« Vie consacrée » est devenue « Vies consacrées » ! Quarante ans après la transformation de la Revue des Communautés religieuses en Vie consacrée, nous voici au début d’une nouvelle aventure, symbolisée par ce titre de Vies consacrées qui veut faire droit à la variété des formes de l’engagement pour Dieu seul, dans l’unique Église du Christ...

« Vie consacrée » est devenue « Vies consacrées » ! Quarante ans après la transformation de la Revue des Communautés religieuses en Vie consacrée, nous voici au début d’une nouvelle aventure, symbolisée par ce titre de Vies consacrées qui veut faire droit à la variété des formes de l’engagement pour Dieu seul, dans l’unique Église du Christ. Il faut répéter ce que nous écrivions dans l’éditorial du dernier des numéros publiés sous la direction du Père J.Burton : la chasteté pour le Royaume est la porte d’entrée d’un état de vie qui se diffracte ensuite sous des figures diverses, connues ou reconnues, inconnues aussi. Nous voudrions mettre à la disposition du plus grand nombre l’immense patrimoine de réflexion et d’action qui anime partout dans le monde le dynamisme de cette vocation née de l’Évangile et qui en perpétue modestement la mémoire, dans l’actualité vive de notre temps.

Que peut une Revue, même vénérable (nous venons de fêter ses trois-quarts de siècle), pour aider la vie consacrée, dans ses formes toujours singulières, à voguer sur les flots sans rivage de la modernité ? Faire résonner de temps à autre (désormais, quatre fois l’an) la petite voix de l’espérance, sous le mode évidemment fort mineur de l’analyse, du témoignage, de l’exhortation peut-être, de la formation sûrement. Le premier numéro de cette année est ainsi mis sous le signe de notre fête propre, la Présentation du Seigneur, commentée par Paul Favraux. Puis on s’attaque, avec Kristoff Talin, à l’examen d’une étude sociologique sur la refondation des instituts religieux, en Europe et en Amérique du Nord. Ne manquons pas de méditer, grâce à Pierre Piret, sur la vocation au ministère sacerdotal, qui n’est pas étrangère, pensons-nous, à nos préoccupations. Un prix Nobel de la Paix, nous rappelle Pierre-Yves Materne, fut accordé au Père Dominique Pire, dominicain préoccupé de rendre aux pauvres de son époque un peu d’humanité. Pour nous Européens, la récente exhortation apostolique postsynodale demeure, selon Noëlle Hausman, à lire comme une révélation. Une imposante bibliographie permettra d’achever la lecture de ce numéro inaugural en se promenant par les chemins que nous retraçons.

Notre renouveau ne s’achève pas ici. Nous espérons améliorer, de trimestre en trimestre, le choix de nos rubriques aussi bien que leur lisibilité. Nos lecteurs, anciens et nouveaux, nous honoreraient beaucoup s’ils nous assistaient de leurs conseils, de leurs remarques ou suggestions, voire, s’ils nous offraient l’une ou l’autre contribution. Nous désirons d’ailleurs aller à leur rencontre, en fréquentant, du côté catholique, les réunions spécifiques des membres de la vie religieuse, des instituts séculiers, des sociétés de vie apostolique, etc. (ce qui est déjà en cours, pour le Canada, la France, la Suisse, ...). Nous nous emploierons aussi, disions-nous, à retrouver les sources qui nous viennent de l’antique tradition orthodoxe, des communautés ecclésiales protestantes ou réformées, de la communion anglicane. Nos lecteurs aidant, nous tâcherons de poursuivre l’effort d’entraide pour soutenir plus d’une communauté qui ne peut s’offrir un périodique jugé si propice à sa réflexion.

Notre tâche, répétons-le, consiste à montrer, par la voie d’une revue modeste et d’un prix abordable, que la vie consacrée sera demain celle que Dieu espère, si d’aventure nous sommes aujourd’hui fidèles à son inspiration.