Après les grandes célébrations du temps de Noël s’ouvre déjà le temps ordinaire, et voici les commencements d’une année encore toute nouvelle. Bonne et sainte année à tous nos lecteurs !

Après les grandes célébrations du temps de Noël s’ouvre déjà
le temps ordinaire, et voici les commencements d’une année
encore toute nouvelle. Bonne et sainte année à tous nos lecteurs !
D’avoir participé à Madrid, en novembre dernier, à la Deuxième
rencontre internationale des revues portant sur la vie religieuse,
nous a fait réaliser la place unique que « Vies consacrées » occupe
dans l’aire culturelle francophone : une revue généraliste, ouverte
à tous les styles d’articles, et soucieuse d’offrir ces lectures nombreuses
qui font le charme de nos chroniques et autres recensions.
Une « revue » de l’état de la vie consacrée se développe
ainsi, de fascicule en fascicule, qui pourrait encourager nos timidités
et défaire nos désespoirs — le temps de la lecture n’est-il
pas lui aussi propice à la rencontre du Verbe « nouvellement
incarné » (Exercices spirituels, 108-109) ?

Inspiré d’une remarque célèbre de P. Ricœur, le « malgré tout »
du Père Adolfo Nicolàs, supérieur général de la Compagnie de
Jésus, a scandé l’homélie qu’il a prononcée à Bruxelles, lors de sa
première visite ex officio en Belgique. On remarquera qu’il a
voulu situer la mission chrétienne comme un fruit de la Résurrection ;
pour lui, c’est la communauté des disciples contemplant
le Seigneur qui trouve sonidentité dans la mission ; et ainsi,
la collaboration de tous, religieux et laïcs, devient « un chemin de
partage où tous nous devenons meilleurs ».

Quel sens y a-t-il à parler de la Vierge Marie dans la vie et
la formation des prêtres ? Au fil de sa méditation de l’Évangile,
Mgr Éric de Moulins-Beaufort, auxiliaire de Paris, propose
d’étonnants aperçus, qui frapperont peut-être par ce qu’ils interdisent
de penser ; mais ils donnent aussi à comprendre que le prêtre,
pour tenir sa juste place, croire en l’efficacité des sacrements,
obéir à ce que Jésus dit de faire, entrer dans une communion de
personnes, bref, servir l’élargissement de la liberté spirituelle de
tous, doit finalement être formé à déployer sa liberté à l’intérieur
de la liberté infinie de Dieu — un programme fondé dans l’expérience,
et qui pourrait l’inspirer.

Comment passer sous silence la haute figure de John Henry
Newman, récemment béatifié ? En s’intéressant à la fonction
prophétique (ou doctrinale) de l’Église, le Père Alain Thomasset,
a.a., nous propose une traversée intellectuelle de la vie anglicane,
puis catholique du grand Cardinal. Son évolution, de la foi
globale en la révélation chrétienne jusqu’à la découverte de l’autorité
doctrinale infaillible de l’Église, nous parle aujourd’hui en
même temps d’exigence de clarté doctrinale et d’infinie patience
pastorale.

Les conférences de Supérieurs majeurs du Cameroun ont
débattu de la vie consacrée durant dix années successives et proposé
leur discernement des défis propres à leur région d’Afrique.
C’est le résultat de ces réflexions que Silvia Recchi, animatrice de
la plupart de ces assemblées, a récapitulé dans des pages qui
pourraient inspirer ailleurs nos pratiques, au sujet des vocations,
de la fidélité aux vœux, de la mission propre des instituts dans les
églises locales, des relations avec les évêques, des structures de
dialogue, du véritable témoignage.

Le Père Malulu Lock Gauthier, jésuite congolais, nous présente
ensuite une esquisse de la vie et de l’œuvre du Père Alberto
Hurtado, jésuite chilien, canonisé en 2005, que plusieurs ouvrages
nous ont déjà fait connaître (voir VC 2001, 140 ; Vs Cs 2006, 210
et 211). L’auteur nous signifie qu’un engagement social si éclatant
était fondé sur les Exercices spirituels de saint Ignace et partait de
l’Eucharistie comme de son centre — donner un toit au Christ,
éduquer les consciences par la plume, s’engager dans le ministère
de la Parole, telles sont les conséquences d’une expérience
profonde de Dieu.

Pour finir cet opuscule, avant les recensions d’usage et le
relevé des livres récemment arrivés à notre rédaction, nous
avons choisi de terminer sur une note d’humour, en traduisant
— une fois n’est pas coutume — un article savoureux de la Review
for religious, notre homologue américain. Comment s’en sortir
avec les religieux au caractère difficile ?, se demandait le Père
Jeffrey Mickler, ssp. On verra que sa réponse ne manque pas du
sel qu’il faut avoir en soi-même, selon l’Évangile (Mc 9,50).
L’abondance de la matière ne nous permet pas de publier
dans ce numéro l’habituelle chronique sur la vie consacrée, que
nos lecteurs réabonnés trouveront dans le prochain numéro.
Merci de vérifier si c’est votre cas, et à bientôt !