Écriture

RAULT C., Jésus, l’homme de la rencontre. Huit jours à l’école du Maître dans l’Évangile de Jean, coll. Voie monastique, 22, Saint-Jean-de-Matha (Québec), Abbaye Val-Notre-Dame, 2012, 14 x 21 cm, 180 p., 18,00 €.

Cet opuscule est le fruit d’une retraite prêchée par le prélat aux moines de l’Abbaye du Val Notre-Dame (Belgique) en 2010. L’auteur parcourt le texte au fil des rencontres de Jésus rapportées dans le quatrième évangile. Les méditations sont habitées par un sens profond de la Parole de Dieu, lue à la lumière d’une riche expérience spirituelle et pastorale. Chacune d’elle se termine par de simples jalons pour une méditation personnelle. Un instrument simple et profond qui permettra au lecteur de faire une retraite dans sa vie quotidienne. – G. DE LONGCAMP, c.s.j.

Éthique

FOLSCHEID D. et DE MALHERBE B., Fin de vie : penser les enjeux, soigner les personnes, coll. Collège des Bernardins – Perspectives et prospections, Paris, Parole et silence, 2013, 15 x 21 cm, 82 p., 10,00 €.

Le présent ouvrage a été publié avant la réforme en France de la loi Léonetti, mais ne perd rien de son actualité. Il a l’avantage d’offrir des regards réellement croisés (et non seulement juxtaposés) de juristes, d’historiens ou de praticiens. Quelle que soit la contribution, la même question se pose : face à la souffrance et à la mort, comment donner du sens tant à ce que les malades ont a traversé, qu’aux soins qui leur sont prodigués ? Un ouvrage bref, accessible et stimulant. Un regret cependant : la question de la démarche palliative en néonatologie est traitée de manière beaucoup trop rapide. – G. DE LONGCAMP, c.s.j.

SALAMIN M.-F., Bien avancer en âge dans la croissance et l’espérance, Paris, DDB, 2014, 10,5 x 17,5 cm, 162 p., 13,90 €.

Les progrès de la médecine et l’augmentation de la durée de vie posent de plus en plus la question de l’accompagnement de la personne âgée. Qu’il s’agisse, d’ailleurs, de nous-mêmes ou de nos proches. L’auteur, formatrice et accompagnatrice, nous offre un regard croisé, tant de sciences humaines que de spiritualité, sur le grand âge. Le vieillissement bouleverse un certain nombre de points de repères. Loin de théories abstraites, M. F. Salamin nous rappelle un certain nombre de choses évidentes, mais qu’il est bon de réentendre pour aborder la dernière période de la vie. Un ouvrage facile à lire et bienfaisant. – G. DE LONGCAMP, c.s.j.

Fondements

THÉOBALD C., Pourquoi l’Église ? La dimension ecclésiale de la foi dans l’horizon du salut, coll. Théologie, Montrouge, Bayard, 2014, 14,5 x 19 cm, 384 p., 26,00 €.

Le titre est prometteur, tant il nous permet de rejoindre deux dimensions essentielles de la foi chrétienne parfois trop oubliées : sa dimension intrinsèquement ecclésiale et son horizon eschatologique. Les auteurs vont déployer leur questionnement en trois points. D’abord, « le Règne, horizon du salut », leur permet d’interroger le rapport de l’Église, dans son offre de salut, à la société contemporaine. Ensuite, les contributeurs s’interrogent sur « la dimension ecclésiale de la foi ». Cette seconde partie, plus longue et plus éclectique, est très stimulante et laisse en même temps perplexe, tant les points de vue y sont croisés, voire mélangés. Pour parler de manière un peu triviale, « tout y passe » : la vision paulinienne de l’Église, les rapports Église/Royaume à partir de Lumen Gentium, les questionnements pastoraux actuels sur les paroisses et le rapport à la société urbaine… Même si chaque contribution est passionnante, Ariane n’y retrouverait pas son fil. Après avoir abordé la complexité du donné biblique et social, on en vient, dans une dernière partie, à la question éponyme : « pourquoi l’Église ? ». C’est ici que la gerbe se noue. Poser la question de la finalité de l’Église implique de regarder son caractère eschatologique. L’horizon du salut n’est pas seulement celui de sa prédication mais de son existence et ainsi tant de son rapport au monde que de son rapport à Dieu. D’où l’intérêt de revisiter l’articulation Église/Royaume et la notion de royaume comme sacrement. L’ouvrage donne envie de poursuivre la conversation. – G. DE LONGCAMP, c.s.j.

Spiritualité

GUEYDAN É., La guérison intérieure. Le chemin du pardon, coll. Spiritualité ignatienne, Namur, Fidélité, 2014, 14,5 x 21 cm, 60 p., 9,95 €.

Le poids d’une blessure peut se faire durement sentir et l’on cherche parfois la guérison par de multiples voies, voire des chemins de traverse, ésotériques ou syncrétiques. Le P. Gueydan, dans ces pages denses et pertinentes, nous partage quelques points de repères issus de sa riche expérience de prédicateur. Il s’agit, pour lui, de regarder la personne blessée dans son intégralité humaine, psychique et spirituelle, pour lui proposer une guérison basée sur l’anamnèse, la foi et le pardon. Grâce à sa vision équilibrée de l’homme, à une riche expérience spirituelle jésuite, l’auteur ouvre un chemin bien balisé à la guérison. – G. DE LONGCAMP, c.s.j.

Témoins

ILIC A., BOUVIER C., Van, le combat de l’amour (manga), Versailles, Les Amis de Van, 2014, 13 x 18 cm, 180 p., 9,80 €.

La vie de Marcel Van est étonnante à plus d’un titre. Habité par l’amour de Dieu depuis son plus jeune âge, il connaîtra en même temps nombre de souffrances, y compris de la part d’ecclésiastiques violents, voire pervers. Au milieu de ses tourments, le Seigneur l’appelle à son service. Favorisé de grâces mystiques et d’apparitions de la petite Thérèse, il persévère dans sa vocation. Pourtant, il comprend qu’il ne deviendra pas prêtre. Il se dépensera au service de l’Église dans la Congrégation des Rédemptoristes. Arrêté, emprisonné et maltraité par le pouvoir communiste, il meurt en 1959, à l’âge de 31 ans. L’exemple de Van est peut-être édifiant, mais il faut une grande maturité spirituelle pour comprendre le sens des souffrances et des persécutions qu’il a subies. Le jeune lecteur pourra aussi être choqué de l’attitude de certains hommes d’Église. Van est sans doute plus admirable qu’imitable. Il n’est pas forcément bon de mettre cette vie, sans discernement et accompagnement, entre de trop jeunes mains. On peut alors se demander s’il était vraiment pertinent de publier la biographie du jeune homme sous forme de Manga. – G. DE LONGCAMP, c.s.j.