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Des Louanges

Entrer dans le psautier

André Wénin

Voilà une refonte, très bienvenue, d’un classique de l’exégèse : celle de Le Livre des Louanges. Entrer dans les Psaumes (Bruxelles, Lumen Vitae, 2001 ; seconde édition en 2008). Le titre a été légèrement modifié pour cette reprise, qui a gardé l’essentiel de son contenu tout en le complétant.

Le chapitre II est resté inchangé. En une perspective thématique, A. Wénin interroge le rapport entre cri et louange. Supplier et louer sont les deux formes essentielles d’expression du psalmiste. Ceci dit, même si les psaumes de supplication sont les plus nombreux, la louange est toujours première et donne d’ailleurs son titre au psautier : Tehillim, littéralement « Des louanges ». Confronté à la question du mal, le psalmiste fait l’expérience, à partir de son cri même, que Dieu est premier et que, même s’il n’écarte pas l’épreuve, il est et demeure toujours un Dieu de vie : sa réponse au cri de l’homme, aussi paradoxale puisse-t-elle sembler parfois, est livrée à l’écoute et à la liberté de celui-là même qui le prie. Bref, entre cri et louange, « la prière des psaumes est animée par un désir de vie qui est aussi désir de Dieu » (p. 83).

L’ancien chapitre III, lui aussi, est conservé. Il reprend et complète le chapitre précédent en s’intéressant plus particulièrement à la dynamique interne du recueil. En regardant le début puis la fin de l’ouvrage, des psaumes 1 (« Bonheur de l’homme ») et 2 (le messie et ses ennemis) à la longue doxologie des psaumes 146 – 150, l’auteur en vient à placer le recueil sous le signe d’un combat dont l’issue heureuse est annoncée dès le début du livre. L’étude plus particulière du psaume 22, à la fin du chapitre, permet de reprendre cette dynamique de combat, en montrant comment elle peut s’exprimer à l’intérieur d’une unité poétique précise. L’exemple n’est bien sûr pas pris au hasard : on sait bien comment ce psaume a été particulièrement repris et médité par les premiers chrétiens. La structure de ce psaume donne à voir une dynamique de mort et de résurrection, celle-là même qui se trouve au cœur du Nouveau Testament, plus tard, en la personne de Jésus.

L’ancien chapitre I, « Quelques procédés formels de la poésie hébraïque », est ici transformé. Tout en en reprenant l’essentiel, l’auteur l’enrichit avec bonheur en ajoutant quelques pages, aussi synthétiques qu’appréciables, évoquant l’histoire récente de la recherche sur le psautier.

Mais c’est principalement au chapitre IV que l’ouvrage entre dans une perspective de lecture renouvelée. L’ancien chapitre traitant de la question de la violence dans les psaumes a été supprimé au profit d’un questionnement de type plus rédactionnel. Ce nouveau chapitre, intitulé « Traces d’unification du livre », s’interroge sur la manière dont les psaumes s’enchaînent, évoque brièvement la question des différentes collections qui ont pu servir à former le recueil, repère telle ou telle thématique qui « court » tout le long du psautier : bref, il regarde comment les différentes unités psalmiques peuvent se répondre les unes les autres, formant ce que l’auteur appelle des « lignes thématiques transversales ». La rédaction de ce chapitre nous semble particulièrement bienvenue, à l’heure où l’exégèse s’intéresse volontiers aux questions rédactionnelles qui sous-tendent le psautier.

Collection Le livre et le rouleau

Lessius, Bruxelles, mars 2022

238 pages · 15,00 EUR

Dimensions : 14,5 x 20,5 cm

ISBN : 9782872994137

9782872994137

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