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Les visites canonique et apostoliques : ministère de vigilance

Actes du colloque international des 8 et 9 mars 2024

Béatrix Bréauté

Préfacés par G. Kemlin, président de la congrégation de Solesmes, les actes de ce colloque mettent en évidence le « ministère de vigilance, de soutien et d’encouragement » (p. 184,) exercé par les visiteurs ainsi que les différents types de visites aujourd’hui en usage dans nos Églises : les nouvelles visites inter-séminaires ; pour la vie consacrée, les visites canoniques ou apostoliques ; pour les diocèses, les visites pastorales ou fraternelles régulières.

Après trois témoignages sans fard (dont celui de Mère Marie-Élie Hancock, b.s.c.m., publié dans notre revue), huit interventions situent ces visites dans l’histoire (J.-Ch. Nault), la pratique du Dicastère de la vie consacrée (C. Dequenne), la mise en œuvre des visites des diocèses en France (É. de Moulins-Beaufort). Ils répondent tous trois à certaines interrogations, dans un utile moment de « Questions-réponses ». Les interventions reprennent ensuite, de nature juridique (pour le droit canon, Cédric Burgun et Loïc-Marie Le Bot ; pour le droit étatique, Bertrand Ollivier) puis au regard de la mise en œuvre des visites apostoliques (H. Donneaud, sur leur conduite, J-G. Xerri sur la détection des mécanismes psychologiques dysfonctionnels). Un troisième moment, intitulé : « Que retenir ? Synthèse des ateliers », s’intéresse à l’accompagnement ultérieur des communautés (H. Donneaud), aux pièges relationnels durant la visite (J.-Ch. Nault), à la mise en œuvre du suivi (L.-M. Le Bot), à la communication interne et externe (Chr. Foulon), au rôle spécifique du Dicastère (C. Dequenne), à la nécessité des visites régulières pour les évêques (F. Touvet), à la formation des visiteurs (G. Kemlin), à la place que peut y prendre un avocat civil (B. Ollivier). Les conclusions d’É. de Moulins-Beaufort, puis de B. Bréauté et d’O. Pelleau, directrice et président de Talenthéo, organisateurs du Colloque, insistent sur l’expérience de discernement, d’accompagnement et de communion que permettent ces visites, entendues, depuis le début, comme un chemin d’espérance.

On trouvera dans ces pages, écrites dans un style très clair, bien des informations utiles : e.a. sur le fait que le visiteur « est un mandataire non décisionnaire » (p. 57 et p. 93), sauf s’il s’agit d’une visite canonique ordinaire (p. 101) ; sur la nécessité prioritaire d’écouter, notamment ceux qui sont partis (p. 113), sur le devoir d’une communication interne et externe après la visite, sur l’intérêt aujourd’hui largement partagé de nommer, dans la vie consacrée, un homme et une femme (p. 57), etc. La multiplication des visites en tous genres, en Europe occidentale du moins, peut être entendue, non une volonté de remise en ordre, mais comme le signe d’une forme particulière de synodalité : c’est toujours, qu’on soit chargé de la responsabilité d’un séminaire, d’un diocèse ou d’un institut de vie consacrée, de toute l’Église qu’il s’agit.

Éditions du Cerf Patrimoine, Paris, octobre 2025

208 pages · 16,00 EUR

Dimensions : 13,5 x 21,5 cm

ISBN : 9782204172028

9782204172028

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