L’objectif de ce livre est de penser la ville dans la Bible en insérant son concept dans son contexte littéraire et en choisissant des textes majeurs où apparaît un enjeu théologique important. L’A. le poursuit en faisant une lecture canonique progressive des livres bibliques de la Genèse à l’Apocalypse. Le parcours est effectué en six chapitres : le Pentateuque, les livres historiques, les livres prophétiques, les livres poétiques et sapientiaux, des réflexions multiples sur des thèmes divers (comme la porte) et le Nouveau Testament. Paradoxalement, c’est Caïn, pourtant condamné à l’errance, qui est le premier à bâtir une ville dans la Bible (cf. Gn 4,17), sans que la Genèse ne mentionne une réaction de la part de Dieu. Alors que la ville fondée par Caïn porte le nom de son fils, Babel ne porte pas le nom d’un personnage, mais ses bâtisseurs veulent se faire un nom. Dans son parcours, l’A. s’appuie régulièrement sur les trois dimensions constitutives du fait urbain selon M. Henaff : le monument, la machine et le réseau. Les deux premières sont privilégiées dans le Pentateuque et les livres historiques, alors que la troisième trouve progressivement sa place dans les livres sapientiaux et historiques. Quant au Nouveau Testament il privilégie clairement la dimension du réseau. Les passages étudiés sont analysés avec finesse. Par exemple, le récit de la conquête de Jéricho, dont le genre littéraire est bien expliqué, souligne le rôle décisif qu’y joue la prostituée Rahab, une étrangère. L’attention donnée à l’étymologie des noms hébraïques permet de mettre en lumière des rapprochements ou des oppositions insoupçonnés (par exemple, en hébreu, Ninive contient toutes les consonnes présentes dans le nom de... Jonas). Cet ouvrage offre donc de nombreuses réflexions intéressantes sur le thème de la ville dans la Bible.
Collection Le livre et le rouleau
Éditions jésuites, Paris/Bruxelles, juin 2024
279 pages · 29,00 EUR
Dimensions : 15 x 21 cm
ISBN : 9782494374294