Voici une biographie sans cesse appuyée sur les archives des Sœurs de Marie Auxiliatrice et d’autres sources, qui ne permet pas de tout comprendre d’un itinéraire en dents de scie (il manque à l’ouvrage une chronologie succincte), sauf qu’on se trouve là devant un cas quasi prototypique de l’aventure spirituelle d’une fondatrice injustement rejetée de sa fondation, en raison des agissements d’une « intrigante » comme on disait alors, et d’abus de pouvoir épiscopaux – une figure malheureusement trop commune, avant et après la Restauration. Un autre intérêt de l’ouvrage, c’est de le voir émaillé de dialogues très vivants entre les protagonistes d’un récit assez complexe, que ces reconstitutions d’ambiance permettent de mieux appréhender. Aventure spirituelle, disions-nous, parce qu’on suit, documents à l’appui, l’évolution intérieure d’une jeune béguine que les Exercices spirituels de trente jours conduisent à commencer une nouvelle forme de vie religieuse vouée à l’adoration nocturne et tout autant, à la protection des jeunes filles sans famille, les Sœurs de Marie Auxiliatrice, établies à Toulouse en 1864. Chassée de sa congrégation en 1874, spoliée de ses biens (venant d’acteurs ecclésiaux, les agissements douteux et les faux ne manquent pas dans ce dossier), en prise à de grandes épreuves intérieures pendant que son œuvre semble s’écrouler, elle sera finalement accueillie à Paris parmi les bien nommées Sœurs de Notre-Dame de Charité, jusqu’à sa mort en 1889. Un an plus tard, une nouvelle supérieure générale la réhabilite dans sa congrégation où sera ensuite transférée sa dépouille. Marie-Thérèse de Soubiran sera béatifiée en 1946 par le Pape Pie XII.
Éditions jésuites, Paris/Bruxelles, avril 2025
333 pages · 29,00 EUR
Dimensions : 15 x 21 cm
ISBN : 9782494374256