« Cinquante ans après », voici Vies consacrées à son tour enmarche vers cette année de la foi où il s’agira de relire Vatican II, dereprendre le Catéchisme de l’Église catholique,de professer à nouveau le Credo, pour vivre dans plus de foi et decharité…

« Cinquante ans après », voici Vies consacrées à son tour en marche vers cette année de la foi où il s’agira de relire Vatican II, de reprendre le Catéchisme de l’Église catholique (qui aura vingt ans), de professer à nouveau le Credo, pour vivre dans plus de foi et de charité, sans oublier les pèlerinages à Rome ou en Terre sainte, et toutes sortes de colloques, congrès et rassemblements dont les JMJ de Rio de Janeiro représenteront une sorte de sommet. C’est donc un immense mouvement d’évangélisation qui s’ébranle ; il nous concerne de manière particulière : le Pape Benoît XVI reconnaît en effet, dans sa lettre apostolique Les portes de la foi (du 11 octobre 2011), que « par la foi, des hommes et des femmes ont consacré leur vie au Christ, laissant tout pour vivre dans la simplicité évangélique l’obéissance, la pauvreté et la chasteté, signes concrets de l’attente du Seigneur qui ne tarde pas à venir » (Porta fidei, n°13).

En conséquence, la « Note de la Congrégation pour la doctrine de la foi » (du 6 janvier 2012) offre aux diverses formes de vie consacrée, dans ses numéros 7 à 9, ces recommandations :

Les membres des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique sont invités, au cours de cette année, à s’engager dans la nouvelle évangélisation par une adhésion plus ferme au Seigneur Jésus, grâce à l’apport de leurs charismes propres et dans la fidélité au Saint-Père et à la saine doctrine. Pendant l’Année de la foi, les communautés contemplatives se donneront particulièrement à la prière pour le renouvellement de la foi dans le Peuple de Dieu et pour un nouvel élan dans sa transmission aux jeunes générations. Les associations et les mouvements ecclésiaux sont invités à favoriser des initiatives spécifiques qui, grâce à leur charisme propre et en collaboration avec les Pasteurs locaux, s’inséreront dans le grand événement de l’Année de la foi. Les communautés nouvelles et les mouvements ecclésiaux sauront, de manière créative et généreuse, trouver les moyens les plus appropriés pour offrir leur témoignage de foi au service de l’Église.

Pour notre part, nous allons proposer dans les prochains numéros, quelques articles de retour aux textes conciliaires, qui peuvent éclairer, voire discerner nos préoccupations actuelles. Pour commencer cette sorte de rubrique temporaire, il nous a paru important de retraverser en même temps le décret sur la vie religieuse Perfectae caritatis et le décret sur le ministère et la vie des prêtres Presbyterorum ordinis. Ce sont là des documents qu’on croit mineurs, au regard des quatre grandes constitutions conciliaires, mais leur doctrine, plus précise qu’on ne le croit, doit être à nouveau mise en valeur, comme le font Noëlle Hausman, s.c.m. pour l’un, Pierre Piret s.j. pour l’autre. La méditation de Marie-Pascale Ducrocq, o.p., et la réflexion de Bernard Ardura, o.praem. au sujet du charisme fondateur s’accordent à leur tour pour désigner l’Esprit du Christ comme notre vraie source, et l’intelligence spirituelle de l’histoire comme lieu de sa dispensation. On lira l’analyse du Professeur Paul Lievens, psychiatre, avec intérêt ; il n’est pas rare que fassent retour, dans les cultures les plus avancées, les questions de possession et donc d’exorcisme ; c’est le mérite d’une psychologie non dogmatique d’y entendre parler le sujet souffrant. Comme chaque année à cette époque, le Professeur Didier Luciani nous propose une brassée d’ouvrages récents portant sur l’Ancien Testament et le Judaïsme : une chronique qui réserve son lot de surprises, ses points de vue décapants, ses lignes de fond théologiques aussi. Quelques pages de recensions bibliographiques et l’inventaire des ouvrages envoyés à notre revue terminent cette livraison.

En tête, la présentation de l’Union internationale des Supérieurs majeurs (U.S.G.) par Javier Álvarez-Ossorio, supérieur général des Pères des Sacrés-Cœurs, nous aura rappelé les questions à traiter avec le Saint-Siège, au niveau mondial, mais aussi les dif- ficultés propres à la vie religieuse. Ainsi que l’écrit l’auteur dans son langage direct : « Prenez-le comme un commentaire très personnel, mais laissez-moi vous le dire : à mon humble avis, les difficultés les plus grandes ne nous viennent pas du “dehors” (le monde sécularisé etc., etc.), mais de nous-mêmes comme personnes consacrées. La question est de savoir si nous nous soucions vraiment de ce que nous avons professé et si nous y croyons vraiment ».

De la réponse à cette question dépendent, dans le ciel et sur la terre, plus de choses que n’en pense notre théologie…