Que sera donc cet enfant ? » se demandaient tous ceux qui gravaient en leur cœur les événements autour de la naissance de Jean-Baptiste (Lc 1,66). Que sera donc l’année qui s’ouvre devant nous, après celles de la vie consacrée puis de la miséricorde, si providentiellement consécutives ? De quelles ressources la vie consacrée, si éprouvée en certains lieux, disposera-t-elle pour avancer vers les périphéries de l’Esprit ?
Le Pape François, qui est décidément le premier d’entre nous dans cette équipée, s’est adressé récemment aux Vicaires épiscopaux chargés dans leurs églises des diverses vocations où l’on professe les conseils évangéliques. Il leur a demandé « d’aimer fraternellement » la vie consacrée, et dans ce but, de « la connaître en profondeur » (le 26 octobre). Un mois plus tard, il a ouvert aux économes des instituts, des horizons beaucoup plus amples que ceux qui leur avaient été sagement esquissés l’année précédente. C’est ce dernier aspect que veut présenter, Sur un autre ton, soeur Noëlle Hausman, s.c.m., dans la dernière rubrique de ce numéro.
On peut aussi commencer par la Rencontre du Cardinal dominicain Christoph Schönborn, archevêque de Vienne et primat d’Autriche. Pourquoi donc l’avenir de la vie consacrée en Europe lui apparaît-il dans une perspective si différente des plus sombres anticipations ?
L’entrée dans l’univers spirituel de Maître Eckart (1260-1327) que
nous offre le père Pierre Gervais s.j. ravira les « amis de Dieu », pour parler comme l’époque. Sa méditation permet d’approcher un mystique dont l’actualité n’a pas fini de nous rejoindre. Dans ce même Kairos, voici le moment de la réécriture des Directives Mutuae relationes. Leur mise à jour suggère, selon Mgr Pierre Raffin, o.p., une stratégie enfin commune de la diversité de ses vocations.
Sous la rubrique Orientation, on verra d’abord le père Benoît Andreu, o.s.b. retourner hardiment aux sources évangéliques : Jésus a-t-il vraiment guéri, ou s’est-il « cloué à notre faiblesse » ? Le professeur Anne Buysschaert réfléchit ensuite aux normes et pratiques récentes concernant les instituts admettant exceptionnellement une « personne différente » ; elle traitera plus tard des instituts qui, par vocation, comprennent des personnes handicapées.
Quand un jésuite parle d’un dominicain, le dialogue et la communion se rencontrent, pourrait-on oser. Le père Bernard Pottier, s.j., dans sa brève Chronique, propose un tour du monde des conversations et accords œcuméniques postconciliaires, grâce à l’ouvrage-phare qui vient d’être consacré à toute l’oeuvre du père Jean-Marie-René Tillard, o.p.
Mettons-nous donc en route, l’An neuf a commencé.