Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée
Comme chaque automne, notre chroniqueur biblique nous présente le fruit de sa cueillette annuelle dans les ouvrages récents qui ont retenu son attention : un moment de ressourcement nécessaire, puisque « l’Écriture sainte est pour la théologie comme son âme » (cf. Dei verbum, 24).
Chargé de cours d’Écriture sainte à l’Université pontificale Urbaniana, le père Tomasz Szymczak a écrit ces pages réjouissantes pour la revue Consacrazione e servizio (2024-3, p. 27-36). Nous le remercions, ainsi que la revue, de nous avoir autorisés à traduire ce texte inspirant pour l’horizon synodal, mais aussi pour d’autres questions ecclésiologiques.
Voici, comme chaque année à la même époque, la traversée scripturaire proposée par notre chroniqueur bibliste, frère de Saint-Jean, enseignant au Studium de Rimont et ailleurs. Il vient de lancer la chaîne YouTube « Apocalyptissimo », sur laquelle il publie des vidéos sur l’Apocalypse de saint Jean. « Elle est vivante, la Parole de Dieu » (He 4,12).
Notre chroniqueur biblique traverse, comme de coutume, de l’Ancien au Nouveau Testament, les publications récentes qui nous sont parvenues, ainsi que des ouvrages transversaux. De quoi puiser nombre de bonnes idées de lectures à même de soutenir une dimension fondamentale de la formation en toute vie consacrée : la méditation des Écritures.
Succédant à l’abbé Sébastien Dehorter, prêtre de l’Emmanuel, le père Alain-Marie de Lassus, docteur en théologie, enseigne l’Écriture sainte et la théologie à Rimont ainsi que dans des sessions et prédications à l’étranger ; il a lui-même publié plusieurs ouvrages sur l’Apocalypse de saint Jean dont le dernier, Attendre la venue du Christ, est présenté en recension sur notre site, à la rubrique « Critiques de livres ».. Cliquez sur le titre d’un ouvrage pour en lire la recension.
La chronique biblique est signée de deux noms ! Après le père Sébastien Dehorter qui l’a assumée valeureusement pendant un septennat, c’est le père Alain-Marie, ancien doyen du Studium des Frères de Saint-Jean, bibliste chevronné, qui a généreusement accepté de la poursuivre. Gage de continuité dans l’excellence : la rédaction n’a pas pu déceler lequel des deux avait signé les recensions qu’on va lire...
Déjà croisée comme archiviste de l’ordre du Carmel en Belgique, sœur Christiane Meres, luxembourgeoise de Bruxelles, nous livre une autre facette de son talent, en nous invitant à la rencontre de deux femmes émouvantes ; leur trajectoire s’éclaire d’une troisième, à l’ombre de la Croix.
La traversée du livre d’Esther comporte de singuliers enseignements, au sujet de l’autorité que Dieu aime et de l’obéissance qu’il bénit. Le vrai pouvoir est celui de l’amour de qui donne sa vie, jusqu’à l’extrême ; à travers quelles péripéties, quels risques et quels drames, c’est ce que ce livre met en scène, dans la figure royale de la femme s’exposant, comme Moïse ou David, aux risques de sa vocation.
Cette chronique annuelle n’existerait pas sans les trois éditeurs qui en fournissent l’essentiel du carburant : Cerf (Paris), Bayard (Paris) et Lessius (Bruxelles) ; Lumen Vitæ (Bruxelles) et Anne Sigier (Québec) complètent la liste. Que tous en soient remerciés. La matière se divise en deux parties : les ouvrages collectifs (I, 5 ouvrages), les présentations d’un thème biblique, d’un livre ou d’un corpus (II, 8 ouvrages).
Un dossier important, réparti en cinq rubriques (le texte biblique, les commentaires, les études de thèmes, les réflexions herméneutiques et les questions de méthodes, à la frontière de l’A.T et du N.T.) donne une information critique de qualité dans cette chronique toujours appréciée.
Treize ouvrages, d’importance variable, nous sont présentés dans cette première partie de la Chronique d’Écriture Sainte consacrée au Premier Testament. Ceux de J. Potin, A. Paul et J.-L. Ska reçoivent la part du lion, mais celle consacrée à la « postérité littéraire » des grandes figures bibliques (Bible et Histoire, David et Job), ne manque pas d’intérêt, loin de là. Enfin, bien que différentes dans le traitement de leur sujet, les publications des Éditions Désiris, recensant les plantes et les animaux de la Bible, présentées dans la troisième partie de cette chronique, nous invitent à « entrer dans la Bible par une autre porte ».
La méditation du Père Mattheeuws se soutient d’elle-même, mais on ne manquera pas de souligner l’actualité éthique (le sens tropologique du sens spirituel de l’Écriture) de son propos. Celui-ci reste néanmoins d’abord de nourrir la prière. Toute prière, et celle qui sourd au cœur de la vie consacrée, n’en sort-elle pas approfondie ?