Le numéro de la revue que vous tenez en main prend place dans la huitième année de notre nouvelle jeunesse, alors que nous avons passé le cap des quatre-vingt-trois ans ; dans bien des instituts religieux se vit le même paradoxe d’un âge moyen très élevé, et d’un cœur qui ne cesse de rajeunir…

Le numéro de la revue que vous tenez en main prend place
dans la huitième année de notre nouvelle jeunesse, alors que nous
avons passé le cap des quatre-vingt-trois ans ; dans bien des
instituts religieux se vit le même paradoxe d’un âge moyen très
élevé, et d’un cœur qui ne cesse de rajeunir, ainsi que le dit saint
Paul : « même si notre homme extérieur va vers sa ruine, notre
homme intérieur se renouvelle de jour en jour » (2 Co 4,16). Il se
peut que notre temps soit marqué par « des signes dans le soleil,
la lune et les étoiles, et sur la terre angoisse des nations… les
hommes expirant de peur dans l’attente de ce qui va survenir au
monde », comme l’a annoncé Jésus à la fin de sa vie publique
(Lc 21,25-28). Or, « quand cela commencera d’arriver », il suffira de
voir que notre rédemption approche, promettait-il aussi. N’est-ce
pas là le sens pascal de nos engagements les plus durables auprès
des pauvres ou des « autres », à cause de la Gloire née de Croix ?

Jean Vanier vient nous rappeler combien la présence du
Pauvre est indispensable à l’Église, avant même sa présence aux
pauvres ; les « personnes avec un handicap » n’ont pas tant
besoin d’une aide matérielle et physique que d’une reconnaissance
du mystère qu’elles « représentent » ; la vie partagée transforme
tous les membres de telles communautés et les nourrit de
la compassion même de Dieu.

La grande aventure du « dialogue interreligieux » nous est
retracée par la voix très autorisée du Père Pierre-François de
Béthune, o.s.b. Sans éviter les objections que le partage de l’expérience
spirituelle entre pratiquants de diverses traditions peut
soulever, il évoque les étapes et les pionniers engagés, par vocation
particulière, sur ces chemins de l’hospitalité et du pèlerinage ; un
tel dialogue au foyer de la vie consacrée se fait donc intrareligieux.

Sœur Bénédicte de la Croix (Édith Stein) aurait-elle apporté à
la vie religieuse de nouveaux accents ? C’est ce que rend manifeste
le Père Didier-Marie Golay, o.c.d., connaisseur s’il en est de
l’œuvre abondante, et toujours en voie de traduction, de la Carmélite
juive qu’on espère voir un jour reconnue, elle aussi, parmi
les docteurs de l’Église.

Comme en écho à Jean Vanier, le témoignage de Sœur Paul-
Marie Ruppert, s.d.c., montre, au concret d’une vie, l’itinéraire
fécond que la présence aux personnes intellectuellement ou
physiquement démunies peut signifier.

Pour finir, le Père Robert Myle s.j., évoque brillamment
l’œuvre du Père Pierre Defoux s.j., en particulier quand il illustrait
notre revue de sa page en forme de bande dessinée, puis de ses
vignettes humoristiques ; la manière dont la grave question de
savoir si on peut rire des choses spirituelles est traitée, amusera
encore — espérons-le maintenant — ceux qui n’ont pas fini de
rire d’eux-mêmes.

La chronique bibliographique annuelle à propos de la vie
consacrée apporte elle aussi quelques accents particuliers ;
et c’est, comme toujours, le cas des recensions que nous
sommes heureux d’offrir à la curiosité éclairée de nos lecteurs.
N’oubliez pas de vous réabonner, ou d’en abonner d’autres à
« Vies consacrées ! ».