Le vice-doyen de la Faculté de droit canonique de l’Institut Catholique de Paris, Cédric Burgun, introduit cette publication tardive des actes d’une journée d’étude qui s’est tenue en novembre 2021. Entremêlant réflexion de fond et précisions des procédures, les intervenants ont rendu un signalé service, à commencer par C. Dequenne, du Dicastère pour la vie consacrée, dans sa présentation du document le plus récent sur le sujet « Le don de la fidélité et la joie de la persévérance » (2020), qui sert de canevas aux chapitres ultérieurs de la brochure. Isabelle Jonveaux, sociologue, propose ensuite ses remarques sur les « évolutions sociologiques des sorties des instituts de vie consacrée », en mentionnant, chiffres à l’appui, ces « départs à contrecœur » ou ces « départs tardifs » qui se multiplient aujourd’hui. Catherine Fino, s.d.b., théologienne, entreprend de réfléchir à l’accompagnement des personnes en temps de crise (« ce qui devient urgent en temps de crise est en réalité nécessaire toute la vie pour s’approprier de nouveaux espaces de ressourcement » (p. 50). Hugues Leroy, o.s.b., canoniste, parcourt « les différents types d’absence et les différents indults de sortie ». Cédric Burgun s’interroge sur l’accompagnement du novice qui part, sachant que « quitter la vie religieuse constitue un trauma majeur » (p. 62) : comment discerner, accompagner, réintégrer la communauté ecclésiale ? Béatrice Bréauté, directrice de l’Institut Talentheo, étudie « l’impact systémique d’un départ ou d’un renvoi sur une vie commune ». Philippe Toxé, o.p., canoniste, s’intéresse aux renvois ipso facto d’un membre et aux nouvelles procédures (sur « l’introuvabilité » depuis un an au moins, par exemple). Loïc-Marie Le Bot, o.p., canoniste, étudie les renvois obligatoires d’un membre, avec le cas particulier d’un membre clerc (« la possibilité de garder le délinquant dans l’institut est permise pour une meilleure administration de la justice, non pour de mauvaises raisons de bienveillance ou de “miséricorde” faite à un coupable », p. 122 ; « certains délits n’admettent pas une démarche de pardon qui permettrait de rester dans l’institut et de s’y amender », p. 126). De manière complémentaire aux autres chapitres, Maître Bertrand Ollivier met en avant « la protection juridique de la communauté face au membre séparé ». Il s’imposait à Cédric Burgun, au terme du parcours, de se demander : « Y a-t-il encore une place pour un engagement perpétuel in utroque iure ? » ou, en d’autres termes, l’engagement religieux n’est-il qu’un engagement totalement mesuré par l’individu ? En plus de l’intérêt pratique d’un tel recueil, on saluera le recours de plusieurs auteurs aux ressources de notre revue.
Collection Patrimoines
Éditions du Cerf, Paris, juin 2023
160 pages · 0,00 EUR
Dimensions : 14 x 22 cm
ISBN : 9782204152969