpétuent aujourd’hui l’œuvre de la grande mystique florentine. —
N. HAUSMAN, s.c.m.

ALVAREZ Th. (éd.), Dictionnaire Sainte Thérèse d’Avila. Son temps, sa
vie, son œuvre et la spiritualité carmélitaine
, Paris, Cerf, 2008,
18 x 23 cm, 704 p., 65,00 €.

Même si l’on peut être agacé par l’omniprésence de l’éditeur (quand
il n’écrit pas les « entrées », il est sans cesse cité par ses collaborateurs),
cet imposant dictionnaire, qui répond parfaitement à son titre, vaut
d’être lu de bout en bout. On peut aussi commencer par les excellentes
études intitulées « Thérèse de Jésus » ou « Écrits de Thérèse ». Certes,
on aurait aimé voir paraître Plantin, Mercurian ou Ludolphe de
Saxe sous leurs patronymes français, entendre parler davantage de
l’ascendance juive de la Madre, comprendre mieux ses états de santé
et sa psychologie, etc. — le Carmel espagnol ignorerait-il les acquis des
chercheurs francophones ? Ceci dit, de belles synthèses s’imposent
dès les commencements (« Amis », « Amitiés », « Amour de Jésus »), les
personnages principaux (Gracian, Jean de la Croix, Jésus-Christ, Teresita…)
sont portraiturés comme « en pied », les incontournables
« Contemplations », « Extases », « Visions » sont revisitées par ces riches
citations thérésiennes qui sont un des atouts de l’ouvrage. Certains
articles retiendront encore davantage : ainsi, les « lectures » de Thérèse,
sa « typologie biblique », son amour de « l’Eucharistie » et de sa
famille, son éducation musicale, son vœu spécial d’obéissance, son
recours intensif à « Grégoire le Grand ». Enfin, le dossier des différentes
éditions de l’œuvre, erronées ou non, est largement exposé tout au
long. — N. HAUSMAN, s.c.m.

ROBERT S., Les chemins de Dieu avec Ignace de Loyola,Paris, Éditions
des facultés jésuites de Paris – Centre Sèvres, 2009, 12,5 x 19 cm,
204 p., 16,00 €.

L’A. est religieuse auxiliatrice. Elle enseigne à Paris, au Centre Sèvres, et
connaît parfaitement la spiritualité ignatienne. Elle nous invite ici à un
parcours où l’ensemble des textes de saint Ignace nous fait peu à peu
découvrir ce que fut la grâce propre qu’il reçut du Seigneur. Elle présente
la pensée spirituelle d’Ignace en la ramenant à cinq piliers : le mystère de
la Trinité comme mystère de Dieu qui se communique et du Dieu à qui
on s’adresse ; la manière dont Dieu a créé le monde ; la présence centrale
du Christ eucharistique ; la place accordée à l’humanité de Jésus ; la plénitude
d’une lumière qui donne à toutes les choses leur vérité. Le recours
aux textes d’Ignace, la référence aux moments essentiels de son expérience
servent à souhait une pédagogie où s’éclaire un alliage caractéristique
de rigueur et de souplesse. Grâce à la remarquable connaissance
qu’elle en a, l’A. nous fait pénétrer au cœur d’une expérience où
l’engagement à vouloir ce que Dieu veut nous fait découvrir l’invitation
à vivre uni à Dieu au cœur du monde. — H. JACOBS, s.j.

BIFFI G. (card.), Les choses d’en haut. Exercices spirituels avec Benoît
XVI. Retraite prêchée au Vatican
, Paris, Parole et Silence, 2009,
14 x 21 cm, 182 p., 16,00 €.

Chaque année, en carême, le pape et la Curie romaine consacrent cinq
jours à des « exercices spirituels ». En 2007, le prédicateur, archevêque
émérite de Bologne, a choisi comme thème : le monde invisible. Les
deux rencontres du matin ont présenté un approfondissement théologique
de sujets classiques tels que le Rédempteur, l’Église, l’eucharistie,
l’après-midi étant réservé à des témoignages illustrant les propos
matinaux. Appelés à la barre des témoins : deux cardinaux (Schuster et
Colombo, archevêques de Milan) et deux écrivains (Manzoni et Soloviev).
Les lecteurs ont surtout relevé la mise en garde de l’écrivain russe
contre le pacifisme, l’écologisme et l’œcuménisme de l’Antéchrist, que
le cardinal Biffi voit à l’œuvre aujourd’hui : solidarité, paix, nature et
dialogue, nous avertit-il, sont des valeurs relatives et ambiguës. —
P. DETIENNE, s.j.

FUCHS E., Et c’est ainsi qu’une voie infinie. Un itinéraire personnel,
Genève, Labor et Fides, 2009, 13,5 x 21 cm, 160 p., 19,00 €.

L’A., théologien moraliste protestant, s’interroge sur sa foi, mise à
l’épreuve par le doute nécessaire et par la souffrance inévitable. Il commente
les articles du Credo et les demandes du Pater. La communion
des saints signifie l’unité de ceux qui partagent la même foi, indépendamment
de leur appartenance confessionnelle ; c’est le fondement de
l’œcuménisme. La résurrection de la chair affirme, en une formule particulièrement
maladroite, l’identité personnelle du défunt. En priant
« Que ton nom soit sanctifié », je demande à Dieu qu’il se protège contre
moi-même. « Que ton règne vienne » évoque la présence de Dieu : éthique,
dans les malheureux ; mystique, dans le silence de mon âme ;
esthétique, dans la beauté de la création… Parmi les phrases à retenir,
citons : « La foi n’est pas une certitude et l’ignorance n’est pas l’incrédulité.
 » « Je n’aurais pas connu le Christ sans l’Église. » « Ce n’est pas le
récit de la résurrection qui mène à la foi, mais la foi qui conduit aux
récits. » « Les justes, au jugement dernier, ne savent pas qu’ils sont justes ;
ils ne se sont pas préoccupés de leur justice mais d’autrui. » À lire.
— P. DETIENNE, s.j.

PERRIN J.-M., Mon dialogue avec Simone Weil. Centenaire de sa
naissance
, Bruyères-le-Châtel, Nouvelle Cité (Spiritualité), 2009,
15 x 22 cm, 256 p., 20,00 €.

2009 : centième anniversaire de la naissance de Simone Weill (1909-
1943), jeune juive philosophe, ouvrière, résistante, passionnée de vérité,
à laquelle son père spirituel, un dominicain, a consacré, en 1984, le présent
ouvrage. « Le Christ lui-même est descendu et m’a prise »… « J’aime
la foi catholique : Dieu, Trinité, Incarnation, Rédemption »… « Mon
cœur est transporté pour toujours dans le saint Sacrement exposé sur
l’autel […] mais je n’ai à aucun degré l’amour de l’Église. » Le christianisme,
réduit à une « chose sociale », est catholique en droit sans l’être
en fait. Pour être parfaitement incarné, il devrait contenir toutes les
vocations sans exceptions : la masse immense et malheureuse des
incroyants d’hier et d’aujourd’hui, dont Simone Weil ne veut pas se
séparer. Pour elle, la vertu stoïcienne et la vertu chrétienne sont une
seule et même vertu : l’amour ; Oreste est une figure du Christ. Elle reste
donc « sur le seuil », en hupomonè (Lc 8,15), une attente, qui est à la fois
attention et désir. Notons qu’aucun de ses écrits spirituels n’a été publié
de son vivant : sa pensée reste inachevée. — P. DETIENNE, s.j.

DUMONT H., La Miséricorde divine. Une grâce pour notre temps,Paris,
Éditions de l’Emmanuel, 2009, 11,5 x 17,5 cm, 160 p., 11,00 €

L’A., mère de famille, présente ici la dévotion à la Divine Miséricorde
telle que l’a codifiée sœur Faustine (1905-1938), religieuse polonaise,
canonisée en 2006 par Jean Paul II, zélateur enthousiaste de cette dévotion.
En 1936, le Christ apparaît à la sainte : « Peins un tableau »… « Par
cette image j’accorderai beaucoup de grâces aux âmes. » Puis il lui
demande que soit inaugurée une fête annuelle de la Miséricorde, le
dimanche in albis. Cette fête sera précédée d’une neuvaine, qui commencera
le vendredi saint : la réception du sacrement de pénitence
durant l’octave de Pâques sera récompensée par une indulgence plénière.
Est en outre recommandée la récitation du « chapelet de la Miséricorde
 » : « Cette prière sert à apaiser ma colère »… « Les prêtres donneront
ce chapelet aux pécheurs comme ultime planche de salut. »
Dernière exigence du Christ à Faustine : prier chaque jour, à 15 heures,
l’« heure de la Miséricorde » : « En cette heure, je ne saurais rien refuser
à l’âme qui me prie, par ma passion. » — P. DETIENNE, s.j.

D’USSEL J., Apôtre selon l’Esprit. Un chemin de vie intérieure, Paris,
Parole et Silence, 2008, 14 x 21 cm, 280 p., 20,00 €.

Quelle joie de retrouver dans cet ouvrage la pure substance de la spiritualité
ignatienne telle qu’elle fut exprimée naguère par le P. L. de
Grandmaison et Mad. Daniélou (1880-1956) ! Cette dernière, avec son
conseiller spirituel, est à l’origine de la Communauté Saint-François-
Xavier, à laquelle appartient l’A. En se référant aux écrits de la fondatrice
et du P. Léonce, nous est proposé un chemin spirituel où « l’accent
est mis sur la vie intérieure de l’apôtre ». On ne trouvera dans
ces pages aucune discussion sur les grandes questions débattues
aujourd’hui. L’A. s’efforce d’aborder tout simplement la vie mystique
de l’apôtre. Notons bien que ce n’est pas de « l’expérience mystique »
qu’il est parlé, mais de cette vie divinisée dans le Christ à laquelle
tout chrétien est appelé par la grâce de son baptême. Il s’agit de l’emprise
de l’Esprit saint sur lui, le faisant vivre avec un instinct spirituel
sûr. — H. JACOBS, s.j.