Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

Ouverture

N°2020-3 Juillet 2020

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Ouverture

Maintenant que s’allège, dans la plupart des pays touchés les premiers, le grand confinement qui s’est imposé à tous, nous n’avons pas fini de réfléchir à ce qu’un tel « kairos » permis par la Providence pouvait représenter d’appels pressants de l’Esprit. Notre style liturgique et sacramentel, nos vies communautaires, nos engagements dans la Cité des hommes, notre combat le plus spirituel ont tous été touchés – alors même que le fait de « toucher » était devenu et reste si dangereux. À notre modeste place de revue « désireuse d’accompagner les engagements évangéliques propres à la vie consacrée » (c’est notre portrait officiel), nous restons attentifs aux voix qui indiquent de nouveaux chemins, non sans vous alerter sur les événements ecclésiaux ; ainsi, le document qui vient d’être publié par notre Dicastère, « Le don de la fidélité et la joie de la persévérance », en passe d’être traduit en français, est déjà présenté sur notre site.

La Rencontre qui ouvre ce numéro d’été nous emmène aux Marquises, là où Paul Lejeune, père des Sacrés-Cœurs, poursuit sa vie sacerdotale, dans une Église remarquablement structurée par l’engagement des laïcs – un enseignement à peser, quand, ailleurs, la confusion des ministères et des charismes semble s’accentuer.

À propos du moment qui peut faire basculer les choses – c’est la définition du Kairos –, voici la proposition de l’abbé Alphonse Borras, ecclésiologue et canoniste belge, concernant le prochain Synode des évêques qui nous regarde particulièrement. D’autres préoccupations doivent être d’urgence rencontrées, comme le signifient les questions de pouvoir et d’argent courageusement exposées par le père Philippe Nzoimbengene, s.j. ; on aurait tort de les croire limitées à certaines régions.

Dans la rubrique Orientation, nous verrons d’abord le frère Joachim Joos, de la Fraternité de Tibériade, s’appliquer en jeune formateur à l’épineuse et si nécessaire distinction du « for interne » et du « for externe », dont l’utilité n’échappera pas à d’autres responsables ni même à tous. Le père Yann Vagneux, m.e.p., nous livre la fin de sa narration de la vie de L’autre Thérèse (cf. VsCs 2020-2, 47-60), magnifiquement retracée à partir d’une correspondance de 700 lettres qu’il a pu entendre dans leur cœur profond.

L’interpellation des « sorcières » contemporaines, entendue Sur un autre ton par le père Matthieu Bernard, lui aussi de l’Emmanuel, nous dit quelque chose de ce qui se cherche, du côté des femmes, en des domaines qui ne nous sont pas étrangers.

Entrons, écoutons, demeurons un instant là où se font entendre les gémissements de l’Esprit. Bon été !

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