Comptes rendus de livres ...

Spécial Taizé


-FRÈRE JOHN, de Taizé, Vers une terre de liberté - Une relecture des dix commandements, Les Presses de Taizé, 2002, 21 x 13 cm, 168 p., 12,50 E

« Ainsi trouve-t-on l’Evangile en puissance dans la Loi et voit-t-on que les Evangiles se comprennent appuyés sur le fondement de la Loi. » Cette citation d’Origène (Homélies sur les Nombres, IX, 4) qui clôt le livre de Frère John indique parfaitement son contenu et sa pédagogie. Un va-et-vient entre les deux recensions des dix paroles dans les « deux tables » de l’Alliance première (Ex 20 ; Dt 5) ouvre déjà « à des horizons libérateurs » (p. 13) ; mais encore, les ouvertures vers l’Alliance accomplie en Christ dégagent, en filigrane, le sens plénier de la Loi sous laquelle l’Esprit du Seigneur nous donne d’oeuvrer en vie éternelle. Ces pages reprennent les introductions bibliques faites dans le cadre des rencontres de jeunes sur « la colline ». Elles sont très denses, simples pourtant et propices à des échanges en groupes. Pour jeunes adultes ou grands adolescents motivés à découvrir « l’étonnante actualité d’un texte marqué du sceau de l’Origine ». Ce serait aussi à méditer lors d’un « désert » de dix jours en marche ou en solitude.
J. BURTON, S.J .

-FRÈRE FRANÇOIS et FRÈRE PIERRE-YVES, de Taizé, Le don d’une présence, Les Presses de Taizé, 2002, 21 x 15 cm, 174 p., 14,00 E.

C’est une introduction, plus que substantielle, à la prière et à la contemplation, au « demeurer » auprès de Dieu, que nous offrent les deux frères de Taizé coutumiers des démarches conjointes bien que distinctes (déjà La méditation de l’Ecriture et La grâce de ta Loi publiés aux éd. De Bellefontaine en 1975 et 1988). Cette approche croisée convient bien particulièrement ici où il est question d’apprendre à correspondre au « désir de répondre, par un élan de tout l’être, à ce don que Dieu nous offre de sa mystérieuse Présence » (p. 9). Il s’agit de la « quête contemplative de son visage ». Deux approches donc, dont l’une puise aux ressources mystiques des premiers cisterciens commentant le Cantique des cantiques (Bernard, Gilbert de Hoyland et Jean de Ford), elle est du Frère Pierre- Yves, et l’autre de facture plus « pratique » ou « théorique » (Comment s’éveiller à cette présence ? Comment demeurer en elle ? Comment comprendre qu’une certaine souffrance semble presque toujours inhérente à cette Présence ? Cf. p. 69). Ce deuxième volet est d’ailleurs alternativement confié aux deux frères. Ils tracent avec nuances l’itinéraire de cette « quête de Dieu » épousant les tours et les détours d’une « aventure » où il est requis beaucoup d’humilité, de docilité, d’obéissance allant de ce « face à face à l’intériorité » dans une expérience toujours déroutante : « Dieu à ma droite, moi à sa droite » (p. 116) et surtout, dans sa profondeur trinitaire : « Dieu plus moi que moi ». On connaît la limpidité et la simplicité de l’expression caractéristique des publications de Taizé toutes imprégnées du ton de Frère Roger. Ici, comme en écho à ses paroles méditatives, nous avons une élaboration plus réflexive de « ce qui se passe » sur la colline où tant de milliers de jeunes ont fait l’expérience de la Présence. L ’inspiration, nous l’avons indiqué, est cistercienne mais les derniers chapitres sont de théologie spirituelle fortement scripturaire. À recommander à tout groupe de partage un peu sérieux sur la prière, l’oraison, la contemplation, et préoccupé de tout ce qui touche à l’« intériorité », cette notion si ambivalente dans le discours imprécis des médias à teinte religieuse d’aujourd’hui.
J. BURTON, S.J .

-« Cherchez et vous trouverez » - Questions sur la foi et la Bible, Les Presses de Taizé, 2004, 13 x 21 cm, 184 p., 11,00 E.

Les familiers des « Lettre de Taizé » mensuelles connaissent bien - comment les désigner ? - ces « notes doctrinales et bibliques » proposant une réflexion d’allure catéchétique. Elles proposent une réponse aux questions « naïves » qui doivent s’entrecroiser dans les groupes de partage sur la colline où se rassemblent chaque année des dizaines de milliers de jeunes de tous pays. Questions « naïves » mais aussi essentielles du genre : « Qu’est-ce qui a permis aux disciples de comprendre le sens de la Croix ? ». Les éléments de réflexion sont offerts dans de brefs parcours scripturaires exclusivement. En ce sens, le sous-titre du livre annonçait bien la couleur : c’est la Bible qui est interrogée et apporte sa « réponse ». On peut citer les titres de onze chapitres (Dieu : son identité, son activité (I et II), Jésus : son identité, son message, sa mort et sa résurrection (III, IV, V), L’Esprit, l’âme et la mort (VI), La prière (VII), La Bible et l’Eglise (VIII), Le péché et le pardon (IX), Sur les traces du Christ (X) et La joie, la paix, l’espérance (XI). Ils collectent chaque fois cinq ou six questions rassemblant une « matière » couvrant l’essentiel de la foi et de la vie (charité) de l’espérance chrétienne. Le style est très sobre, sans apologétique au sens où une « préparation » faisant appel à l’expérience « pré-croyante » et à son intelligence serait explicitement requise (elle est, évidemment, sous jacente ne serait-ce que dans les questions des jeunes où elle se dit). Pas d’argumentation donc ni de « problématisation » mais un exposé paisible de la foi évangélique. Comme tel, c’est excellent et à recommander sans réserve pour un parcours avec des jeunes... et des moins jeunes qui cherchent, demandent et à qui il sera ouvert.
J. BURTON, S.J .

Vie de l’Eglise


-RATZINGER, J. (Card.), L’Europe, ses fondements, aujourd’hui et demain, Saint-Maurice, Ed. Saint-Augustin, 2005, 14 x 21 cm, 18,00 E.

« Le dernier livre du Cardinal Ratzinger », titre fièrement, et avec raison, l’heureux éditeur. C’est en effet un ouvrage-clé qui nous est proposé, sous sa belle jaquette, pour comprendre la pensée du nouveau Pape au sujet de l’Europe. Composé à partir de conférences, préfacé par l’auteur en date du 23 juillet 2004, le livre comporte trois parties : qu’est-ce que l’Europe ? ; politique et morale ; responsabilité à l’égard de la paix. La première partie réfléchit d’abord aux fondements spirituels de l’Europe, hier et aujourd’hui (« L’Europe n’est pas un continent que l’on peut nettement saisir en termes de géographie : il s’agit en réalité d’un concept culturel et historique », 12 ; « Sur bien des points, le socialisme démocratique était, et reste, proche de la doctrine sociale catholique », 30). Le second chapitre reprend la question « qu’est-ce que l’Europe » ? et, comme plusieurs autres, retrace l’histoire commune, morale, économique et politique, de cette communauté unique de peuples en quête de paix (« En vérité, la rationalité est une marque essentielle de la culture européenne », 49). La seconde partie considère d’abord les visions et les pratiques politiques (avec un délicieux moment d’humour, au sujet du mot « conservateur » dans la Rome antique, 54), et pointe la renaissance du courant apocalyptique (non chrétien) au XX e siècle, contredistinguée de l’apocalyptique du Nouveau Testament. En conséquence, la politique est le terrain de la raison morale, non de la production de mythes, et son lieu est le présent ; la majorité ne peut être le principe ultime des valeurs ; la liberté ne permet pas de dénigrer la foi de l’autre (pas même du chrétien) ; la foi peut contribuer à la mise en évidence des valeurs fondamentales ; le martyre concourt au rétablissement de la raison. Ainsi, montre le chapitre IV, il existe des bases morales et prépolitiques à l’Etat (c’est la très célèbre conférence de 2004, donnée à Munich, en réplique à celle de J. Habermas et heureusement reproduite ici). La troisième partie reprend quatre exposés, d’allure sereine et méditative, proposés à l’occasion du soixantième anniversaire du débarquement des Alliés en France (le Cardinal y était légat du Pape) ; l’ouvrage s’achève ainsi sur l’étonnant discours prononcé au cimetière allemand de La Combe (« Quiconque aujourd’hui veut construire l’Europe comme bastion du droit et de la justice, susceptible de valoir pour tous les hommes de toutes les cultures, ne peut se réclamer d’une raison abstraite, qui ignore Dieu et n’appartient à aucune culture précise, mais qui prétend mesurer toutes les cultures à l’aune de son propre jugement », 141). Un grand ouvrage donc, qui s’achève sur une simple conviction : « la terre peut devenir lumineuse et le monde peut être humain à une seule condition : laisser Dieu entrer dans notre monde ».
N. H AUSMAN, S.C.M..

Vie consacrée


-CABRA, Pier Giordano, Tú, Sígueme ! Curso breve de vida consagrada, Madrid, Ediciones Claretianas, 2005, 283 p.

Comme le sous-titre de l’ouvrage l’indique, nous avons affaire ici moins à un essai sur la vie consacrée qu’à un manuel présentant de manière synthétique les principaux traits d’une théologie de la vie consacrée pour aujourd’hui. Une première partie retrace les grandes étapes du développement de la vie consacrée dans l’histoire, depuis son enracinement évangélique jusqu’à l’Exhortation apostolique Vita consecrata - on relèvera particulièrement une intéressante présentation des différentes écoles spirituelles de la vie consacrée à travers les siècles. La seconde partie du livre se présente comme un catéchisme élémentaire de la vie consacrée, qui expose successivement ses fondements bibliques et théologiques, ainsi que les dimensions essentielles de la vie consacrée que sont la mission, les trois conseils évangéliques et la vie fraternelle en communauté. L’A., théologien bien connu de la vie consacrée, nous offre ici une sorte de compendium sur le sujet, fortement nourri de Vita consecrata . Il met en évidence les grands débats qui ont agité la théologie de la vie consacrée ces dernières années, n’hésitant pas à prendre clairement parti. On ne le suivra pas nécessairement dans tous ses choix (ainsi, l’option de faire remonter la vie consacrée aux douze apôtres eux-mêmes ne fera certainement pas l’unanimité, pas plus que son insistance sur le fait que, si le mariage est un bonum, le célibat consacré est un melius), mais on reconnaîtra la clarté de son propos, qui fait bien le point sur l’état de la doctrine magistérielle et de la réflexion théologique sur la vie consacrée aujourd’hui. Cet ouvrage sera ainsi particulièrement bienvenu dans les noviciats, les instituts de théologie et les différents lieux où la vie consacrée est enseignée.
B.MALVAUX, S.J.

Spécial Taizé


-MTZ DE ILARDUIA, Juan Mari, El proyecto comunitario.Camino de encuentro y comunión, Vitoria-Gasteiz, Editorial Frontera, 2004, 16 x 23 cm, 168 p.

L’ aggiornamento post-conciliaire de la vie religieuse a particulièrement mis en évidence la dimension communautaire de celle-ci, la communauté étant à la fois un don de Dieu et une tâche pour les frères ou les soeurs qui la constituent. En tant que don, la communauté est à recevoir ; en tant que tâche, elle est également à construire. Dans cette construction, le projet communautaire est appelé à jouer un rôle essentiel. C’est sur l’élaboration et la mise en oeuvre de ce projet communautaire que l’A., lui-même franciscain et directeur de l’institut de sciences religieuses de Vitoria, fait porter ici sa réflexion. Comme la langue d’Ésope, le projet communautaire peut être la meilleure ou la pire des choses. S’il se réduit à une simple programmation des activités et des horaires communautaires ou à la somme des projets personnels des membres de la communauté, il ne favorisera certainement pas la croissance de cette dernière. Pour qu’il aide véritablement à construire la communauté, il est nécessaire qu’un certain nombre de présupposés soient rencontrés : présupposés anthropologiques d’abord, où l’on considère l’être humain comme un processus de croissance et la communauté comme chemin vers une rencontre de communion ; présupposés théologiques également, dans le cadre d’un projet de vie religieuse axé sur l’appel, la fraternité et la mission ; présupposés psychosociaux, enfin, de relation, d’acceptation mutuelle, de capacité d’analyse de la réalité. Ce n’est que si ces présupposés sont rencontrés, au moins partiellement, qu’on peut passer à l’élaboration proprement dite d’un projet communautaire. Si l’ouvrage n’échappe pas à une certaine « inflation verbale », il fournit néanmoins un certain nombre d’outils précieux susceptibles de favoriser la mise en oeuvre fructueuse de projets dynamisant la communauté sur son chemin de croissance.
B. MALVAUX, S.J.

Témoins


-GÉRAUD, G. (éd.), Maurice Zundel, ses pierres de fondation. Textes choisis et présentés par le père Gilbert Géraud, Québec, Anne Sigier, 2005, 16,5 x 23 cm, 317 p., 20,00 E.

Les éditions Anne Sigier poursuivent la publication de textes de M. Zundel. Alors que cela fait trente ans que s’est éteinte sa voix de feu, des lecteurs qui ne l’ont pas connu « selon la chair » se nourrissent de sa pensée, et aspirent à en découvrir mieux des pans inédits. Le P. Gilbert Géraud propose ici une quinzaine de textes d’origine diverse ; l’un renvoie à l’année 1948, les autres vont de 1961 à 1973. M. Zundel n’avait de cesse d’inviter son interlocuteur à naître, devenir humain, (oser) se (laisser) libérer des entraves qui l’empêchaient jusque là d’épanouir une vie qui rendre gloire au Créateur. Si en exergue de chaque texte, l’éditeur épingle quelques traits, le lecteur ne manquera pas d’enrichir son collier de perles : révélation sans cesse réitérée d’un Dieu qui ne se lasse d’éveiller et réveiller, renonçant à s’approprier, trouvant sa joie dans la fécondité que peut acquérir l’existence de ses enfants. Nous sommes aux antipodes d’un « Dieu rabougri » (p. 31). Que la pensée de Zundel se déploie (cf. le cycle de conférences à Saint- Séverin en 1961) ou qu’elle soit plus ramassée, elle est invitation pressante à pratiquer le sacrement du frère/de la soeur : « Il faut vivre autrui comme soi-même, éprouver du dedans... » (p. 66) ce qu’il/elle peut vivre pour prétendre l’interpeller d’une Heureuse Nouvelle ! Temps précieux et ressourçant de se laisser rafraîchir par une pensée - datée, et située bien entendu - mais ô combien neuve et renouvelante.
Et. ROUSSEAU.

-MORTIAU, J. ; LOONBEEK, R., Dom Lambert Beauduin visionnaire et précurseur (1873-1960). Un moine au coeur libre, coll. « Histoire », Paris/Chevetogne, Cerf/éd. de Chevetogne, 2005, 24 x 15 cm, 280 p., 29,00 E.

Après leur monumental (plus de 1600 p.) Un pionnier Dom Lambert Beauduin (collège Erasme/éd. de Chevetogne, 2001), les A. offrent une présentation plus nerveuse de leur recherche. Octave - devenu Lambert, moine - Beauduin (1873-1960) avait déjà un parcours peu conventionnel en tant que prêtre diocésain. Pourtant, les A. ne consacrent que 4 pages aux trente-trois premières années de sa vie. Celle-ci prend son envol quand, à l’abbaye du Mont-César où L. B. est récemment entré, fort de son expérience passée, notre homme va initier un mouvement liturgique. Riche de la théologie du Corps mystique, désireux que la liturgie soit nourrissante pour l’Eglise et ses ministres, Lambert veut faire d’elle une « éducatrice » (p. 31) du peuple, et peut être considéré comme « le premier théologien de la liturgie » (p. 45, R. Aubert). Le conflit mondial de 1914-1918 le jettera sur les routes, et fera de lui un inspirateur du cardinal Mercier dans ses courageuses prises de position. Mais au sortir de la guerre, le moine se sent à l’étroit dans son abbaye, et cherchera vite à élargir son horizon. On le retrouve professeur à l’Anselmianum de Rome, et sa pensée jusque là assez étroite sur les autres confessions chrétiennes va évoluer et se laisser révolutionner, au point qu’il lui devient impossible de ne pas être un héraut de l’unité. Le rôle qu’il envisageait dans ce chantier pour sa famille monastique était essentiel et à long terme. Il en fut ainsi pour lui, qui paya d’un long exil (1932-1951) ses intuitions et audaces, jusqu’à ce qu’il revienne couronner son chemin, « hôte chez les siens », à Chevetogne. Sera-t-il impertinent de dire que cet ouvrage se laisse lire comme un roman ? Il n’en est pas moins un témoignage précieux de la lutte jamais achevée d’un homme pour faire l’unité en soi - lui qui était si complexe - et pour que cette Eglise qu’il aimait tant remplisse au mieux sa mission.
Et. ROUSSEAU.

-DUCROCQ, M.-P., L’appel universel de Simone Weil. Une voie de sainteté, Saint-Maurice, Ed. Saint-Augustin, 2005, 14 x 21 cm, 21,00 E.

Revenue au-devant de l’actualité, la jeune philosophe juive qui passa de la politique à la mystique et mourut - encore au seuil de l’Eglise catholique - des privations que la guerre semblait lui imposer, a-t-elle vécu comme un nouveau type de sainteté ? C’est à l’expérience du Christ qu’en appelle l’auteure, bien connue de notre revue, pour étayer son propos : commentant le célèbre « Prologue » où Simone rapporte sa rencontre du Christ, et le Poème « Amour » qu’elle se récitait quand le Christ « est descendu » et l’a « prise », l’ouvrage respecte évidemment le secret final, pour s’intéresser aux « chemins évangéliques » de Simone : son concept de pureté, son culte de la vérité, son amour du prochain, « dans un immense besoin d’universalité » (128) ; tels sont les contours d’une vie d’où se dégage un horizon de vérité et de compassion universelle. « Le monde a besoin de saints qui aient du génie comme une ville où il y a la peste a besoin de médecins », dit la dernière lettre au P. Perrin (134). La voix pathétique de S. Weil n’a pas fini de provoquer « chaque situation, chaque communauté, chaque personne vivante et croyante » à inventer son génie propre par un dépassement des possibilités humaines, certes, mais dans l’attitude de l’enfant qui espère tout du Père, au nom du Christ ; ainsi se termine cette stimulante lecture, qui donne encore les sources, les moyens d’aller plus loin, les oeuvres principales et une brève chronologie (par laquelle on fera bien de commencer).
N. HAUSMAN, S.C.M..

Questions


-REYNAUD MONTEIL, C., Quand une souffrance en cache une autre.Propos sur « une dépression », Nouan-le-Fuzelier, Ed. des Béatitudes, 11,5 x 17,5 cm, 48 p., 4,00 E.

L’auteur, qui n’a d’autre compétence en la matière que d’avoir traversé lui-même une dépression, aborde le thème à partir de cette expérience personnelle. C’est de ce point de vue singulier qu’il tente de donner un sens à ce qui fût et demeure un événement central de sa vie. Nous traversons en sa compagnie cette « rupture », cette « mise à nu », cette « solitude extrême », mais pour aboutir à « l’ouverture », la « chance » qu’elle pourrait offrir. La dépression « retour » vers soi-même annonce le retour vers l’Autre sans aucun doute... Beauté et nudité se conjuguent, tendues, dans cette nuit, vers le point lumineux de la plus folle des espérances : renaître.
D. GOBLET, O. PRAEM.