Questions

 Lawalrée D. et Collin D., La musique sacrée, Namur, Fidélité (Quepenser de… ?, 77), 2010, 12 x 19 cm, 128 p., 10,00 €.

Après avoir suggéré une définition du concept de musique sacrée en illustrant ses propos par une description de divers Requiem, D. Lawalrée, laïc dominicain, compositeur, présente six compositeurs « sacrés » dont l’œuvre évoque le rapport de l’homme à Dieu, à la mort, à la violence. En un dernier chapitre Deus in musica, D. Collin, dominicain, apparente la musique à la mystique, en ceci qu’elle révèle une profondeur insoupçonnée du réel. Jetant sur chacun de ces six compositeurs son regard de théologien, il cherche en eux non pas une profession de foi (Messiaen est croyant mais qu’en est-il de Beethoven ?), mais une consonance entre leur langage musical et une certaine idée de Dieu qu’ils laissent entendre : Bach, musique de la gloire de Dieu ; Beethoven, musique de la puissance créatrice ; Bruckner, musique de la nostalgie de Dieu ; Mahler, musique de la mort de Dieu ; Messiaen, musique de l’éblouissement de Dieu ; Pärt, musique de la présence de Dieu. À chacun de ses compositeurs est consacrée une petite bibliographie. — P. Detienne, s.j.


 Conférence des Évêques de France, Les nouveaux courants charismatiques. Approches, discernement et perspectives, Paris, Bayard / Fleurus-Mame / Cerf (Documents d’Église), 2010, 15 x 22 cm, 102 p., 15,00 €.

Le Groupe épiscopal français d’accompagnement du Renouveau charismatique propose, au terme de deux ans de réflexion, ces échos d’un séminaire qui s’est tenu à Paris, en mai 2009, et qui met en particulier en discussion les curieuses « Bénédiction du Père » et autre « Courant de Gloire » de la « Troisième vague » affectant des assemblées de prière plus ou moins constituées. Le Père F.-R. Wilhélem se taille ici la part du lion, puisqu’il propose l’état de la question, les critères de discernement, et reproduit l’article publié naguère dans la Nouvelle Revue théologique, « Quarante ans après, où en est le renouveau charismatique catholique ? » (in NRT, 130, 2008, pp. 238-255). Le cœur de l’ouvrage tient cependant aux huit pages de la « Note pastorale à propos des nouveaux courants charismatiques », signée par trois évêques référendaires, J. Boishu, F.-X. Loizeau et G. Gaucher, où il est question non seulement de la prière pour la guérison ou du repos dans l’Esprit, mais aussi du rôle de la musique et du chant, dans les rassemblements du Renouveau. À cet égard, il faut signaler le surprenant chapitre, signé de P. Benoît (diacre), « Émotions musicales et expérience spirituelle : comment accompagner ? » : la tension entre le « chantre-leader » et les témoins musiciens s’y trouve finement analysée, selon que l’on se trouve en situation de paraliturgie ou de concert de louange — un grand chantier
en devenir. — N. Hausman, s.c.m.


 Myle R., Montrez voir. Hommage Pierre Defoux, Namur, Fidélité, 2011, 17 x 24 cm, 128 p., 15,00 €.

Une rétrospective Pierre Defoux voulait rendre hommage cet artiste/ artisan d’une manière ignatienne de célébrer le beau et de le faire advenir. Un beau livre en fait ici mémoire, laissant alterner l’écrit et l’image. Robert Myle tient la plume, mais se place derrière son confrère sans pour autant faire de sa personne le centre du récit. C’est au Créateur par excellence que doit revenir l’hommage : P. Defoux disait lui-même
 : « La seule chose qui compte, c’est que je sois joyeusement le fils de ce Père qui me donne la vie » (p. 90). Sa manière unique d’embrasser sa tâche nous renvoie à notre propre travail et vocation : « … prendre juste les notes qu’il faut pour garder la mémoire du vécu mais, pour le reste, interagir avec autrui, créer avec lui, s’exposer, se laisser dire pour faire aboutir le geste, le trait, la parole » (Dijon, 5), et « l’artiste recherche une pédagogie personnalisée qui soit à la portée de tous et mette en valeur les talents de chacun » (Myle, 47). Le credo de Pierre Defoux s’exhale lui aussi de la multiplicité de ses réalisations : « Apporter des lumières en expliquant ce qu’on voit soi-même, d’accord. Je veux bien aider quelqu’un en lui posant des questions mais pas en lui donnant des réponses » (95). « Oui, vraiment, être artiste, c’est finalement une vocation et une responsabilité » (Myle, 30). — É. Rousseau



Patristique

 Corbin M., L’Esprit saint chez Basile de Césarée, Paris, Cerf (Initiations aux Pères de l’Église), 2010, 14,5 x 23,5 cm, 416 p., 35,00 €.

Dans son cours à l’Institut catholique de Paris et aux Facultés jésuites de Paris, l’A. a mûri, des années durant, sa lecture du traité Sur le Saint- Esprit de Basile de Césarée. Dans cet ouvrage, l’expérience du pédagogue se met au service du Père de l’Église, éclairant, paragraphe par paragraphe, le développement de saint Basile, répondant aux objections et plaçant les arguments dans le contexte des controverses théologiques de l’époque. Il montre ainsi comment Basile nous entraîne dans la contemplation du mystère de l’Esprit en abandonnant le langage grec de la substance pour une médiation de la louange due à Dieu. Un ouvrage exigeant mais passionnant. — Fr. Dominique, f.s.j.


 Brottier L., Les « Propos sur la contrition » de Jean Chrysostome. Le destin d’écrits de jeunesse méconnus, Paris, Cerf (coll. Patrimoines), 2010, 14,5 x 23,5 cm, 464 p., 48,00 €.

À partir du « deuil spirituel » et de ses corollaires, l’œuvre de Chrysostome est ici revisitée, avec les courants spirituels médiévaux et modernes qui lui feront écho. Une introduction d’une centaine de pages précède la traduction nouvelle de deux Propos de jeunesse, autrefois titrés « sur la componction », l’un adressé au moine Démétrios, l’autre, à Stéléchios — en tout, 70 pages, sur les plus de 460 de l’ouvrage. Dans une substantielle troisième partie, l’auteur étudie « contrition, larmes et deuil spirituel » dans toute l’œuvre de Jean, qu’elle entend comme la source de divers courants spirituels ultérieurs (il est l’un des premiers auteurs d’écrits « catanyctiques »), en Orient (Ephrem, Grégoire de Narek…) comme en Occident (Guillaume de Saint Thierry, Bernard, Ruusbroeck, Ignace de Loyola…) et elle ose même Cioran, avant de conclure sur Charles Péguy. Sept annexes, notamment sur la mauvaise « katanuxis » et les écrits « catanyctiques », précèdent des orientations bibliographiques et un quadruple index (thématique, des personnages scripturaires, des auteurs et des œuvres de Chrysostome, traduites ou non). — N. Hausman, s.c.m.


 Saint Augustin, Paix et guerre selon saint Augustin, textes choisis, présentés et traduits par P.­Y. Fux, Paris, Migne (coll. Les Pères dans la foi, 101), 2010, 13,5 x 20 cm, 212 p., 17,00 €.

Le titre de cette anthologie, renversant celui de Tolstoï, attire d’emblée l’attention sur une vérité importante : la paix qui est « tranquillité de l’ordre » est toujours première chez Augustin ; secondes sont les réflexions sur la guerre, définie comme manque de paix. Même lorsque la guerre, devenue une « triste nécessité », reçoit à certaines conditions le qualificatif de « juste », elle n’est ni bonne, ni souhaitable. La qualité de l’ouvrage tient à la précision de son introduction, aux présentations qui ouvrent chacune des six parties, au guide thématique qui synthétise l’ensemble autour de trois entrées (La paix, La guerre, L’attitude du chrétien face à la paix et la guerre), et à ses deux index (citations bibliques et auteurs latins). L’exposé du contexte de rédaction de ces extraits met en valeur le tournant des années 410-412. Si on y reconnaît un certain raidissement, c’est en particulier suite au sac de Rome et à l’offensive de la pensée païenne au début du ve siècle, au durcissement du donatisme nécessitant le recours à la force pour ne pas entamer l’ordre public, au mouvement pélagien et son illusion d’une paix définitive possible en ce monde. La fécondité de ces textes jusqu’à notre époque est aussi clairement exposée ; elle fait de l’ouvrage, non pas un livre d’archéologie mais un service rendu pour retrouver, en la situant dans son contexte, la vigueur de la réflexion augustinienne. — S. Dehorter.



Vie consacrée

 Panciera S., DVD All om all. À la découverte du mouvement béguinal en Europe, Namur, Fidélité, 2010, quatre langues, 10,00 €.

Après le très intéressant « Que penser de ? », Les béguines, publié par la même maison en 2009, le même auteur nous offre une ample rétrospective visuelle sur un sujet qui se révèle de plus en plus inspirant pour la vie consacrée contemporaine. Les quelques approximations de l’opuscule imprimé (Julienne de Cornillon n’était pas béguine ; les béguinages ne sont en rien « une forme flamande de la vie religieuse », Jacques Pantaléon n’était pas évêque quand il croisa les initiatrices liégeoises de
la Fête-Dieu) s’effacent ici devant l’ampleur de la documentation, les ressources des quatre langues (français, néerlandais, anglais, italien), et le souffle du commentaire, qui rend justice à cette forme de vie « toute pour le Tout », depuis ses origines discrètes jusqu’à ses déploiements dans la mystique de l’amour. Une belle réalisation, à découvrir au plus tôt, si l’on veut repartir de l’essentiel. — N. Hausman, s.c.m.


 Peeters T., La voie spirituelle des Chartreux, Paris, Cerf (Épiphanie),
2010, 14,5 x 21,5 cm, 192 p., 16,00 €.

Initialement publié en néerlandais (Gods eenzame zwijgers, 2007), récompensé par le « Prix du livre religieux » (Leuven, 2008), étant donné la rigueur de la langue française, l’ouvrage de T. Peeters est d’abord un travail historique. Le chemin de saint Bruno et des Chartreux, la règle, la liturgie… sont racontés à travers de larges extraits des écrits spirituels de la tradition cartusienne, aussi variés que les lettres de saint Bruno, le livre des Coutumes ou des témoignages de moines contemporains. Le lecteur découvre alors comment l’ouvrage entend l’initier à la voie spirituelle des Chartreux. La solitude et le silence, mots souvent associés à l’absence, à l’abandon ou à la mort, prennent au fil des pages les connotations joyeuses et paisibles que leur donnent les ermites et réveillent le désir profond du face à face avec Dieu. La vie étrange de ces hommes de prière réaffirme la possibilité offerte à tous de vivre l’aventure de l’homme intérieur. — Fr. Dominique.


 Olivera B., Vêtements de noces et lampes allumées. Spiritualité et mystique sponsale : caduques ou actuelles ?, Oka (Québec), Abbaye Notre-Dame du Lac (Voix monastiques, 19), 2010, 14 x 21 cm, 216 p., 19,00 €.

La mystique sponsale est souvent reléguée dans un passé lointain. Elle peut même provoquer certaines réticences, y compris dans la vie consacrée. L’auteur en est conscient et c’est pourquoi il se livre à une enquête minutieuse et progressive pour en retrouver les fondements théologiques et spirituels. Dans une première partie, après avoir montré que l’image sponsale enserre toute la révélation de la Genèse à l’Apocalypse, il scrute patiemment les écrits principaux de l’ancienne alliance que sont Osée, le Cantique et les prophètes. Ensuite, il s’attache à mettre en lumière la figure du Christ Époux, particulièrement à travers le quatrième évangile. Dans une deuxième partie, il revisite la tradition mystique cistercienne, en en montrant précisément l’ancrage scripturaire. Ainsi pourra-t-il dans une troisième partie poser les fondements scripturaires, doctrinaux et pédagogiques d’une saine mystique sponsale pour notre temps. Le lecteur ne pourra d’ailleurs pas être insensible à la belle figure du frère Christophe de Thibirine, icône actuelle d’une vie sponsale scellée dans le martyre. Un ouvrage pertinent qui éclairera tant les religieux que les couples et les pasteurs. — Fr. G. de Longcamp, f.s.j.


 Sicari A.M. , Laïcs et Conseils évangéliques. Jésus nous a appelés ses amis, Toulouse, Éditions du Carmel (Carmel vivant), 2010, 21 x 14 cm, 176 p., 18,00 €.

Si les consacrés veulent vraiment partager le charisme de leur fondateur avec les laïcs, ils doivent aussi comprendre comment tous les chrétiens, d’une manière ou d’une autre, sont impliqués dans le discours des conseils évangéliques, parce que les conseils de Jésus décrivent, au fond, l’anthropologie chrétienne en tant que telle — c’est-à-dire la manière dont Dieu a imaginé l’homme « au commencement », selon son dessein original et originel —, et qu’ils expriment le contenu de la révélation par laquelle le Christ « a révélé l’homme à l’homme lui-même ». Ce livre, qui date de 2001, mais il n’a été traduit en français que récemment, veut aider à une réflexion dans cette direction, comme déjà l’avait fait l’article paru dans Vie Consacrée en 2003 (pp. 370-385). Certes, les conseils évangéliques s’adressent à tous, mais tous ne peuvent les pratiquer de la même façon, car les vocations diffèrent, entraînant des modes de vie distincts. Le livre aborde donc chacun des trois conseils évangéliques classiques de virginité, pauvreté et obéissance, d’abord dans un chapitre qui en éclaircit les racines bibliques et anthropologiques (conclu par une réflexion autour des consacrés), suivi par un autre qui expose le même conseil pour les laïcs. Les fondements théologiques en sont « la vocation universelle à la sainteté » et « l’ecclésiologie de communion » proposées par le Vatican II ; ils ont donné lieu à l’expérience du « Mouvement ecclésial carmélitain », fondé en Italie en 1993 par l’auteur, Carme déchaux, précisément dans le but de partager le charisme carmélitain avec des consacrés et des laïcs. — E. Barucco, ocd.



Histoire

 Descouvemont P., L’univers familier du curé d’Ars, photographies Gérald Gambier, préface de Mgr Guy Bagnard, Flavigny-sur-Ozerain, Traditions monastiques, 2010, 24 x 28,5 cm, 288 p., 42,00 €.

On se rappelle les clichés en noir et blanc de l’éditeur Antoine Mappus (Alsatia) dans les Pensées du Curé d’Ars rassemblées par son ami l’abbé Nodet, en 1959. Ils avaient fait du village d’Ars un lieu de contemplation, un sanctuaire. La vidéo réalisée en 1997 avait voulu montrer cette beauté en couleurs. L’ouvrage du P. Descouvemont renouvelle magnifiquement le genre en reprenant la méthode du fameux Thérèse et Lisieux : des textes substantiels, un florilège des paroles de M. Vianney, des notices historiques très riches (le P. Joël Lambert y a aidé) et des illustrations photographiques des objets et lieux familiers au curé d’Ars. Le tout mis en pages par un moine de Flavigny avec une intelligence remarquable. Des choix ont été faits, judicieux pour l’essentiel (on aurait pu peut-être ajouter les deux autres clichés de son corps en entier pris à sa mort, p. 263, car ce sont les seules photos qu’on ait de lui), exacts certainement (mais p. 99, il y a contresens : il s’agit de paroles tirées des catéchismes du curé d’Ars, « mises en scène » par le P. Nodet, non de vaisselle d’époque). Cet album n’est certainement pas un « carnaval » de plus : il aidera autant les petits que les savants à découvrir que « Dieu est passé à Ars », selon la formule employée en son temps par Jean-Paul II. — A. Massie s.j.


 Bouchard Fr., À la source de la Visitation. François de Sales et Jeanne
de Chantal
, Paris, Salvator, 2010, 12,5 x 21 cm, 144 p., 12,00 €.

L’A., mère et grand-mère, présente ici une brève histoire de la fondation, par François de Sales et Jeanne de Chantal, de la congrégation de la Visitation. Elle nous renseigne sur le sort des enfants de Jeanne, sur la lente élaboration des constitutions du nouvel ordre religieux (clôture stricte ? vœux solennels ?), sur l’établissement des premiers couvents… L’essentiel demeurant toujours les trois petites vertus : douceur de cœur, pauvreté d’esprit, simplicité de vie. En appendice, une bibliographie sommaire au service du lecteur qui souhaiterait en savoir davantage. Un ouvrage d’hagiographie édifiante, d’un abord aisé, agréablement écrit. Pour tous. — P. Detienne, s.j.



Spiritualité

 Merton Th., L’expérience intérieure. Notes sur la contemplation, Paris, Cerf (Épiphanie), 2010, 13,5 x 19,5 cm, 272 p., 18,00 €.

« L’expérience intérieure » ou « Le chemin obscur » ? L’introduction très circonstanciée qui présente cet inédit nous apprend, en effet, que ce fut celui-ci « le titre initialement choisi par Merton lui-même » (17, note 1) en 1959. On remarquera aussi l’importance de ce texte qui pour l’essentiel (Seeds of contemplation, 1948) et ses « révisions » (jusqu’en 1968) fut confié par Th.M. à un ami peu de temps avant son voyage en Orient et sa mort tragique (10 décembre 1968). Cette œuvre resta inconnue plus longtemps encore avant d’être « libérée » intégralement (1992). La minutieuse traduction française du travail de William H. Shanson, due à Micheline Triomphe, répond donc aux critères imposés lors de la publication de cet inédit : « 1) une édition soigneusement annotée du texte ; 2) une élucidation des circonstances qui l’avait amené à sa forme présente ; 3) la restitution de sa juste place historique dans le corpus mertonien ; 4) l’indication de son importance dans ce corpus (voir p. 15). Tout lecteur de Thomas Merton, et ils ont été nombreux ceux que son génie littéraire et sa pénétration spirituelle ont éveillés à la quête spirituelle, seront heureux d’être informés sur sa pensée et son évolution répondant à la question omniprésente dans son œuvre : Qu’est ce que la contemplation ? Question qui à l’âge qui est le nôtre, dans la confusion qui le trouble, n’a pas perdu, loin s’en faut, de son importance. Cette réponse nous éclairera. — J. Burton s.j.


 Thomas de Jésus, o.c.d., Traité de l’Oraison mentale d’après sainte Thérèse d’Avila, Toulouse, Éditions du Carmel (Carmel vivant), 2010, 14 x 21 cm, 368 p., 27,00 €.

Thomas de Jésus (1564-1627) fait partie de la seconde génération des disciples de sainte Thérèse d’Avila et de saint Jean de la Croix. Il s’est fait connaître dans le domaine de la spiritualité carmélitaine par son plaidoyer en faveur d’une contemplation acquise par les aides ordinaires de la grâce. Il a composé de nombreux ouvrages de théologie spirituelle. Au dire du P. St.-M. Morgain qui les présente ici, établis, introduits et annotés par ses soins, les deux textes que contient ce volume ne sont pas intéressants par l’originalité du discours mais par le témoignage qu’ils donnent de la très rapide assimilation de la doctrine thérésienne sur l’oraison mentale. Le P. Morgain s’attache dans son introduction à mettre en lumière la situation historique où ces deux textes ont été composés, à en donner les sources et le contenu. Maîtrisant parfaitement le corpus des écrits de sainte Thérèse, le P. Thomas de Jésus offre par ces textes « un abrégé de l’enseignement de Thérèse de Jésus avec des points de repère assurés pour la vie d’oraison ». — H. Jacobs, s.j.


 Guibert J., L’abandon à Dieu, un chemin de paix à l’école de la petite Thérèse, Toulouse, Éditions du Carmel (Carmel vivant), 2010, 14 x 21 cm, 168 p., 15,00 €.

L’homogénéité du plan et le souci d’amener le lecteur jusqu’aux implications pratiques de l’abandon thérésien sont deux qualités réelles de cet ouvrage. Malheureusement, cette introduction à la spiritualité thérésienne nous vient comme une brassée de notes prises à la hâte, comme une pénible collection des lieux communs de l’oralité. Cette tentative de vulgarisation montre pour le moins que l’univers spirituel de la « petite Thérèse » motive les approches les plus variées ; heureusement. — Fr. Dominique, f.s.j.


 Cantalamessa R., Nous prêchons un Christ crucifié. Méditations pour le Vendredi saint dans la basilique Saint-Pierre (nvlle éd.), Nouan-le-Fuzelier, Éditions des Béatitudes, 2010, 13,5 x 21 cm, 360 p., 18,90 €.

L’A. offre dans ce recueil la nouvelle édition de ses prédications du Vendredi saint, données chaque année dans la basilique Saint-Pierre en présence du Pape. Les trente et un commentaires du récit de la Passion, assemblés en une sorte de Chemin de Croix, se reçoivent comme une méditation prolongée et multiforme sur le Crucifié, comme une invitation à la contemplation et à l’étude. — Fr. Dominique, f.s.j.


 Jean de la Croix, La montée du mont Carmel, prés. et trad. F. Aptel, M. Caniou et M.-A. Haussièttre, Paris, Cerf (Sagesses chrétiennes), 2010, 12,5 x 19,5 cm, 480 p., 32,00 €.

Saint Jean de la Croix est étudié autant dans les milieux chrétiens désirant connaître son enseignement spirituel que dans les groupes profanes ne distinguant en lui que le poète exceptionnel. Pourtant, avec le temps, l’auteur devenait moins accessible. Aborder saint Jean de la Croix sans préparation exposait à la déconvenue : le vocabulaire désuet et les problématiques d’un autre âge déconcertent. Fr. Aptel, M. Caniou et M.­A. Haussiètre ont alors entrepris la présente traduction. Ils ouvrent ainsi le commentaire du poème de la Nuit à de nouvelles lectures, traversant la nécessaire purification des sens (livre I, chap. 112), la purification active (livre I, chap. 1315) et la purification passive de l’esprit dans ses trois facultés, l’intelligence (livre II), la mémoire et la volonté (livre III). — Fr. Dominique, f.s.j.


 Mulliez J., Prier 15 jours avec Thomas More, Bruyères-le-Châtel, Nouvelle Cité (Prier 15 jours avec, 134), 2010, 11,5 x 19 cm, 128 p., 12,50 €.

Humaniste (et ami d’Érasme), érudit, diplomate, avocat, homme d’État incorruptible au XVIe siècle, Thomas More fut décapité par son roi pour avoir refusé de prêter un serment indigne. L’A. invite à partager quinze jours avec cet « homme complet » (jour 1), figure de sainteté exceptionnelle. Époux, père de famille et homme engagé dans son siècle, chacune de ses décisions était éclairée par sa vie de prière personnelle et familiale, sa connaissance approfondie de l’Écriture et son intimité avec le Christ. Ardent défenseur de la Présence réelle (jour 6), de la liberté de l’homme (jour 7), il témoigne pour notre temps du service de Dieu à l’exemple de Marthe et Marie (jour 9), au travers de ses épreuves (jour 10), sans jamais transiger avec sa conscience ni mépriser ses adversaires (jour 11). Thomas More a ainsi été proclamé, en octobre 2000 par Jean-Paul II, « patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques ». — Fr. Dominique, f.s.j.


 Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, Assidus à la prière avec Marie. Méditations sur les mystères du Rosaire, Toulouse, Éditions du Carmel, 2010, 10,5 x 15 cm, 160 p., 7,00 €.

Pour renouveler et approfondir la prière du rosaire, ce petit recueil propose pour chacun des quatre genres de mystères (joyeux, lumineux, douloureux et glorieux) une série de morceaux choisis dans l’œuvre du P. Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus,
fondateur de l’Institut Notre-Dame de Vie. Tirés de ses écrits, homélies, conférences et entretiens divers, les extraits sont agrémentés de citations du magistère et de l’écriture. Un compagnon pour la prière. — Fr. Dominique, f.s.j.


 Un frère carme, Le jardin clos, Toulouse, Éditions du Carmel (Carmel vivant, série Eremos, 4), 2010, 11 x 17,5 cm, 160 p., 12,00 €.

« J’entrai dans un très vaste jardin, tout entier beau et attrayant, que je voyais dans le flanc de Jésus. » La vision liminaire introduit le lecteur dans un jardin clos, verdoyant et fleuri, ouvert seulement sur le ciel. Tel est le propos de ce livre : découvrir la nature et le dynamisme de la vocation contemplative, dévoiler l’âme de ceux que Dieu emmure dans le jardin d’un ermitage pour n’être tournés que vers Lui, abreuver le baptisé à la Source. Dans ce jardin, la seule occupation est de se tenir disponible à
l’Amour et de mûrir un fruit abondant pour l’Église. — Fr. Dominique f.s.j.


 Pierre de Bérulle, Œuvres complètes, T. 10 : Correspondance. Lettres 206-442, Paris, Cerf (Oratoire de Jésus), 2010, 12,5 x 19,5 cm, 528 p., 48,00 €.

Ce t. 10 des Œuvres complètes de Pierre de Bérulle comprend le deuxième volume de sa Correspondance, avec les lettres 206 à 442. Le texte a été établi par Michel Dupuy, prêtre de Saint-Sulpice, et Blandine Delahaye. Une table des concordances entre les numéros des lettres dans l’édition Dagens et ceux de cette nouvelle édition est donnée en fin de volume. À titre indicatif y figurent déjà les références au t. 11, encore à paraître. L’Oratoire et le Carmel y trouveront d’innombrables informations historiques. Le plus souvent, ces lettres sont d’une très riche substance spirituelle. — H. Jacobs, s.j.


 Jeanguenin G., Guérir des blessures de l’âme avec saint François de Sales, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2010, 13 x 21 cm, 160 p., 14,00 €.

Selon l’A., prêtre suisse, certaines maladies physiques ou psychosomatiques sont dues en fait à des blessures intérieures. Ces maladies spirituelles sont à traiter par des moyens spirituels. L’A. les considère à travers le prisme des sept « vices » capitaux. Il propose un chemin de guérison intérieure, don d’une grâce divine qui requiert notre coopération. Il étaie ses propos de nombreuses et judicieuses citations tirées des œuvres de saint François de Sales : « Il faut souffrir avec patience le retard de notre perfection. » Selon François, l’orgueil est la pépinière de tous les péchés ; l’envie est la tristesse du bien d’autrui ; l’avarice est la racine de tous les maux ; la colère est la boursouflure du cœur ; l’ivrognerie et la gourmandise ne vont jamais l’un sans l’autre ; la paresse se manifeste dans l’apathie spirituelle. L’A. se plaît à évoquer les personnes qui craignent de ne pas être assez aimées et celles qui s’énervent de s’être énervées. Il conclut : nous ne sommes que ce que nous sommes devant Dieu. Pour tous. — P. Detienne, s.j.


 Frey P., Une expérience spirituelle avec saint Jean Eudes, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2010, 13 x 21 cm, 144 p., 12,00 €.

L’A., eudiste, présente un aperçu de la spiritualité du fondateur de sa congrégation, saint Jean Eudes (1601-1680), prédicateur de missions paroissiales, formateur de prêtres, contemporain de saint Vincent de Paul. Cinq thèmes sont au programme : une vie de communion avec Dieu (rendre saint le quotidien ; prier à partir des événements de la vie de Jésus…) ; le baptême, participation à la vie de Dieu ; le prêtre, serviteur des baptisés (un pasteur selon le cœur de Dieu, envoyé par Jésus pour agir en son nom) ; le cœur de Jésus, manifestation de l’amour divin ; la vierge Marie, chemin vers Jésus. Chaque proposition est étayée par de nombreuses citations, extraites des écrits du saint. — P. Detienne, s.j.


 Pradère M., La mission à l’école des saints. Allumer un feu sur la terre, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2010, 13 x 21 cm, 264 p., 19,00 €.

L’évangile est une partition musicale dont les saints, dans l’Église, au cours des siècles, interprètent en chœur la mélodie. L’A., prêtre de l’Emmanuel, propose ici une liste d’une vingtaine de saints dont il relève le caractère à la fois mystique et missionnaire : depuis saint Paul, auquel il consacre tout son premier chapitre, jusqu’à Thérèse de Lisieux, en passant par les premiers martyrs et les premiers moines ; les ordres mendiants, franciscains et dominicains ; le XVIe siècle espagnol et italien (les jésuites et la réforme du Carmel) ; le grand siècle en France (l’école française ; le Cœur de Jésus). Le dernier chapitre, traitant de l’apostolat des laïcs au XXe siècle, rend hommage à Pierre Goursat, fondateur de la communauté de l’Emmanuel, dans lequel l’A. se plaît à relever des similitudes avec une quinzaine de ses prédécesseurs, spécialement le Père Libermann. — P. Detienne, s.j.


 Geoffroy M.-Ch. et Coque C.-É., Prier 15 jours avec sainte Jeanne de Chantal, Bruyères-le-Châtel, Nouvelle Cité (Prier 15 jours avec, 136), 2010, 11,5 x 19 cm, 128 p., 12,50 €.

En ce 400e anniversaire de la fondation de leur ordre, deux religieuses visitandines proposent ici quinze sujets de méditation, illustrés par les écrits de leur fondatrice Jeanne de Chantal (1572-1641), inspirée elle-même par François de Sales. Parmi les sujets traités relevons : humilié, simplicité, confiance, divine providence, bon plaisir de Dieu, droiture d’intention, amour du prochain, oraison, continuelle présence de Dieu. Écoutons-la : « Tant d’oraisons mal faites ne proviennent que du manque de préparation… » « Quand on resterait devant Dieu comme une cruche vide, il faut être aussi content que si Dieu la remplissait… » « Dieu sait faire de beaux ouvrages par de chétifs outils. » Chaque méditation se termine par une prière à la sainte. Recommandé. Une coquille : faire la grâce matinée. — P. Detienne s.j.