À peine le temps de refermer le volume précédent de la collection « Études d’Histoire de l’exégèse » (voir Vies Consacrées 2024-4) que le n° suivant paraît déjà. Ce vingt-deuxième d’une série inaugurée il y a quinze ans s’intéresse au fameux psaume 137 (Super flumina Babylonis) dont la récitation liturgique est aujourd’hui malheureusement souvent expurgée – même dans des communautés religieuses – à cause de la cruauté et du scandale que peuvent provoquer les deux derniers versets (à ce propos, relire les belles pages de Paul Beauchamp, « Violence et Bible : la prière contre les ennemis dans les Psaumes », Documents Episcopat 11, juin 1986) : « Fille de Babylone, promise au ravage, heureux qui te traitera comme tu nous as traités ! Heureux qui saisira tes nourrissons pour les broyer sur le roc ! » (v. 8-9). Or l’une des surprises de cet essai, parmi beaucoup d’autres découvertes intéressantes, est de montrer que ces versets finaux ont beaucoup moins provoqué de trouble voire d’intérêt dans les commentaires traditionnels [l’exégèse rabbinique (D. Lemler) ; les écrivains chrétiens de l’Antiquité (P. Descotes) ; l’exégèse chrétienne médiévale (G. Dahan) ; les commentaires protestants (A. Noblesse-Rocher)] que dans l’exégèse contemporaine. L’ensemble de ces enquêtes est précédé par une remarquable et minutieuse étude d’Alfred Marx (« Le Psaume 137, de la nostalgie à la haine », p. 15-35) qui n’édulcore en rien la portée du macarisme final (« Heureux qui saisira… ») en donnant au psalmiste le droit d’exprimer sa haine et la possibilité d’en remettre l’assouvissement à un autre que lui-même.
Collection Lectio divina / Études d’histoire de l’exégèse, 22
Éditions du Cerf Patrimoine, Paris, octobre 2024
176 pages · 24,00 EUR
Dimensions : 13,5 x 21,5 cm
ISBN : 9782204136075