Temps de printemps et temps pascal se répondent pour la joie des esprits et des cœurs…

Temps de printemps et temps pascal se répondent, dans l’hémisphère
Nord, pour la joie des esprits et des cœurs. Un important
congrès de l’Union internationale des Supérieures générales
se prépare à Rome ; d’autres colloques s’achèvent, comme celui
qui vient de nous retenir à Lubumbashi ; des anniversaires précieux
s’organisent cet été, notamment celui qui célébrera les cinquante
ans du retour des jésuites au Viêt Nam… Partout l’Eglise
prie, travaille, espère, se réjouit — « et nous aussi », comme le répétait
dans ses homélies sur les lettres de Paul, l’illustre Jean
Chrysostome.

Nous ouvrons ce numéro sur le texte d’une conférence donnée
par le père V. Brocanelli, o.f.m., durant le récent congrès
d’évangélisation de Bruxelles (Bruxelles-Toussaint 2006), une
ville choisie par tous les Franciscains, Mineurs, Conventuels et
Capucins, pour préparer leurs jeunes missionnaires au rendezvous
des cultures ; on lira comment la rencontre de François avec
le Sultan demeure l’archétype de la mission franciscaine aujourd’hui.
La méditation du père J.-M. Glorieux, s.j. découvre ensuite
dans le « vœu » des Psaumes, la clé d’une expérience décisive
de l’Evangile, telle que l’exercice ignatien du Règne la fait
demander — comment l’homme pourrait-il, sans s’accorder au
choix gratuit de Dieu, garder vive l’écoute de la Parole jusqu’à la
fin ?

Former les chrétiens d’Europe à témoigner de l’espérance
chrétienne suppose, nous rappelle avec la tradition orientale Michelina
Tenace, une libération des passions par l’ascèse, cette
apatheia qui rend l’homme bon : or, « dans la recomposition de
l’unité se manifeste la beauté ». Lorsque les institutions semblent
épuisées, la force de l’Esprit peut inspirer les chrétiens à
prophétiser l’invisible et l’impossible, à devenir créateurs d’un
style de vie transfiguré, divinisé, où se manifeste la venue du
Royaume donné dans le Christ.

Paradoxalement, c’est la question de la mort qui semble hanter
nos sociétés, en particulier dans les difficiles questions des
limites de l’âge et de la maladie. Le docteur Marie Frings nous
offre une rigoureuse analyse des différences entre « consentir à
la mort » ou la « provoquer », dans le cas particulier des alimentations
artificielles. L’ouvrage qu’elle a écrit sur le sujet permettra
d’approfondir encore la vigueur de son propos.

Nous achevons avec une lettre du père G. Nossent (†) écrivant
à l’un de ses paroissiens lettre sur le sujet délicat et bien peu
traité de la Providence de Dieu. Coauteur du fameux Ces inutiles…
propos sur la vie religieuse
(Duculot, Gembloux, 1962),
philosophe prometteur et déjà réputé (voir Joie, souffrance et vie
morale
, Museum Lessianum, DDB, 1968), le destinateur s’est
livré entièrement aussi bien au service paroissial qu’à celui des
gens du voyage, partageant jusqu’à sa mort leurs conditions de
vie et leur habitat — toute une métaphore de l’écrit que nous publions.

Ce numéro compte, comme les autres livraisons de l’année,
quatre-vingt pages (au lieu des septante-deux habituelles). Nous
en profitons pour fournir de nombreuses notes de lecture rendant
compte des publications que nous ont confiées les éditeurs
et que les recenseurs ont pris la peine de nous présenter. Toute
une bibliothèque s’ouvre ainsi devant nous, si nous voulons
poursuivre… Bonne lecture !

« Vies consacrées »

24, bd Saint-Michel

B-1040 Bruxelles