Depuis l’époque des Pères de l’Église jusqu’à aujourd’hui, une histoire de la réception tenace de la Genèse considère que le récit de la création de la femme en Gn 2 présenterait celle-ci sous un jour dépréciatif, tout particulièrement la prise de parole de l’homme au verset 23. Hélène de Saint Aubert, docteur ès lettres et doctorante en exégèse, estime qu’une tout autre lecture est possible et mieux fondée en raison, pourvu qu’on examine le récit en hébreu et qu’on soit attentif à sa structure et à ses effets intertextuels. L’A. procède en trois étapes. Le chapitre I étudie le traitement dramatique, voire polémique, dont est l’objet le récit de la création de la femme, lequel ancre la parité dans la sexuation. Une attention particulière est donnée à l’emploi du verbe bânâh, jamais utilisé ailleurs dans la Bible pour la création d’êtres vivants, et à l’expression désignant la femme comme ‘ezer kenègdo (« correspondant, homologue, vis-à-vis »). Le chapitre II se focalise sur Gn 2,23, dont il analyse de près le vocabulaire et la syntaxe. Le chapitre III montre que la prise de parole de l’homme a une fonction chorale et collective et énonce une vérité anthropologique générale, qui n’a rien à voir avec une domination sur la femme. Pour l’A., une approche rigoureuse de Gn 2 met en évidence une dénonciation de la misogynie et une défense de la parité homme-femme, entendue en un sens originel et existentiel. L’analyse est faite avec acribie et finesse et enrichit notre compréhension de ce vieux texte, si connu mais si souvent interprété de travers.
Collection Lectio divina, 282
Paris, février 2023
192 pages · 22,00 EUR
Dimensions : 13,5 x 21 cm
ISBN : 9782204154246