Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée
En 1996, le Père Camille Dumont, dogmaticien de renom, donnait sa lecture de Vita consecrata à des veuves membres d’un institut séculier. Il nous en avait confié le texte, écrit de sa main ; nous sommes heureux de le rendre public pour les vingt ans d’une exhortation pontificale que cette présentation avait immédiatement saisie dans sa nouveauté.
C’est une belle lecture de Vita consecrata, attentive dans l’analyse, profonde dans les perspectives ouvertes que nous propose le Père Nothomb. L’année préparatoire au Jubilé 2000 nous invitait à cette réappropriation de la doctrine de l’exhortation dans la lumière de l’Esprit. Évidemment, celle-ci est tout entière trinitaire et c’est pour l’auteur l’occasion d’un petit traité de théologie spirituelle qui permettra certainement à beaucoup d’approfondir leur vie de prière et d’engagement dans la vie consacrée. Sans doute les théologiens de métier auront encore à proposer des nuances et des distinctions mais qu’il nous suffise ici de nous laisser éveiller à l’œuvre de l’Esprit en cette consécration même.
Il ne faut pas s’y tromper, le texte du P. Cabra, malgré l’aspect forcément télégraphique que comporte la présentation raisonnée d’une information de ce genre (réactions à la présentation de l’ exhortation devant divers publics), est très précieux et devrait être lu par ceux et celles qui ont pour mission de préciser, d’approfondir, de questionner même la doctrine présente dans Vita consecrata. La brièveté, pour ne pas dire l’inexistence, de la « conclusion » souligne l’urgence de ce travail.
Certes, l’« icône biblique » de la transfiguration ne peut pas être annexée au profit exclusif de la vie consacrée, mais elle est proposée dans ce document de manière significative et il importe donc d’en contempler, peut-être sous un éclairage nouveau, toutes les dimensions théologiques et - ce qui est ici le propre de la lecture qui en est faite - spirituelles. Pour cela, l’approche que nous offre le professeur Rouiller, exégète du Nouveau Testament à l’Université de Fribourg, nous est très précieuse dans son attentive « lectio divina ».
Voici une lecture pertinente de Vita consecrata. Son point de vue, l’Afrique, est propice à une perspective qui souligne avec justesse les points que nous n’apercevons peut-être pas toujours avec le même relief. Une très bonne et stimulante entrée, ou réentrée, dans ce document qui se révèle toujours plus riche en le fréquentant.
C’est dans un genre littéraire spécifique que nous proposons ici un « guide » de lecture de Vita Consecrata. Plus que guide, il faudrait d’ailleurs mieux dire un chemin (et son guide). Un chemin, car la lecture et les questions qui sont posées, engagent. Et cet engagement va bien au-delà de la « réception » plus ou moins critique d’un texte par ailleurs riche et complexe. Avec un sens aigu des enjeux (et des voies et moyens) l’auteur provoque, parfois avec quelques malicieuses accentuations, à la réflexion et à l’action ! Saurons-nous choisir ?
Avec la compétence que nous lui connaissons, le P. Secondin offre ici une intéressante approche de l’Exhortation Vita consecrata. Bien au fait des premières rédactions (en italien) du document actuel, il peut mettre en perspective les apports évidents ainsi que les quelques éléments plus fragiles, tant au plan de la forme qu’au niveau proprement doctrinal. Invitation pressante est faite de continuer la réflexion sur les grands concepts théologiques utilisés et l’engagement concret face aux défis rencontrés.