Une année dédiée à la vie consacrée en 2015, quelle joie ! Nous voudrions en prendre notre part, en tant que revue internationale de langue française, vouée, depuis quatre-vingt-six ans déjà, au renouveau doctrinal et spirituel des formes anciennes et nouvelles de cet état de vie ecclésial. Si parmi nos lecteurs certains se sentaient inspirés à partager leurs espérances dans ce domaine, nous tâcherions de les entendre, voire de les publier, afin que soient toujours plus partagés les fruits de l’Esprit saint.

Ce premier numéro de l’année propose d’abord de cheminer, avec le père Pierre Piret, s.j., dans le temps liturgique où le Christ accomplit sa montée vers Jérusalem, jusqu’à la Pentecôte ; à peine achevée, cette durée où s’encadrent nos vies s’orne, comme en reflux, des éclatantes solennités de la Trinité, du Saint Sacrement et du Sacré-Coeur de Jésus.

Le moment des chapitres peut paraître insignifiant, terrible, inutile, ou bien encore, inéluctable, décisif, ultime ... Le père Jean-Claude Lavigne, o. p., déjà connu de nos lecteurs, y réfléchit comme à un temps de joyeuse célébration et d’identité renouvelée, d’expérience divine aussi bien que de stratégies humaines, mais encore (ce sera pour le numéro suivant), comme un temps où élire et rendre compte(s). En tout cas, un temps de paroles échangées à cause d’une Parole qui nous fait expérimenter sa Pâque.

Dans quel rapport sontles âges de la vie etles temps spirituels des personnes, voire des communautés ? Est-ce le plus ancien ou le plus jeune, le plus humble ou le plus autorisé, qui seront davantage en communion avec tous ? Dom Michel van Parijs, o.s. b., après plusieurs contributions sur la paternité spirituelle, ouvre à présent le chapitre de la vie communautaire, sans perdre de vue la liberté souveraine de l’Esprit.
L’histoire des soins donnés aux personnes malades, souffrantes ou mourantes éclaire beaucoup les enjeux et les crises du « prendre soin » tellement institutionnalisé aujourd’hui, dans les pays nantis du moins. Soeur Marie-Flore Pessleux, s.c.n., praticienne déjà chevronnée, montre la nécessité que ressentent les saignants eux-mêmes d’ouvrir des espaces spirituels qui leur permettent de mieux soigner, en donnant sens aux expériences de vie des patients.

Ce qui est insupportable dans la mort, la destruction apparente de la personne, n’est pas l’oeuvre de Dieu, et la mort n’a pas le dernier mot ; à ce que nous ressentons comme« innommable », répond, nous dit la méditation de l’abbé Emmanuel Schwab, le nom singulier qui nous appelle à la Vie, celui de Jésus.

La chronique annuelle de la vie consacrée de Soeur Noëlle Hausman, s.c.m., traverse à sa façon les publications et tendances récentes, qu’il s’agisse de travaux d’histoire, de figures emblématiques, d’orientations plus doctrinales, de nouvelles questions à rencontrer. Les habituelles recensions et liste des ouvrages reçus achèvent de leur côté cette coupe transversale des champs actuels de la réflexion. Bon réabonnement, bonne lecture, et qui sait ? bon partage de notre publication à de nouveaux lecteurs !