Vie de l’Église

CAPOVILLA Loris F. (Card.), Mes années avec le pape Jean XXIII. Conversations avec Ezio Bolis, Nouan-le Fuzelier, Éditions des Béatitudes, 2014, 13,5 × 21 cm., 176 pp., 16,70 €

Ce livre nous donne, en huit brefs chapitres, des souvenirs de Loris Capovilla (°1915, cardinal en 2014), le secrétaire du patriarche de Venise A. Roncalli de 1953 à 1958 et du pape Jean XXIII de 1958 à 1963. Ils reflètent des conversations de Capovilla avec Ezio Bolis, directeur de la Fondation Pape Jean XXIII à Bergame, qu’on peut situer entre 2010 et 2013. Capovilla raconte les étapes principales de la vie de Jean XXIII et comment lui-même a vécu sa relation avec Roncalli. On y trouve des détails intéressants et parfois pittoresques sur l’élection du pape, la convocation du concile, la rédaction de l’encyclique Pacem in Terris, la vie quotidienne du pape, sa maladie et sa mort, le 3 juin 1963. À bon droit l’accent est mis sur la spiritualité et la sainteté de Jean XXIII, qui ont fortement impressionné son secrétaire. Chaque chapitre est précédé d’une brève introduction d’E. Bolis pour situer les événements évoqués dans leur cadre historique et local. Il va sans dire que ces souvenirs authentiques sont intéressants et souvent émouvants. Vu le grand âge de l’interviewé, l’historien désirerait parfois une plus grande précision ou un traitement plus systématique des faits évoqués. Pour un lecteur non italien, les introductions de Bolis auraient eu intérêt à être un peu plus développées. Et l’édition française aurait pu éviter certaines erreurs (par ex. Roche est la revue La Rocca [p. 84]) ; le Corriere della Sera n’est pas un journal romain mais milanais [p. 109]) et De Kempis Thomas n’est autre que Thomas a Kempis [p. 162]). — Leo DECLERCK.


ROUET A., L’étonnement de croire, Ivry-sur-Seine, Les éditions de l’Atelier, 2013, 14 × 20 cm, 192 p., 20,00 €.

L’A., archevêque émérite de Poitiers, s’interroge sur notre difficulté d’entrer en dialogue avec l’indifférence religieuse, caractéristique de notre monde sécularisé : nous sommes confrontés non plus à une opposition qui reconnaît son adversaire, mais à un désintérêt qui répugne au débat : il n’y a plus de terrain commun. Notre apostolat requiert non pas des moyens plus abondants et une plus grande générosité, mais une nouvelle attitude pastorale, moins institutionnelle, et confiée aux soins de chacun : notre témoignage est-il crédible ? Suscite-t-il le désir ? Abandonnant toute stratégie de reconquête (qui suppose que, convenablement présentée, l’annonce serait entendue) et conscients de cheminer dans la foi et non dans l’évidence, nous nous adresserons à la personne indifférente en termes d’espérance : la foi découvre progressivement ce que l’espérance lui annonce. L’A. conclut : « Ceux qui s’étonnent de croire comprennent ceux qui se montrent indifférents à la foi. » A méditer. — P. DETIENNE s.j.


LUCEL S., Frère Lucas (BD), Nouan-le-Fuzelier, Éditions des Béatitudes, 2013, 21,5 × 29 cm, 46 p., 12,70 €.

Qui ne se souvient des coups de crayon tendrement ironiques de frère Gribouille (alias Pierre Defoux) ? Et quel magazine catho boude ce média « hi ! les djeun’s » (p. 42). Même François (le pape) « gonflé au pallium » (p. 32) ! Voici donc un vigoureux album de Sylvie Lucel, depuis longtemps déjà « passionnée du Bon Dieu et de la B.D. ». Déjanté à souhait, Frère Lucas (tiens !) associé à sa petite bande (à découvrir) fait son entrée dans le monde des nouveaux évangélisateurs. Il nous entraine dans des gags explosifs, à l’humour distancé (on aime ?), et aux exclamations branchées. Les diables verdâtres sont au rendez-vous du combat spirituel grâce à la « tagadataktik du diable » (p. 7) — merci C.S. Lewis (mais non pas celui d’Alice !) — et le petit angelot au sourire céleste, souvent hors cadre, intervient à point nommé au milieu des « cases » de la bagarre. C’est l’ange « Veriouel » (en anglais !) agent de la « com. » pour les « Nighy Fever ». Bref, dessin nerveux à souhait ; couleurs fluo (mais pas trop) et texte (un peu prolixe…) genre évangélisation directe (parfois cryptée) : « Jésus te kiffe grave », nous électrisent au long de ces aventures risquées… Un des prophètes de cette Bonne Annonce, comme un Jérémie découragé, dira : « Faut pas qu’j’en fasse de trop quand même ! » (p. 28). Mais c’est bien. Plutôt pour ado en phase et adultes décoincés. Heureux les branchés, ils seront émondés. — J. BURTON, s.j.


Spiritualité

HAUSMAN N., Il n’y a qu’un amour. Traversées spirituelles, Lagord (France), Le Livre ouvert, 2013, 14 × 21,5 cm, 208 p., 18,00 €.

C’est toujours un événement lorsqu’une directrice de revue offre une nouvelle publication ! Celle-ci, comme le note le cardinal G. Danneels dans sa préface, pourrait bien déconcerter le lecteur, tant les sujets qu’elle « offre sont nombreux et variés. C’est comme une grande corbeille pleine de textes à goûter durant de nombreuses soirées de lectures » (p. 5). Car le style alerte de son A., qui affectionne les « traversées » (cf. le sous-titre) et les parcours des sommaires ou des chroniques, ne doit pas méprendre : ce livre invite à réfléchir. La présentation en explicite l’argument : qu’en est-il de la vie, de la mort et de l’amour ? « Comment trouver Dieu », « comment mieux comprendre l’homme et l’aider à trouver Dieu ? » (p. 5). Les quatre parties qui composent l’ouvrage peuvent s’articuler comme suit. (1) Tout commence par l’Écriture dont on retient l’audace que l’Amour autorise (cf. Lc 7,36-50) et le témoignage de la victoire de la vie à même la chair mortelle. (2) Quelques figures spirituelles emblématiques sont ensuite présentées ; ce sont elles qui façonnent l’histoire de l’Église. (3) Elles introduisent à notre époque moderne marquée, après Auschwitz, par le duel de la mort et de la vie, duel que chaque individu vit dans le changement des « âges de la vie », en route, si possible, vers la véritable enfance. (4) Cette simplicité ultime introduit aux dévotions populaires et à certaines expressions de la liturgie qui représentent « la fine fleur de l’engagement du cœur croyant (p. 9) ». S’il est permis de donner des clés pour aider la lecture, j’en proposerais trois. Tout d’abord l’incipit de l’ouvrage. « La vie spirituelle est-elle accessible en dehors du langage qui l’énonce et surtout, de l’expérience où elle se représente sans cesse, au long des siècles chrétiens ? » (p. 8) Ne soyons donc pas étonnés que l’A. nous entraîne dans des réflexions herméneutiques ou des décryptages d’expérience. Ensuite, à l’autre bout du texte, nous lisons : « Après l’Ascension, toutes les manifestations [du Seigneur] tiennent dans le mystère de la Présence eucharistique » (p. 199). Affirmation fondamentale lorsqu’on en vient aux grandes expériences mystiques ou aux récits d’apparition. Enfin, la couverture même de ce beau livre, un magnifique détail d’une Vierge de l’Annonciation peinte par Arcabas où le visage presque effrayé de Marie dit quelque chose de l’Amour qui l’embrase. S’il y est beaucoup question de Marie, les mots peineront toujours à communiquer le mystère de la rencontre. Une fois le livre refermé, le lecteur est invité à « garder et à méditer toutes ces choses en son cœur ». — S. DEHORTER


GUIBERT J., La sagesse de la Croix, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2012, 14 × 22,5 cm, 256 p., 19,00 €.

L’A. est prêtre diocésain, consacré exclusivement depuis quelques années à la prédication de retraite. Son ministère l’a amené à contempler et prêcher particulièrement le mystère de la miséricorde divine. Dans le présent ouvrage, il s’attelle à un thème particulièrement difficile, celui du mystère de la croix. Il cherche patiemment à faire entrer son lecteur dans la question cruciale d’un juste regard sur la souffrance : celle du Christ et celle des hommes et des femmes de tous les temps. Avec précision et pédagogie, l’A. nous conduit d’abord à contempler « la croix dans la vie du Christ et la nôtre » avant de proposer au lecteur un chemin profond et plein de pondération pour se mettre « à l’école de la Croix » et en voir la fécondité. Un ouvrage nourrit à la source de la Parole de Dieu, du Magistère et des grands mystiques. Grâce à sa grande expérience pastorale, l’A. pose un regard renouvelé et respectueux sur le mystère central de notre vie chrétienne. — G. DE LONGCAMP, c.s.j.


HUOT DE LONGCHAMP M., Se confesser à l’école des saints, Mer-sur-Indre, Paroisse et Famille / Centre Saint-Jean-de-la-Croix, 2012, 11,5 × 16,5 cm, 170 p., 10,00 €.

Saluons ce remarquable ouvrage. Il se présente dans un petit format, illustré et coloré, qui le rendra sympathique au plus grand nombre. Il ne tient ni du vade-mecum, ni du sévère exposé doctrinal, ni d’une vulgarisation facile, mais présente un développement original. L’exposé, clair et accessible, affronte les questions pastorales liées au sacrement de réconciliation (faut-il se confesser ? Pourquoi avouer ? Qu’est-ce que l’examen de conscience ? etc.). Il les aborde dans leur contexte historique, théologique et spirituel, rendant au pénitent la perception de la dimension ecclésiale du sacrement et la conscience de son importance pour le Salut. À recommander. — Fr. DOMINIQUE, f.s.j.


GUIBERT J., Que vienne ta miséricorde !, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2011, 14 × 22,5 cm, 256 p., 16,00 €.

De Thérèse de l’Enfant-Jésus à Sœur Faustine et Jean-Paul II, un chemin de redécouverte de la miséricorde a été tracé dans la spiritualité et la théologie des derniers siècles. L’A. a parcouru pour lui-même ce chemin et tient à le faire découvrir à son lecteur. En quatre étapes balisées de manière très précise, le prédicateur cherche à sonder le mystère de la miséricorde divine à l’école de sainte Faustine Kowalska en lisant avec elle, pour ainsi dire, la révélation, le magistère et l’histoire de la spiritualité. Il s’agit donc d’abord de « poser les fondements de l’amour divin qui est inséparablement justice et miséricorde » (1re partie), pour pouvoir ensuite se laisser consoler par le Christ miséricordieux, ce qui va demander de réajuster notre relation à nous-mêmes, à Dieu et aux autres (2e partie). Ainsi serons-nous rendus capables de répondre à la miséricorde divine en l’accueillant et l’annonçant (3e partie) et enfin jeter un regard sur la fin ultime de l’homme (4e partie : « au soir de cette vie, nous serons jugés sur l’amour »). L’A. ne cherche pas tant à rendre compte de la révélation privée de sainte Faustine qu’à découvrir la miséricorde, telle qu’elle se révèle à la sainte polonaise. Un ouvrage mesuré, facile à lire, nourri de tradition. Même s’il est déjà un peu ancien, on tirera profit à la lire au lendemain de la canonisation de Jean-Paul II. — G. DE LONGCAMP, c.s.j.


Histoire

FÉDOU M., Les théologiens jésuites. Un courant uniforme ?, Bruxelles, Lessius (Petite bibliothèque jésuite), 2013, 11,5 × 19 cm, 144 p., 12,00 €.

Consultons l’index onomastique : nombreux furent les jésuites qui consacrèrent leur vie à la réflexion théologique (tous ne sont bien sûr pas évoqués vu les dimensions propres à la collection). Nombreux certes, mais aussi divers dans leur manière d’aborder cette discipline : un Lubac n’est pas un Rahner. Mais tous ont des points communs : leur appartenance à un même Ordre pour qui le travail théologique est une priorité ; un enracinement dans les Exercices spirituels ; le souci du service de Dieu et de l’Église. À cela, il faut ajouter une attention, souvent très fine, aux problématiques de leur époque. Pensons aux Canisius et Bellarmin au temps des Réformes ; à ceux qui rencontrèrent le jansénisme, aux premiers pas de ce qu’on appellera plus tard l’« inculturation » lors de la querelle des rites chinois, ou qui furent engagés dans la crise moderniste, à l’aventure extraordinaire des Sources chrétiennes, aux participants à Vatican II, ou encore à tout le travail, plus proche de nous dans le temps, dans les divers continents qui exigent que la proposition de la foi chrétienne se fraye un chemin original. N’eût-il pas été intéressant de présenter l’un ou l’autre théologien moins « bon » (à défaut d’un autre terme) : un Louis Billot eut une approche du thomisme certes figée ; un Léopold Fonck ne consonnait guère avec les positions d’un Lagrange ; ils n’en jouèrent pas moins un rôle de premier plan, sans doute pas toujours au bénéfice d’une bonne et saine théologie. Un petit livre qui mérite vraiment d’être lu : il fera apprécier toute la beauté de l’art du théologien. — B. JOASSART s.j.


Prière et liturgie

FRÈRES DE TAIZÉ, J. BERTHIER et J. GELINEAU, CD : Ô toi, l’au-delà de tout, Taizé, Les Presses de Taizé, 2012, 20 chants, 15,00 €.

L’introduction à ce CD explique combien la prière à Dieu, dans sa dimension communautaire et cosmique, s’exprime avec force dans le chant qui permet de dépasser les limites des seuls mots. Le CD reflète la prière de l’Église telle qu’elle est vécue à Taizé : les chants en ostinato ou en canon, par leur nature répétitive, appellent au recueillement et à l’approfondissement. Nous pouvons ainsi entendre des chants caractéristiques de Taizé, mais aussi le Notre Père, le Gloria, le Benedictus, diverses acclamations, et deux psaumes. Un beau CD qui nous conduit à la prière ! — V. FABRE


Laudes de l’office romain ; Sexte de l’office romain ; Vêpres de l’office romain, Le Barroux, Éditions Sainte-Madeleine, 2012, 15 × 22 cm ; 128 p., 80 p. et 104 p.

Poursuivant leur effort pour rendre accessible la liturgie romaine selon la forme extraordinaire, les éditions du Barroux viennent de publier trois fascicules et latin et français des principales heures de l’office romain. Les ouvrages, simples et soignés, pourraient être de beaux instruments de prière. Pourtant, il est dommage qu’ils ne soient pas accompagnés d’un liminaire expliquant la structure de l’office, les usages et la manière d’utiliser l’opuscule. Cela aurait permis aux esprits curieux de découvrir, voire d’utiliser ces offices dans leur prière personnelle, ce qui est pratiquement impossible, dans l’état actuel, pour le non-initié. — G. de LONGCAMP f.s.j.


ALLEGRIA, CD Live Frat 2012, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2012, 17 chansons, 15,05 €.

La joie communicative et l’enthousiasme manifeste des interprètes font de ce titre un excellent compagnon pour la prière en voiture comme pour les répétitions de chants des groupes de prière. Les plus jeunes y trouveront la mémoire du Frat 2012, les autres apprécieront quelques morceaux de bravoure et apprendront à chanter la louange de Dieu dans des rythmes contemporains. — Fr. DOMINIQUE, f.s.j.


DE SERVIGNY G., Orate fratres. La liturgie romaine selon la forme extraordinaire, Paris, Ad Solem (Liturgie), 2012, 13,5 × 21,5 cm, 168 p., 21,00 €.

Au vu du sous-titre de l’ouvrage, on s’attendrait à une étude historique et théologique de la forme extraordinaire. Il n’en est rien. L’auteur se livre plutôt à une analyse théologique de la liturgie romaine et de ses fondements scientifiques et historiques, pour pouvoir en comprendre l’évolution, non seulement jusqu’en 1962, mais jusqu’à aujourd’hui. Ainsi se refuse-t-il à toute dialectique entre la forme ordinaire et la forme extraordinaire. Fort de ses réflexions sur le développement de la liturgie, il s’attache plutôt à montrer les richesses théologiques et pédagogiques de l’ancienne forme. Au delà de toute polémique stérile, à travers ses remarques théologiques, il interroge des aspects essentiels de la célébration sur lesquels la réforme s’est concentrée : l’offertoire, la participation des fidèles, la concélébration. Il cherche à dégager le sens profond de ces divers éléments et pousse, par là,le lecteur à sortir d’une dialectique d’opposition pour voir le rite romain dans son unité. Un ouvrage simple et riche qui se lit facilement et que beaucoup, théologiens de métiers comme fidèles curieux de mieux comprendre et de mieux vivre la liturgie, pourront mettre à profit. — G. DE LONGCAMP, c.s.j.


Questions

Fr. EUVÉ, Mathématiques, astronomie, biologie et soin des âmes. Les jésuites et les sciences, Bruxelles, Lessius (Petite bibliothèque jésuite), 2012, 11,5 × 19 cm, 152 p., 12,00 €.

Dans la nouvelle collection « Petite Bibliothèque Jésuite » des éditions Lessius dont le but est de présenter les multiples facettes de la tradition jésuite, ce nouvel ouvrage est de grand intérêt. En effet, en se concentrant sur trois domaines : mathématiques, astronomie et biologie, il nous explique, dans le sillage de plusieurs historiens des sciences, qu’il a bien existé une « science jésuite » et non pas simplement quelques scientifiques jésuites. François Euvé, enseignant au Centre Sèvres (Paris), nous propose un parcours à travers quelques figures et champs d’activité, par exemple : les relations entre Galilée et les savants jésuites ; la mission scientifique en Chine ; l’aventure des observatoires ; l’histoire de la nature avec notamment Pierre Teilhard de Chardin. Ce parcours fait ressortir « la perception d’une certaine connivence entre “la manière de faire” ignatienne et l’ouverture d’une esprit de recherche, caractéristique de la science moderne » (p. 12). La conclusion de l’ouvrage précise cela en trois points : confiance en la raison humaine ; l’esprit de recherche ; la passion de l’unité. — V. FABRE


MANUEL Chr., La voix de l’autre. Entendre la pauvreté, Genève, Labor et Fides / Novalis, 2012, 15 × 23 cm, 86 p., 14,00 €.

La présente brochure reproduit six articles parus dans un numéro de la revue La chair et le souffle, dirigée par Lytta Basset. Ils traitent de l’« échec de l’humanité » que constitue la grande pauvreté des gens de la rue, sans oublier d’autres manques criants : santé, culture, affection… Au menu : un chemin vers la beauté : l’atelier d’écriture (« Une boîte aux lettres… avec mon nom… enfin ! ») ; une descente « à fond de cale » chez les plus démunis en leur tenant la main, même quand on ne peut les aider à remonter ; deux questions lancinantes : comment en sont-ils arrivés là ? comment s’adaptent-ils à ce « biotope » destructeur de la rue ; une invitation à repenser toute notre vie à partir des pauvres, à laisser leur expérience de vie nous questionner : ils sont nos maîtres ; le message de Helder Camara : dépasser l’assistancialisme et vouloir la justice pour assurer la paix. Conclusion : considérons les progrès de la société à l’aune de la qualité de vie du plus démuni et du plus exclu. — P. DETIENNE, s.j.


Vie consacrée

AA VV, Chemchem. Former à la chasteté — Bulletin annuel des Instituts de philosophie et de théologie des Salésiens de Don Bosco au Congo, Lubumbashi, Éditions Don Bosco (n° 12), 2012, 14,5 × 20,5 cm,
184 p.

La 1re partie de ce numéro de la revue des Salésiens du Congo reprend les principales contributions à un colloque sur la formation à la chasteté en vue du Royaume. Pour bien comprendre et vivre la chasteté, il convient d’abord d’intégrer la sexualité dans sa dimension culturelle et psychologique (1re et 2e contribution). On pourra alors mieux comprendre comment les relations tissées dans la communauté religieuse permettent d’ouvrir un chemin pour vivre la chasteté (3e contribution) et découvrir la fécondité du célibat (4e contribution). Le lecteur européen trouvera profit à voir comment sexualité et chasteté sont regardées dans cette région du centre-est de l’Afrique. Prendre en compte la dimension culturelle de la sexualité et la manière dont elle peut avoir marqué celui ou celle qui veut se consacrer à Dieu est essentielle. On regrette pourtant que des présentations assez « techniques » (sociologiques ou psychologiques) de la sexualité ne dégagent pas mieux les enjeux de ces situations pour la formation des futurs consacrés. — G. DE LONGCAMP, c.s.j.


DE SAINT PRIEST D’URGEL Ch. (dir.), Confraternités laïques. Béguines, œuvres de jeunesse, pénitents dans la France méridionale du Moyen Âge à nos jours, Paris, L’Harmattan, 2012, 13,5 × 21,5 cm, 126 p., 13,50 €.

En 2011 s’est tenue la 12e journée d’étude du Centre d’études d’histoire religieuse méridionale. Sept orateurs y ont traité des Confréries laïques. Retenons-en quelques thèmes : la vie quotidienne des béguines d’après un manuscrit occitan, la Vida de la béguine joachimite Douceline (1214-1274) ; l’utilisation, dans les étendards de procession, du thème de la Vierge de miséricorde, illustré par le peintre italien Pietro de Domenico ; la réaffectation des chapelles de pénitents : du culte à la culture ; la signification, au XXIe siècle, des confréries de pénitents. N.B. : François d’Assise est présenté comme le propre frère de sainte Claire. — P. DETIENNE, s.j.


Fondements

TORRELL J.-P., Résurrection de Jésus et résurrection des morts. Foi, histoire et théologie, Paris, Cerf (Épiphanie), 2012, 14,5 × 21,5 cm, 256 p., 20,00 €.

« Si tu crois avoir compris, tu es passé à côté ! », disait saint Augustin. L’A. relève ainsi le défi d’approfondir le mystère de la résurrection. L’A. fonde son étude sur l’enseignement de saint Thomas d’Aquin bien entendu, et, plus largement, il mène l’enquête dans le Nouveau Testament à la lumière des lectures patristiques et magistérielles. Quelques « Questions complémentaires » situent les enjeux de la foi en la résurrection dans le débat philosophique et religieux contemporain. Un dossier de textes choisis et des bibliographies thématiques clôturent cet ouvrage remarquable de pédagogie et de clarté. — Fr. DOMINIQUE, f.s.j.