Aux portes de l’été, il arrive que nous donnions plus de temps à la prière, à la vie fraternelle, et même aux lectures de fond que la vie courante nous oblige souvent à postposer. Nous commençons ainsi ce numéro par l’étude du Père Pierre Piret, s.j, au sujet de l’Eucharistie dans son lien avec l’Eglise, selon la constitution Lumen gentium du dernier Concile, que nous continuons ainsi à revisiter. C’est tout un peuple sacerdotal qui offre, par les mains de ses prêtres, le sacrifice universel où l’assemblée des saints se trouve offerte par l’unique Prêtre, pour la sanctification de toutes les nations. Le Père Christophe Vuillaume, o.s.b. rouvre ensuite l’ample dossier de la virginité dans l’Eglise primitive. A partir de ses préludes vétérotestamentaires, de son émergence dans le Nouveau Testament, de ses adhérences au judaïsme contemporain, il montre que ce nouvel état de vie n’est pas à comprendre en termes de pureté rituelle et n’est guère contaminé par des influences étrangères : c’est le fruit d’une évolution interne à l’Eglise, dont le facteur déterminant réside dans « la foi en la résurrection des morts, fondée sur la foi au Christ ressuscité ».

Le Pape François est le vingtième de ces « religieux devenus Papes » dont le Père Gianluigi Pascale, ofm.cap. nous invite à visiter l’intéressante galerie des portraits. Des caractéristiques récurrentes s’y découvrent : pontificats plutôt courts, donnés en des temps difficiles, généralement marqués par de vraies réformes menées avec une ferme douceur ; la place de la vie religieuse dans l’être même de l’Eglise s’en trouve d’ailleurs resignifiée, en termes de sainteté.

L’Oratorien Louis Bouyer († 2004) dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance a donné à la théologie une contribution foisonnante, magistrale, souvent inaperçue. A propos des religions mondiales, le Père Vincent Guibert, du diocèse de Paris, nous fait goûter quelque chose de cette pensée puissante qui avait désigné très tôt un sens prophétique dans « la permanence du judaïsme et la révolte de l’islam » — non sans indiquer que nonobstant ces poussées de l’Esprit, « les religions ne peuvent accéder à la vérité qu’en reconnaissant en Jésus-Christ l’unique expression de la religion du Père ».

Comme d’habitude en cette saison, le Professeur Didier Luciani nous fait partager ses lectures des ouvrages récents portant sur l’Ancien Testament et le Judaïsme ; nous sommes ainsi au fait des dernières recherches qui peuvent enrichir notre ¬quotidien. Un abondant dossier de compte-rendus suit encore, avant la liste des ouvrages récemment arrivés à notre rédaction. Une aubaine, croyons-nous, pour éclairer les choix des bibliothèques et de ceux qui les fréquentent. Bonne lecture, bon été !