Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée
Face à la sécularisation, on a vu, dans les années passées, un certain nombre de clercs, religieux et religieuses cherchant à devenir « présents au monde » sans discernement et parfois par mauvaise conscience. Aujourd’hui par contre, la tentation irait à l’opposé, vers une fuite dans le « religieux ». Pour dépasser ce mouvement de balancier, Pierre-Yves Emery rappelle que la présence chrétienne au monde est mystique : enracinée dans l’amour créateur du Père et la Pâque du Christ, attentive au travail secret de l’Esprit dans ce monde en douleurs d’enfantement. Et il souligne deux aspects importants qui contribuent à former cette dimension mystique. D’abord la reconnaissance de Dieu non seulement comme transcendant, mais aussi comme source de la vie, présent au jaillissement de mon existence. Ensuite la redécouverte de la profondeur théologale de la durée comme signe de la miséricorde, de la patience et de l’espérance de Dieu, qui ne sauve pas les hommes sans eux. Il conclut par quelques remarques sur la formation et la nécessité de « formes » de vie symbolisantes.
Çà et là, Dieu appelle des frères et des sœurs issus de traditions chrétiennes différentes à vivre l’unité dans une même communauté religieuse. Ils demeurent dans une grande discrétion, accueillant dans l’humble action de grâces un don fragile et précieux. Cette unité, ils la vivent marquée du signe de la croix, parce que leurs confessions n’arrivent pas à s’unir et qu’ils veulent rester loyaux envers les Églises qui leur ont donné la foi. Alors qu’aujourd’hui l’œcuménisme semble chercher sa voie, n’y a-t-il pas là un chemin d’espérance ? Mais n’y a-t-il pas aussi à écouter les questions brûlantes que ces communautés nous posent et, plus encore, à peser avec amour leur souffrance, vécue jour après jour, de ne pouvoir s’unir dans la communion eucharistique ? Par ailleurs, leur union dans la prière et la vie quotidienne, par les liens d’estime et d’amitié qu’elle noue au plus profond de leurs êtres, nous montre la voie qui permettra d’aborder les difficultés doctrinales qui font encore obstacle à l’unité. Les textes qui suivent disent, chacun à leur manière, parfois marquée par une ecclésiologie différente de la nôtre, le vécu de ces communautés, leur souffrance, leur espérance.