« Je suis l’Immaculée Conception ». Ainsi la Dame de Lourdes se nomma-t-elle à Bernadette. Peut-être, comme la petite pastourelle, sommes-nous inquiets de la signification de ces mots curieux.

« Je suis l’Immaculée Conception ». Ainsi la Dame de Lourdes se nomma-t-elle à Bernadette. Peut-être, comme la petite pastourelle, sommes-nous inquiets de la signification de ces mots curieux.

Le Catéchisme nous le dit : dès le premier moment de son existence, la Sainte Vierge fut pure intégralement, immaculée… Mais le sens, l’utilité de cette vérité enseignée par l’Église ? La portée pratique de ce dogme de foi ?

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Aux jours de sincérité, nous le savons bien : nous sommes tous pécheurs, et tous ensemble ! Péchés de haine, où l’on s’oppose ; péchés de scandale, où l’on s’entraîne au mal… Impossible d’arrêter la somme de nos égoïsmes : ils ont tout pénétré, jusqu’au fond de nos cœurs ; notre premier réflexe n’est pas de charité. Du premier jusqu’au dernier, avant même de nous en rendre compte, par quelque chose de nous-mêmes, nous faisons déjà bloc contre Dieu… Impitoyablement, inexorablement… La condition humaine !

Du premier jusqu’au dernier ? Non ! « Je te salue, Marie, pleine de grâces ». Une femme de chez nous fut tout entière, corps et âme, sans réserve, du côté de Dieu. Jamais complice de cette connivence secrète du monde avec le péché, de cette mystérieuse orientation au mal, inscrite en nos cœurs de fils d’Adam. Elle n’eut pas à se convertir pour être au Seigneur, son Dieu.

Mais alors ! Cette femme sans tache est-elle encore de notre âpre cité, où ce qui fait le prix et la fierté d’une vie est d’avoir, dans ces luttes intimes, « plus sanglantes que batailles d’hommes », douloureusement, péniblement, dû apprendre à se vaincre, endurer et donner ? Est-elle de notre race, celle qui échappa à la solidarité de tous dans le mal ?

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« Vous êtes bénie entre toutes les femmes ». Là est le miracle. Là est le triomphe… notre triomphe.

Une parmi toutes, pareille aux anges, incognito dans son anonymat de Nazareth, la Vierge est de notre terre, fille d’hommes, mère de l’Homme, mère des hommes. Par toutes les fibres de son cœur et de son corps, par tous les moments de sa vie besogneuse, liée à ses frères, attachée à ses enfants, les hommes. Cette femme est notre Mère.

Voilà notre Espérance. Soulagement de l’homme qui échappe au désespoir. Le péché, la misère et la ruine égoïstes ne planent plus sur nous comme une inexpiable fatalité, un destin qui enchaînerait, le poids aveugle d’une colère ou d’une malédiction incompréhensible : nous sommes sauvés ; Dieu rachète et libère ; sa victoire est acquise. En Marie, Il a déjà triomphé ; en elle, notre salut est accompli : Dieu a réussi. L’Immaculée est en personne au milieu de nous la présence d’une miséricorde toute puissante ; elle est la preuve de la Force rédemptrice de Dieu.

Nous n’avons pas à désespérer. Si Dieu a réussi une fois, Il finira bien par réussir toujours.

Confiance, donc, en notre Espérance. « Fils, voici ta Mère »… Cette merveille est à toi. La sainteté de la Vierge est charitable et maternelle. C’est la sainteté de notre Mère.

Son âme est pleine de cette angoissante préoccupation qui alourdit un cœur de maman. Elle est cette générosité qui donne, sans y regarder, toujours plus de son temps, de son travail et de son amour. Comme toutes les mamans, elle déborde de cette impossible espérance d’être un jour à fond comprise, vraiment aimée en retour. Comme elles toutes, elle est blessée de notre inattention, de notre indifférence… […]

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Là est notre Espérance. Cette misère enfouie au plus secret de nos cœurs, impossible de la faire disparaître… Elle nous guette, à tout moment prête à nous surprendre, à nous remettre sous sa coupe…Tu ne lui échapperas pas.

Misère sans remède ? Non ! L’Amour de Dieu est plus fort encore. Dans Marie, un jour, il triompha… Elle fut sans tache, Immaculée…

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Toi aussi, depuis lors, tu crois à ton salut.

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