C’est une fresque foisonnante, qui prend le parti de « représenter » tout le Nouveau Testament, depuis le début des quatre Évangiles jusqu’à la fin de l’Apocalypse. Les images et les couleurs sont souvent fortes, inspirées d’une époque historique de convention, et, pour ce qui regarde les Évangiles, proposent un long portrait du Christ vigoureux et exigeant (133 pages sur 192). Cependant, quelques passages sont quasiment fautifs, vu le parti pris de lire les quatre évangiles en un seul, ou de suppléer au silence du texte (d’où viennent le rabbin de la p. 23 ou le cheval de la p. 139 ?) et, parfois, la scène est affaiblie (la réaction de Pierre à son reniement, p. 112).
On peut ensuite perdre pied dans le déroulement des Actes, puis la succession rapide de toutes les lettres du Nouveau Testament, mais c’est l’Apocalypse, mise en scène horrifiante, qui l’emporte sur tout le reste, par l’audace du bestiaire et de l’angélologie, affrontés l’un à l’autre. Une bande dessinée qui peut faire reprendre conscience de la richesse de la tradition écrite, à laquelle elle invite à se reporter.
Éditions du Cerf, Paris, mars 2025
192 pages · 22,00 EUR
Dimensions : 21 x 27 cm
ISBN : 9782204168205