Spiritualité

Berthelin M.-Cl., Prier dans l’instant, Namur / Paris, Fidélité / Vie chrétienne, 2013, 15 × 22 cm, 88 p., 10,00 €.

Souhaitez-vous vraiment prier tout le temps, n’importe où et n’importe quand ? C’est possible, nous assure l’A., religieuse de la Retraite. Et elle nous ouvre une quarantaine de pistes : en ouvrant la fenêtre le matin ; dans un embouteillage ; en faisant la cuisine ; en métro ; dans une file d’attente ; en regardant une photo de famille ; en écoutant la radio ; dans l’insomnie ; en écoutant les bruits de la rue ; en marchant sous la pluie… Lorsqu’elle chasse les poussières, elle prie : « Seigneur, dépoussière moi. » Et elle entend le Seigneur lui répondre : « Il y a des jours où il est bon de laisser la poussière tranquille. » À lire. — P. Detienne s.j.


Baud Ph. (dir.), Manger, voie spirituelle, Genève / Montréal, Labor et Fides / Novalis (La chaire et le souffle), 2013, 15 × 22,5 cm, 110 p., 14,00 €.

Huit A., protestants et catholiques, nous proposent ici une réflexion spirituelle
sur l’acte de manger. Au programme : la manducation de la Parole (lectio, meditatio, oratio, contemplatio), illustrée par le « Mange le rouleau du livre » (Éz 3,3) ; manger, une expérience du sacré, déclinée en dix verbes : s’éveiller, s’émerveiller, respecter, remercier, bénir, habiter, sentir, ralentir, partager, se réjouir ; propos écologiques ; réflexion biblique sur ce qu’on mange et avec qui ; faim de pain et appétit de Dieu ; l’anorexie, une faim d’autre chose ; les trois dimensions du jeûne, thérapeutique, communautaire, spirituel. L’ouvrage est paru dans la collection « La chair et le souffle » dirigée par Lytta Basset. — P. Detienne s.j.


Prière et liturgie

Wackenheim M., 50 idées reçues en liturgie, Paris, Salvator, 2013, 12,5 × 21 cm, 160 p., 15,00 €.

L’A., archiprêtre de la cathédrale de Strasbourg, recense ici quelques appréciations de la liturgie postconciliaire : « Les oraisons de la messe sont imbuvables » ; « L’Église devrait cesser de béatifier à tout va » ; « Le diacre a tout l’air d’un grand servant d’autel »… Pour chacun des cinquante thèmes l’A. distingue le vrai, le faux, l’ambigu… Concernant le projet de « cyberconfession » il argue : « Comment une confession par internet serait-elle valide si l’on n’est pas sûr que son secret soit assuré ? ». Si l’Église recommande vivement l’inhumation plutôt que la crémation, c’est en référence à l’ensevelissement du Crucifié. L’A. ajoute une considération personnelle : « Lorsque les cendres sont dispersées, comment aller se recueillir sur une tombe ? ». Ceux qui délibérément s’abstiennent de participer à la messe dominicale commettent un péché grave… et sont donc privés de communion tant qu’ils ne se seront pas confessés. Chaque évêque diocésain est libre d’accepter ou de refuser que des filles ou des femmes servent à l’autel… mais la préférence de l’Église pour les garçons lui est clairement rappelée. Les « servantes de messe » ne courent-elles pas le danger de souhaiter une impossible ordination sacerdotale ? Les sujets traités ne manquent pas d’intérêt : le lecteur, qu’il approuve ou non les arguments de l’A., est invité à prolonger la discussion. — P. Detienne s.j.


Fondements

Lotte Chr., Marie dans la nouvelle Création. Essai newtonien sur l’Immaculée Conception, Perpignan, Artège (coll. Sed Contra), 2013, 400 p., 32,00 €.

Moins de dix ans après l’accueil dans l’Église de John-Henry Newman était proclamé le dogme de l’Immaculée Conception. Parmi les présupposés théologiques figure un « attendu » particulier : « Puisqu’il fallait vraiment que fût conçue la première née de qui devait être conçu le premier né de toute créature. » Les raisons de l’Immaculée Conception ne se réduisent pas seulement à une convenance de sainteté, mais participent d’un ordre de finalité, au sein duquel se déploie la réalité de « nouvelle création ». Cette assertion sur Marie comme « réalisation parfaite de ce que Ève aurait dû être » et « commencement d’une race nouvelle » se trouve au coeur de la pensée de Newman. Après avoir énoncé les présupposés théologiques du dogme, Christian Lotte retrace l’itinéraire marial du bienheureux, en harmonie avec l’économie divine qui unifie progressivement les grandes vérités de la Révélation. Par l’enracinement dans les Pères de l’Église, par la redécouverte de la théologie de la grâce, par la méditation du mystère de l’Incarnation et par le développement du sens métaphysique de la sanctification, Newman propose une lecture originale de cette « nouvelle création » comme fin de l’Incarnation rédemptrice et horizon de compréhension non seulement du dogme de l’Immaculée Conception, mais de tout le mystère de Marie. — P. Nileg