Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée
Co-président du Groupe des Dombes (2023), professeur émérite de la Faculté de théologie de l’Université catholique de Louvain, Joseph Famerée est le supérieur de la Province Europe francophone des Prêtres du Sacré-Cœur (Dehoniens). Sa réflexion sur les orientations œcuméniques et sociales de la théologie du Cœur de Jésus pose une question importante : que signifie réparer les fractures dans l’Église et dans le monde ?
À la demande de l’auteur et comme « en écho... », nous donnons une brève note de lecture du P. Famerée, s.c.j. dont on connait l’ecclésiologie résolument « localiste » (développée dans V.C. 1999, 4-5, 250-266). Pour ne pas allonger indûment, nous réservons à une parution ultérieure une éventuelle clarification que H. Baudry voudrait apporter.
Ce texte a été fort discuté lors de notre Conseil et soulève des questions importantes auxquelles l’apport d’autres réflexions et commentaires, voire critiques seront nécessaires. La théologie de l’Église telle qu’elle se dégage des textes de Vatican II donne lieu à des interprétations qui dans leurs conséquences situent de manière contrastée la vie consacrée dans son rapport à l’Église universelle et aux Églises particulières. Sans doute l’auteur a-t-il raison de « (...) plaider pour l’exigence simultanée d’un profond enracinement dans les Églises locales (...) », mais son plaidoyer semble le conduire, aux yeux d’une autre approche ecclésiologique où institution et constitution de l’Église seraient mieux distinguées, à une appréciation exagérément négative de Mutuae relationes, jugé trop « universaliste ». De même, si l’on concède que l’expression de « l’excellence objective de la vie consacrée » demande une exposition prudente, il semble pourtant exagéré de mettre en doute la contribution « essentielle » de la vie consacrée à la plénitude de la vie de l’Église. La vie consacrée n’est-elle que « stimulation » de facto à la sainteté évangélique ? Nous sommes donc invités, au tranchant des questions que l’auteur pose, à approfondir, dans ces questions mêmes, le rôle de l’Esprit encore trop « méconnu ».
Dans la ligne du texte précédent, ce court essai dégage bien certains éléments de l’équation « vie religieuse apostolique - Europe occidentale aujourd’hui ». Tous ne présentent pas la même importance et certains supporteraient des appréciations contrastées, mais la brièveté de ce qui est proposé ne doit pas nous dispenser de réfléchir aux perspectives qui s’y dessinent.