Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée
Voici un texte, à certains égards déconcertant, qui propose un véritable « fondement-itinéraire de croissance » de la liberté spirituelle (au sens du Principe et Fondement dans les Exercices de saint Ignace). Déconcertant, en ce qu’il évoque de manière, peut-être « allusive » mais, nous semble-t-il, parfaitement justifiée, quelques grandes figures ou « situations anthropologiques » signifiées par quelques personnages bibliques. Il ne s’agit pas d’exégèse technique ni d’une théologie de l’Alliance vétéro-testamentaire circonstanciée, mais de l’exposition d’une intuition reçue d’une écoute contemplative de la Parole qui, dans l’Alliance qu’elle fonde, est « nouvelle et éternelle » et donc structure toujours les libertés qui y font l’apprentissage sous « six figures » de la docilité à l’Esprit.
Les pages qui suivent (reprenant une conférence donnée le 26 mars 2000 à Blangy-sur-Ternoise, France) donnent accès à quelques intuitions steiniennes concernant la figure de la femme et plus spécifiquement à propos de la virginité. Il se présente en plus comme une bonne introduction à la vie et à l’œuvre (publiée déjà en français) de la sainte. Le caractère, dira-t-on « inchoatif », de la pensée forte et originale d’Edith Stein appelle une élaboration en lien avec le reste de ses écrits et, surtout, de son évolution spirituelle ultérieure qui en éclairent la profondeur secrète. Le travail de Sophie Binggeli nous la laisse espérer.
Dans une écriture qui suit le mouvement de sa méditation, l’auteur nous donne, de façon allusive et pudique, une profonde réflexion sur l’« être femme ». Nourri d’une double écoute - de l’Écriture et des femmes rencontrées - ce texte ouvre de belles perspectives. On s’y laissera conduire, et dérouter aussi, pour accueillir en soi l’inépuisable de ce qu’elles découvrent sans l’épuiser. Il ne peut en être autrement.
Pour présenter la lettre apostolique de Jean-Paul II sur la dignité et la vocation de la femme, l’auteur a choisi de déployer le monde symbolique ouvert par l’une de ses plus fortes expressions. Alors apparaissent clairement le caractère sponsal de tout corps humain et la nécessité de comprendre également de manière sponsale et le mariage et le sacerdoce et la virginité. Annoncées à Cana, les noces de la Croix révèlent dans le Christ l’unité du commencement. Cette méditation théologique nous offre de brillants aperçus d’une anthropologie vraiment dialogale.