C’est dans la lumière de l’Assomption que se place ce numéro d’été, puisque toute la vie chrétienne vit de la certitude qu’en Marie déjà, Dieu a réussi…

C’est dans la lumière de l’Assomption que se place ce numéro
d’été, puisque toute la vie chrétienne vit de la certitude qu’en Marie
déjà, Dieu a réussi. Prononcée pour une profession perpétuelle,
l’homélie de Mgr Éric de Moulins-Beaufort montre « la fécondité
inouïe de la fête », où nous pouvons découvrir que tous les gestes
corporels de la Mère — et à sa suite, les nôtres — recèlent une
beauté « de la grandeur du ciel ». Ce poids de gloire des humbles
proximités enfante « en notre humanité rétive », de générations en
générations, son corps d’éternité ; il n’est que d’y consentir, et de
nous y entraider, avec la grâce de Dieu.

La contribution du bienheureux Jean-Paul II à la vie consacrée
n’est sans doute pas assez aperçue, même dans nos milieux.
Le Père Pier Giordano Cabra, f.n., fait mémoire des éléments principaux
du dossier, les ordonnant d’après leur chronologie ; l’intérêt
de cette patiente recension vient aussi de la mise en évidence des
difficultés et des interrogations qui peuvent demeurer aujourd’hui,
alors même que la vie consacrée est entendue comme un don de
l’Esprit qui ne peut manquer à l’Église.

La douceur de la voix divine fait courir le disciple vers le
Royaume, disait saint Benoît dans sa Règle. Sous cet angle, le Père
Michel Van Parijs, o.s.b., voit dans le croyant théologien celui qui
questionne pour approcher le mystère des Écritures, lequel n’est
autre que le récit de la compassion de Dieu pour son peuple, attestée
dans le Verbe, origine et fin de l’histoire humaine. Ce sens
« christique » des Écritures, l’Église le transmet dans l’assemblée
liturgique, célébration sans fin de l’accomplissement du jour premier.
Cette sagesse — cette théologie sapientiale — nourrit l’intelligence
et le cœur du goût de la visite du Ressuscité.

Qui n’a pas vibré à la lecture du Dialogue des Carmélites de
Georges Bernanos, ou de La dernière à l’échafaud de Gertrude von
Le Fort ? Le Père Dominique Goblet, o.praem., présente ici l’opéra
fameux où Francis Poulenc servit de son talent exceptionnel la
puissance du texte littéraire. On verra combien les harmoniques
théologiques expriment l’itinéraire spirituel du compositeur, que
la réversibilité des destins dans la mort brûla de son obscure clarté.

Le Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, qui devrait être un jour
porté sur les autels, a mis en évidence la docilité à l’Esprit Saint dans
tous les états de vie, en vertu de l’habitation divine que le baptême a
inaugurée dans les âmes. Cette promesse de nouvelle Pentecôte
rejoint l’attente de l’aggiornamento conciliaire et elle s’atteste en
particulier dans la pauvreté spirituelle : c’est que la force divine se
déploie dans la faiblesse, et la transforme en rayonnement de l’amour.

La chronique annuelle d’Écriture sainte rédigée par Monsieur
le Professeur Didier Luciani porte comme toujours sur l’Ancien
Testament et le Judaïsme. On y découvrira des traversées d’ensemble
du Premier Testament, aussi bien que des études sur des textes
ou des thèmes particuliers, parfois explicitement théologiques, et,
pour finir, un regard chrétien ouvert au judaïsme. Des recensions
d’ouvrages récents et une liste des livres envoyés à notre rédaction
complètent cette troisième livraison.

L’année qui est à la moitié de sa course a vu nommer à la tête
de notre Dicastère un nouveau préfet, Monseigneur João Braz de
Aviz, jusque là archevêque de Brasilia (Brésil), connu pour sa cordialité
et sa modération. Son interview du 12 janvier au National Catholic
Reporter (traduite en français sur le site www.depluspres.fr),
sa déclaration à l’Union Internationale des Supérieures Générales,
le 30 mars dernier (« Je suis reconnaissant pour ce nouveau mandat ;
je veux connaître la vie religieuse et approfondir la communion
avec tous les consacrés ») et d’autres contacts qu’il a voulu
prendre aux États-Unis ou à Rome laissent augurer d’un temps où,
selon ses dires, « il ne s’agit pas de résoudre des questions doctrinales
ou de droit canonique, mais de soigner les relations, de nous
rapprocher les uns des autres, de valoriser l’autre… » (site des
Frères de l’Instruction chrétienne, 4 juin). Un son très neuf, qui
appelle tous les consacrés à mettre en œuvre la fameuse ecclésiologie
de communion encore si peu reçue, depuis le Concile.
Nous souhaitons au Cardinal F. Rodé une retraite féconde.
Nous nous réjouissons d’avoir été, lors de la visite de courtoisie que
nous lui avons rendue, accueillis avec tant de bienveillance par le
nouveau Préfet. Que le Seigneur bénisse le ministère qu’il exerce,
et tous ses collaborateurs !