À la fin du récent Congrès sur la consécration par la profession des conseils évangéliques (Rome, 3-6 mai 2018), Monseigneur José Rodriguez Carballo a listé un certain nombre de points qui semblaient acquis : que la consécration est une réalité d’alliance, pas un concept statique, qu’elle suppose en même temps séparation des réalités mondaines et mission dans le monde, don total à Dieu et identité totalement relationnelle, etc. Il a aussi attiré l’attention sur des difficultés spécifiques : des religieux, il est attendu tout à la fois témoignage public, vie communautaire, mission universelle ; des membres d’instituts séculiers, une vraie sécularité ; des vierges consacrées, une insertion spécifique dans l’Église particulière ; de ceux qui appartiennent aux nouveaux mouvements, une vie fraternelle fondée sur la communion familiale pour témoigner du Christ agissant dans le monde ; des membres des sociétés de vie apostolique, d’assumer leur consécration selon les constitutions ; des veuves qui relèvent d’« unions » (et ne sont pas reconnues canoniquement par le Code latin, mais existent bel et bien), de manifester à leur manière l’indissolubilité de l’union au Christ… Bref, toutes les formes de consécration doivent devenir plus inclusives qu’exclusives, à partir de la doctrine de Vatican II telle que le magistère la rappelle et l’actualise d’époque en époque.
À cet égard, nous venons de connaître la parution de l’instruction sur la vie contemplative féminine Cor orans (datée du 25 mars, publiée le 15 mai), que nous espérons présenter dans le prochain numéro, alors que viennent aussi d’être publiées les Orientations sur « L’économie au service du charisme et de la mission » (datées du 6 janvier, présentées le 6 mars), immédiatement commentées ici par Étienne Perrot, jésuite et économiste de haut vol. Notre KAIROS se trouve encore rehaussé par la présence de Madeleine Delbrêl, célèbre assistante sociale d’Ivry bientôt béatifiée, dont la plume de Marie-Laure Desangles, moniale de Jérusalem, déroule le difficile discernement ecclésial.
L’ ORIENTATION nous vient cette fois de Pierre Gervais, s.j., avec le parcours quasi linéaire qu’il nous propose des Exercices spirituels d’Ignace de Loyola – la simplicité de l’achèvement.
La CHRONIQUE porte sur les immenses ressources de la théologie de la forme la plus concise de vie consacrée qu’est la consécration des vierges, ainsi que Françoise Mélard, o.c.v., nous permet de le pressentir. Déjà la RENCONTRE de Gudrun Nassauer, o.c.v., en frontispice, nous en avait découvert les sources.
Était-ce vraiment une rue sans intérêt qu’allait parcourir Geoffroy de la Tousche, curé de Dieppe, quand il se mit un soir de décembre en situation d’être lui-même déplacé ? Et d’où lui vient ce goût immodéré de prendre tous les risques ? Voici, SUR UN AUTRE TON , l’éloge d’une rage sagesse théologique. L’Esprit Saint, comme a dit le Pape aux Congressistes de mai, n’est-il pas « une vraie calamité » ?