« Réjouissez-vous… », commence la première Lettre circulaire que notre Dicastère (la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique) publie en vue de l’année dédiée à la vie consacrée, qui s’ouvre le 30 novembre prochain pour s’achever le 2 février 2016. Un titre superbe, pour un temps qu’on espère d’allégresse et de renouveau. Puisqu’« il y a treize verbes dans la Bible » pour « décrire la joie de Dieu, celle des personnes et même celle de la création », le Pape François, constamment cité, y invite à « défi nir notre vocation avec joie et passion », à entrer en quelque sorte dans le dialogue de tendresse et d’affection où Ruth est consolée par Booz parlant à son coeur (Rt 2,12), de manière à consoler à notre tour le peuple du Seigneur (Is 40,1), en portant à tous, dans « une tendresse eucharistique », l’étreinte de ce Dieu qui se courbe vers nous comme une mère. Le chemin de nos vies doit « mûrir jusqu’à la paternité pastorale, jusqu’à la maternité pastorale », et aller vers les « périphéries existentielles », tout en nous engageant à « déstructurer les modèles sans vie » pour « raconter l’humain marqué par le Christ ». Dans nos maisons de prière, la lampe de l’espérance de Marie au Saint Samedi « est-elle encore allumée ? » — « ou bien, sommes-nous médiocres et nous contentons-nous de nos programmations apostoliques de laboratoire ? ». Il faudra revenir sur de telles sommations.

Notre numéro d’été s’ouvre par une introduction du Père X. Dijon, s.j. à la démarche spirituelle du chapitre d’élections ; choisir la personne qui gouvernera l’institut avec son conseil, c’est entrer ensemble dans plus d’obéissance, de pauvreté, de chasteté, mais aussi, mieux recevoir la paternité de Dieu, participer davantage à la vie du Fils, goûter plus intimement aux joies de l’Esprit ; bref, vivre plus ecclésialement.

Mgr É. de Moulins-Beaufort médite ensuite sur la vocation de prêtre aujourd’hui : pourquoi, en vue de quoi être prêtre au XXIe siècle ? L’unique bon Pasteur, l’unique Porte des brebis, Celui par lequel tous nous sommes pardonnés et nourris d’éternité, s’est donné des apôtres qui poursuivent avec les disciples le chemin du salut offert à tous les hommes ; quelques gestes, quelques paroles sont ainsi remis pour que la puissance de Dieu pénètre la liberté humaine de la vie de Jésus.

Revenant sur la figure du Pape François, le Père B. Malvaux, s.j. propose de dégager de ses premières interventions quelques interpellations pour la vie consacrée, assez percutantes en effet. Nous remercions particulièrement l’auteur, maintenant requis à Rome comme Procureur général de la Compagnie de Jésus, des aides précieuses et innombrables qu’il a si généreusement apportées, dans nos régions et au-delà, à la cause canonique et théologique de la vie consacrée.

L’énigmatique Hadewijch d’Anvers fait l’objet des pages que le Père R. Jahae, o.m.i. consacre à sa doctrine spirituelle, en montrant son actualité dans un monde sécularisé ; l’expérience personnelle de l’amour qui l’emporte, en se fondant dans la vie du Christ, pourrait bien correspondre aux requêtes de ceux-là même qui répugnent à voir la ferveur de l’amour s’institutionnaliser.

La chronique annuelle du Professeur D. Luciani nous conduit par monts et par vaux dans les découvertes de l’exégèse la plus récente, pour ce qui concerne l’Ancien Testament et le Judaïsme. Beaucoup d’acribie, une pincée d’humour et une immense passion pour « le livre biblique dans sa globalité » tiendront en haleine les amis des surprises et des découvertes.

Les recensions d’ouvrages récents et l’annonce de ceux qui nous sont arrivés depuis peu achèvent le parcours.

N’hésitez pas à visiter notre site, qui d’année en année enrichit le nombre d’articles disponibles au téléchargement. Notre revue se prépare à l’année de la vie consacrée : faites-la connaître, elle est en français le seul périodique généraliste indispensable à la réflexion et, pour autant, le plus ouvert sur l’action !