Il est temps d’aller à la rencontre de la Joie…

« Le souvenir d’un passé glorieux ne peut pas ignorer les
ombres qui accompagnèrent l’œuvre d’évangélisation du continent
latino-américain. En effet, il n’est pas possible d’oublier les
souffrances et les injustices infligées par les colonisateurs aux
populations indigènes, dont les droits humains fondamentaux
ont souvent été piétinés. Mais la juste mention de tels crimes injustifiables
— des crimes d’ailleurs déjà condamnés à l’époque
par des missionnaires comme Bartolomé de Las Casas et des
théologiens comme François de Vitoria de l’Université de Salamanque
— ne doit pas empêcher de prendre acte avec gratitude
de l’œuvre merveilleuse réalisée par la grâce divine au sein de
ces populations au cours de ces derniers siècles. » Cette mise au
point de Benoît XVI, à son retour du Brésil [1] peut être versée au
crédit des religieux dominicains, franciscains, jésuites, etc. qui
furent sans conteste « disciples et missionnaires de Jésus Christ »
— pour reprendre le thème de la cinquième Conférence générale
de l’épiscopat latino-américain et des Caraïbes, dans le
Sanctuaire de Notre-Dame d’Aparecida. Cette visée missionnaire,
« inséparablement théologique et sociale », est aussi la
nôtre, ainsi que l’illustre la présente livraison ; de l’Europe au
Vietnam, de la solitude à la vie éternelle, c’est la même invitation
qui court depuis l’Ancien Testament et que l’on retrouve
dans les ouvrages d’Afrique ou d’ailleurs : il est temps d’aller à la
rencontre de la Joie.

De nouvelles formes de vie consacrée trouveront-elles les
chemins du cœur des hommes de notre temps, ou d’anciennes
formes entendront-elles les nouvelles requêtes des pauvres ? Un
laïc chrétien s’engage à proposer des chantiers pour l’avenir, et
nous savons gré à Marc Leboucher de s’être ainsi exposé — que
pourraient d’ailleurs vivre les consacrés qui ne soit en communion
avec les autres chrétiens ? Le père Pierre Gervais, théologien
jésuite, a repris, trente ans plus tard, le chemin du Vietnam :
et voici qu’après la tourmente, la Compagnie fête dans l’allégresse
les cinquante ans de sa réimplantation — comment cela
s’est-il donc fait ? Le chanoine Luc Ravel nous interroge sur les
célibataires non consacrés, si nombreux et si marginalisés dans
l’Eglise : n’ont-ils donc rien à nous révéler, en termes de charisme
propre et de pauvreté effective ?

Le droit canon des Eglises orientales (1990) a suivi de peu le
Code latin (1983) : il n’est pas trop tard pour que nous entrions
en contact avec ce qu’il règle de l’état monastique et de la vie
érémitique, de la fondation de maisons ou provinces de rite
oriental, du passage d’un rite à l’autre et des ordinations ; que
Monseigneur Dimitrios Salachas, professeur de droit canon à
l’Institut pontifical oriental et consulteur de la Congrégation
pour les Eglises orientales, soit remercié de nous avoir offert
cette étude exhaustive. Et il n’est jamais trop tard, non plus, pour
penser à l’éternité : selon le mot de Joinville, rapporté par le père
R. De Coster, nous y verrons Celui qui serait le mieux représenté,
sur la terre, par une branche d’amandier en fleur…

« Vies consacrées »

24, bd Saint-Michel

B-1040 Bruxelles


[1Place Saint-Pierre, le 23 mai 2007.