Philippe Henne, dominicain, patrologue de formation, enseigne à l’École biblique de Jérusalem et à l’Université catholique de Lille. Partant du constat que les évangiles ne mentionnent aucun rire de la part de Jésus, il entreprend une enquête sur le rire dans la Bible et chez les premiers chrétiens. Après une introduction distinguant plusieurs types de rire, suivent huit chapitres portant sur le rire dans la Bible, les apocryphes des IIe et IIIe siècles, six chapitres sur la période patristique et un dernier sur deux auteurs dont Thomas d’Aquin (avec un résumé intéressant sur la vertu d’eutrapélie). La partie biblique, qui nous retiendra ici, ne fait que vingt-trois pages, le gros de l’enquête portant sur la littérature patristique. Dans l’Ancien Testament, l’expérience du rire n’est pas uniforme ; on y trouve aussi bien le rire sarcastique (Si 6,4) que le rire joyeux (Ps 126,2), mais pas le rire provoqué par une bonne plaisanterie. Le rire de Dieu n’est mentionné qu’en quatre passages (Ps 2,4 ; 37,13 ; 50,9 ; Pr 1,16). L’A. nous donne quelques bonnes pages sur le rire d’Abraham, celui de Sara et celui d’Ismaël (Gn 17-21). La section consacrée au rire dans le Nouveau Testament ne fait que huit pages et essaye d’expliquer pourquoi aucun rire de Jésus n’est mentionné. Jésus ne pouvait pas se moquer des gens, même de ses ennemis, mais il a offert à ses contemporains la possibilité de se réjouir ; en outre, une béatitude mentionne le rire (Lc 6,21). L’explication est sans doute exacte, mais le lecteur reste un peu sur sa faim, peut-être parce que la distinction entre le rire (au sens positif) et la joie n’est pas précisée de façon suffisamment nette. Une bibliographie de 18 pages termine l’ouvrage.
Éditions du Cerf, Paris, janvier 2025
213 pages · 22,00 EUR
Dimensions : 14 x 21 cm
ISBN : 9782204159609