Frère Gribouille découvre le sommaire

- Frère Gribouille découvre le sommaire

Pierre DEFOUX, S.J.

-Mondialisation !

Mondialisation ! Cédons-nous à la mode ? Il est vrai que s’enquérir sur ce thème, en cherchant sur la toile d’internet, récolte de nombreuses pages et références diverses. Mais déjà la 60ème Assemblée des Supérieurs Généraux (U.S.G.) de mai 2002 avait fait sienne cette préoccupation en centrant ses travaux autour de :« Economie et mission dans la vie consacrée aujourd’hui ». C’était d’ailleurs poursuivre une réflexion commencée bien avant (en décembre 2000, Commission théologique U.S.G. de la 58ème Assemblée), où la conscience de notre responsabilité en tant que réalité ecclésiale présente « à toutes les nations » s’interrogeait en ces termes : « A l’intérieur de la mondialisation : vers une communion pluricentrique et interculturelle. Implications ecclésiologiques pour un gouvernement de nos instituts ». Il ne nous est donc pas apparu que c’était là une problématique que nous n’aurions pas à faire nôtre dans les pages de Vie consacrée. Lue dans plus de cent pays, notre revue aussi participe de cette prise de conscience qu’il y a là un défi pour tous au service d’une plus grande justice et d’une présence « consacrée » auprès des plus pauvres. Bien que parfois ardues, nous espérons que ces études proposées ici éclaireront notre engagement, notre réflexion et encore nourriront notre prière.

-La mondialisation : un défi pour les religieux

Ignace BERTEN, O.P.

Bien au courant de cette question de longue date et confronté à elle par ses travaux au centre « Espaces » (Spiritualité, cultures et société en Europe), le père Ignace Berten nous introduit clairement à l’intelligence de ce qui est en question quand on parle de « mondialisation ». Comme toute réalité humaine, cet état de l’économie présente des chances, des risques et des défis car il y a aussi à craindre, on ne le voit que trop bien, des dégâts provoqués par un emballement incontrôlé des processus en cause. Se plaçant alors du point de vue de l’Europe et des acteurs de la vie civile, l’auteur nous situe devant une question cruciale : celle de notre engagement, indiviiduel et d’institut, dans des actions « citoyennes » (dites de la « société civile »), souvent non confessionnelles, où nous avons à assumer une forme de présence « en raison du Royaume ». Cette question, qui touche aussi à celle de nos « oeuvres », est posée. Mais nous avons à y répondre selon les « charismes » propres de nos instituts qui participent de la présence universelle de l’Eglise à l’histoire des hommes.

-Valeurs humaines et mondialisation économique

Michel CAMDESSUS, S.J.

De manière plus technique et détaillée, la contribution de M. Camdessus, déjà publiée dans une revue peu répandue dans nos communautés, informée par « treize années de service international au cours desquelles je me suis vu confronté à certaines des manifestations brutales, effrayantes ou éclatantes de ce phénomène », offre surtout de réfléchir sur les valeurs auxquelles il faut faire référence pour proposer une analyse et argumenter une appréciation de la situation actuelle. On ne s’étonnera pas que le président des Semaines Sociales de France insiste sur la responsabilité (« prise en charge du plus fragile », pour Ricoeur) et la solidarité comme valeurs cardinales à promouvoir. Il y a des raisons d’espérer et d’agir. Une attention particulière est accordée à l’Afrique, si délaissée par les programmes actuels d’aide, dans la description du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique« (NEPAD). Humaniser la mondialisation, une utopie ? En tous cas, cette entreprise luttera contre ce dont nos sociétés avancées souffrent le plus : »le déficit de sens« .

-Prophétisme de la vie religieuse et mondialisation

Pierre SAUVAGE, S.J.

En praticien attentif de l’histoire contemporaine et en connaisseur parfaitement documenté des mouvements d’idées et de doctrine dans l’Eglise catholique, Pierre Sauvage nous offre ici, dans une grande partie, une présentation très complète de ce qui a été, d’abord, la reconnaissance à Vatican II de l’exigence prophétique inhérente au charisme de la vie religieuse, et de ce qui a été, ensuite, son lien intrasèque avec la promotion de la justice et le dialogue avec les cultures. La deuxième moitié de l’article peut alors montrer comment cette prise de conscience mondiale (fortement marquée, prise en considération, dès les années 1996-1997, du phénomène économique de la mondialisation ultra-libérale du marché. Jean-Paul II, dans Vita consecrata, n’écrivait-il pas : »A notre époque caractérisée par la mondialisation (...) les instituts internationaux ont une responsabilité particulière d’entretenir le sens de la communion (...)«  ? Quelles réponses ont été données à cette interpellation ? Les présenter, qu’elles soient d’Europe occidentale, d’Afrique ou d’Amérique latine, n’est pas se glorifier, tant s’en faut, mais reconnaître que »la tâche (...) est loin d’être terminée« . Est-ce là un »kairos« pour la vie consacrée ?

-Ermites et ermitages

Anne BAMBERG

L’article »Ermite reconnu par l’Eglise« paru dans VC 2002/02 se terminait (dans la notice présentant l’auteur), par l’évocation du projet de fondation de l’ermitage paroissial Saint-Léon IX (La Hoube, Dabo, France). Voilà ce projet réalisé. C’est donc la description de cette fondation, qui nous est proposée ici. Mais à travers les prescriptions canoniques et les directives administratives (un peu particulières dans un diocèse concordataire) qui entourent cette entreprise, c’est surtout l’esprit qui préside à cette à cette »aventure« qu’il nous est donné de percevoir. Particulièrement intéressante est l’idée architecturale de ménager deux espaces de vie distincts permettant deux formes de retraite : la Solitude et la Cellule de l’ermite en favorisant une occupation différenciée de ce qui constitue la fondation pieuse Ermitage Saint=Léon IX. Une abondante bibliographie en note apporte de surcroît les indications nécessaires à la poursuite de la réflexion sur ce sujet sensible en notre temps de »recherche d’intériorité« .

-La »seconde conversion« 

François-Régis WILHELEM, Notre=Dame de Vie

Arrive un moment, plaise au ciel que nous y consentions, où il s’agit, dans la vie spirituelle, de »passer« de la »gestion de sa vie« à la »conduite de l’Esprit« . Cette Pâque délicate est pour toute vie chrétienne une épreuve de dessaisissement, d’abandon dansla confiance en Dieu seul, où il est question de cette gracieuse mutation du serviteur en ami. Les auteurs spirituels (Thomas d’Aquin, Thérèse de Lisieux, Jean de la Croix, le père Louis Lallemant, le père René Voillaume...) appelés à rendre compte pour nous de cette »seconde conversion« , de ce »second appel« , apportent leur soutien fraternel en balisant le chemin. Il reste que, dans cette »nuit du sens« , seul l’Esprit, si on y est docile, conduit Marthe et Marie en nous à l’union à Dieu, qui nous vide et nous comble, dans la Charité.

-Communauté et autorité : une tension pour la vie ?

Noëlle HAUSMAN, S.C.M. »Une des questions les plus difficiles, dans les formes dites instituées de la vie consacrée (...)« , commence d’emblée la réflexion proposée dans ces pages. Il faudra donc faire appel à la psychologie des groupes et de leur leadership, à la sociologie des »NMR« (Nouveau Mouvement Religieux) à la symbolique de la »paternité/maternité" mise en oeuvre dans l’exercice de l’autorité (monastique, entre autres) pour enfin proposer une lecture théologique (encore nourrie de réflexions fournies par les sciences humaines) de ce qui est en jeu dans ce rapport, souvent conflictuel, quel que soit le mode de gouvernement pratiqué, entre la tête et le corps de cette persona mystica que focalise l’apostolicité de la mission et son inscription dans l’universalité de l’Eglise. Très synthétique, ce texte exigeant demande des développements que l’on peut espérer encore à venir mais, déjà, beaucoup de notations apportent matière à réflexion en ce qui concerne le discernement communautaire par exemple.

-Renseignements bibliographiques

-Comptes rendus

-Ouvrages envoyés à la Revue