Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée
Médecin, théologienne, professeur émérite d’éthique philosophique et théologique (Université de Strasbourg), auteur de plusieurs ouvrages pionniers dans l’étude des abus sexuels dans l’Église catholique, M.-J. Thiel montre comment la « crise des abus » relève de dysfonctionnements institutionnels, ouvrant ainsi un chantier considérable et complexe.
Sœur auxiliatrice, psychanalyste, l’autrice de « Vivre avec l’irréparé », qui a donné le ton à toute la première journée de notre Colloque centenaire, considère que si l’irréparable est définitif, l’irréparé indique que tout n’est pas perdu. Jusqu’où et comment réparer les corps et les âmes blessés, mais aussi ce qui blesse la vie consacrée et ne la fait plus vivre ?
Directrice de Vies consacrées, Noëlle Hausman préface le Colloque centenaire de la revue en réfléchissant à la question qui y sera posée : « Faut-il réparer la vie consacrée ? ». Réparer, pour la tradition juive et l’Écriture sainte, n’est-ce pas toujours « passer ailleurs », par un chemin nouveau qui s’ouvre dans le cœur (Ps 83,6) ?
En vue du colloque à venir, cette Chronique exceptionnelle est conçue comme un simple partage de lectures. En commençant par la première journée, on tâche ici de présenter quelques ouvrages qui, parmi bien d’autres, peuvent aider tous les lecteurs à s’approprier la problématique qui nous occupera à l’automne : faut-il réparer la vie consacrée ?
Pilote interim du Groupe de travail n° 2 (CEF-CORREF), professeur de dogmatique à la Faculté Notre-Dame, Frédérique Poulet, vierge consacrée, présente les fondements et préconisations auquel son groupe est arrivé, pour promouvoir une juste pratique de l’accompagnement spirituel. Un chantier loin d’être clos.
Par une auteure d’origine irakienne, docteur en théologie et en droit canonique de l’Université de Strasbourg, chargée de formation et défenseur du lien au Tribunal ecclésiastique, à qui l’on doit plusieurs ouvrages, une lecture informée et ouverte du récent Vademecum publié par la Corref.
Bénédictin de la Pierre-qui-vire et liturgiste de renom, Frère Patrick livre ici une analyse sensible de certaines représentations de la vie religieuse qui ont conduit aux effrayantes dérives d’aujourd’hui. Son insistance sur la formation, son appel à réinterpréter sans cesse les règles anciennes, appellent à ouvrir de nouveaux espaces de vie.
Membre du Conseil de prévention et de lutte contre la pédophilie, près la Conférence des Évêques de France, directrice du Service national de la protection des mineurs, S. Moog a proposé cette intervention à la journée d’étude de la Faculté de droit canonique de Paris du 22 novembre 2022, portant sur « Les noviciats dans le contexte ecclésial actuel ».
Professeur de théologie spirituelle à l’Institut catholique de Paris et directeur de l’Institut d’Histoire des Missions, G. Berceville, o.p., convaincu que « derrière le scandale systémique des abus se cache le scandale des systèmes communautaires » (audition devant la CIASE, 15 novembre 2019), réfléchit à nouveaux frais aux contours d’une obéissance selon l’Évangile.
Un docteur en théologie tout neuf, puisqu’elle vient de présenter au Centre Sèvres une thèse d’herméneutique biblique fondée dans les Exercices spirituels, revisite à la fin de l’année ignatienne la « pauvreté totale » que finit par discerner Ignace de Loyola pour caractériser les siens.
Il arrive que des théologiens se risquent à suggérer au magistère ecclésial d’approfondir certains aspects de la doctrine. Notre nouveau chroniqueur biblique, par ailleurs Frère de Saint-Jean de longue date, était bien placé pour souligner le besoin de critères de discernement quant au charisme (du) fondateur et en sonder quelques contours.
Prise dans la tourmente ecclésiale venue de France, la vie consacrée n’a-t-elle qu’à se laisser défaire par la révélation des impostures qui lui sont imputables ? Sous la plume de Noëlle Hausman, s.c.m., directrice de notre revue, commence une réflexion que d’autres pourraient poursuivre ou remoduler, en partageant ce qu’ils voient poindre des chemins où l’Esprit sépare de son souffle la balle et le grain.