« À vin nouveau, outres neuves ! » nous répète le titre du tout nouveau document de la CIVCSVA que le site de Vies consacrées propose depuis quelque temps dans sa toute première traduction française (www.vies-consacrees.be). Il faudrait se donner la peine de lire de près cette trentaine de pages, où se trouve plus d’une nouveauté. Et si on peut s’y plonger avant les Chapitres de l’été ou de l’automne, des perspectives apparemment fermées pourraient trouver leur issue : qu’il s’agisse des relations d’autorité, des âges à équilibrer dans les conseils, des partages financiers entre personnes, provinces ou instituts, de la formation continue, d’une vraie réciprocité homme-femme... de nouveaux chemins sont de toute urgence à parcourir et ils nous sont clairement indiqués.
Plusieurs passages de ce numéro d’été vont dans le même sens, à commencer par la Rencontre de sœur Francine Chauvaux, supérieure générale d’une Congrégation qui a dépassé les 700 ans d’âge et semble aller vers sa disparition. On verra comment il faut plutôt parler de transmission d’une fidélité actuelle, quotidienne, à l’impérissable don des origines. Puis, dans le Kairos, Nicla Spezzati, a.s.c. met en évidence à quel point la vie consacrée peut, maintenant ou jamais, incarner sa capacité prophétique, en partant de sa perspective ecclésiologique originaire, qui est supérieure – comme le tout à la partie – aux « formulations transitoires du charisme fondateur » : un déplacement fécond s’annonce, pour qui l’aperçoit déjà. D’autre part, il y a cette année 70 ans que les Instituts séculiers sont nés de pareilles impulsions, à peine recevables dans les canons de l’époque ; l’histoire et l’actualité de cette forme de vie consacrée, présentées par Nadège Védie, la destinent par nature à « être l’aile avancée » de l’Église pour la nouvelle évangélisation.
Ouvrant la rubrique Orientation, nous rencontrerons l’étude johannique de Gonzague de Longcamp, c.s.j., qui nous permet d’entrer peu à peu dans l’abaissement de l’Amour qui se fraie un passage, du lavement des pieds au côté ouvert, jusqu’à l’homme pécheur provoqué à la conversion. Puis Dominique Struyf poursuit son analyse de la santé mentale des groupes religieux qu’une autorité rassemble ; or, cette tâche peut rendre malade, et il importe de pouvoir analyser les fonctionnements en cause, les frontières spécifiques, les «  mythes  » et croyances nécessaires, l’identité commune faible ou forte : un vrai travail attend ici chacun des membres, tous impliqués dans le « système » du groupe.
La Chronique de Chantal van der Plancke traverse le dernier volume de la brûlante Correspondance de Catherine de Sienne avec ses pères et frères religieux ou ermites – tous ses enfants, en fait, même Raymond de Capoue, le père de son âme. Et pour finir, c’est la lune elle-même qui nous dit, Sur un autre ton, empruntant la voix de Pier Giordano Cabra, s.f.n, quelque chose d’un très grand mystère. Qu’il nous couvre de son ombre en ce bel été !