Encore une fois, le pape François, dans une rencontre des consacrés (c’était le 1er octobre 2017 à Bologne), a fustigé « la psychologie de la survie » qui revient à « attendre la voiture funéraire » : « une attitude de défaite qui conduit à un manque de pauvreté », alors qu’il faut « se mettre sur le chemin de l’espérance divine, de l’espérance de Dieu ». « La vie consacrée est une gifle à la mondanité spirituelle. Continuez ! » C’est ce que nous tâcherons de faire cette année 2018 encore.
Au début de ces temps nouveaux, Vies consacrées s’honore d’avoir pu consacrer sa première Rencontre à un célèbre architecte contemporain, Monsieur Jean-Marie Duthilleul, pour qui, dans les grands lieux diocésains comme dans les petites communautés de vie où se façonne l’assemblée chrétienne, « l’objet de l’architecture ne vise pas la recherche de la beauté, mais l’expression de la vérité ».
Les revirements successifs du fougueux Charles de Foucauld, qui toujours voulut être le premier – fût-ce le premier des derniers –, et écrivit l’une après l’autre plusieurs règles, sont entendus par le père Dominique Salin, jésuite français spécialiste de la spiritualité moderne, comme une patiente école de confiance et de simplification – le Kairos n’en fut-il pas la découverte de l’ouvrage-phare de la spiritualité de l’abandon ?
Quand le père Cédric Burgun, membre de l’Emmanuel et juge ecclésiastique à Paris, s’interroge sur l’unité de sa vie de prêtre, d’enseignant canoniste et d’accompagnateur spirituel, il recourt au cadre unitaire de la pastorale familiale, tel qu’Amoris Lætitia le déploie, puisque tout amour porte en lui-même la trace de Dieu. Cette Orientation est contenue, quelques pages plus loin, dans la rencontre de Jésus avec la femme de Samarie, invitée à faire un chemin vers le centre le plus secret d’elle-même, à partir duquel tout peut se réordonner. Avec d’autres, sœur Marie Jean Baptiste Flye-Sainte-Marie, c.s.j., met ainsi en évidence la nécessité pour le christianisme non seulement d’aller du centre à la périphérie, mais encore de renaître à partir des mondes périphériques pour arriver au centre.
La BD chrétienne, surtout francophone, est un vecteur privilégié d’évangélisation kérygmatique. C’est, dit Sur un autre ton le frère Roland Francart, jésuite belge, qu’elle a des points communs avec le cinéma ou la télévision. Et puis, Dieu ne « s’imagine »-t-il pas depuis l’origine sur le sable de nos cœurs ?
Pour en revenir au Pape François, il a adressé, le 1er décembre 2017, au récent Congrès de la C.I.V.C.S.V.A. préparatoire au Synode pour les jeunes, « La pastorale vocationnelle et la vie consacrée. Horizons et espérances », un important message où il dit ses convictions et souligne les défis propres à cette pastorale qu’il veut surtout jeune d’esprit. Le texte se termine sur cette adjuration : « Les jeunes nous attendent. L’heure est venue de nous mettre en marche ». Alors, allons-y.