Au milieu du temps pascal, quand tout semble renaître autour de nous et que le jubilé de la miséricorde atteint peu à peu les cœurs, quels fruits recueillir de l’année de la vie consacrée qui s’est discrètement terminée le 2 février dernier ? N’aurait-elle été qu’un temps de réflexion, de célébrations, de paroles échangées, de communion avec les autres vocations chrétiennes – ce qui serait déjà à saluer – ou a-t-on vu surgir aux « périphéries existentielles » des pratiques prometteuses comme un vin nouveau ? Des chemins d’avenir se sont-ils dégagés, hors de nos pistes rebattues ? Un regard attentif pourra les repérer, dans plusieurs des contributions de ce numéro, et davantage encore dans celui qui le suivra cet été.

Il y a, grâce à Dieu, des évêques convaincus que les consacrés sont l’autre pilier de l’Église, à côté de sa structure hiérarchique, et qu’ils ne peuvent jamais lui être identifiés. C’est le cas de Monseigneur J. De Kesel, nouvel archevêque de Malines-Bruxelles, qui s’est prêté aux questions de notre Rencontre. On verra notamment en quelle estime il tient les communautés modestes, enfouies dans les quartiers, et celles qui s’avancent au devant des besoins criants d’aujourd’hui.

C’est une occasion opportune, un Kairos, de pouvoir lire, aidés par Monseigneur P. Raffin, o.p., le document publié récemment par notre Dicastère à propos de la vocation du religieux frère dans l’Église. L’auteur nous permet de comprendre en quel sens le texte, parfois décevant pour les instituts « mixtes », vaut en un certain sens pour tous les consacrés non prêtres, et donc, les religieuses. C’est un autre privilège de (re)faire connaissance avec la haute figure de Charles de Foucauld, bientôt canonisé, présenté en clé de miséricorde par le Père A. Mandenico, s.m.a., vice-postulateur de sa cause.

Dans la rubrique Orientation, le Père L. Prezzi, s.c.j., directeur de la dynamique revue italienne Testimoni établit un bilan de l’année de la vie consacrée qui ne manque pas de sel. La méditation du Père G. Cabra, s.f.n., s’attache quant à elle à la délicate question des œuvres qui souvent ont dû être abandonnées dans la vie religieuse – n’est-ce pas, en mode pascal, une chance de trouver de nouvelles manières de vivre le charisme ? L’histoire récente de la collaboration entre instituts en République démocratique du Congo, établie par le Père J.-L. Vande Kerkhove, s.d.b., montre par contraste la nécessité d’engagements institutionnels et leurs capacités d’innovation. Chacun des trois protagonistes note à sa manière l’exigence d’une véritable humilité.

La Chronique de cette livraison nous permet, grâce à la plume enlevée de Ch. Van der Plancke, d’ouvrir la correspondance de Catherine de Sienne, si peu connue et si brûlante, dont la profondeur, nous dit-on, traverse les siècles et les cœurs aimants.

Sur un autre ton, on découvrira, avec le Père J.-M. Hennaux, s .j., à quel point le vœu de pauvreté des religieux n’est encore qu’un simple souhait, eu égard à la pauvreté de certains ; en sorte que nous voici comme ces clowns qui disent une vérité qu’ils ne font que figurer. Sur un mode pascal, disions-nous...