Fondements

 Nicolas Cabasilas, « La Vie en Christ », lue par Daniel Coffiny, Paris, Cerf (L’abeille), 2011, 12,5 x 19,5 cm, 128 p., 12,00 €.

Après avoir publié une traduction de La vie en Christ de Nicolas Cabasilas (1319- 1398), théologien laïque, canonisé en 1982 dans l’Église orthodoxe, l’A., ancien aumônier de JOC, nous en offre ici un commentaire. Il relève un quadruple thème : mendiant de notre amour (kénose), Dieu a besoin de notre aide (synergie) ; il nous transforme en lui (déification) et nous rend heureux par son pardon. L’A. consacre tout un chapitre aux effets de chacun des trois sacrements d’initiation. Il résume ainsi la position de Cabasilas : la gratuité du salut suppose la liberté de notre accueil. Relevons quelques perles : la brebis n’a pas cherché le pasteur ; le pasteur s’est rendu là où la brebis errait… le Christ ne nous enlève pas de ce monde mais il nous rend célestes tout en nous laissant sur terre… nous avons, dès l’existence présent, maintes révélations sur la vie future. — P. Detienne, s.j.


Saint Vincent de Paul, textes choisis par N. Blanc, Perpignan, Artège (Spiritualité en poche), 2011, 11 x 17 cm, 116 p., 8,90 €.

Saint Vincent de Paul dans sa simplicité et sa douceur, dans la vie d’oraison et l’humilité de cœur. Les extraits colligés en cet ouvrage comme un assortiment de précieux souvenirs sont assez longs pour être goûtés et suffisamment bien rangés pour être retrouvés. Ils redonnent sa fraîcheur à une des plus belles âmes de l’histoire religieuse en France et transmettent le zèle ardent de ce pasteur.— Fr. Dominique, f.s.j.


 Torrell J.-P., Un peuple sacerdotal. Sacerdoce baptismal et ministère sacerdotal, Paris, Cerf (Épiphanie), 2011, 14,5 x 21,5 cm, 256 p., 20,00 €.

« Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal », affirme la première lettre de saint Pierre. Depuis, à chaque baptême, l’Église rappelle aux catéchumènes qu’ils entrent dans une communauté sacerdotale, royale et prophétique. Malgré le renouveau de Vatican II, cette vérité reste mal connue. La valorisation du sacerdoce des fidèles a en effet conduit beaucoup à se prendre pour ce qu’ils ne sont pas et a sapé les convictions trop approximatives de certains clercs. Pourtant le sacerdoce baptismal et le ministère sacerdotal vont ensemble et ne sauraient être mis en compétition. Pour répondre aux questions que pose cette crise, l’A. propose un retour aux sources patristiques et scripturaires. La structure du livre dévoile qu’il a été originellement conçu comme un cours pour séminaristes, mais le style reste simple et didactique, mettant cet enseignement à la portée du plus grand nombre. — Fr. Dominique, f.s.j.



Patristique

 Grégoire de Nysse, L’âme et la résurrection. Dialogue avec sa sœur Macrine, trad., intro., notes critiques, index et biblio B. Pottier, s.j., Bruxelles, Lessius (Donner raison, 30), 2011, 14,5 x 20,5 cm, 202 p., 19,50 €.

L’ouvrage offre davantage qu’une nouvelle traduction. Enrichi par les études les plus récentes et les conseils des meilleurs spécialistes de Grégoire de Nysse, le traité est présenté selon un plan inédit, mettant en valeur la description de l’âme avant la mort (sa nature, ses passions), après la mort (sa survie, sa purification) et la résurrection (rejet de la transmigration et introduction au mystère). Dans l’introduction, rigoureuse et éclairée, B. Pottier, s.j., livre une interprétation du texte et une présentation des thèmes généraux (immatérialité de l’âme, lien de l’âme au corps, les passions, etc.) préparant utilement la lecture. Ce livre, exigeant et nécessaire, offre une formation bienvenue à l’heure où la résurrection est souvent méconnue des chrétiens eux-mêmes. — Fr. Dominique, f.s.j.


 Jean Damascène, Homélie sur le Samedi saint, trad. et notes de Ph. Péneaud, avec Fr. Bidaux, Paris, L’Harmattan (Religions et spiritualité), 2011, 13,5 x 21,5 cm, 74 p., 10,50 €.

Dernier des Pères orientaux, Jean Damascène (+ vers 750) a défendu l’incarnation de Dieu selon le dogme de Chalcédoine. Il a vu les conséquences de cette théologie dans la vie spirituelle et l’homélie sur le samedi saint en témoigne, dans une interprétation littérale, historique du triduum mortis, mais aussi en reconnaissant en celui-ci l’accomplissement des figures et des prophéties de l’Ancien Testament, qui rejaillit dans le conseil donné au chrétien : « nous serons glorifiés totalement en voyant comme dans un miroir la gloire du Seigneur dans son humilité et en apercevant, dans son apparence sans gloire, la splendeur inintelligible » (n. 24, p. 37). La belle traduction proposée ici (Ph. P. est docteur en théologie mais aussi sculpteur) est agrémentée de références scripturaires nombreuses et des notes nécessaires pour une bonne compréhension du texte. Sans souci d’érudition, elle aide le lecteur à rester dans la contemplation du Christ proposé à l’imitation : « De l’amour émane la miséricorde, de la miséricorde l’abaissement, de l’abaissement le salut et l’exaltation » (n. 39, p. 59). Un beau texte pour la lectio divina. — A. Massie, s.j.


 Fouilloux É., La collection « Sources chrétiennes ». Éditer les Pères de l’Église au XXe siècle (nouvelle éd. révisée et augmentée), Paris, Cerf (Sources chrétiennes), 2011, 12,5 x 19,5 cm, 262 p., 23,00 €.

Avec près de 550 volumes publiés aujourd’hui, les SC peuvent être fières du travail accompli depuis 1942, quand, sous l’impulsion du P. Fontoynont, les jésuites de Fourvière (au premier plan les PP. de Lubac et Daniélou) décidèrent d’un « retour aux Pères ». Parallèlement au renouveau biblique de l’époque, ce mouvement allait remettre en cause l’enseignement classique, thomiste, caractérisé par la thèse et la controverse. Il s’agissait en effet de donner un « accès direct à ces “sources” toujours jaillissantes de vie spirituelle et de doctrine théologique que sont les Pères de l’Église », ainsi que le notaient les éditeurs de La vie de Moïse de Grégoire de Nysse, premier volume de la collection. En 1995, É. Fouilloux en avait décrit l’historique jusqu’aux années 1960. Il en poursuit aujourd’hui le récit jusqu’en 2006. Apparaît l’importance du P. Mondésert qui opta pour une orientation résolument scientifique de la collection, se traduisant par un travail d’édition précis, philologique, et des commentaires moins religieux (cf. épilogue, pp. 200-227). Du coup, l’équipe des SC est devenue davantage universitaire et laïque (le repli des jésuites est expliqué par la pénurie des vocations, « et spécialement des vocations érudites ou savantes », p. 236). Cette radiographie des SC est passionnante. Elle conduit à s’interroger sur le sens même d’une édition de textes appelés— aussi — à être lus dans la foi ecclésiale. Sur ce plan, les SC ont aussi connu des tempêtes, comme le notait le P. de Lubac à propos du De sacerdote de Jean Chrysostome (Mémoire sur l’occasion de mes écrits, p. 158). Une question demeure : qui lira demain ces textes qui éclairent la tradition de l’Écriture dans la vie de l’Église ? — A. Massie, s.j.


 Neusch M., Saint Augustin. Splendeur et misère de l’homme, Paris, Cerf (Épiphanie), 2011, 14,5 x 21,5 cm, 304 p., 25,00 €.

C’est autour de la célèbre prière « noverim me, noverim te » que sont rassemblées dix-huit thématiques augustiniennes, la plupart ayant été écrites par l’A. (religieux assomptionniste bien connu pour ses ouvrages sur Augustin et ceux de théologie fondamentale), pour la revue Itinéraires Augustiniens au cours des dix dernières années. Il y est donc question de Dieu — sans cesse désiré (partie I), et de l’homme — à l’épreuve du temps (partie II). Il ne s’agit pas à proprement parler d’études ni de recherches mais de présentations synthétiques qui témoignent de la maîtrise de l’A. Les lignes de forces qui sont ici livrées conduiront tout naturellement le lecteur à ouvrir à son tour la bibliothèque augustinienne. — S. Dehorter.


 Aa Vv, L’Antichrist, Paris, Migne (Bibliothèque, 4), 2011, 13,5 x 20 cm, 434 p., 31,00 €.

Alors que la collection des « Pères dans la Foi » a dépassé son centième numéro, les éditions Migne en ont initié depuis peu une autre, intitulée « Bibliothèque », ouverte à des textes plus amples, soit des œuvres complètes, soit des dossiers regroupant l’essentiel de la littérature patristique sur un sujet. Ce quatrième numéro, consacré à l’Antichrist, introduit et fournit un ensemble d’extraits de dix auteurs à ce sujet : Irénée, Hippolyte, Origène, Lactance, Commodien, Cyrille de Jérusalem, le Pseudo-Hippolyte, Jérôme, Augustin, et Théodoret de Cyr. L’introduction rappelle que s’interroger sur une figure aussi complexe, c’est essayer de repenser le problème du mal absolu agissant dans l’histoire.— S. Dehorter.


 Aa Vv, Riches et pauvres dans l’Église ancienne (nouvelle édition revue et augmentée), Paris, Migne (Lettres chrétiennes 2,), 2011, 13,5 x 19,5 cm, 408 p., 26,00 €.

Le deuxième tome de la collection Migne était épuisé depuis longtemps. Sa réédition, assortie de bonnes introductions actualisées, est la bienvenue en ces temps de crise. À la lecture des sermons ici rassemblés, nous sommes plongés dans une réalité qui ressemble douloureusement à la nôtre. Partant de l’Écriture et de leurs expériences pastorales, les Pères n’avaient pas de mots assez durs pour dénoncer l’inégalité, l’exploitation des pauvres, l’usure, la richesse ostentatoire… Si nous ne sommes plus habitués à cette rhétorique qui nous paraît parfois outrancière, elle a cependant le mérite de nous faire prendre conscience qu’aujourd’hui comme aux premiers siècles de l’Église, la charité doit nous presser et qu’il en va de notre salut ! — B. Catala.


 Corbin M., Les catéchèses baptismales de Cyrille de Jérusalem, Bruxelles, Lessius (Donner raison, 31), 2011, 14,5 x 20,5 cm, 408 p., 36,50 €.

Ce livre est recommandable à plus d’un titre. D’abord, les célèbres Catéchèses baptismales de saint Cyrille (350) sont un point de vue unique sur l’enseignement donné aux catéchumènes par les évêques nicéens. La pédagogie des leçons, leur style spontané et vivant, leur volonté manifeste d’exposer la foi sans rien dire de plus que les Écritures, font de ces entretiens un témoignage marquant de l’unité entre théologie et contemplation. Ensuite, les éditions Lessius ont la bonne idée de publier le cours du professeur Corbin, patrologue renommé, qui livre en ces pages plus qu’un commentaire éclairé des Catéchèses, le fruit d’une longue maturation intellectuelle et spirituelle, une œuvre théologique. L’art de l’A. se révèle dans sa capacité à montrer comment une théologie remarquablement proche de l’Écriture se déploie dans les Catéchèses, sans user des concepts forgés ultérieurement par les théologiens. Enfin, cette lecture dense et rigoureuse est un passionnant approfondissement de l’essentiel de notre foi, une belle manière de redécouvrir, à l’école de saint Cyrille, comment l’Écriture n’est pas seulement notre intelligence de Dieu et de l’homme, mais l’artisan de notre vie. — Fr. Dominique, f.s.j.



Religions en dialogue

 Khoury P., Islam et christianisme. Dialogue religieux et défi de la modernité,
Paris, L’Harmattan (Pensée religieuse et philosophie arabe), 2011,
15 x 24 cm, 132 p., 14,00 €.

Les relations entre religions ou entre communautés croyantes prennent aujourd’hui place dans un monde profondément marqué par la sécularisation et la critique de toute religion. Cela se vérifie non seulement en Europe mais aussi, bien qu’autrement, dans le cas des musulmans et des chrétiens du Proche-Orient (une première édition de ce livre parut au Liban). Philosophe, spécialiste de l’histoire des controverses théologiques islamo-chrétiennes, l’auteur tente de définir une perspective qui soit libre de ces débats le plus souvent stériles sans pour autant tomber dans une approche réductionniste du religieux. Il propose des analyses éclairantes de ce qui, compte tenu des requêtes de l’humanisme contemporain, lui paraît être le noyau essentiel de la foi chrétienne et celui de la foi islamique. Si les systèmes dogmatiques et institutionnels sont inconciliables, il est possible de reconnaître, dans des langages certes différents, un même mouvement de foi, lequel peut inspirer l’engagement des musulmans et des chrétiens dans la société d’aujourd’hui. Un essai vigoureux et courageux mais dont on pourra se demander si sa distinction tranchée foi/religion ne risque pas de laisser se perdre, au titre de bagage religieux éjectable, certaines dimensions essentielles de l’une et de l’autre foi.— J. Scheuer s.j.



Prière et liturgie

 Wackenheim M., Le Notre Père, Paris, Salvator (Poche), 2011, 11 x 17 cm,
144 p., 9,50 €.

Selon l’A., archiprêtre de la cathédrale de Strasbourg, le « Notre Père » comporte trois bénédictions et trois demandes, les deux dernières n’en faisant qu’une. Les bénédictions concernent toutes le ciel et la terre ; elles trouvent un écho dans la doxologie finale : gloire, règne, puissance. Les trois demandes concernent le pain, la paix, la liberté. L’A. étaie ses commentaires de nombreux textes bibliques et de citations : Pères de l’Église, François de Sales, Charles de Foucauld, cardinal Danneels. Il illustre ses propos de conseils et de questions. Il relève l’absence d’allusion explicite au Saint-Esprit. Il rappelle qu’aux premiers siècles de l’Église, le Pater ne pouvait être prononcé que par les baptisés. Il conclut par la paraphrase du Pater composée par François d’Assise. Pour tous. — P. Detienne, s.j.


 Militello G., Prier un mois avec saint Joseph, Paris, Salvator, 2011,
11,5 x 21 cm, 144 p., 12,00 €.

Ce guide de prière vient comme un soutien à la piété pour saint Joseph. Il propose pour chaque jour du mois de mars, le mois de saint Joseph, une méditation, nourrie de versets bibliques et de la dévotion traditionnelle, suivie d’une courte prière. Pour apprendre à connaître le saint patriarche dans l’intimité de la prière et du silence qu’il habite.— Fr. Dominique, f.s.j.


 Jean-Paul II, La Pâque de Jésus. Méditations de la Semaine sainte, textes recueillis et introduits par Cl. Sarrasin, Paris, Lethielleux (Prière), 2011, 14 x 21 cm, 112 p., 10,00 €.

La bonne nouvelle de la Rédemption occupe une place centrale dans l’enseignement et dans la personnalité du pape Jean-Paul II. Particulièrement, ses prédications pour la Semaine sainte témoignent avec force de son amour de la liturgie et de son admiration pour le mystère qu’elle transmet. Cl. Sarrasin propose dans cet ouvrage dix textes illustrant la théologie de Jean-Paul II — homélies pour le triduum pascal, chemin de croix, lettre aux prêtres, — et découvrant le cœur de la prière du bienheureux pape.— Fr. Dominique, f.s.j.


 Penhard M. et M.-Fr. et Brun Ph., « Laissez venir à moi les petits enfants » (CD), Paris, Éditions de l’Emmanuel (Chantons en famille, 4), 2011, 15 chants, 15,00 €.

Le dernier opus de la collection « Chantons en famille » contient 15 nouveaux chants composés par Michel et Marie-Françoise Penhard spécifiquement pour la prière en famille. Enregistré par une chorale d’enfants, il entraîne petits et grands dans la louange, la contemplation et l’adoration. Inspirés de la Parole de Dieu, portés par des mélodies simples et joyeuses, ces chants feront de la prière familiale une fête.— Fr. Dominique, f.s.j.


 Van Havre D., Aimer la messe, Perpignan, Artège (Spiritualité), 2011, 14,5 x 22 cm, 214 p., 16,00 €.

La messe ne m’a jamais ennuyé… L’A., prêtre anversois de l’Opus Dei, souhaite partager ici son enthousiasme pour l’eucharistie. Son enseignement (inspiré, nous assure-t-il, de saint Josemaria Escriva de Balaguer) se veut traditionnel : il se réfère constamment, et c’est son grand mérite, à la « présentation générale du missel romain », au Catéchisme de l’Église catholique, aux constitutions de Vatican II, au pape Jean-Paul II... Il explique, pas à pas, la signification de chaque geste et de chaque prière du célébrant, en un style qui se veut « personnel et exhortatif » et qui prend le risque de tutoyer le lecteur : Écoute bien l’antienne de communion… Pense souvent au ciel… Sois très proche de ton ange gardien. À propos de l’homélie, il remarque judicieusement que Dieu parle souvent à travers des personnes apparemment peu douées. La dernière partie de l’ouvrage est consacrée au temps liturgique. Remercions l’A. pour sa généreuse entreprise, car, comme il l’affirme lui-même, « aimer la messe, c’est aimer le Christ. » — P. Detienne s.j.


 Biavaschi S., Le prophète du vent, Namur, Fidélité, 2011, 21 x 13 cm,
144 p., 14,50 €.

Ce best-seller italien, écrit dans la veine du Prophète de Khalil Gibran, mais en plus prolixe et plus énigmatique, évoque poétiquement les grands thèmes de l’existence : la solitude, l’amour, la vie, la douleur… Nous y trouvons des réminiscences du Petit Prince : « Deux yeux ne sont pas faits pour se regarder l’un l’autre, mais pour regarder tous les deux dans la même direction. » À quoi l’A. ajoute : « Ne vous précipitez pas l’un dans l’autre mais marchez ensemble en vous tenant par la main. » Le thème n’a rien de chrétien, bien que le style ait parfois des relents évangéliques : l’A. évoque le chas de l’aiguille, le vent dont personne ne peut savoir d’où il vient ; « J’ai joué des airs joyeux et ils n’ont pas dansé ; j’ai joué des airs tristes et ils n’ont pas pleuré »… — P. Detienne, s.j.


 Racine Fl., Manuel pour adorer sans se lasser. 52 étapes, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2011, 13 x 21 cm, 304 p., 19,90 €.

L’A., prêtre de l’Emmanuel, propose, en 52 chapitres, une adoration eucharistique « du Père, par le Fils, dans l’Esprit saint. » Il illustre ses propos d’une riche collection de textes bibliques, étayés par d’abondantes citations de papes (Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI) et d’auteurs spirituels : les saints P.J. Eymard, A.M. Claret, Grignion de Montfort etc. Certaines affirmations nous émeuvent : « Sans le Saint-Sacrement, une position comme la mienne ne serait pas soutenable » (le Père Damien, apôtre des lépreux). D’autres nous laissent perplexes : « Comme il souffre, le Captif silencieux de nos tabernacles, emprisonné jour et nuit par l’amour » (Dina Bélanger, béatifiée en 1993). Et que penser de sainte Imelda : « Une hostie s’échappa du ciboire, s’éleva dans les airs et vint s’arrêter au-dessus de sa tête. » Les positions de l’A., concernant la foi et la morale sont traditionnelles : dans l’hostie consacrée il ne reste plus rien du pain si ce n’est une apparence ; les divorcés remariés n’ont pas accès à l’eucharistie. Relevons une statistique curieuse : « le taux de criminalité diminue dans le voisinage d’une église où l’adoration perpétuelle est instituée. » — P. Detienne, s.j.



Histoire

 Aragione G., Les chrétiens et la loi. Allégeance et émancipation aux IIe et IIIe siècles, Genève, Labor et Fides (Christianismes antiques), 2011, 15 x 22,5 cm, 288 p., 35,00 €.

Cette belle étude est le deuxième titre d’une nouvelle collection chez Labor et Fides, « Christianismes antiques », qui se propose de faire connaître l’étonnante pluralité des idées et des pratiques qui se réclamaient de Jésus-Christ aux premiers siècles de notre ère. Une manière de saisir la diversité des identités chrétiennes est d’enquêter sur le rapport des chrétiens à la loi, qu’il s’agisse des lois civiles, cultuelles ou de la loi mosaïque. Les premiers chapitres présentent la polysémie du terme nomos d’une manière assez générale d’abord puis dans le contexte de la Rome impériale (IIe et IIIe siècle). La position de Celse est ensuite entendue avant que ne soit abordée, au chap. VI, la question fondamentale : « existe-t-il un nomos chrétien ? » Divers auteurs sont tour à tour étudiés : Aristide, Justin, Athénagore, Tatien et Théophile d’Antioche, qualifiés communément d’« apologistes ». Trois questions orientent ces présentations : le rapport avec les nomoi existants, la continuité/discontinuité avec la loi de Moïse, l’existence d’un nomos qui soit propre aux chrétiens. Le panorama des attitudes rencontrées embrasse déjà toutes les articulations possibles du théologique et du politique. Une étude sur le passé qui est décidément d’une étonnante actualité ! — S. Dehorter.


 Blet P., Pie XII, Versailles, Via Romana, 2011, 13,5 x 20,5 cm, 256 p., 20,00 €.

Dans cet ouvrage l’A., loin de la polémique ou de l’apologétique, cherche à mettre en lumière la figure de Pie XII, serviteur de l’Église lucide et pasteur soucieux de préserver la vie de son troupeau. Certes, une large place est faite à l’action diplomatique du Pontife pendant la guerre, cependant, le dernier chapitre met également en lumière, l’action doctrinale et pastorale du Pape. L’ouvrage offre aussi une bibliographie précise des sources vaticanes et des témoins de première main. On ne peut que rendre hommage au P. Blet pour son travail patient et lumineux. Un ouvrage incontournable, passionnant et facile à lire.— Fr. Gonzague, c.s.j.


 De Lavaur M.-A., Le livre des proscrits. Reportages à chaud dans la douleur, Toulouse, Éditions du Pech, 2011, 11 x 17,5 cm, 232 p., 14,50 €.

L’A., un capucin qui fait partie des six mille religieux expulsés de France en 1880, décrit ici, d’une plume acérée, les faits dont lui-même a été le témoin, ou dont il a vérifié les sources. Après s’être s’attardé sur l’expulsion des jésuites (plus de 3000), chassés en juin, cinq mois avant la grande purge, il nous offre un tableau général des proscrits (appartenant à une cinquantaine de congrégations ; répartis en 260 couvents), par ordre de fondation : depuis les carmes (« fondés » par le prophète Elie !) jusqu’aux assomptionnistes, dont le fondateur vit ses derniers jours. Il consacre alors un chapitre à divers « incidents » émouvants ou héroïques. Parmi les démissions fracassantes, relevons celle du général de Sonis : « J’ai assisté aux désastres de ma patrie, je ne puis assister à ses hontes. » En conclusion, fidèle à sa vocation missionnaire, l’A. « invite les femmes à renoncer à leurs modes indécentes et ridicules, et les hommes à laisser ces maisons de jeu où croule leur fortune et ces maisons de plaisir où croule leur santé. » — P. Detienne s.j.


 Bergeron D., Les templiers et leur procès. Boucs émissaires ou culte ésotérique ?, Paris, L’Harmattan, 2011, 15,5 x 24 cm, 248 p., 24,50 €.

Cette thèse est illisible. L’auteur se complaît dans des phrases sans fin, absconses, bouffies de concepts et de tournures prétendument philosophiques. Le très courageux et très persévérant lecteur trouvera cependant une documentation fournie sur le sujet. — Fr. Dominique, f.s.j.



Spiritualité

 De Bernières J., Œuvres mystiques, t. I : L’intérieur chrétien, suivi du Chrétien intérieur et des Pensées. Édité avec une étude sur l’auteur et son école par D. Tronc, Toulouse, Éditions du Carmel (Sources mystiques), 2011, 14 x 21 cm, 520 p., 28,00 €.

J. de Bernières fut à la fois trésorier général de France à Caen, grand promoteur de l’évangélisation du Canada français, fondateur de l’Ermitage et une figure majeure de l’essor mystique au xViie siècle. Son influence a été marquante dans toute l’Europe. Ce premier volume de ses Œuvres mystiques propose lettres et notes rassemblées après sa mort. D’une lecture étonnamment simple et moderne, ces textes apportent de nombreuses lumières sur la vie intérieure du chrétien.— Fr. Dominique, f.s.j.


 Jeanguenin G., Foi, espérance, charité. Les vertus théologiques selon François de Sales, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2011, 13 x 21 cm, 128 p., 13,00 €.

Spécialiste de saint François de Sales, le père Jeanguenin partage dans cet ouvrage une retraite prêchée récemment. Gardant constamment notre regard fixé vers le Cœur du Christ, où s’harmonisent parfaitement toutes les vertus, l’itinéraire proposé conjugue pédagogiquement définitions théologiques, enseignements du saint évêque et approfondissement moral et spirituel. Les vertus théologales, qui ouvrent le cœur à la révélation de l’amour divin, apparaissent ainsi procurant joie, paix et fécondité spirituelle. Croire, espérer, aimer : trois vertus pour rencontrer Dieu et le prochain dans un même amour.— Fr. Dominique, f.s.j.


 Chants à Marie (CD), Paris, Éditions de l’Emmanuel (Il est vivant, 53), 2011, 23 chants, 16,00 €.

Tirés du répertoire de la Communauté de l’Emmanuel, voici rassemblés en un seul CD tous les chants à Marie de la collection « Il est vivant », y compris les nouveaux titres. Accompagné d’un livret de 16 pages contenant les paroles des chants ainsi qu’une sélection de méditations des papes Jean-Paul II et Benoît XVI, cet ensemble est conçu pour accompagner les temps liturgiques (fête mariales, mois de mai et d’octobre). Bien que le style musical soit trop uniforme, la chorale de l’Emmanuel émeut par le dynamisme de sa foi et offre dans les 70 minutes de cet enregistrement une prière authentique. — Fr. Dominique, f.s.j.


 Saint François de Sales, textes choisis par É. Herth, Perpignan, Artège (Spiritualité en poche), 2011, 11 x 17 cm, 112 p., 8,90 €.

L’École française de spiritualité compte en saint François de Sales un de ses plus éminents représentants. La présente anthologie nous offre une collection appréciable de citations des Œuvres complètes du grand évêque de Genève : fragments de Lettres, de Traités, de Sermons, ils élèvent le cœur et ravivent le zèle d’une sainteté faite pour tous.— Fr. Dominique, f.s.j.


 Louise de La Vallière, Réflexions sur la miséricorde de Dieu (1680), texte établi, intro. et annoté par S.-M. Morgain, Toulouse, Éditions du Carmel (Carmel vivant), 2011, 14 x 21 cm, 168 p., 17,00 €.

La personnalité de Louise de la Vallière, favorite du Roi Soleil et fille spirituelle de Bossuet, a inspiré biographes et romanciers, poètes et rêveurs. Ses Réflexions sur la miséricorde de Dieu ont été publiées pour la première fois, sous couvert de l’anonymat, peu après son entrée au Carmel de l’Incarnation. Ce carnet spirituel ne cache rien du difficile renoncement à l’amour passionné que la duchesse éprouvait pour Louis XIV et retrace fidèlement le long itinéraire qui la fit passer de la Cour la plus brillante d’Europe à l’austérité du cloître, par amour du Roi des rois. Par-dessus tout, ces Réflexions dévoilent, avec conviction et candeur, l’action bouleversante de la miséricorde de Dieu dans la vie de la duchesse. La longue introduction de S. Morgain, révèle toute la saveur de ce témoignage atypique et vigoureux, notamment complété par le sermon que prononça Bossuet lors de la profession de Louise de la Miséricorde.— Fr. Dominique, f.s.j.


 Langlois Cl., Lectures vagabondes. Thérèse de Lisieux, Paris, Cerf (Écritures thérésiennes), 2011, 13,5 x 21,5 cm, 432 p., 38,00 €.

Après ses grandes études sur les trois Manuscrits thérésiens, l’auteur nous avait déjà offert un petit Thérèse de Lisieux et Marie-Madeleine, la rivalité amoureuse (Grenoble, Éditions Jérôme Million, 2009) où l’on voyait poindre de nouvelles avancées. Les voici confirmées, sous ce beau titre, en trois vagues. Dans un premier temps, « l’enquête » porte sur Thérèse bébé, ou dévote à Jeanne d’Arc, proposant un tout autre purgatoire, médiatrice comme l’Agneau de la légende qu’elle invente, promotrice de la pureté d’intention, mettant en scène ses adieux, proche du protestantisme de Luther, située dans l’histoire de la spiritualité par un hommage mérité à l’abbé A. Combes. La deuxième partie débute par un commentaire exceptionnel de « l’Acte d’Offrande à l’Amour miséricordieux » (173-224) et une étude sur la diffusion des Poésies, ornés de deux mises au point (sur la miséricorde, sur les poésies). La troisième partie revient sur Thérèse écrivain, après la présentation de l’histoire des Œuvres complètes ; une annexe date exactement de juin 1897 l’Appendice du Poème de septembre (Ms B). En conclusion, le dernier thérésien s’explique sur son intérêt d’historien pour des textes « nouvellement exhumés » par les éditions du dernier siècle (397). Au moment de clore ces « écritures thérésiennes », il s’interroge encore sur « deux manières (courantes) de masquer Thérèse » : donner l’autobiographie comme l’histoire d’une vie ; mêler des paroles douteuses à des écrits véridiques. C’est ainsi que l’accès à Thérèse est rendu difficile (au passage, hommage discret aux Bollandistes, 398 et déjà 87), alors que la tripartition de ses écrits (correspondance, productions publiques, écrits personnels) approchés différemment mais dans leur consonance, pourrait encore s’éclairer — suggestion ultime — de l’œuvre de l’autre Thérèse (que d’aucuns nommèrent la dame errante de Dieu). Gageons que le « vagabondage » n’est pas fini. Une note technique recense l’origine des chapitres (et même les articles non repris) ; une longue table des sigles et abréviations rendra les plus grands services, de même que la chronologie détaillée des événements et des ouvrages thérésiens majeurs (de 1858 à 2002). — N. Hausman, s.c.m.


 Langlois Cl., Thérèse de Lisieux. La conversion de Noël. Du récit à l’histoire, Grenoble, éditions Jérôme Million (coll. Golgotha), 2011, 13 x 20 cm, 224 p., 21 €.

Après les grandes études sur les textes thérésiens majeurs, voici le quatrième volume de ces « écritures thérésiennes » que l’auteur ne semble pas vouloir interrompre — pour notre bonheur. Les annexes donnent le récit de la « conversion de Noël » dans l’Histoire d’une Âme ; un siècle de chronologie thérésienne ; une table des sigles et abréviations (dont celles des œuvres thérésiennes de l’auteur). L’ouvrage se présente comme une enquête sur l’événement de Noël 1886, que la jeune Thérèse Martin interprétera plus tard comme la nuit de sa « conversion ». La première partie (« méthode ») s’intéresse aux trajectoires qui vont de l’autobiographie à la dite conversion, puis, de Noël en Noël, de la Thérèse de 1884 à celle de 1894. La seconde partie (« textes ») commence par situer le Noël de 1886 dans cette jeune vie, puis le récit que Thérèse en donne après la mort de son père, avec ce « en un mot » si thérésien, et cette « conversion d’une non convertie » si proche de Marie-Madeleine. La troisième partie (« récits ») examine la double recension que Thérèse donne de la même scène et s’achève sur la « conversion du regard » de Thérèse à propos d’une mutation essentielle de sa vie. La quatrième partie (« sens ») commence par un chapitre joliment intitulé « conversions rapprochées et sangs mêlés ; l’affaire Pranzini » qui analyse la superposition que fait Thérèse des deux épisodes, la conversion de soi et la conversion d’autrui, à la lumière des mois bénis de 1887 (alors que Thérèse devient femme, comme on peut délicatement le deviner) ; mais chez Thérèse, la conversion est origine, et la vocation, finalité (131), autant qu’ouverture à l’apostolat. Pour suivre, la révélation personnelle de la miséricorde — en quoi consiste la grâce de juin 1895 et l’Offrande à l’Amour — trouve dans le chapitre « conversion et révélation » un nouveau relief. La cinquième partie (« historiographies ») tâche d’approcher l’histoire d’une année féconde (1897) grâce à des document récents (à quand la publication de l’autobiographie de Céline ?) et s’interroge sur l’historiographie de convertis célèbres (dont les amis de Thérèse, Marie-Madeleine, Paul, Augustin, Thérèse d’Avila). En conclusion, la « conversion de Noël » apparaît comme la seule grande rupture de l’avant-Carmel dont l’année 1897 engrangera les promesses, mais pas encore les derniers fruits. — N. Hausman, s.c.m.


 François de Sainte Marie o.c.d., Conseils pour la vie intérieure, Toulouse, Éditions du Carmel (Vives flammes), 2011, 11,5 x 17,5 cm, 128 p., 8,00 €.

L’A. (1910-1961), carme déchaussé, est bien connu pour ses travaux sur sainte Thérèse de Lisieux, en particulier son édition scientifique et définitive des Manuscrits autobiographiques. Il avait aussi composé, de 1943 à 1955, une série d’articles pour la revue Carmel, dont la voie d’enfance spirituelle constituait la substance. Cinq de ces articles ont été repris dans ce volume, notamment sur L’instant présent, Le Réalisme de la prière et Le silence. Ces textes n’ont pas vieilli sinon que l’on n’attribue plus au P. de Caussade L’abandon à la Divine Providence. — H. Jacobs, s.j.


 Henrivaux O., Un Dieu crédible, Namur, Fidélité, 2011, 14,5 x 21 cm, 264 p., 18,95 €.

L’A., théologien octogénaire, rassemble ici ses réflexions autour de quatre thèmes : croire en Dieu plutôt qu’aux dogmes ; la révélation, non pas son contenu mais son processus ; Dieu l’indéfinissable ; Jésus de Nazareth, point de départ de l’aventure chrétienne. Manquent, de son propre aveu, deux autres sections : l’Esprit-Saint et l’Église. L’A. n’entend pas présenter un traité de théologie mais « quelques points essentiels qui ont donné du sens au chemin parcouru… certains aspects qui m’ont frappé aujourd’hui… une interpellation provoquée en moi par le NT. » Relevons une note intéressante sur la rétrodiction : les scènes sans témoins sont des lieux privilégiés de l’expression libre des compositeurs. Les récits de l’enfance sont des compositions théologiques ; le récit de Jean concernant la crucifixion n’apparaît pas non plus comme un témoignage historique (les parents ne pouvaient pas s’approcher du condamné), mais comme l’expression de sa théologie. Chaque chapitre est enrichi d’une imposante et judicieuse bibliographie. — P. Detienne s.j.


 Dideberg D., Le cœur du Christ. Source de vie (nouvelle éd. modifiée et augmentée de Contempler le Cœur du Christ, paru en 1999 aux éditions Fidélité), Namur, Fidélité, 2011, 24,5 x 18 cm, 140 p., 15.00 €.

Excès de modestie que d’annoncer ce volume comme une réédition ! Même si on la dit modifiée et augmentée… ce volume est en effet une véritable nouveauté. Bien sur le contenu spirituel déjà présent dans le texte de 1999 reste le noyau de cette présentation. Elle doit tout de son attrait au travail d’Hubert van Ruymbeke et de ses collaborateurs dédiés à des créations graphiques « engagées » de qualité. « L’engagement », ici, est de mobiliser les divers média au service de la méditation du mystère évoqué : Le Cœur de Jésus Source de Vie. Plus sobre, mais déjà fort bien illustré, le volume précédent permettait de prier le texte du P. Dideberg « en continu » pour un temps d’oraison, par exemple, ou pour une retraite personnelle plus prolongée. La riche illustration actuelle risquerait de laisser se disperser le regard— et la contemplation— si, heureusement, il n’y avait ces invitations au « réfléchir en soi-même » si ignacien qui ponctuent le parcours. Outre le fond déjà évoqué, le principal apport réside ici dans l’anthologie de textes et de témoignages dévoilant bien des profondeurs de ce Cœur ouvert où une dévotion séculaire s’est désaltérée. Les prières proposées aideront encore qui se laissera conduire à l’Abîme. Nous ne pouvons que remercier tous ceux qui, autour du P. Dideberg, ont guidé vers ce « goût » que la beauté accompagne. — J. Burton s.j.


 Thomas le Cistercien, Commentaire sur le Cantique des cantiques, T I, Saint Jean de Matha (Québec), Abbaye Val-Notre-Dame (Pain de Cîteaux, série 3, 31), 2011, 15 x 20,5 cm, 448 p., 31,00 €.

C’est à un voyage étonnant et inhabituel que nous convie Thomas le Cistercien. Malgré la multitude des commentaires sur le Cantique, l’auteur, un moine du xiie siècle, parvient à nous surprendre par une lecture très originale encore que parfois déstabilisante. En effet, non content d’en faire une lecture hautement allégorique, il nous en propose surtout une lecture morale. Si Thomas voit classiquement dans le bien-aimé le Christ et dans la bien-aimée, le chrétien, celui-ci est imparfait et doit toujours se convertir. Thomas a donc comme objectif de le faire progresser dans la voie de la perfection. Le Cantique constitue alors un support hors du commun pour illustrer la sequela Christi. Ce tome I présente le commentaire de Ct 1,1-2,11. On regrette la faiblesse du sommaire qui n’indique pas les versets commentés et l’absence d’un index des citations bibliques qui aurait mis en valeur la profonde connaissance qu’a notre auteur de toute la Bible. — B. Catala.


 Frère Jean-Fabrice, o.c.d., La Solitude pour Dieu, Toulouse, Éditions du Carmel (Carmel vivant, série Eremos, 5), 2011, 11 x 17,5 cm, 128 p., 12,00 €.

Partant du paradoxe entre l’omniprésence des moyens de communication et la douloureuse réalité de la solitude à notre époque, l’auteur de ce petit livre nous invite à réfléchir sur le sens et la finalité de la solitude érémitique. Loin de fuir un monde perverti dont il faut se protéger (la solitude est alors considérée comme un moyen humain), le moine ou la moniale est appelé par Dieu à vivre la solitude. Cet appel à un amour exclusif est d’ordre mystique comme anticipation de la vie éternelle en Dieu. Au fur et à mesure que grandira cet amour exclusif, alors grandira aussi l’amour pour les hommes à l’image du Bon Pasteur. Puisant abondamment chez les Pères du désert ainsi que chez saint Jean de la Croix et sainte Thérèse d’Avila, l’auteur nous livre une belle méditation sur cette vocation particulière qu’est l’appel à la solitude. — B. Catala.


 Timbal N., Les Anges. Messagers de lumière, Paris, Éditions des Béatitudes, 2011, 13,5 x 21 cm, 224 p., 15,00 €.

Dans le climat « New Age » qui reste encore très prégnant dans les mentalités et l’imaginaire inquiet de notre temps de « crise », ce livre nous offre une approche lumineuse de ces créatures célestes. Si chatoyantes dans tant d’œuvres de notre tradition artistique catholique, irriguant tant de dévotions où le sentiment religieux se fait parfois même aventureux, traversant de leur omniprésence le déploiement catholique de la liturgie qu’on ne peut imaginer sans eux notre bonheur de vivre et de croire. À partir des notes du P. Roger Martin, longtemps Recteur du sanctuaire dédié à saint Michel Archange au Puy-en-Velay, Nicole Timbal, sa « confidente », propose ici, non un traité scolastique, ni une élucidation métaphysique à propos de ces anges (ou démons) mais, à partir d’une évocation plurielle (biblique, tradition, témoignages, ) comme une méditation sur leur beauté (ou laideur), une invocation confiante en la Providence de Dieu qui les « missionne », une jubilation qui les convoque dans la louange de la création toute entière. Nous nous y joindrons bien volontiers. — J. Burton s.j.


 Barbarin Ph. card., Adoration et eucharistie. Dans l’espérance du Royaume, Nouan-le-Fuzelier, Éditions des Béatitudes (coll. Petits traités spirituels, 45), 2011, 11,5 x 17,5 cm, 88 p., 6,00 €.

Deux chapitres composent ce petit ouvrage que la densité d’écriture et le nombre de fulgurances (interprétation biblique, rappel d’une étymologie) invitent à ne pas lire d’une traite mais à méditer lentement. De manière surprenante, il commence par « l’adoration, source d’amour » pour faire entrer dans l’attitude fondamentale du croyant face à son Créateur qui, tourné bouche bée (ad-orare) vers Dieu, reçoit le souffle, l’amour et la vie. Vient ensuite une présentation de « l’eucharistie, source d’espérance ». Après avoir exposé trois aspects : la « configuration au Christ », le « pain rompu pour la vie du monde » et le « mémorial de la Passion », l’A. parcourt à grandes enjambées le déroulement liturgique, soulignant comment il inclut toute l’histoire du monde. — S. Dehorter.


 Stinissen W., Cachés dans l’amour. Manuel de vie carmélitaine, Toulouse, Éditions du Carmel, 2011, 11 x 17,5 cm, 256 p., 15,00 €.

En 1736 avait paru un petit livre en latin qui se voulait comme un vademecum de la vie carmélitaine. Il a aujourd’hui fortement vieilli, mais « il contenait des perles ». L’A., avec la collaboration de carmélites scandinaves, a eu l’idée de composer un nouveau manuel qui intégrerait tout ce que l’ancien vademecum avait de valable. Il nous offre ainsi un recueil de conseils judicieux, à méditer lentement, progressivement. Il nous introduira à la spiritualité du Carmel, en tenant compte de la théologie contemporaine. — H. Jacobs, s.j.


 Marchand J.-Y., L’union d’amour à Dieu avec Jean de la Croix, Toulouse, Éditions du Carmel (Carmel vivant), 2011, 14 x 21 cm, 112 p., 11,00 €.

P. J.-Y. Marchand est un carme canadien. Il entend nous donner ici la substance de la doctrine de saint Jean de la Croix. Dans l’introduction, il fait quelques remarques fort judicieuses. Jean de la Croix ne traite pas de tout l’itinéraire spirituel, mais il veut surtout compléter les points insuffisamment développés par les traités de son époque, s’inspirant pour cela de sa propre vie. Ce qui intéresse avant tout Jean de la Croix, c’est la recherche de l’intimité avec Dieu. Son souci constant a été de considérer toute chose dans son rapport et son union à Dieu. Pour être disciple de Jean de la Croix, point n’est nécessaire d’avoir vécu des expériences singulières. Il faut seulement avoir compris que l’union d’amour à Dieu est le premier but de l’existence. Thérèse de Lisieux en est la preuve : seul le goût de trouver Dieu doit être plénier. — H. Jacobs, s.j.


 Mère Teresa, Quand l’amour est là, Dieu est là. Pour cheminer vers une union plus intime avec Dieu et un plus grand amour des autres, Paris, Parole et silence / DDB, 2011, 14 x 21 cm, 480 p., 22,00 €.

Viens, sois Ma lumière, présentait la vie de Mère Teresa sous l’angle de sa relation avec Dieu et son dévouement aux plus pauvres. Dans ce nouvel ouvrage, on ne trouvera pas une anthologie complète de ses enseignements, mais un bref aperçu de ce qu’elle croyait et enseignait. Il est sûr que pour résumer la vie et le message de Mère Teresa, deux termes sont à formuler : Dieu et amour. Dieu était le cœur de sa vie, et l’amour de Dieu et des autres, l’essentiel de son message. Chacun, pensait-elle, doit être « missionnaire de la charité ». Nous savons qu’elle est passée par l’obscurité et la désolation, mais qu’elle demeura toujours authentiquement unie à Dieu même si ses sentiments lui faisaient croire le contraire. Les citations ont été réparties selon de nombreux thèmes, formant un livre de près de 500 pages, et présentant une doctrine sûre, simple, dont notre temps a le plus grand besoin. — H. Jacobs, s.j.


 Rueg J.-G., illu. de Métayer J., Passion d’amour. Méditation poétique sur le Chemin de Croix, Toulouse, Éditions du Carmel, 2011, 15 x 21 cm, 64 p., 9,00 €.

« On n’accepte pas la croix. On la prend, on l’adore, parce qu’elle est la sainte Croix. » Par cette citation liminaire de J. Maritain s’ouvre ce recueil de poèmes et de tableaux arrangés en un émouvant chemin de Croix. L’unité des vers libres et des toiles suggestives porte à l’adoration. S’en suit une belle méditation théologique, pour que la raison entre aussi dans le mystère et nourrisse la prière. — Fr. Dominique, f.s.j.


 Laird m., Voyage au pays du silence. La pratique de la contemplation, Toulouse, Éditions du Carmel (Vie intérieure), 2011, 15 x 19 cm, 192 p., 25,00 €.

Cet ouvrage pourra déconcerter par sa liberté de ton et par les thèmes abordés. Il vaut pourtant l’effort d’acclimatation. Incisif et profond, ce guide pratique de la contemplation affronte par exemple la question des blessures et explique encore le travail du corps dans la prière, en particulier les exercices de maîtrise du souffle. Il décrit aussi, avec précision et simplicité, comment faire face aux peurs et habiter les distractions. Sans psychologisme, sans céder aux sirènes des modes orientales, l’A. reste ancré dans la tradition monastique chrétienne et conduit son lecteur avec assurance vers le fond du silence où l’hôte de nos âmes s’offre à la rencontre. — Fr. Dominique, f.s.j.


 Benoît XVI, Pensées sur le visage de Jésus. « C’est ta face, Seigneur, que je cherche » (Ps 26,8). Sélection de textes du pape Benoît XVI et introduction de Lucio Coco, Paris, Parole et Silence, 2011, 11,5 x 19 cm, 80 p., 8,00 €.

Les éditions Parole et Silence poursuivent leur travail de collection et de classement des interventions du Saint-Père : homélies, angélus, messages, discours, etc., sont répartis en des opuscules thématiques dont voici une livraison. Les citations rassemblées ici explicitent la perception du visage du Christ par Benoît XVI : « visage d’amour qui transforme le monde » (Discours, 25 juillet 2005). — Fr. Dominique, f.s.j.


 Benoît XVI, Jésus-Christ expliqué par le pape, Paris, Parole et Silence, 2011, 11,5 x 19 cm, 136 p., 10,00 €.

À partir d’extraits d’allocutions et de discours du Saint-Père — la plupart prononcés au cours de l’année 2006 —, cet opuscule présente plusieurs aspects du visage de Jésus-Christ : le crucifié et le ressuscité, le pauvre et le prédicateur, le maître et le Fils, la nouveauté et l’enfant, etc. — Fr. Dominique, f.s.j.


 Jaricot P., Le Rosaire vivant. Cette harpe vraiment divine, Paris, Lethielleux,
2011, 14 x 21 cm, 288 p., 22,00 €.

Le 9 Janvier 2012, l’Église de Lyon a célébré le 150e anniversaire de la mort de Pauline Jaricot. À cette occasion, sœur Marie-Monique de Jésus, o.p., nous introduit au Rosaire vivant qui, avec la Propagation de la foi, constitue l’œuvre majeure de Pauline Jaricot. À travers une correspondance nombreuse, grâce aux Circulaires et au Manuel du Rosaire vivant, le présent ouvrage propose une lecture vivante et fort suggestive des débuts de cette œuvre d’évangélisation visant les « chrétiens à gros grains ». Par le Rosaire, Pauline désire en effet faire prier ceux qui ont du mal à le faire, elle souhaite lutter par la prière contre les maux de la société et voudrait rassembler des foyers de communion missionnaire. Elle a ainsi fait de la pratique du Rosaire un outil d’apostolat. — Fr. Dominique, f.s.j.


 Lagrange P., Famille de Dieu, famille des hommes. La Sainte-Famille, lumière et grâce pour les familles, Paris, Salvator, 2011, 14 x 21 cm, 192 p., 19,00 €.

Le projet de l’auteur est de présenter la Sainte-Famille comme une école de l’amour pour les familles et pour les personnes isolées. Elle dresse d’abord le portrait de Jésus, de Marie et de Joseph, puis déploie quelques thèmes théologiques liés à la Sainte Famille (icône de la Trinité, temple de la Miséricorde, grâce pour les familles aujourd’hui). L’A. déploie son texte en un langage simple et s’efforce de constituer le dossier scripturaire et théologique de manière rigoureuse. On regrettera plusieurs affirmations trop personnelles et l’absence de référence à certains auteurs importants (T. Stramare, entre autres). — Fr. Dominique, f.s.j.



Vie consacrée

 Langlois Cl., Catholicisme, religieuses et société. Le temps des bonnes sœurs (XIXe siècle), Paris, DDB (Pages d’Histoire — essai), 2011, 15 x 23,5 cm, 224 p., 20,00 €.

L’A. de Catholicisme au féminin (1982) rassemble ici une dizaine d’essais qu’il a consacrés aux bonnes sœurs du XIXe siècle : des religieuses, gardiennes de prisons de femmes (depuis 1839), créent des refuges pour anciennes détenues ; de nouvelles congrégations assurent la garde de malades à domicile ; les religieuses enseignantes sont à l’œuvre au Proche-Orient… L’A. consacre une monographie à la Sainte-Famille de Bordeaux (1869-1903). Particulièrement intéressant est son exposé du dilemme auquel les lois anticongréganistes (1901-1904) ont acculé les religieuses : soit se séculariser pour sauver l’enseignement, soit se transformer en hospitalières pour rester en communauté. Il évoque trois fondatrices, malmenées par l’institution : désir irréalisable de sacerdoce chez Jeanne-Antide Thouret, au temps où les prêtres sont persécutés par la Révolution ; correspondance remarquable (publiée en 1994) d’Anne-Marie Javouhey, qui a œuvré en Guyane à la libération des esclaves noirs ; reconnaissance tardive comme fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres de Jeanne Jugan, qui a passé sa vie à quêter au profit des vieillards qu’elle recueille. — P. Detienne, s.j.


 Frère Roger de Taizé, Les écrits fondateurs. Dieu nous veut heureux, Taizé, Les Presses de Taizé (Les écrits de frère Roger, fondateur de Taizé), 2011, 13 x 20 cm, 176 p., 15,00 €.

Frère Roger a énormément publié durant sa vie, mais les écrits fondateurs occupent une place à part. Ils s’adressent aux frères de Taizé, mais aussi à chaque lecteur « qui veut construire son existence en communiant avec le Christ qui est amour ». On trouvera dans ce volume l’intégralité de son dernier écrit fondateur, retravaillé peu d’années encore avant sa mort, et intitulé Les Sources de Taizé. On trouvera ensuite de larges extraits d’autres écrits fondateurs, comme la Règle de Taizé (1952-1953) et les Directives spirituelles à la suite de la Règle de Taizé (1962). Dans le langage d’aujourd’hui, Frère Roger transmettait fidèlement la tradition authentique de l’Église. Ainsi écrivait-il : « La limpidité du cœur ne se vit que dans l’oubli spontané et joyeux de soi afin de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » — H. Jacobs, s.j.



Vie de l’Église

 Küng H., Mémoires, t.II. Une vérité contestée, Paris/Montréal, Cerf/ Novalis, 2010, 15 x 24 cm, 736 p., 48,00 €.

Faisant suite à Mon combat pour la liberté (voir Vies consacrées, 2008-3, pp. 307-308), ce deuxième volume des Mémoires du théologien suisse va de 1968 à 1980, époque de son retrait forcé de l’enseignement ; mais en fait, les « perspectives » finales datent de 2007, sous le pontificat de son ex-collègue Ratzinger — le prologue s’ouvre d’ailleurs sur cette élection papale. « Deux itinéraires se recoupent », dit l’un des sous-titres, mais « ils divergeront de plus en plus » (27) — et ce sera vrai tout au long. Aussi bien écrit que son prédécesseur, ce volume reprend l’histoire de l’après-concile, avec mai 1968, les troubles à Tübingen qui feront fuir Ratzinger, la publication d’Infaillible ?, les débuts d’une « théologie mondiale » — quand le dilettante se met à voyager —, la sortie de Être chrétien à Rome, les « bagarres théologiques », et enfin, la « grande confrontation » qui aboutit au retrait de l’habilitation ecclésiastique d’enseignement. Bien des « amis » se trouvent exaltés, puis vilipendés (Suenens, Kasper, Rahner, …), et bien des outrances ne font pas grand honneur à celui qui cherche, dit-il, une « vérité en discussion » dans l’Église. — N. Hausman, s.c.m.


 Famerée J., Vatican II comme style. L’herméneutique théologique du Concile, Paris, Cerf (Unam Sanctam, nouvelle série), 2012, 14,5 x 23,5 cm, 320 p., 25,00 €.

Si Vatican II s’est distingué plus encore par son style (pastoral, scripturaire, évangélique) que par son contenu doctrinal, alors, « on ne peut que constater un écart stylistique entre l’énonciation conciliaire et les énonciations postconciliaires » (32). Les auteurs, universitaires francophones de grand renom, examinent, à la lumière de cet appel au « style », d’abord l’éthique chrétienne, puis l’ecclésiologie (la paroisse, le Synode de 2001 sur la charge épiscopale, les documents Communionis notio et Dominus Iesus, l’œcuménisme vu par des théologiens non catholiques, les actes des synodes diocésains), avant d’en venir à la théologie fondamentale. Ici, la critique semble plus âpre (P.Beauchamp « reprenant » Dei Verbum, document « qui ne prend pas assez compte de la question du texte, de la lettre et du lecteur »), et l’on insiste notamment sur des « exemples significatifs » de la persistance d’un conflit entre le style pastoral et la tradition dogmatique, durant le Concile et ensuite (Evangelii Nuntiandi, Ut unum sint, Assise 1986). Passer du style à l’herméneutique, ou encore, entendre le style comme herméneutique, en optant pour le modèle de Dignitatis humanae, tel serait l’enjeu d’une contribution décisive de l’Église de Vatican II à l’histoire du monde de notre temps.— N. Hausman, s.c.m.


 Peyrous B. et Pompignoli M.-A., Dieu est humour, t. 2 : Nouveau dictionnaire de spiritualité humoristique, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2011, 13 x 21 cm, 176 p., 14,00 €.

Les auteurs présentent la nouvelle livraison de l’encyclopédie spirituelle qui ne se prend pas au sérieux. Anecdotes désopilantes et authentiques, bons mots de sacristies, histoires de religieux facétieux, pages bibliques révisées, boutades de prédicateurs, prélats aux habitudes cocasses, naïvetés d’enfants de chœur et même de véridiques plaisanteries de la Vierge Marie ! Dieu est humour, vous dit-on — Fr. Dominique, f.s.j.


 Martini C.M., Ombres et lumières d’une vie sacerdotale, Saint-Maurice (Suisse), Éditions Saint-Augustin, 2011, 14 x 21 cm, 160 p., 20,00 €.

Ces textes, composés entre 1988 et 2001, ne constituent pas un ensemble hétéroclite. Au contraire, ils se donnent à lire dans la belle unité d’une retraite spirituelle offerte aux prêtres à l’occasion de l’année sacerdotale. Épreuves et désolations du ministère sont relues à la lumière de l’itinéraire du curé d’Ars et de Jonas ; l’amour de l’Église et la joie dans le ministère sont médités dans une lectio divina de saint Paul ; les enjeux pastoraux de notre époque sont éclairés par l’enseignement de sainte Thérèse de Lisieux ; Moïse, saint Pierre et saint Ignace sont proposés en modèles pour les pasteurs, etc. Ce parcours d’une grande richesse est offert à tous : il conduit les prêtres aux sources de leur identité sacerdotale, leur procurant consolation et force pour le ministère, et il propose aux baptisés de redécouvrir le don inestimable que le Christ fait à son Église dans la personne de ses prêtres.— Fr. Dominique, f.s.j.


 De Gaulmyn I., Poucouta P., Scolas P. (dir.) et Veilleux A., Qu’arrive-t-il à l’Église d’aujourd’hui ? (conférences de la Fondation Sedes Sapientiae et de la faculté de théologie, Université catholique de Louvain, février-mars 2010), Bruxelles, Lumen Vitae (Trajectoires, 23), 2011, 13,5 x 19,5 cm, 112 p., 16,00 €.

À l’Université catholique de Louvain (2010), quatre conférenciers jettent un regard personnel sur le malaise actuel d’une Église en perte de crédibilité ; ils recherchent les signes annonciateurs d’une renaissance. Un abbé cistercien replace le problème dans une perspective historique. Une journaliste évoque l’exculturation du christianisme (communication inadéquate, vocabulaire périmé, langue de buis des évêques, infantilisation des catholiques, centralisation du système) et constate qu’un nouveau visage d’Église est en train de naître : une Église des communautés. Un théologien de Yaoundé dresse un portrait de l’Église d’Afrique : une Église désacralisée, les sages dépossédés, crise de repères éthiques, la vogue du religieux, face aux Églises du réveil, provocation de l’ésotérisme… Un ancien vicaire général, auteur de la préface, étudie les causes profondes de la crise à la lumière d’un Concile, qui avait su parler aux hommes d’aujourd’hui ; il plaide pour un sens renouvelé de l’initiative apostolique au cœur même de notre culture. — P. Detienne s.j.


 O’Malley J.-W., L’événement Vatican II, traduit de l’américain par Marie- Raphaëlle de Hemptinne, o.s.b., et Isabelle Hoorickx-Raucq et revu par Simon Decloux s.j., Paul Tihon s.j., et Benoît Malvaux s.j., Bruxelles, Lessius, 2011 (la part-Dieu 18), 14,5 x 20,5 cm, 34,50 €.

Il y a bien longtemps qu’on espérait un volume qui permettrait à lui seul de parcourir la période du Concile Vatican II tout en ne perdant jamais de vue les enjeux de chacun des textes, avec leurs présupposés et leurs « effets de sens », à l’époque et aujourd’hui. L’irremplaçable série des cinq volumes de G. Alberigo (Histoire du Concile Vatican II (1959-1965, traduite au Cerf à partir de 1997) allait bien dans ce sens, comme quelques autres publications moins volumineuses. Mais ici, quoiqu’il en soit de la modestie affichée par l’auteur dans la préface, nous voici au port. L’ouvrage fournit, comme le promet l’introduction, le fil historique essentiel (avec un brillant chapitre II sur « Le long xixe siècle »), replace les documents dans leur contexte y compris théologique, donne des clés pour comprendre ce que le Concile espérait mettre en œuvre (12). Et il le fait dans la langue la plus simple, sur le mode d’un récit passionnant, sans passer sous silence les moments critiques, comme les interventions répétées de Paul VI (celui qui « souriait, mais ne racontait pas de blagues », 152 ; cf. 327, 330, 344, 404), la précipitation de la mise en œuvre liturgique nouvelle, l’ovation répétée qui accueillit la présentation par Mgr J. De Smedt de la nouvelle déclaration sur la liberté religieuse cependant postposée (332) ; mais il met aussi bien en évidence les affirmations jusque là inouïes, comme celle qui assure que le monde aide l’Église (320), etc. De plus, il émaille son propos de reprises qui permettent une lecture transversale de l’« événement » ; ainsi, Sacrosanctum concilium « affirme au moins quatre principes qui seront adoptés et développés dans d’autres documents » (aggiornamento, adaptation, autorité des évêques, participation active de tous, 195). Chaque session sera précédée et/ou clôturée par un « événement » pontifical qui l’éclaire ou l’influence, comme la publication de l’encyclique Ecclesiam suam de Paul VI (279) et les voyages (342 ; voir 427s.). Dans une conclusion brillante, il évalue ses propres choix, comme celui de ne pas opposer majorité à minorité, et il en revient aux « trois questions sous les questions » : comment l’Église allait-elle gérer le changement ? la relation du centre avec la périphérie ? son modus operandi ? Finalement, l’auteur considère Vatican II avant tout comme un « événement de langage » (417 s.), via des textes écrits dans un style qui véhiculent l’appréciation de « l’autre », la recherche d’une communion avec tous, dans « une remarquable cohérence du produit final du Concile ». Mais c’est « la lettre » qui révèle l’« esprit ». Notons un schéma de l’organisation conciliaire (232), une chronologie éclairante, la liste des participants les plus fréquemment mentionnés et une autre des ouvrages souvent cités, avant un index général. Quelques coquilles : lire 21e concile œcuménique (15) ; en substance (47) ; chaque bibliothèque (110) ; privilège paulin (360). — N. Hausman, s.c.m.


 Ratzinger J., Mon concile Vatican II. Enjeux et perspectives, Perpignan, Artège, 2011, 14,5 x 22 cm, 304 p., 22,00 €.

Chacun des chapitres de ces « petits comptes rendus » datés des sessions successives du Concile est présenté par J.Ratzinger lui-même, dans des textes d’époque. On remarquera l’intérêt du jeune théologien pour la liturgie et pour la révélation (dès la première session), aussi bien que pour l’Église et l’œcuménisme (dès la deuxième session), puis sa mise en rapport de la collégialité épiscopale avec les questions œcuméniques (à la troisième session). Au menu de la dernière session sont mis en évidence, outre la discussion sur la liberté religieuse et « le combat autour du Schéma XIII », les enjeux des schémas sur la mission et sur le ministère presbytéral. La finale (de 1966 donc) rappelle que « l’Église demeure l’Église de tous les âges » et que les « derniers noms de l’ancien peuple de Dieu étaient aussi les premiers du nouveau : Zacharie, Élisabeth, Joseph, Marie ». C’est pourquoi, servir la foi des simples de cœur et en vivre « constitue la tâche la plus haute du renouveau de l’Église ». Un document. — N. Hausman s.c.m.


 Routhier G., Roy Ph.J., Schelkens K. (dirs), La théologie catholique entre intransigeance et renouveau. La réception des mouvements préconciliaires à Vatican II, Louvain-la-Neuve, Bibliothèque de la Revue d’histoire ecclésiastique, 2011, 16 x 25 cm, 384 p., 45,00 €.

Dans la panoplie des commentaires du Concile, on remarquera ce déplacement d’accent s’intéressant aux mouvements qui ont permis Vatican II. Quinze études (dont huit en anglais) plus passionnantes les unes que les autres, font le tour des mouvements liturgiques (cas de la Belgique, 96-102) ou bibliques préconciliaires, de l’influence comparée de certains Pères (Augustin) ou théologiens (Chenu, Congar, les auteurs protestants), de l’action catholique, des premiers schémas sur la Révélation ou l’Église, de la « question hébraïque », de la préhistoire du Coetus internationalis Patrum et du conservatisme au Brésil… On ne lira plus, après ces pages, Sacrosanctum Concilium, Dei Verbum, Lumen gentium, Nostra Aetate, Unitatis redintegratio de la même manière qu’avant. Un index des noms (où il faut ajouter 4 à toutes les références) permet d’utiles consultations. — N. Hausman, s.c.m.


 Jacquinet É. et Guerpillon Y., Frappez et l’on ouvrira. Petit guide pour (re) découvrir les visites à domicile, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2011, 13 x 21 cm, 224 p., 19,00 €.

Une phrase du Bx A. Chevrier mise en exergue introduit d’emblée ce livre passionnant : « Les gens ne viennent pas à l’église, il faut aller les chercher. » À sa suite, deux prêtres lyonnais, qui ont vécu sur leur paroisse ces visites à domiciles, offrent ici une réflexion pastorale et un encouragement à cette pratique. L’enracinant dans la tradition vivante de l’Église (chap. 3 et 4) et l’illustrant par de nombreux et saisissants témoignages, ils montrent comment ces visitent renouvellent en profondeur les communautés chrétiennes (chap. 5), dans la collaboration des prêtres et des laïcs (chap. 4). Ils concluent en présentant « Sept clés pour les visites kérygmatiques » (chap. 7). Un ouvrage qui n’est pas seulement à lire mais à pratiquer ! — S. Dehorter.


 Martinez Saavedra L., La conversion des Églises latino-américaines. De Medellin à Aparecida (1968-2007), Paris, Karthala (Signes des temps), 2011, 13,5 x 21,5 cm, 282 p., 20,00 €.

L’A., théologien chilien laïque, œuvrant au Luxembourg, évoque les dernières décennies de l’Église latino-américaine à travers les Actes des conférences générales de Medellin, Colombie (1968), Puebla, Mexique (1979), Saint-Domingue (1992), Aparecida, Brésil (2007). Il en extrait de nombreuses citations illustrant les principaux thèmes : théologie et pastorale de la libération ; choix préférentiel pour les pauvres ; violences structurelles, péché social ; voir-juger-agir (Cardijn)… Parmi les signes des temps il relève : mondialisation, sans solidarité, de la pauvreté et de l’exclusion ; fragilité écologique de la planète ; migration et multi-culturalité. Il montre, en passant, comment les textes officiels ont été « manipulés » par les collaborateurs de la Curie romaine. Après une deuxième partie, théologique, qui présente la « philanthropie » de Dieu comme fondement de la praxis ecclésiale, l’A. pose la question de la pertinence en Europe des interpellations venues d’Amérique latine. Notre remodelage paroissial favorise la constitution non pas de communautés de base, mais de communautés de culte : n’avons-nous pas encore trop de prêtres ? — P. Detienne, s.j.


 Haumonté O., Drôles de saints ! 30 Fioretti, Nouan-le-Fuzelier, Éditions des Béatitudes, 2011, 13,5 x 21 cm, 176 p., 13,00 €.

L’auteure, sans prétention littéraire ni souci historique, nous propose ici une trentaine de courts récits hagiographiques, « drôles » (nous dit-elle), souvent naïfs, parfois légendaires : Antoine de Padoue prêche aux poissons, une mule s’agenouille devant l’Hostie consacrée que le saint porte avec dévotion, Nicolas rappelle à la vie les trois enfants qu’un méchant boucher a transformés en petits salés… Relevons les belles pages consacrées à Thérèse de Lisieux. Et retenons la prière qui termine l’ouvrage : « Seigneur, fais de nous des saints… qui rient avec ceux qui rient, qui pleurent avec ceux qui pleurent, et surtout qui aiment de tout leur cœur. » — P. Detienne, s.j.


 Bressan L. et Routhier G. (dir.), Le travail de la Parole, Bruxelles, Lumen Vitae (Pédagogie pastorale, 8), 2011, 15,5 x 23 cm, 144 p., 18,00 €.

Cet ouvrage voudrait aider les animateurs en pastorale à favoriser l’action de la Parole de Dieu. Il rassemble six interventions de qualité sur la Parole en tant qu’elle agit dans la vie du croyant : dans la prédication, dans la liturgie, dans la lectio divina, dans la catéchèse, dans la théologie et dans la construction de l’Église. Ministres et serviteurs de la Parole trouveront dans ces pages de nombreuses réflexions stimulantes. — Fr. Dominique, f.s.j.



Témoins

 Stein E., Correspondance, T. II : 1933-1942, Introduction, traduction et annotations de Cécile Rastoin, Paris/Toulouse, Genève, Cerf/Carmel/Ad Solem (coll. Œuvres steiniennes), 2012, 14,5 x 21,5, 800 p., 54,00 €.

Achevant ici l’édition française de la correspondance steinienne, sœur Cécile Rastoin nous offre avant l’heure, par sa passionnante annotation, un commentaire exceptionnel de la deuxième partie de la vie d’Edith, depuis son entrée au Carmel jusqu’à son départ pour Auschwitz. Comme dans l’édition allemande, le choix inclut des lettres à Edith et d’autres documents, mais l’édition française est encore enrichie, même par rapport au premier volume de la Correspondance ; les index des noms et des œuvres achèvent ce travail monumental. Fondamentalement, l’image d’Edith en sort plus nette, et plus grande encore ; notons en particulier sa stature de philosophe, jusqu’à la fin du Carmel (les lettres à Boelaars !), les tractations (qui échouèrent) pour la sauver, son mûrissement comme formatrice de ses jeunes compagnes (tandis qu’elle maintient de sa prière et de sa sollicitude une multitude de relations antérieures), ses rapports toujours émouvants avec sa famille et sa confiance en la foi de sa mère… Il ne manque plus, pour compléter le vrai portrait d’Edith, que la traduction de la Positio. — N. Hausman, s.c.m.


 Marès C., Le génie et le cloître. Une biographie spirituelle et artistique de mère Geneviève Gallois, Bruyères-le-Châtel, Nouvelle Cité (Vie des hommes), 2012, 15 x 22 cm, 192 p., 20,00 €.

1914. Une conversion foudroyante conduit une jeune femme, peintre satirique anticléricale déjà renommée, à tout quitter pour prendre le voile chez les Bénédictines « de la rue Monsieur » à Paris. Rupture familiale, enfouissement résolu de son talent, immolation de soi. Un tempérament de feu qui pourfend toute forme de médiocrité, un fichu caractère peu enclin à la vie communautaire (elle attendra 15 ans avant d’être admise à prononcer des vœux), un génie de la peinture et de la gravure, découvert par hasard par un familier du monastère, Paul Alexandre, qui soutiendra dès lors la religieuse et lui permettra de livrer le meilleur de son talent (c’est grâce à lui qu’elle réalisera 157 gouaches sur la vie religieuse, un chemin de croix en eaux-fortes ainsi que les vitraux de l’église de Petit-Appeville et de l’abbaye de Limon). La vie de mère Geneviève Gallois est à l’image de ses œuvres : l’Artiste divin y joue avec les ombres et la souffrance pour y faire mieux jaillir la lumière de Pâque. Un livre haut en couleurs (plus de 80 reproductions d’œuvres), qui paraît à point nommé pour le 50e anniversaire de la mort de la bénédictine (1888-1962). À travers cette biographie spirituelle fort accessible, l’auteur invite également chacun à une réflexion, toujours d’actualité, sur la compatibilité entre vocation artistique et vocation religieuse. — M.-D. Weill s.a.s.j.


 Gaucher G., Sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897). Biographie, Paris, Cerf (Histoire), 2010, 14,5 x 23,5 cm, 688 p., 29,00 €.

L’imposante biographie que nous offre l’infatigable spécialiste de sainte Thérèse tient bien entendu compte de la Nouvelle Édition du Centenaire en huit volumes, mais l’auteur y intègre encore les remarquables précisions parues dans la Vie thérésienne et ses suites (ainsi, la note sur l’hôtel Beau Rivage de Nice, qui vit séjourner, en plus de Thérèse, Nietzsche et Tchekhov, 256), l’apport des Cahiers d’école parus en 2008, une séquence précise de l’affaire Pranzini (216 ; 530 pour les grattages du Triomphe de l’humilité ), la constatation que Thérèse, qui roulait les « r » (299) avait pour symbole floral non la rose, mais la saxifrage (217), etc. L’ample exposé des écrits thérésiens resitués dans leur histoire, la juste appréciation du poids qu’a pesé Mère Agnès sur sa jeune sœur (158, 429,…), la prise en considération des travaux d’autres experts, de J.-F.Six à Cl.Langlois, et tant d’autres points de vue renouvelés font de cet immense travail le couronnement de l’œuvre de toute une vie et en même temps, par sa limpidité, l’initium de toute approche thérésienne. Deux cahiers photographiques de 16 et 8 pages sont proposés en hors texte. À la fin du volume, on ne manquera pas, après la chronologie posthume et le plan du Carmel de Thérèse, une fameuse chronologie générale de plus de cinquante pages, suivie d’un glossaire des termes religieux, d’une bibliographie des seules sources (une douzaine de pages) et un encart à plusieurs volets pour la généalogie familiale. — N. Hausman, s.c.m.


 Sicari A., Une famille sainte. Thérèse de Lisieux et ses parents, Zélie et Louis Martin, Toulouse, Carmel (coll. Carmel vivant), 2010, 11 x 17,5, 120 p., 9,00 €.

Béatifiés en couple le 19 octobre 2008, Louis et Zélie Martin forment la « terre sainte » sur laquelle naquit Thérèse, selon ses propres mots (Ms A 3 v°). Le P. Sicari, o.c.d., raconte simplement, à tour de rôle, la vie de chacun, en trois portraits spirituels, à partir des textes de Thérèse et des données historiques bien connues maintenant. Il n’approfondit donc pas les questions délicates qui se posent au sujet des deux époux, comme leur « relation conjugale initialement inachevée » (seule allusion, p. 22) ou la maladie de Louis, au cours de laquelle « les projets déraisonnables côtoient les élans de sainteté » (p. 69). Pas de synthèse sur le mystère de cette sainteté singulière, mais il s’agit d’une première approche qui aidera le lecteur à entrer dans la lecture de Thérèse elle-même, si expressive sur ses parents « plus dignes du Ciel que (de) la terre » (Lettre 261 à l’Abbé Bellière).— A. Massie, s.j.


 Khoudokormoff-Kotschoubey A. et sœur Élisabeth (éds), Élisabeth de Russie. Moniale, martyre et sainte, Bruxelles, Lessius (Au singulier, 19), 2010, 14,5 x 20,5 cm, 256 p., 19,50 €.

Destin exceptionnel que celui d’Élisabeth de Hesse-Darmstadt (1864- 1918). Par son père elle est protestante et compte dans ses ancêtres sainte Élisabeth de Hongrie. Par sa mère elle est petite-fille de la reine Victoria d’Angleterre. Elle épouse à vingt ans le grand-duc Serge, frère cadet de l’empereur de Russie Alexandre III. Toute son éducation était orientée vers l’assistance aux pauvres et aux malades et dès le début de sa vie moscovite elle s’y adonne avec efficacité et générosité ; une première vague révolutionnaire, qui assassinera son mari en 1905, avait voulu l’épargner. Peu après, elle fondera la Demeure de Miséricorde Marthe-et-Marie. Arrêtée par les bolcheviks (elle n’avait pas voulu quitter la Russie), elle est jetée vivante dans un puits en 1918, avec d’autres membres de la famille impériale. L’armée blanche aura le temps de relever les corps. Passant par la Chine, la dépouille d’Élisabeth sera déposée en l’église Sainte Marie-Madeleine à Jérusalem. Le livre offre un ensemble de divers textes : des lettres d’Élisabeth à Nicolas II, neveu et beau-frère (époux d’Alexandra, sœur cadette d’Élisabeth), où il est beaucoup question de son passage à l’orthodoxie et de la mort de son mari. Le chapitre suivant rassemble divers témoignages sur Élisabeth par des membres et connaissances de la famille impériale. Le chapitre troisième parlera de la Demeure de Miséricorde Marthe-et- Marie (rapport d’activités, statuts de la Demeure, écrits spirituels d’Élisabeth en sa charge d’abbesse, etc.). Le livre se termine par les débats soulevés par la demande d’Élisabeth que les sœurs de sa Demeure puissent être reconnues comme diaconesses selon le sens premier donné à ce mot dans la vie de l’Église. La figure d’Élisabeth est forte. Elle marque un tournant dans l’histoire de la vie religieuse féminine en Russie, jusqu’alors principalement contemplative. La question du diaconat était celle de la nourriture de l’âme pour ceux qui s’adonnent aux œuvres de la charité. Après la chute du communisme, des nouvelles maisons ont pris le relais. — J.-M. Glorieux, s.j.


 Duchesne J., Louis Bouyer, Perpignan, Artège (Penseurs chrétiens), 2011, 13 x 20 cm, 128 p., 13,50 €.

Le père Louis Bouyer est un des plus grands théologiens du xxe siècle. Ami de Daniélou, de de Lubac, de von Balthasar et de Ratzinger, il a affirmé dans toute son œuvre une passion profonde pour les Pères de l’Église, la primauté de l’Écriture et la place centrale de la liturgie, l’intuition que la foi a une histoire, l’importance de la psychologie dans la vie spirituelle. Éclairant les croyants par sa grande synthèse doctrinale, il a aussi influencé la culture par-delà le cercle ecclésial. L’A., ami de langue date du théologien, livre dans cet ouvrage une présentation courte et homogène de l’œuvre puissamment originale du père Louis Bouyer.— Fr. Dominique, f.s.j.


 Plettner Cl., « Chère Thérèse d’Avila ». Suivi d’une lettre du carmel de la Paix, de Mazille, Paris, Bayard, 2011, 14,5 x 19 cm, 132 p., 14,90 €.

À cinq siècles d’écart, l’A. entreprend une correspondance imaginaire avec sainte Thérèse d’Avila. La plume de la romancière nous entraîne ainsi dans une farandole de courtes lettres, pleines d’humour et de fraîcheur, dans les frissons d’un monde en mutation, peuplé de maures, d’inquisiteurs et d’inventeurs de génie, dans l’intimité d’un caractère trop volontaire et terriblement attachant. Théologienne, l’A. croque, par petites touches et excès de familiarité, le portrait saisissant d’une figure de l’Église parmi les plus étonnantes. Le procédé est efficace : on s’amuse, on apprend beaucoup, on se prend à tutoyer l’architecte du Château et à mieux comprendre ce maître d’oraison. — Fr. Dominique, f.s.j.