Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques
dans toutes les formes de la vie consacrée

La dramaturgie ignatienne du combat spirituel dans les Exercices spirituels

Noëlle Hausman, s.c.m.

N°2021-4 Octobre 2021

| P. 23-32 |

Kairos

Directrice de notre revue et membre des Sœurs du Saint-Cœur de Marie (congrégation que réjouit, comme toutes les familles religieuses de spiritualité ignatienne, l’année en cours), sœur Noëlle présente les Exercices spirituels comme l’apprentissage d’un combat qui concerne toute l’Église de Dieu.

La lecture en ligne de l’article est en accès libre.

Pour pouvoir télécharger les fichiers pdf et ePub, merci de vous inscrire gratuitement en tant qu’utilisateur de notre site ou de vous connecter à votre profil.

En cette année ignatienne qu’on espère durablement fructueuse, il peut être utile de rappeler à quel point le fondateur des Jésuites a su cristalliser la tradition priante précédente, pour la rendre disponible à toutes les formes de vie et de spiritualité chrétiennes. C’est bien dans cette ligne que le Pape François ne cesse de recommander le « discernement spirituel » à propos duquel le père Mark Rotsaert s’est récemment exprimé dans notre revue [1]. On voudrait ici s’attacher plutôt au combat que ce discernement implique, et donc aux représentations qu’Ignace propose de l’Adversaire, dans les Exercices spirituels (désormais cités ES).

Il nous semble à cet égard que le corpus des « règles », ces chemins de vie balisés par l’expérience spirituelle antérieure, serait le plus intéressant à examiner. Suivant l’ordre du livret, nous partirons des règles qu’Ignace de Loyola indique en « première semaine », c’est-à-dire dans les commencements de ce mois consacré à « chercher et trouver la volonté de Dieu dans la disposition de sa vie, pour le salut de son âme » (ES 1). Au quatrième jour de la « deuxième semaine », où l’on va « contempler la vie du Roi éternel », nous rencontrerons – ce ne sera pas un détour – la grande composition ignatienne des Deux Étendards, l’un du Christ, l’autre de Lucifer, « mortel ennemi de notre nature humaine ». Des règles sont proposées là encore, qui « concernent davantage la Deuxième semaine » (ES 328).

Faisant l’impasse sur d’autres règles pourtant très significatives, sur les aumônes (ES 337-344) ou la manière de s’ordonner désormais dans la nourriture (ces dernières – ES 210-217 – plus indiquées en « troisième semaine [2] »), nous finirons comme le livret ignatien sur ses célèbres « Règles pour sentir avec l’Église » (ES 352-370), probablement les plus adaptées à la quatrième semaine et au temps de l’Église qu’elle ouvre à neuf pour le retraitant.

Ignace de Loyola dans les Exercices

Parler de combat, même spirituel, peut nous induire en erreur. Il faudrait sans doute cesser de voir chez Ignace, sous la figure du « général », l’ancien soldat. P. Penning de Vries faisait remarquer il y a longtemps déjà [3] que l’usage des symboles guerriers, notamment dans « l’appel du roi temporel » (ES 91-100) et la « méditation des deux étendards » (ES 136-147) indiquent précisément à quel point Ignace renonce à son passé militaire :

« Combattre sous l’étendard de la croix », c’est ainsi qu’il annonce son projet. L’exemple de l’échec et du scandale relaie le fier étendard de la victoire : l’étendard de la croix est bien la meilleure image de la démilitarisation d’Ignace.

On est donc plus sensible, aujourd’hui, à l’unification que propose la « Contemplation pour obtenir l’amour » (ES 230-237), et à l’homme de chair et de sang qui devint libre dans sa « conversion », ainsi que le montre l’ouvrage magnifique de Fr. Sureau [4]. Quoi qu’il en soit, Ignace apparaît, dans les Exercices et ailleurs, avant tout comme un héritier. Ne citons que ce passage-clé des Exercices, au fronton de « l’examen général de conscience » (qui conditionne notamment les règles du discernement de première et de deuxième semaines) :

Je présuppose qu’il y a en moi trois sortes de pensées : les premières, proprement miennes, qui naissent purement de ma liberté et de mon vouloir ; les deux autres qui viennent du dehors, l’une qui vient du bon esprit et l’autre du mauvais (ES 32).

Comment donc Ignace a-t-il eu accès à cette source qu’est Cassien, donc Évagre ? Par le canal de Ludolphe le Chartreux et de sa Vita Christi sans doute, comme l’a naguère indiqué D. Bertrand, qui écrivait : « La clé du discernement des esprits est la reconnaissance des pensées comme pensées [5] ». Mais laissons l’histoire et venons-en à l’examen de certains passages des Exercices, très éclairants dans leur scénarisation du combat des esprits.

Les Règles de Première Semaine : les motions

Il s’agit, d’après le titre de ces « règles [6] », de sentir et de connaître [7] les motions « qui se causent dans l’âme », les bonnes pour les recevoir, les mauvaises pour les rejeter. D’un côté, il y a « l’ennemi [8] » (plusieurs fois nommé dans ces règles), de l’autre, « le bon esprit » (ES 313) ; ou encore, « le mauvais esprit » d’un côté, d’un autre côté, « le bon » (ES 314). Ils agissent de manière contraire, comme sont contraires les consolations et les désolations, ainsi que les pensées qui naissent de la consolation ou de la désolation et leurs effets. Le champ est donc totalement polarisé entre forces antagonistes.

Les âmes des justes enchaînées par Satan (Walters Ms W. 917, Russie, ca 1800) © V. F. Isaksen

Les trois dernières règles ont ceci de remarquable que « l’ennemi s’y comporte comme... ». Une sorte de dissimulation est ainsi à l’œuvre, qui prend les apparences de la femme querelleuse (mais se découvre en fait comme la bête la plus féroce, si on lui cède ; on ne dit évidemment pas que la femme serait une bête féroce), ou de l’homme insidieux (dont les tromperies peuvent être découvertes par la bonté du père ou la confiance du mari), ou de l’homme de rapine, qui attaque au point le plus faible. Cette triple mise en scène nous rappelle bien entendu la triple tentation de Jésus, défaite ici non en lui opposant l’Écriture, mais des comportements issus d’un juste rapport homme-femme, d’une filiation ou d’une alliance conjugale confiantes, ou encore de l’établissement dans une demeure sûre (bien défendue par le reflet en elle des vertus divines). C’est donc par le sens des mouvements qu’il observe en son âme que le priant accède à la claire désignation de leur origine, bonne ou mauvaise.

Les Étendards : notre Seigneur et Lucifer

Au premier jour de la Deuxième semaine a déjà retenti l’appel du roi (ES 91-100), qui permet d’aller de la représentation d’un roi humain (« poser devant moi ») à la vue du Christ, Roi éternel – c’est là, note avec l’ancienne tradition de la Compagnie le Père A. Chapelle dans son « Directoire [9] », un « principe et fondement » concret, puisqu’il s’agit de la personne même du Christ. Au quatrième jour de cette même semaine, la méditation des Deux étendards – qui présuppose les « contemplations » de la vie cachée – est un moment beaucoup plus discriminant ; car il ne s’agit pas seulement de s’offrir, fût-ce en « allant contre » l’amour charnel et mondain, mais de demander à « connaître » les tromperies du « mortel ennemi de la nature humaine », Lucifer, pour s’en garder, aussi bien que de demander à « connaître » la vraie vie dont fait montre le vrai capitaine, et la grâce pour l’imiter (ES 139).

Dans une première partie de cet « exercice », l’imagination horrifiée du « chef de tous les ennemis » permet de considérer son œuvre universelle, cosmique, et son discours qui enferme progressivement la liberté humaine ; dans la seconde, c’est l’imagination « contraire » : la beauté et l’humilité de notre Seigneur, lequel fait élection de beaucoup pour tous, et son discours, qui descend les échelons que l’Adversaire faisait grimper. Il y avait donc là, dans la « tactique du diable » une véritable inversion, une parodie, des attributs de Dieu et de la geste du Christ. Il faut en conséquence que le retraitant obtienne de Notre-Dame, et puis du Fils, enfin du Père, d’être compté parmi les serviteurs et amis du Christ. La contrariété des points de la méditation se résout dans le triple colloque, et l’intensité de l’enrôlement envisagé est strictement mesurée par l’intercession de la Mère sans péché, la prière du Christ Crucifié, la bienveillance du Père des cieux.

Il ne faudrait donc pas comprendre que les Étendards ont pour ressort, à la manière de l’Appel du roi qui retentit en prélude à cette « deuxième semaine », un « a fortiori », car nous sommes ici dans l’opposition radicale dont parle Augustin entre deux amours et deux cités. Et ce n’est pas seulement l’horreur de l’un qui peut jeter dans la suite de l’autre, puisque, dès le commencement est posée « l’histoire » (ES 137) du Christ qui appelle tous les hommes dans son camp ; Lucifer ne peut que vouloir « le contraire », c’est-à-dire tous les hommes dans le sien – et pour des fins « opposées » elles aussi : il s’agit que le retraitant se laisse envoyer pour une expédition qui vise le renversement des antiques esclavages (des richesses du monde, des relations vaines, de l’orgueil autarcique) en service de Dieu, imitation du Christ, existence que ne mesure plus la logique du péché. On voit comment la mise en scène de tout à l’heure prend corps dans le priant.

Il reste à méditer sur ces deux « représentations » (« composition voyant le lieu », « imaginer ») nées de l’histoire, l’une qui étend sur notre nature l’emprise hostile de la mort (« mortel ennemi de la nature humaine »), l’autre qui a planté son camp dans la région de Jérusalem, comme en un nouveau paradis, pour envoyer ceux qu’il choisit entraîner tous les hommes à une vie de grâce et de vérité. S’agit-il pour Ignace d’en revenir aux antiques dualismes, qui mettent en équilibre le bien et le mal ? Ou l’ancien homme d’armes veut-il nous proposer de choisir entre deux puissances, l’une acharnée à nous perdre, l’autre qui nous sauve, mais au prix de nos vies ? Si la bonté de Dieu a pour nous, parfois, le visage effrayant d’un ennemi qui nous enchaîne, il reste que la prière est le lieu où les images se décantent, et où la maternité de Marie peut, soutenue par son Fils, nous apprendre à articuler le nom du Père : « Notre Père, qui es aux cieux » – c’est la prière finale de l’exercice, une invocation qui confesse (comme une profession de foi) de qui nous venons, et de quel Esprit nous sommes.

Les Règles de Deuxième Semaine : les esprits

Voici, davantage destinées à la semaine où débutent les contemplations évangéliques, les règles où Ignace emploie une seule fois le substantif « discernement » et le verbe « discerner ». Dans le premier cas (ES 328), il s’agit de discernement des esprits, dans le second (ES 336), de discerner le temps de la consolation actuelle du temps qui la suit. C’est d’après les motions qu’on reconnaît les esprits, dit la première règle (ES 329). Et quand Dieu console sans cause précédente – quand il entre « à l’improviste », selon le titre du bel ouvrage de J. Gouvernaire [10] –, il n’y a pas de discernement à opérer : Dieu seul atteste Dieu (ES 330). Mais quand le bon ange ou le mauvais sont à l’œuvre, on les reconnaît à leurs fins contraires, dans une même motion (consolée par exemple) (ES 331). Plus précisément, l’ange mauvais peut se transformer en ange de lumière (ES 332), et on ne saisit qu’à la fin du processus qu’on avait affaire au mauvais esprit, « ennemi de notre progrès et de notre salut éternel » (ES 333). Les esprits, est-il noté encore, touchent de façon inverse, selon que l’âme est contraire ou semblable à celle des anges (ES 335). Même quand Dieu seul est à l’œuvre, l’homme spirituel doit examiner la consolation divine, car un second temps la suit, où notre propre pensée, ou l’agir du bon ou du mauvais esprit, reviennent (comme médiatement) chercher crédit et mise en pratique (ES 336).

Quelle séquence établir entre Dieu, les anges, les esprits, les pensées, les motions ? On dira, assez sommairement, que les motions (affectives : consolation, désolation) aussi bien que les pensées (plus rationnelles) procèdent des esprits ; ceux-ci sont opposés (il y a les bons et les mauvais esprits), mais on ne reconnaît leur nature qu’à leurs effets ; ils ne sont pas identifiables sans plus aux anges, puissances spirituelles, proches de l’âme (en laquelle s’agitent divers esprits, ES 6) et comme elle, créatures de Dieu. Il semble donc bien, touchant les mauvais esprits ou l’ange mauvais, que leur existence créée s’effectue sur un mode perverti, inversé, opposé, toujours en lutte avec les dynamismes spirituels qui tendent à l’allégresse, au progrès, à la bonté et à la sainteté de l’âme justifiée.

Le combat spirituel revient alors à ordonner ce désordre (ES 21) et souvent, à inverser la vapeur ; à cet égard, celui qui donne les Exercices se trouve lui aussi du côté des anges bons, sa posture relevant de la leur : doux et bon quand le retraitant est désolé et tenté (et non pas âpre et dur, ES 7), plein de retenue quand le retraitant est consolé et plein de ferveur (ES 13 et 15), l’engageant à réagir de toutes ses forces pour se porter à l’opposé en cas d’attachement désordonné (ES 16). Mais en aucun cas, il ne prend la place du Créateur, qui se communique lui-même à sa créature, agissant sans intermédiaire (ES 15) ; tout au plus peuton, quand on donne les Exercices, se tenir en équilibre (in medio) entre deux extrêmes, comme le fléau d’une balance. Ce juste milieu est précisément le lieu que font découvrir les « règles pour s’ordonner désormais dans la nourriture » (ES 210-217) ; il n’est autre que le comportement du Christ mangeant avec ses Apôtres, demeure eucharistique s’il en est.

Finalement : quid de l’Église militante ?

N’y a-t-il donc d’autre gloire que de suivre le Christ livré ? Les règles finales des Exercices (ES 352s) nous en disent plus, dans leur manière de présenter « l’Église militante [11] ». C’est en particulier le cas de son cardan, la treizième règle (ES 365), qui stipule comment « toucher juste en tout » : il s’agit de tenir, demande Ignace, devant ce que je vois blanc que c’est noir si l’Église hiérarchique le détermine ainsi. Il n’est pas demandé de professer que ce qui est blanc serait soudain devenu noir, simplement parce que l’Église hiérarchique l’imposerait. Ce serait aller contre toute possibilité humaine de concevoir la correspondance entre le langage et la réalité – ce qui est la définition classique de la vérité. Et nous nous trouverions dans le pur arbitraire d’une sorte de nominalisme supposé inspiré. Le jugement de l’Église hiérarchique sur ce qui est, alors que je le vois différent, voire contraire, doit, selon la règle, être préféré à ma perception, parce que le rapport entre le Christ et l’Église (c’est-à-dire le mystère le plus profond de celle qui ne se réduit pas à sa structure hiérarchique) se décline en termes d’épousailles, ce qui suppose (miséricordieusement) une consonance fontale. C’est qu’il y a entre le Christ et l’Église un même Esprit « qui nous dirige et nous gouverne pour le salut de nos âmes », ainsi qu’il l’a fait pour Israël et qu’il le fait pour « notre sainte Mère l’Église [12] ». Il ne s’agit pas de s’incliner d’avance devant l’impossible pour la raison (sauvée), mais de la voir s’illuminer d’une certitude éternelle : l’Église par la voix de son magistère peut poser avec exactitude un jugement qualifié (« c’est noir ») quand elle doit déterminer certains points de doctrine [13].

Cette docilité (car nous sommes « dirigés » et « gouvernés » par un seul Amour) s’exprime au mieux dans une pratique de la louange, préconisée une dizaine de fois dans ces règles – et nous voici dans un contexte semblable à celui du livre de l’Apocalypse, livre de guerre et de combat sans doute, mais où l’âpreté des antagonismes est redimensionnée liturgiquement par la prière et l’exultation des saints célébrant la plus actuelle des certitudes, la victoire définitive de l’Agneau sur l’antique Dragon des origines.

Le retraitant, comme Ignace, s’est trouvé, dans l’Église et grâce à la Vierge Marie, une mère ; c’est en elle qu’il reçoit du Fils d’accéder au Père et qu’il peut le nommer. Cette identité filiale est sans aucun doute gagnée sur les tromperies et insinuations du père du mensonge. Ignace a mis en scène dans les Exercices le combat de l’Église pour Dieu, tel qu’il se rejoue, de génération en génération, dans les âmes justifiées par le sang du Christ. La dramaturgie ignatienne permet de réaliser au fil du temps ordinaire ce que, répétant le triple exorcisme du baptême, la renonciation pascale annonce : le croyant, rejetant le péché, et ce qui conduit au mal, et Satan, l’auteur du péché, entre à nouveau – comme le note le rituel de la nuit pascale –, dans la profession de foi « au Dieu vivant et vrai et à son Fils, Jésus Christ, dans la sainte Église catholique ».

[2Voir N. Hausman, « Règles pour s’ordonner désormais dans le manger pour dorénavant (ES 210-217) », in A. Chapelle et al., Les Exercices spirituels d’Ignace de Loyola. Un commentaire littéral et théologique (Collection IÉT, 10), Bruxelles, 1990, p. 365-378.

[3Dans Discernement des esprits. Ignace de Loyola, Paris, Beauchesne, 1964, p. 210 s.

[4Iñigo, Gallimard, 2010.

[5Dans « Il ruolo dell’intelligenza nella vita spirituale. Evagrio Pontico e Ignazio di Loyola », in (Ch. -A. Bernard), L’anthropologia dei maestri spirituali, Paolina, 1989, 95-103. Voir aussi D. Bertrand, « Le discernement bernardin, entre les Pères du désert et Ignace de Loyola », in Collectanea Cisterciensia 64 (2002), p. 5-16.

[6Cf. N. Hausman, « Les règles de première semaine (ES 313-327) », in A. Chapelle et al., Les Exercices spirituels d’Ignace de Loyola…, p. 146-160.

[7« Discerner », selon la variante..

[8« Ennemi de la nature humaine », dira le numéro 326.

[9A. Chapelle, La pratique des Exercices spirituels individuellement guidés, CIS, Rome, 1986 ; republié en 2011 aux Éditions de l’IÉT.

[10Quand Dieu entre à l’improviste. L’énigme ignatienne de la consolation sans cause, DDB, Paris, 1980.

[11Notons que la triple appellation « Église militante, souffrante, triomphante » a disparu de l’eschatologie du Concile Vatican II, puisqu’au chapitre VII de Lumen gentium qui la reformule pour notre temps, comme dans les grandes perspectives cosmiques de Gaudium et spes, il est désormais question de « l’Église de la terre » et de « l’Église du ciel ».

[12Avec la variante de ES 353 : quae romana est qu’il faut entendre comme « catholique ».

[13Notons que les cas où l’infaillibilité de cet enseignement dogmatique ou moral a été invoquée ne sont, à travers toute l’histoire, pas plus d’une dizaine, comme aimait à le rappeler Y.-M. Congar. Et l’on sait aussi que cette « infaillibilitas in docendo » (cf. Lumen gentium, 12) s’appuie sur l’« infaillibilitas in credendo » de tout le peuple de Dieu.

Mots-clés

Dans le même numéro