Vie consacrée

 Fino C., Lavigne J.-Cl., Licheri L. et Souletie J.-L., La vie religieuse dans le monde d’aujourd’hui. Une identité en construction, Paris, Salvator, 2011, 14 × 21 cm, 240 p, 19,50 €.

L’ouvrage est le fruit du travail d’un groupe de religieux et religieuses, élaboré dans le temps et le dialogue à l’intérieur d’un processus de « rechercheformation », ce qui en fait la première richesse : une réflexion enracinée dans la vie et les questions des religieux d’aujourd’hui, éclairée par la Parole de Dieu et l’approfondissement théologique. On pourrait résumer la trame de fond du travail à travers deux questions : comment vivre de manière renouvelée et dynamique les exigences de la vie religieuse et comment accueillir et faire grandir une vocation issue de la culture contemporaine ? En effet, il s’agit de faire percevoir la vie religieuse, non seulement comme un état, mais un mouvement qui permettra à chaque membre de la communauté d’aller à la rencontre du Christ qui vient. Pour cela, il convient de découvrir de nouveaux chemins pour construire le « nous » de la communauté, de manière à sortir de l’alternative stérile entre l’individu et le groupe. Ainsi, il sera nécessaire de prendre en compte les conséquences sur la vie religieuse, par exemple, de la culture de la communication : le rapport au temps et au supérieur, notamment. Finalement, il s’agit de vivre, au xxie siècle, de l’appel évangélique à « demeurer » : s’habiter soi-même pour demeurer avec le Christ, construire la communauté et habiter le monde. Un ouvrage riche et stimulant. — G. de Longcamp, c.s.j.


Vie de l’Église

 Borras A. (éd.), Délibérer en Église. Hommage à Monsieur l’abbé Raphaël Collinet, official du diocèse de Liège, Bruxelles, Lessius (La part-Dieu, 15), 2010, 14,5 × 20,5 cm, 304 p, 24,50 €.

Le lecteur se demandera peut-être ce qui l’attend en ouvrant un volume d’hommage à un canoniste intitulé Délibérer en Eglise. En tout état de cause, celui-ci est sous-tendu par une véritable intention ecclésiologique. La participation des baptisés aux processus de réflexion et de décision dans l’Eglise est une exigence apparue de manière accrue dans les derniers temps. Pourtant, elle est plus que « occasionnelle », proprement enracinée non seulement dans la tradition de l’Eglise – comme nous le montrent les premières contributions sur l’Ecriture et les instituts religieux – mais aussi dans la grâce baptismale et l’être même de l’Eglise présentés dans la contribution centrale d’A. Borras. Arrivé à ce stade, le lecteur se trouve à pied d’œuvre pour aborder le renouveau de la délibération ecclésiale mise en œuvre depuis Vatican II. On ne pourra d’ailleurs qu’apprécier l’apport central de l’Eglise qui est en Belgique à cette culture du dialogue en Eglise. L’ouvrage est riche de la multiplicité de ses contributeurs et de leurs horizons (hommes et femmes ; pasteurs, théologiens, historiens et canonistes ; prêtres, laïcs et religieux). Ainsi pourra-t-on en faire une lecture continue ou y entrer par une des multiples portes qu’il ouvre. — G. de Longcamp, c.s.j.


 Jing-Sang kwak G., La foi comme vie communiquée. Le rapport entre la fides qua et la fides quae chez Henri de Lubac, Paris, DDB (Théologie à l’Université), 2011, 15 × 23,5 cm, 480 p, 36,00 €.

Dans la lettre Porta fidei, le pape Benoît XVI invitait les chrétiens non seulement à vivifier leur acte de foi, mais aussi à revisiter les contenus de la foi tels qu’ils sont présentés dans le Catéchisme de l’Église catholique. L’A. a acquis cette même certitude à partir de son expérience pastorale en Corée : comment catéchiser sans asséner seulement des contenus abstraits et comment éviter un immanentisme solipsiste de la foi ? La pastorale ne pourra répondre à ce double questionnement que grâce à une réflexion théologique renouvelée. C’est ce qu’entend faire l’A., à l’école du P. de Lubac. Confronté au début de sa carrière à l’extrinsécisme de son temps, le théologien jésuite a développé sa théologie du surnaturel (1e partie). L’A. montre que la manière de regarder le sujet à catéchiser n’est pas anodine. Il est créé à l’image de Dieu et à ce titre, habité par la soif de le connaître. Il n’est pas un pur terrain en friche, étranger à ce qu’on lui annonce. Partant de cela, il faut prendre conscience que la foi est une vie communiquée et que l’objectivité de la foi chrétienne se fonde sur la personne de Jésus Christ que l’on rencontre (2e partie). L’ouvrage développe une analyse minutieuse de la théologie du cardinal jésuite, en dégage les accents principaux tout en en respectant les développements, ceci dans un style vigoureux et simple. Un travail d’autant plus à saluer que son auteur est coréen. — G. de Longcamp, c.s.j.


Témoins

 P. Goursat, Paroles, rassemblées et présentées par M. Catta, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2011, 13 × 21 cm, 330 p, 19,00 €.

Cet ouvrage nous livre (un vrai livre …) en quelque sorte les secrets de la communauté de l’Emmanuel, si vivante de nos jours, à travers les paroles de son fondateur, Pierre Goursat. La première partie reprend son itinéraire, et décontenance parfois le lecteur par tant de discrétion… Vient alors la seconde partie sur la pédagogie de Pierre Goursat, lumineuse. On peut la reprendre à travers quelques mots : prière, adoration, effusion de l’Esprit saint, louange, frères, maisonnée, compassion, complémentarité des vocations, évangélisation. Ces paroles nous disent comment vivre le feu de l’amour du cœur de Dieu ; elles s’appuient également, au fil des pages, sur certains textes de l’ursuline Marie de l’Incarnation et sur l’exemple de Thérèse de l’Enfant-Jésus. Martine Catta (co-fondatrice de la communauté) exprime clairement l’enjeu de cette pédagogie : « Ainsi on apprend à se donner comme on est, à mettre peu à peu de l’amour dans tout ce qui fait notre vie quotidienne et dans nos activités : on le fait petitement, mais joyeusement et de tout notre cœur. Mais aussi sans attendre » (p. 220). Finalement le secret de la communauté de l’Emmanuel s’explicite comme la grâce de l’Emmanuel, selon ces quelques mots tout simples que je retiens parmi les nombreuses paroles présentées : « Plus j’avançais, plus le Seigneur disait : Avance, avance, et Moi, je m’occupe de tout. C’est ça l’histoire de l’Emmanuel : le Seigneur dit ça, je le suis, et ça marche. C’était solide parce que c’était lui qui menait » (p. 289). Merci de ce trésor qui nous est ainsi livré ! — V. Fabre


 Henning Chr. et Georgeon Th., Frère Luc, la biographie. Moine, médecin et martyr à Tibhirine, Paris, Bayard, 2011, 14,5 × 19 cm, 228 p, 19,00 €.

Le film Des hommes et des dieux a rendu le frère Luc extrêmement populaire. Mais qui se cache réellement derrière cette figure incarnée magistralement par Michaël Lonsdale ? Comment ne pas faire de ce religieux caché, une simple star de cinéma ? C’est peut-être à cela que s’emploie l’A. avec sérieux et simplicité. L’ouvrage se lit facilement et contribue à renforcer l’attachement engendré par le film à ce religieux atypique. En même temps, il nous fera découvrir des éléments cachés et profonds d’un homme à l’itinéraire à la fois mouvementé et déterminé. — G. de Longcamp, c.s.j.


 Sœur Kinga de la Transfiguration o.c.d., Je ne me suis pas dérobée… Journal, Toulouse, Éditions du carmel (Témoins de la vie), 2012, 15 × 20 cm, 240 p, 22,00 €.

Sœur Kinga est une hongroise, née à Budapest. Après des études de mathématiques à l’Université de cette ville, elle entra en 1998 au Carmel. En 2006, on lui découvrit un cancer. Trois années durant, elle a lutté contre la maladie. À la demande de sa prieure, elle se mit à écrire un journal, neuf mois avant sa mort, survenue le 24 août 2009 au Carmel de Magyarszik. C’est ce journal que sœur Myriam, cette prieure, nous présente ici. Nous y assistons à un cheminement de lumière et de souffrance, qui conduisit Kinga à pouvoir « rayonner l’espérance dans les situations les plus désespérées ». (Rappelons l’ouvrage Le Cristal et le Feu, paru à Toulouse aux Éditions du Carmel, qui raconte la vie de sœur Marie-Elisabeth, laquelle joua un grand rôle dans la vie de sœur Kinga). — H. Jacobs s.j.


 Leseur É., Lettres sur la souffrance. Correspondance avec sœur Marie Goby (1910-1914) (nouvelle éd. enrichie de lettres inédites), Paris, Cerf (Intimité du christianisme), 2012, 14,5 × 21,5 cm, 242 p, 18,00 €.

Sont recueillies ici les 79 lettres que, durant les trois dernières années de sa vie, Élisabeth Arrighi (1866-1914), mystique et malade chronique, a envoyées à une sœur hospitalière de Beaune dont elle avait fait son amie épistolaire, mais qu’elle n’a rencontrée physiquement que deux fois. La présente édition inclut les missives de la religieuse, récemment retrouvées, que ne contenait pas la première édition (1918), due à Félix Leseur, mari d’Élisabeth, un incroyant militant qui deviendra dominicain après la mort de son épouse. Dans son introduction, l’éditrice, religieuse américaine, épingle quatre principaux thèmes : l’amitié des deux correspondantes ; la place qu’elles font à leurs proches ; conseils et direction spirituelle réciproque ; la communion des saints. Désir de Dieu, soif de sainteté et souci des pauvres les unissaient…, l’une dans la vie religieuse apostolique, l’autre dans une vie cachée en Dieu, embrassant ses souffrances pour l’amour de son mari. — P. Detienne s.j.


 Gerl-Falkovitz H.-B., Romano Guardini (1885-1968). Sa vie et son œuvre, Paris, Salvator (Biographies), 2012, 15 × 22,5 cm, 560 p, 29,50 €.

L’A., coéditrice des Œuvres complètes de Romano Guardini (1885-1968), nous offre ici non pas une biographie classique qui adopterait une chronologie stricte, mais une étude volumineuse, nourrie de nombreux témoignages et d’innombrables documents d’archives. Italien naturalisé allemand, à l’encontre de sa famille, RG tente d’abord des études de chimie, puis de sciences politiques avant d’opter pour le séminaire. L’A. se penche sur son tempérament mélancolique ; ses amitiés sacerdotales ; son service d’infirmier militaire ; son dévouement à la Jugendbewegung (1923-1939) ; sa direction du Château Rothenfels (1927-1939) ; sa carrière universitaire (Berlin, Tübingen, Munich) ; ses admirateurs et ses détracteurs ; les grands thèmes qu’il aborde (la polarité et la vision du monde…) ; sa production littéraire (L’esprit de la liturgie, 1930 ; Le Seigneur, 1945…) ; le sentiment de vieillir face à la jeunesse, à l’art moderne, à l’évolution de la théologie et à l’Église. La quatrième édition (1995) de l’ouvrage original allemand ici traduit est enrichie d’excursus : L’avenir après les temps modernes ; L’idée de la femme… — P. Detienne, s.j.


Questions

 Bertrand M., Le prêtre de demain sera-t-il célibataire ?, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2011, 13 × 21 cm, 240 p, 19,00 €.

Après avoir enquêté dans divers milieux français (Êtes-vous pour ou contre l’obligation du célibat sacerdotal ?, Savez-vous depuis quand et pourquoi l’Église l’exige ?), l’auteure envoie un questionnaire aux quatre coins du monde : « chez vous, le célibat imposé au prêtre est-il matière à débat ? Est-il cause du déclin des vocations ? Renforce-t-il le statut social ? Que pense-t-on du prêtre qui ne l’observe pas ? ». Elle propose alors un historique de la question à travers les siècles, notant que les historiens interprètent fort différemment les textes qu’ils étudient (Écriture, conciles). Puis elle se penche sur le problème théologique : les fondements scripturaires ; à l’origine, une question de pureté cultuelle ; signe du Royaume ; argument de convenance ; configuration au Christ, Époux de l’Église. Contrairement à l’islam, le célibat a une valeur positive dans l’hindouisme ; en Afrique, transmettre la vie héritée des ancêtres est un devoir inéluctable. Reste la question : l’Église peut-elle s’adapter ? Oui, si le célibat est une simple question de discipline ; non, s’il est lié à l’identité même du prêtre. Relevons une remarque de K. Rahner : « L’impératif de répondre convenablement aux nécessités pastorales passe avant la possibilité et le désir, en soi légitime, d’avoir un clergé célibataire. » Recommandé. — P. Detienne s.j.


 Vauchez A. (dir.), Prophètes et prophétisme, Paris, Seuil, 2012, 15 × 24 cm, 496 p, 23,50 €.

Consacré tout entier au prophétisme, cet ouvrage rassemble huit contributions de nombreux auteurs qui nous sont brièvement présentés en fin de volume, à la suite d’un petit dictionnaire comprenant des notices sur les personnages évoqués au fil des pages. Les lecteurs de la revue trouveront dans cette « somme » matière abondante à réflexion. Ils seront certainement intéressés par les pages du P. Pierre Gibert, consacrées au prophétisme biblique. Elles constituent une remarquable synthèse, accessible et substantielle, de questions touchant un phénomène passablement riche et complexe, ouvert sur une histoire qui vient à sa suite. L’étude d’André Vauchez présente Le prophétisme chrétien, de l’Antiquité tardive à la fin du Moyen Âge. Son abondante documentation nous conduit aux articles qui suivent de telle sorte que l’ouvrage forme d’une certaine manière comme une histoire critique du prophétisme. Nous pourrons ainsi voir un peu plus clair dans une notion « assez floue et même brouillée » — H. Jacobs, s.j.


 Delville J.-P., Famerée J. et Henneau M.-É., Marie, figures et réceptions. Enjeux historiques et théologiques, Louvain-la-Neuve / Paris, Université catholique de Louvain – RSCS / Mame – Desclée (Théologie), 2012, 15 × 22,5 cm, 228 p, 28,50 €.

Étudiant les « figures et réceptions » de Marie aux plans historiques et théologiques, l’ouvrage rassemble les efforts conjoints de l’Université de Liège et de l’Université Catholique de Louvain fournis dans le cadre d’un colloque organisé les 22 et 23 octobre 2008 à l’occasion du 75e anniversaire des apparitions mariales de Banneux (1933). Avec les contributions de M.-É. Henneau (et la question du genre), Fr. Van Haeperen (sur l’éventuelle analogie entre Marie et les déesses mères), S. Barnay (et les « mariophanies » moyenâgeuses), A. Delfosse (sur l’usage politique moderne de la figure mariale), R. Dekoninck (étudiant la figure de Marie du point de vue de l’art), J.-P. Delville (pour une approche économique, politique et écologique des apparitions de Banneux), et A. Join-Lambert (sur un cas de dévotion mariale à Bruxelles), la première partie présente les enjeux historiques, tandis que la seconde se penche sur les enjeux théologiques. On y trouve l’intervention de D. Cerbelaud, qui propose une dénomination interreligieuse de Marie comme « sœur de tous les enfants d’Abraham » ; le texte de J.-M. Sévrin réfléchit à propos de la « Mère de Jésus » de Jn 19 ; B. Bourgine illustre l’instabilité de la théologie mariale contemporaine, L. Villemin pointe les difficultés relatives aux liens entre ecclésiologie et théologie mariale, et enfin J. Famerée, qui introduit aussi l’ouvrage, fait le point sur l’état actuel de la théologie mariale dans le dialogue œcuménique. Malgré la reprise finale qui pointe l’interaction entre les deux pôles qui répartissent les travaux, les approches « historiques » et « théologiques » restent globalement indépendantes les unes des autres, en concentrant l’attention davantage sur les « réceptions » des figures de Marie. La contrepartie en est l’avantage d’offrir des pistes de réflexion diversifiées et pointues dans un dialogue interdisciplinaire. — M.-G. Lemaire.


 Fropo J.-R., 90 questions à un exorciste. Thérapeutique des emprises maléfiques, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2012, 13 × 21 cm, 288 p, 19,00 €.

Ce livre, très complet et très éclairant, recouvre assez bien toutes les situations qu’un exorciste peut rencontrer. S’y exprime l’expérience pastorale déjà riche d’un ministère visiblement exercé dans la charité et l’humilité. Il en résulte une réflexion sur un champ vaste de problématiques, y compris « nouvelles », comme par exemple celui des « âmes errantes ». Cette réflexion demeure toujours en lien avec la pensée de l’Église dans son expression la plus sûre. Le P. Fropo décrit les situations qui peuvent être une porte ouverte à un lien, une emprise, une infestation maléfique et il exprime bien le discernement que l’exorciste doit effectuer pour produire un diagnostic aussi juste que possible et comprendre le mal qui affecte la personne en vue d’y porter quelque remède. — D.-M. L. Ramirogonzales, o.praem.


Prière et liturgie

 J.-L. Souletie (dir.), Les moines et leur liturgie, Paris, Lethielleux, 2011, 14 × 21 cm, 192 p, 19,00 €.

La vie monastique a activement préparé la réforme liturgique de Vatican II. Elle joue aussi un rôle central dans sa mise en œuvre. La liturgie n’est ni un apanage, ni une simple « activité » du moine. En façonnant la communauté priante, elle forme aussi les hommes et les femmes consacrés, des personnes ecclésiales, les unissant et les unifiant. Si elle est fons et culmen de toute la vie de l’Église, elle l’est singulièrement du moine, parce que toute sa vie se fait liturgie, culte, louange, adoration. Elle est nourriture quotidienne, à la fois évidente et toujours à reconquérir, à redécouvrir. L’ouvrage auquel nous faisons écho est riche de toute la sève de la tradition monastique et de la diversité des expériences qui y sont consignées. Il permet de découvrir non seulement la vie liturgique des moines, mais plus encore une « liturgie de vie ». Il sera tout aussi intéressant pour le « spécialiste » de la liturgie ou pour celui qui veut découvrir le cœur de la vie monastique que pour celui qui cherche une nourriture spirituelle simple et solide. — G. de Longcamp, c.s.j.


 Aa. Vv., Youcat. Le livre de prière, Paris, Bayard / Cerf / Fleurus-Mame (Document d’Église), 2012, 13 × 21 cm, 176 p, 19,95 €.

Après un « caté » qui a fait date, voici quelques pages au service de la prière. Même présentation jeune, agréable et de qualité… La traduction de l’original allemand ne donne pas un accent « ethno-centré ». Une bonne introduction à la démarche priante personnelle, courte mais suggestive, coiffe ce volume conçu en deux parties qui ne se contentent pas d’être une anthologie de « beaux textes ». Un premier volet offre un parcours pédagogique basé sur la prière de chaque jour, matin et soir, pour deux semaines. Un « entrainement », en somme, à un rendez-vous quotidien en présence priante au Seigneur : mettre en place une forme et un rythme, la force d’un « office », d’un rite liturgique en solitude mais aussi en Église. Le deuxième volet s’indique comme « Ma vie de prière » et propose douze choix de textes centrés autour d’un « thème » : Louer le Père ; Discerner et décider, Prier avec Jésus et Marie (le Rosaire), pour en citer l’un ou l’autre. Souvent, un petit texte sur fond grisé introduit au vocabulaire spirituel traditionnel ou plus « doctrinal ». Enfin, les index habituels, indispensables à la consultation ou à un usage plus catéchétique, clôturent ces 175 pages où les petits croquis d’humour font aussi du sourire un moment fugitif et heureux de vraie prière… Une réussite en son genre. — J. Burton s.j.


 Fourastié J., Prier avec Marie dans la liturgie, Paris, Parole et Silence (Collège des Bernardins, 103), 2012, 14 × 21 cm, 172 p, 14,00 €.

Après avoir rappelé ce que l’on sait de la vie de Marie, l’auteure considère sa place dans la liturgie, rappelant le fait que peu de prières sont directement adressées à la Vierge, et que, depuis Vatican II, les fêtes du 25 mars et du 2 février sont devenues Annonciation du Seigneur et Présentation du Seigneur au Temple. Elle présente ensuite les diverses hymnes, oraisons, préfaces et homélies mariales propres aux différents temps liturgiques. Divers textes papaux (Marialis cultus, Paul VI ; Redemptoris Mater, Jean-Paul II) illustrent ses propos. Un chapitre est alors consacré à une trentaine de titres marials et aux messes votives qui les honorent : Disciple du Seigneur, Mère de l’espérance, Médiatrice de la grâce, Fontaine du salut… Le dernier chapitre concerne les prières à Marie, parmi lesquelles l’hymne acathiste oriental Réjouis-toi, ô Mère du Sauveur, si merveilleusement acclimaté chez nous par le Père Gouze. N.B. : Dans la version cartusienne du Salve Regina, Marie n’est pas douceur et vie (vita, dulcedo) mais douceur de la vie (vitae dulcedo). — P. Detienne s.j.


 Cassingena-Trévedy Fr., Chante et marche. Les introïts I. Avent – Noël, Temps ordinaire I-VI, Paris, Ad Solem, 2012, 13,5 × 21,5 cm, 350 p, 31,00 €.

La renaissance liturgique souhaitée par Benoît XVI trouve dans ce premier volume des introïts pour les dimanches et fêtes, un appui conséquent. Saluons l’excellent travail de recherche et la qualité de la documentation rassemblée par l’auteur qui met ainsi à la disposition de tous d’authentiques trésors de la tradition liturgique occidentale. Ces pièces lumineuses ne viennent pas seules : leur genèse, leur place dans le cycle de l’année, leurs qualités musicales et leurs beautés spirituelles sont dévoilées par la plume experte et brillante du maître de chœur de l’abbaye de Ligugé. Un enchantement pour tous les amoureux de la liturgie. — Fr. Dominique, f.s.j.


 Chorale de la Communauté de l’Emmanuel, Il est vivant ! Ordinaires de messes, 2 CD, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2012, 2 × 6 messes, 11,71 €.

Ce double CD rassemble, en près de 100 minutes de musique, l’enregistrement de douze ordinaires de messes célèbres, composés ces trente dernières années par la communauté de l’Emmanuel. L’orchestration et la direction de Th. Malet servent agréablement les œuvres et aideront à la préparation des eucharisties paroissiales. — Fr. Dominique, f.s.j.


Éthique

 Monod-Zorzi St., Soins aux personnes âgées. Intégrer la spiritualité ?, Bruxelles, Lumen Vitae (Soins et spiritualité, 2), 2012, 15 × 21 cm, 104 p, 15,00 €.

L’auteur précise clairement son propos : prendre en compte la spiritualité des patients et intégrer cette dimension spirituelle dans la prise en charge des malades. Il s’agit donc, face à une médecine qui « déshumanise », de rendre toute sa dimension au patient. Mais comment prendre en compte cette spiritualité des patients ? L’auteur nous suggère à cette fin et analyse de manière fouillée un modèle de besoins spirituels STIV (acronyme pour Sens, Transcendance, Valeurs, et aspects psychosociaux de l’Identité), et le concept d’intégration de la dimension spirituelle avec les autres dimensions de la personne. — H. Jacobs s.j.


Spiritualité

 de Lavaur M.-A., L’homme est fait pour la foi, prés. par J. Baylé, Toulouse, Éditions du Pech (Les grandes questions de ce temps), 2012, 11 × 17,5 cm, 160 p, 12,50 €.

Le P. Marie-Antoine, né en 1825, était capucin. Il fut rayonnant de sainteté religieuse et missionnaire. Dans ce petit volume, l’homme de foi nous est présenté : sa vie de foi, son enseignement sur la foi. J.B. n’a pas craint un langage bien vieilli parfois pour retenir dans les écrits du P. Ernest-Marie de Beaulieu, capucin lui aussi, le témoignage porté par ce dernier sur la foi chez son confrère. Elle note, à propos des funérailles du P. Marie-Antoine, qu’« il était là, le peuple de Toulouse [...]. Un grand souffle d’amour et de foi d’un autre temps, ou peut-être immortel, passait sur la ville. » — H. Jacobs, s.j.


 H. Jacobs (dir.), Saints et bienheureux de Belgique, Namur, Fidélité, 2012, 13,5 × 20,5 cm, 136 p, 12,95 €.

Ce beau recueil sur les Saints et bienheureux de Belgique n’a pas de prétention à l’exhaustivité mais s’est résolument concentré sur le second millénaire. Un choix difficile dont le mérite est d’offrir au lecteur une recension des figures de sainteté les plus récentes qui, autrement, seraient restées dans l’ombre des premiers siècles chrétiens de la Belgique. Mais surtout, il s’agit d’interpeler le lecteur, comme le fait le P. Nazé en préface : « Au nom de Dieu, réveille-toi ! Il y a pour toi aussi, même pour toi, une forme de sainteté qui attend. » Carte de Belgique à l’appui où l’on peut situer quelques-uns des principaux saints et bienheureux retenus, le livre renseigne sur pas moins de quarante d’entre eux (vingt sont présentés plus en détail, vingt autres plus succinctement), parmi lesquels les bienheureux Guillaume de Saint Thierry et Jean Ruusbroec, et les saints Boniface de Bruxelles, Lutgarde, Julienne de Cornillon et Damien, pour ne citer que les plus connus. Mais quelques autres encore sont évoqués, « d’origine non belge, morts en Belgique » ou d’« ascendance partiellement belge ». L’ouvrage n’oublie pas de faire état de quelques procès de béatification en cours. Plusieurs auteurs ont été mis à contribution — et pour beaucoup, la présente publication est posthume —, dont principalement les PP. André Nazé (†), Joseph Masson (†) et Paul Verdeyen. Ils nous relatent le témoignage bouleversant d’hommes et de femmes dont le courage n’a pas manqué pour témoigner de leur foi. Aussi, parce qu’ils nous sont proches par l’origine et dans le temps, certains saints et bienheureux dont le récit nous aura touchés deviendront peut-être de nouveaux amis, dans la communion des saints qui nous unit tous. — M.-G. Lemaire.